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Les documents et les calculettes sont interdits. Il sera tenu compte de la qualit´ e de la r´ edaction pour l’attribution d’une note.

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Texte intégral

(1)

Universit´ e Claude Bernard Lyon 1

M1 EADM – G´ eom´ etrie

Corrig´ e du partiel du XX octobre 2010

Les documents et les calculettes sont interdits. Il sera tenu compte de la qualit´ e de la r´ edaction pour l’attribution d’une note.

Les questions. – Les questions sont ind´ ependantes les unes des autres.

Chaque question rapporte 2 points.

1.– Soient s

D

et s

D0

deux r´ eflexions planes d’axe deux droites D et D

0

s´ ecantes en I. Soit θ l’angle ∠ 2(D, D

0

). Montrer que s

D0

◦ s

D

est la rotation de centre I et d’angle θ.

R´ep.– Soit M ∈E, N = sD(M) et M0 =sD0(N). On note −→u (resp.−→

u0) un vecteur directeur (non nul) deD(resp. deD0). Les droitesDetD0sont les bissectrices de (−−→

IM ,−→

IN) et (−→

IN ,−−→

IM0) respectivement. Donc

∠(−−→ IM ,−→

IN) = 2∠(−→u ,−→

IN) et ∠(−→

IN ,−−→

IM0) = 2∠(−→

IN ,−→ u0) Ainsi

∠(−−→ IM ,−−→

IM0) = 2∠(−→u ,−→ u0) =θ.

De plus,IM =IN =IM0 carsDetsD0 sont des isom´etries. Il en r´esultesD0◦sD=RI,θ.

2.– Soit f : E −→ E une isom´ etrie, F = F ix f, A ∈ E \ F, A

0

= f(A), H l’hyperplan m´ ediateur de [A, A

0

] et s

H

la r´ eflexion hyperplane d’hyperplan H. Montrer que F ix g o` u g = s

H

◦ f contient F et A.

R´ep.– Notons queAest fixe pargpuisque sH(A0) =A.

Soit M ∈ F alors A0M0 = AM car f est une isom´etrie etA0M =AM car M est fixe.

DoncM est dans l’hyperplan m´ediateur de [A, A0], i. e.M ∈H.Mais alorsg(M) =M et M ∈F ix g.

3.– Soient n + 1 points A

1

, ..., A

n+1

formant un rep` ere affine de E. Soient

M et N deux points de E tels que, pour tout i ∈ {1, ..., n + 1}, M A = N A .

(2)

Montrer que M = N.

R´ep.– SiM etN´etaient distincts, alors les pointsAiseraient dans l’hyperplan m´ediateur de [M, N] ce qui contredirait l’ind´ependance affine des (n+ 1) points.

4.– Soit (ABC) un triangle non plat d’un plan orient´ e. Montrer que la somme des angles orient´ es (de fa¸con coh´ erente) est ´ egale ` a π mod 2π.

R´ep.– On a

S = ∠(−−→ AB,−→

AC) +∠(−−→ BC,−−→

BA) +∠(−→

CA,−−→ CB)

= ∠(−−→ AB,−→

AC) +∠(−−→ BC,−−→

BA) +∠(−→

AC,−−→ BC)

car−Id∈SO(2).D’o`u

S = ∠(−−→ AB,−→

AC) +∠(−→

AC,−−→

BC) +∠(−−→ BC,−−→

BA)

= ∠(−−→ AB,−−→

BA).

5.– Soient C un cercle de centre O et de rayon R, ∆ une droite coupant C en deux points distincts A et B. Montrer que h −−→

M A, −−→

M Bi = OM

2

− R

2

.

R´ep.– SoitC le point deC diam´etralement oppos´e `aB.On a h−−→

M A,−−→

M Bi = h−−→

M C,−−→

M Bi = h−−→

M O+−−→ OC,−−→

M O+−−→ OBi

= h−−→

M O−−−→ OB,−−→

M O+−−→

OBi = OM2−R2.

Le probl` eme. – (10 pts) Soit E un espace affine de dimension n ≥ 2.

