2017-2018 M1EEF – UGA
Feuille 1 : ´ Equations diff´ erentielles lin´ eaires
Correction des II.2 et II.3
2.a. Sur son ensemble de d´ efinition, w
0=
y
10y
02+ y
1y
002−
y
20y
10− y
2y
100= y
1(−
aby
02−
acy
2) − y
2(−
bay
01−
acy
1) = −
baw, donc w est bien solution d’une EDLH d’ordre 1 (` a coefficient constant).
2.b. Si χ(X) a deux racines r´ eelles distinctes r
1et r
2, y
iest la fonction t 7→ e
rit, donc w(0) = (y
1y
02− y
2y
01)(0) = 1 × r
2− 1 × r
16= 0.
Si χ(X) a une racine r´ eelle simple r, y
1= t 7→ e
rtet y
2= t 7→ te
rt, de d´ eriv´ ee t 7→
(1 + rt)e
rt, donc
w(0) = (y
1y
20− y
2y
10)(0) = 1 × 1 − 0 × r 6= 0.
Enfin si χ(X) a des racines complexes (non r´ eelles) conjugu´ ees α± iβ, y
1= t 7→ e
αtcos(βt) et y
2= t 7→ e
αtsin(βt), de d´ eriv´ ees respectives t 7→ e
αt(α cos(βt) − β sin(βt)) et t 7→
e
αt(α sin(βt) + β cos(βt)), donc
w(0) = (y
1y
02− y
2y
01)(0) = 1 × β − 0 × α 6= 0.
On a bien dans tous les cas w(0) 6= 0. Or d’apr` es la question pr´ ec´ edente, pour tout t ∈ R , w(t) = w(0)e
−abt, et l’exponentielle ne s’annule pas, donc pour tout t ∈ R , w(t) 6= 0.
ATTENTION ! Le simple fait que y
1et y
2soient des ´ el´ ements lin´ eairement ind´ ependants de C
2( R , R ) ne signifie pas et n’entraˆıne pas que les vecteurs
yy10(t)1(t)
et
yy20(t) 2(t)sont lin´ eairement ind´ ependants pour tout t ! Il y a des tas de fonctions lin´ eairement ind´ ependantes dont le DL ` a l’ordre 1 coincide en un ou plusieurs point(s) ! Donc on ne peut pas montrer comme cela que w(t) 6= 0 pour tout t. Il faut utiliser le fait que y
1et y
2sont solution d’une mˆ eme EDL !!
2.c. Pour tout t ∈ R , Y
0(t) =
yy000(t)(t)et
AY (t) =
0 1
−
ac−
aby(t) y
0(t)
=
y
0(t)
−
acy(t) −
bay
0(t)
donc
∀t ∈ R , Y
0(t) = AY (t)
⇔
∀t ∈ R , y
00(t) = −
cay(t) −
aby
0(t)
⇔ y est solution de (EH).
2.d. Pour i = 1, 2, y
iest solution de (EH) donc d’apr` es la question pr´ ec´ edente, en notant Y
i=
yyi0i
, Y
i0= AY
i, et donc R
0= AR. En outre, det(R) = w, qui ne s’annule pas sur R , donc pour tout t ∈ R , R(t) est inversible.
2.e. Pour tout t ∈ R ,
(R(t))
−1= 1 w(t)
y
02(t) −y
2(t)
−y
01(t) y
1(t)
donc les coefficients de C = R
−1Y sont d´ erivables comme sommes de produits de fonctions d´ erivables. On a donc, pour tout t ∈ R , Y
0(t) = R
0(t)C(t) + R(t)C
0(t) (on peut justifier cette formule en ´ ecrivant que pour tout t
0∈ R et tout t 6= t
0,
Y (t) − Y (t
0)
t − t
0= R(t)C(t) − R(t)C(t
0) + R(t)C(t
0) − R(t
0)C(t
0) t − t
0= R(t) C(t) − C(t
0)
t − t
0+ R(t) − R(t
0) t − t
0C(t
0)
− −− →
t→t0
R(t
0)C
0(t
0) + R
0(t
0)C(t
0),
par continuit´ e du produit matriciel ou de fa¸con plus ´ el´ ementaire par convergence coor- donn´ ee par coordonn´ ee), donc Y
0(t) = AR(t)C(t) + R(t)C
0(t) = AY (t) + R(t)C
0(t). Donc y est solution de (EH) si et seulement si pour tout t ∈ R , R(t)C
0(t) =
00, ce qui ´ equivaut
`
a C
0(t) =
00car R(t) est inversible. Finalement, on a bien que y est solution de (EH) si et seulement si C est une fonction constante.
