Universit´e Pierre et Marie Curie – Paris 6 Examen semestriel Licence de Math´ematiques MA380 – Analyse Hilbertienne et Num´erique
11 janvier 2007 10h `a 13h
R´esoudre chaque probl`eme sur une feuille s´epar´ee. Les appareils ´electroniques et les documents sont interdits. Les solutions devront ˆetre r´edig´ees de mani`ere ri- goureuse. Lorsque des r´esultats du cours seront utilis´es, ils devront clairement ˆetre
´enonc´es. On notera que certaines questions peuvent ˆetre r´esolues ind´ependamment.
Probl`eme I. (50 points) Dans tout le probl`eme, H d´esigne un espace de Hilbert r´eel, · | · son produit scalaire et · la norme associ´ee. On dit qu’on op´erateur T:H → H est une contraction si
(∀x∈ H)(∀y∈ H) T x−T y ≤ x−y, et une contraction ferme si
(∀x∈ H)(∀y∈ H) T x−T y2≤ T x−T y|x−y. On d´esigne par FixT =
x∈ H |T x=x
l’ensemble des points fixes deT. 1. Montrer que toute contraction ferme est une contraction.
2. Posons T =αT1+ (1−α)T2, o`u α ∈]0,1[ et o`u T1 etT2 sont deux contractions fermes de H vers H. Montrer queT est une contraction ferme.
3. Soit T l’op´erateur de projection sur un convexe ferm´e non-videC deH. Montrer queT est une contraction ferme.
4. Soit T:H → H une contraction ferme. Montrer les propri´et´es suivantes.
(a) (∀x∈ H)(∀z∈FixT) T x−z|x−T x ≥0.
(b) (∀x∈ H)(∀z∈FixT) T x−z2 ≤ x−z2− T x−x2.
5. Soient T:H → H une contraction, (y(k))k∈N une suite de H et y un point dans H tels que y(k)→y etT y(k)−y(k)→0H. Montrer quey∈FixT.
6. Soient T1 et T2 deux contractions fermes de H vers H telles que FixT1 ∩FixT2 = ∅. On consid`ere l’algorithme
x(0)∈ H et (∀k∈N) x(k+1) = (T1◦T2)x(k). (a) Soit z∈FixT1∩FixT2. Montrer les propri´et´es suivantes.
i. (∀k∈N) x(k+1)−z2 ≤ x(k)−z2− (T1◦T2)x(k)−T2x(k)2− T2x(k)−x(k)2. ii. La suite (x(k)−z)k∈N converge.
iii. (T1◦T2)x(k)−T2x(k) →0H etT2x(k)−x(k)→0H.
(b) Soit (x(lk))k∈Nune sous-suite qui converge vers un pointx. Montrer les propri´et´es suivantes.
i. T2x(lk)→xet (T1◦T2)x(lk)→x. ii. x∈FixT1∩FixT2.
iii. Toute la suite (x(k))k∈N converge vers x: x(k)→x.
(c) On suppose que T1 et T2 sont des op´erateurs de projection sur des convexes ferm´es du plan euclidien.
i. Illustrer par un croquis la trajectoire des premiers termes de la suite (x(k))k∈N. ii. `A quelle m´ethode de r´esolution des syst`emes lin´eaires cet algorithme s’apparente t-il ?
Probl`eme II.(50 points) SoitA une matrice de Cn×m, avec m≤n.
1. (a) Montrer que la matriceA∗Aest une matrice hermitienne deCm×mdont les valeurs propres sont positives.
On classera dans la suite les valeurs propres deA∗Apar ordre d´ecroissant en les supposant non toutes nulles (i.e., 0 = λ1 ≥ λ2 ≥ ... ≥ λm ≥ 0) et on notera, pour 1 ≤ k ≤ m, σk=√
λk (valeurs singuli`eres deA).
(b) Montrer que A2 = σ1, o`u · 2 est la norme spectrale (on pourra utiliser le fait que A2 =
A∗A2).
(c) Soit vk un vecteur propre associ´e `a une valeur propre λk > 0 de A∗A et uk le vecteur d´efini par uk = Avk/σk, 1 ≤ k ≤ p = rang(A). Montrer qu’`a partir de ces vecteurs on peut d´efinir deux matrices unitaires,U ∈Cn×netV ∈Cm×m, telles que
U∗AV =
Σp [0]p×m−p [0]m−p×p [0]m−p×n−p
, o`u Σp = diag(σ1, ..., σp)∈Rp×p.
(d) V´erifier que
A= p k=1
σkukvk∗ et A∗A= p k=1
σk2vkvk∗. 2. (a) Rappeler la d´efinition de l’inverse g´en´eralis´e A† de A.
(b) En utilisant les notations pr´ec´edentes, v´erifier que A†=
p k=1
1
σkvku∗k, AA†= p k=1
uku∗k et A†A= p k=1
vkv∗k.
(c) V´erifier que si p = rang(A) = m, alors A† = (A∗A)−1A∗. Que se passe t-il dans le cas p= rang(A) =m=n?
3. On suppose `a pr´esent que A ∈ Rn×m et on s’int´eresse `a la r´esolution du syst`eme Aa= b, o`u b∈Rn et rang(A) =m (n≥m). On notera ¯ala solution de ce syst`eme au sens des moindres carr´es.
(a) En utilisant la question2.(c), montrer que la r´esolution de ce probl`eme revient `a r´esoudre un syst`eme lin´eaire de type B¯a= c, o`u B ∈ Rm×m et c ∈ Rm. Expliciter B et c et en d´eduire l’existence et l’unicit´e de ¯a.
(b) Soient M et N deux matrices de Rm×m telles que B = M −N. On d´efinit une suite (a(k))k∈N parMa(k+1)=Na(k)+c. ´Ecrire l’´equation v´erifi´ee par l’erreur e(k) =a(k)−¯a. (c) On suppose queM est inversible. Donner et justifier une condition sur la matrice M−1N
pour que la suite (a(k))k∈N converge vers ¯a (on pourra utiliser le fait que, pour toute matrice carr´ee W, il existe une norme subordonn´ee · telle queW<1 si et seulement si ρ(W)<1).
(d) Soit A=
⎡
⎣1 2 3 5 1 1
⎤
⎦ etb=
⎡
⎣3 8 2
⎤
⎦. CalculerA† et ¯a.