1) Soient A, B et C trois points align´ es, A distinct de C, et − → u un vecteur non nul de la droite vectoriel −−−→

(AC). On rappelle que la mesure alg´ ebrique AB de (A, B ) est le r´ eel λ tel que −→

AB = λ − → u . Il d´ epend du choix de − → u mais le rapport vectoriel AB/AC lui n’en d´ epend pas. Montrer qu’une application affine conserve le rapport vectoriel.

R´ep.– Soient A, B et C les trois points align´es de l’´enonc´e, il existe k ∈ R tel que

−−→

AB=k−→

AC. Notons que kest la mesure alg´ebrique deAB pour le choix−→u =−→

AC.Bien sˆurAC= 1,si bien que

k=AB/AC.

Par lin´earit´e de −→ f ,−−−→

A0B0 =k−−→

A0C0 et comme pr´ec´edemment kest le rapportA0B0/A0C0. Le rapport vectoriel est donc bien conserv´e.

(3)

2) Soit H un hyperplan affine de E et − →

D une direction de droite telle que

→ H ⊕ − → D = − →

E . On rappelle que la projection sur D parall` element ` a − → H est l’application p : E −→ E telle que, pour tout M ∈ E, M

0

= p(M ) ∈ D et

−−−→ M M

0

∈ − →

H . Montrer que p est une application affine (on pensera ` a introduire un point interm´ ediaire O ∈ D).

R´ep.– On a

−−−−−−−→

p(M)p(N) =−−−→

M0N0=−−→

ON0−−−−→ OM0

Notons π : −→

E −→ −→

E la projection vectorielle sur −→

D parall`element `a −→

H . Par d´efinition d’une projection vectorielle, si−→v =−→

d +−→ h ∈−→

D⊕−→

H on aπ(−→v) =−→

d .Puisque

−−→OM =−−−→

OM0+−−−→

M0M

avec−−−→ OM0∈−→

D (carO etM0 sont dansD) et −−−→

M0M ∈−→

H (par d´efinition), il s’en suit que π(−−→

OM) =−−−→ OM0.

Au bilan

−−−−−−−→

p(M)p(N) =−−→

ON0−−−−→

OM0=π(−−→

ON)−π(−−→

OM) =π(−−→

M N).

Ainsipest affine et−→p =π.

3) Soit f : E −→ E une application affine, on suppose que − → f : − →

E −→ − → E est la projection vectorielle sur − →

D parall` element ` a − →

H . L’application f est-elle une projection affine ?

R´ep.– Pas n´ecessairement. Soit−→ d ∈−→

D un vecteur non nul etf =t−→

d ◦p.Alors−→ f =−→p maisf n’est pas une projection affine puisqu’elle est sans point fixe.

4) Soient H, H

0

et H

00

trois hyperplans parall` eles, D

1

et D

2

deux droites donc aucune n’est contenue dans un hyperplan parall` ele ` a H. Soient A

i

= D

i

∩ H, A

0i

= D

i

∩ H

0

et A

00i

= D

i

∩ H

00

, i = 1 ou 2. Montrer que

A

1

A

001

A

1

A

01

= A

2

A

002

A

2

A

02

.

R´ep.– Soitp:E−→Ela projection surD2parall`element `a−→

H .Cette projection envoie A1 surA2,A01surA02et A001 surA002. Puisquepest une application est affine,pconserve le rapport vectoriel et donc

A1A001

=A2A002 .

(4)

5) Soit B un point de D

1

v´ erifiant l’´ egalit´ e A

1

B

A

1

A

01

= A

2

A

002

A

2

A

02

. Montrer que B = A

001

.

R´ep.– L’´egalit´e A1B

A1A01 = A2A002

A2A02 implique que

−−→A1B =A2A002 A2A02

−−−→A1A01.

De mˆeme, l’´egalit´e A1A001

A1A01 =A2A002

A2A02 implique que

−−−→A1A001 = A2A002 A2A02

−−−→A1A01.

La comparaisons de ces deux r´esultats conduit `a B=A001.

6) Soit ABC un triangle non plat et ∆ une droite du plan (ABC) ne passant pas par les sommets et coupant (BC), (CA) et (AB) respectivement en P, Q, R. Soit enfin B

0

intersection de la droite (AC) avec la parall` ele ` a ∆ passant par B. Montrer que

a) RA

RB = QA QB

0

, b) P B

P C = QB

0

QC , c) P B

P C · QC QA · RA

RB = 1.