2.f. Ainsi, y est solution de (EH) si et seulement si il existe C =
cc12
∈ R
2tel que
y y0
=
yy10 y21 y02
C, i.e. tel que y = c
1y
1+ c
2y
2et y
0= c
1y
01+ c
2y
02(cette deuxi` eme condition
´
etant redondante car d´ ecoulant de la premi` ere). L’ensemble des solutions de (EH) est donc bien l’ensemble des fonctions de la forme c
1y
1+ c
2y
2avec c
1, c
2∈ R . Il s’agit d’un sous-espace vectoriel de dimension 2 de C
2( R , R ), (y
1, y
2) en formant une famille libre et g´ en´ eratrice, donc une base. Les diff´ erents cas de figure selon le discriminant du polynˆ ome caract´ eristique ont ´ et´ e donn´ es dans la question 1.f.
2.g. Soit y une solution, donc de la forme c
1y
1+ c
2y
2.
y(t0) y0(t0)
=
yy00 0⇔
cc1y1(t0)+c2y2(t0)1y10(t0)+c2y20(t0)
=
yy00 0⇔ R(t
0)
cc12
=
yy00 0⇔
cc12
= (R(t
0))
−1 yy00 0.
Donc il existe bien une unique y ∈ Sol(EH) tel que y(t
0) = y
0et y
0(t
0) = y
00.
2.h. Le polynˆ ome caract´ eristique de cette EDL d’ordre 2 homog` ene ` a coefficients con- stants est X
2+ ω
2, qui a deux racines imaginaires pures ±iω si ω 6= 0, et une racine r´ eelle double 0 sinon. L’ensemble des solutions de l’´ equation est donc dans le premier cas
{f : x ∈ R 7→ c
1cos(ωx) + c
2sin(ωx), c
1, c
2∈ R } et dans le second cas
{f : x ∈ R 7→ c
1+ c
2t, c
1, c
2∈ R } , c’est-` a-dire l’ensemble des fonctions affines.
3.a. On montre comme en I.B.1 que Sol(E) = p + Sol(EH).
3.b. Plus pr´ ecis´ ement, montrons que si d est une fonction polynomiale P : x 7→ P
nk=0
a
kx
kde degr´ e n, (E) admet une solution polynomiale de degr´ e n. Soit Q : x 7→ P
nk=0
b
kx
kune fonction polynomiale de degr´ e n. Pour tout x ∈ R ,
Q
0(x) =
n
X
k=1
kb
kx
k−1=
n−1
X
j=0
(j + 1)b
j+1x
jet de la mˆ eme fa¸con
Q
00(x) =
n
X
l=0
(l + 2)(l + 1)b
l+2x
l, donc
aQ
00(x)+bQ
0(x) + cQ(x)
=
n−2
X
k=0
(a(k + 2)(k + 1)b
k+2+ b(k + 1)b
k+1+ cb
k) x
k+ (bnb
n+ cb
n−1)x
n−1+ cb
nx
n.
Donc par identification, Q est solution si et seulement si
a
n= cb
na
n−1= bnb
n+ cb
n−1∀k ∈ [[0, n − 2]], a
k= a(k + 2)(k + 1)b
k+2+ b(k + 1)b
k+1+ cb
ki.e.
a
n.. . a
0
=
c 0
. ..
∗ c
b
n.. . b
0
.
Comme c 6= 0, la matrice est inversible, donc le syst` eme a une unique solution, ce qui conclut.