R´ep.– a) C’est une cons´equence imm´ediate du th´eor`eme de Thal`es (question 4) b) Idem

c) On a

P B P C ·QC

QA · RA RB =QB0

QC · QC QA· QA

QB0 = 1.

7) Si f et g sont deux applications affines, montrer que −−→

f ◦ g = − →

f ◦ − → g .

(5)

R´ep.– On noteM0=g(M) etN0 =g(N).On a

−−−−−−−−−−−−→

f◦g(M)f◦g(N) =−−−−−−−−→

f(M0)f(N0) =−→ f(−−−→

M0N0) =−→

f(−−−−−−−→

g(M)g(N)) =−→

f(−→g(−−→

M N)).

Ainsi−−→

f◦g=−→ f ◦ −→g .

8) D´ emontrer que h est une homoth´ etie affine de rapport k (6= 1) ssi − → h est une homoth´ etie vectorielle de mˆ eme rapport

1

. En d´ eduire que si h

1

et h

2

sont deux homoth´ eties de E de rapport k

1

et k

2

respectivement et si k

1

k

2

6= 1 alors h

1

◦ h

2

est une homoth´ etie de rapport k

1

k

2

.

R´ep.– On a

−−−−−−−→

h(M)h(N) =−−−−−−−−−−−−−−−−−→

(Ω +k−−→

ΩM)(Ω +k−−→

ΩN) =−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−→

(Ω +k−−→

ΩM)(Ω +k−−→

ΩM +k−−→

M N) =k−−→

M N .

Donc−→

h est une homoth´etie vectorielle de rapport k.

R´eciproquement, si−→

h est une homoth´etie vectorielle de rapportk(6= 1) alorsha n´ecessairement un point fixe unique. En effet, soitO∈E un point quelconque, la relation de Grassmann s’´ecrit

h(M) =h(O) +−→ h(−−→

OM) =O0+k−−→

OM =O0+k−−→

OO0+k−−−→ O0M

d’o`u

−−−−→

O0M0=k−−→

OO0+k−−−→ O0M . AinsiM est point fixe dehssi

−−−−→

O0M =k−−→

OO0+k−−−→

O0M ⇐⇒ −−−→ O0M = k

1−k

−−→OO0.

On note Ω ce point fixe. Si on ´ecrit de nouveau la relation de Grassmann, on obtient cette fois

h(M) =h(Ω) +−→ h(−−→

ΩM) = Ω +k−−→

ΩM l’applicationhest donc une homoth´etie de rapportket de centre Ω.

La d´eduction est imm´ediate. On a en effet

−−−−→

h1◦h2=−→ h1◦−→

h2=k1k2Id.

Puisquek1k26= 1,h1◦h2est une homoth´etie et son rapport est celui de−−−−→

h1◦h2, c’est-`a-dire k1k2.

1. Conventionnellement, l’identit´e n’estpasune homoth´etie.

(6)

9) On se propose de retrouver le r´ esultat du 6) c) en introduisant trois ho- moth´ eties du plan (ABC) judicieusement choisies. Soit h

1

l’homoth´ etie de centre R et de rapport RA

RB , h

2

l’homoth´ etie de centre Q et de rapport QC QA et h

3

l’homoth´ etie de centre P et de rapport P B

P C . a) Montrer que h

3

◦ h

2

◦ h

1

(∆) ⊂ ∆.

b) Montrer que h

3

◦ h

2

◦ h

1

n’est pas une homoth´ etie.

c) En d´ eduire que P B P C · QC

QA · RA RB = 1.

R´ep.– a) La droite ∆ contient les trois centres des trois homoth´eties, donch=h3◦h2◦h1

pr´eserve ∆.

b) On a h1(B) = A, h2(A) = C, h3(C) = B et donc h3◦h2◦h1(B) = B. Or B n’est pas dans ∆ par hypoth`ese, par cons´equent h3◦h2◦h1 ne peut ˆetre une homoth´etie sur (ABC).

c) D’apr`es les questions 7 et 8, le produit des rapports P B P C ·QC

QA · RA

RB des homoth´eties h1,h2 eth3 vaut n´ecesairement 1 car sinonhserait une homoth´etie.

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