Supposons maintenant que d est de la forme x 7→ e
λxP (x) avec P polynomiale de degr´ e n. Soit Q : x 7→ P
mk=0
b
kx
kune fonction polynomiale et f : x 7→ e
λxQ(x). Apr` es calcul, on a pour tout x ∈ R ,
(af
00+ bf
0+ cf )(x) = e
λxcQ
00+ (2λc + b)Q
0+ (aλ
2+ bλ + c)Q (x).
Ainsi, f est solution ssi Q est solution de
(∗) cy
00+ (2λc + b)y
0+ (aλ
2+ bλ + c)y = P,
´
equation du type ´ etudi´ e pr´ ec´ edemment (` a condition que aλ
2+ bλ + c 6= 0, c’est-` a-dire que λ ne soit pas racine du polynˆ ome caract´ eristique), et qui admet une solution polynomiale de degr´ e n, donc l’´ equation initiale admet bien une solution de la forme x 7→ e
λxQ(x) avec Q du mˆ eme degr´ e que P . Si λ est racine simple du polynˆ ome caract´ eristique, on montre de la mˆ eme mani` ere que (∗) admet une infinit´ e de solutions polynomiales de degr´ e n +1, et exactement une valant 0 en 0. Enfin si λ est racine double du polynˆ ome caract´ eristique, on montre que (∗) admet une infinit´ e de solutions polynomiales de degr´ e n + 2, et exactement une ayant 0 pour racine double.
Finalement, l’´ equation initiale admet exactement une solution de la forme x 7→ x
kR(x)e
λxo` u k est la multiplicit´ e de λ comme racine du polynˆ ome caract´ eristique et R est polyno- miale de degr´ e n.
Application. On commence par r´ esoudre l’´ equation homog` ene. Son polynˆ ome caract´ eristique est X
2−3X +2 qui a deux racines r´ eelles distinctes 1 et 2, donc l’ensemble de ses solutions est
f : x ∈ R 7→ λe
x+ µe
2x, λ, µ ∈ R .
D’apr` es ce qui pr´ ec` ede, 1 ´ etant racine simple du polynˆ ome caract´ eristique et x 7→ x + 1 polynomiale de degr´ e 1, l’´ equation globale a une solution particuli` ere de la forme f : x 7→
α(αx
2+ βx)e
x. Apr` es calculs,
(f
00− 3f
0+ 2f)(x) = (((4α + β) − 3(2α + β) + 2β)x + (2α + 2β) − 3β)e
x= (−2α − 2β)x + 2α − β donc comme f est solution,
−2α − 2β = 1 et 2α − β = 1 ce qui donne
β = −
23et α =
16.
Finalement, l’ensemble des solutions de l’´ equation ´ etudi´ ee est g : x ∈ R 7→ (
16x
2−
23x + λ)e
x+ µe
2x, λ, µ ∈ R . 3.c. Etant donn´ ´ ees des fonctions c
1, c
2sur I,
c
1y
1+ c
2y
2= y
c
1y
01+ c
2y
02= y
0⇔ R
cc12
=
yy0⇔
cc12
= R
−1 yy0.
Or les composantes de R
−1 yy0sont C
1(d´ ej` a vu ou presque), donc il existe bien un unique couple (c
1, c
2) de fonctions C
1telles que
c
1y
1+ c
2y
2= y c
1y
10+ c
2y
02= y
0. 3.d. La r´ eponse ` a cette question est quasi-identique ` a celle de 2.e.
3.e. On commence par r´ esoudre l’´ equation homog` ene. Son polynˆ ome caract´ eristique est X
2+ 1 qui a deux racines imaginaires pures ±i, donc l’ensemble de ses solutions est
{f : x ∈ R 7→ λ cos(x) + µ sin(x), λ, µ ∈ R } .
On cherche une solution particuli` ere de l’´ equation compl` ete sous la forme f = c
1cos +c
2sin avec c
1et c
2de classe C
1sur ] −
π2,
π2[. D’apr` es ce qui pr´ ec` ede, f est solution ssi
C
0=
cos sin
− sin cos
−10
1 cos
=
cos − sin sin cos
0
1 cos