Exercice 1.
1. Notons ϕ l'application proposée par l'énoncé. Vérions d'abord que l'application est bien à valeurs dans A
f(a) . En eet, pour tout u ∈ ker f , f (u ∗ a) = f (u) ⊥ f (a) = e ⊥ f (a) = f (a) .
Vérions ensuite que ϕ dénit une surjection à valeurs dans A
f(a) . Pour tout v ∈ A
f(a) , on peut écrire v = v ∗ a
−1∗ a . Posons u = v ∗ a
−1. Comme f (v) = f (a) , on a
f (a) = f (v) = f (u ∗ a) = f(u) ⊥ f(a)
⇒ f (a) ⊥ f (a)
−1= f (u) ⊥ f (a) ⊥ f (a)
−1⇒ f (u) = e On a donc bien u dans ker f et v = ϕ(u) .
Vérions enn que ϕ est surjective. En eet :
ϕ(v) = ϕ(w) ⇒ v ∗ a ∗ a
−1= w ∗ a ∗ a
−1⇒ v = w
On a bien montré que ϕ est une bijection. Cela entraine en particulier que toutes les parties A
f(a) ont le même nombre d'éléments que ker f .
2. Les parties A
f(a) forment une partition de G . Tout élément a de G est évidemment dans A
f(a) . Deux parties A
f(a) et A
f(b) sont disjointes lorsque f (a) 6 = f(b) car un élément de G n'a qu'une seule image par f . Il y a autant de parties A
f(a) que d'éléments dans l'image de f .
On en déduit que G est la réunion de ] Im f parties disjointes. Chacune de ces parties étant nie et de cardinal ] ker f .
Le groupe G est donc ni et contient ] Im f × ] ker f éléments.
Exercice 2.
1. La fonction ϕ est obtenue à partir de f en ajoutant une fonction polynomiale. Elle a donc les mêmes propriétés de dérivabilité et de continuité que f . En particulier, les régularités requises pour appliquer deux fois le théorème de Rolle sont vériées.
Choisissons K pour que ϕ(b) = 0 . C'est possible car cela revient à résoudre une équa- tion du premier degré. Il n'est pas utile de préciser la valeur. Le point important est que
f (b) = f (a) + (b − a)f
0(a) + K(b − a)
2Comme ϕ(a) = 0 , on peut appliquer le théorème de Rolle entre a et b . Il existe alors c ∈ ]a, b[ tel que ϕ
0(c) = 0 . Or
ϕ
0(t) = f
0(t) − f
0(a) − 2K(t − a) ⇒ ϕ
0(a) = 0
On peut encore appliquer le théorème de Rolle ; cette fois à ϕ
0entre a et c . Il existe donc un d ∈ ]a, c[ ⊂ ]a, b[ tel que ϕ
00(d) = 0 . Or
ϕ
00(t) = f
00(t) − 2K ⇒ K = 1 2 f
00(d)
En remplaçant K dans la relation caractérisant ϕ(b) = 0 , on déduit la formule annoncée f (b) = f (a) + (b − a)f
0(a) + (b − a)
22 f
00(d)
2. a. Notons τ la première fonction proposée qui est le taux d'accroissement de G entre 0 et x
τ (x) = G(x) − G(0) x − 0 Par dénition de la dérivabilité de G en 0 , τ − →
0G
0(0) . On peut aussi utiliser τ pour exprimer la deuxième fonction
G(x
2) − G(0)
x = x τ (x
2) − →
00 × G
0(0) = 0
b. Pour tout x > 0 , la fonction g est continue en x par les théorèmes sur les opérations sur les fonctions admettant des limites donc g est continue dans ]0, + ∞ [ . Le point important est de montrer que g est continue en 0 c'est à dire qu'elle converge vers
− G
0(0) en 0 . On utilise la question a. Pour tout x > 0 , écrivons : g(x) = G(x
2) − G(0) + G(0) − G(x)
x
= x
|{z}
→0G(x
2) − G(0) x
2| {z }
→G0(0)
− G(x) − G(0) x
| {z }
→G0(0)
→ − G
0(0)
c. Traduction du résultat la question 1. entre 0 et x :
∃ c
x∈ ]0, x[ tq G(x) = G(0) + (x − 0)G
0(0) + x
22 G
00(c
x) Traduction du résultat la question 1. entre 0 et x
2:
∃ d
x∈
0, x
2tq G(x
2) = G(0) + (x
2− 0)G
0(0) + x
42 G
00(d
x)
d. La fonction g est C
1dans ]0, + ∞ [ par les théorèmes usuels sur les opérations fonc- tionnelles. En 0 se posent deux problèmes : la dérivabilité de g et la convergence de g
0vers g
0(0) .
On montre d'abord que g
0converge vers G
0(0) −
12G
00(0) strictement à droite de 0 .
Exprimons g
0(x) pour x > 0 puis remplaçons G(x) et G(x
2) par les expressions de la question précédente
g
0(x) = − 1
x
2G(x
2) − G(x)
+ 2G
0(x
2) − 1 x G
0(x)
= − G
0(0) − x
22 G
00(d
x) + 1
x G
0(0) + 1
2 G
00(c
x) + 2G
0(x
2) − 1 x G
0(x) Quand x tend vers 0 , c
xet d
xtendent aussi vers 0 . Comme G
0et G
00sont continues en 0 ,
x
22 G
00(d
x) → 0, 1
2 G
00(c
x) → 1
2 G
00(0), 2G
0(x
2) → 2G
0(0) Comme G
0est dérivable en 0 ,
1
x G
0(0) − 1
x G
0(x) = − G
0(x) − G
0(0)
x → − G
00(0) On en déduit que
g
0(x) → − G
0(0) − G
00(0) + 1
2 G
00(0) + 2G
0(0) = G
0(0) − 1 2 G
00(0) Le théorème de limite de la dérivée prouve alors que g est dérivable en 0 avec
g
0(0) = G
0(0) − 1 2 G
00(0) et que g
0est continue en 0 donc que g est C
1dans [0, + ∞ [ .
Problème. Approximation rationnelle d'une réciproque
Partie 1 : variations
1. La fonction f est croissante comme somme de fonctions croissantes, elle est impaire.
Son étude ne présente rien de particulier le graphe est présenté en gure 1.
y
x C
graphe de g
Fig. 1: Graphes de f et de g .
2. La fonction est strictement croissante donc injective. Elle est continue donc l'image de son domaine de dénition R est un intervalle (théorème des valeurs intermédiaires).
Les limites en + ∞ et −∞ sont + ∞ et −∞ donc cet intervalle image est R. Ceci montre que f est bijective. Sa bijection réciproque est notée g . Elle associe à tout réel x l'unique solution de l'équation t
3+ t = x d'inconnue x .
3. La bijection réciproque d'une bijection strictement monotone est monotone de même sens. La fonction g est donc strictement croissante.
Pour tout réel x , comme f est impaire, f ( − g(x)) = − f (g(x)) = − x . Donc − g(x) est l'antécédent de − x ce qui montre que − g(x) = g( − x) . La fonction g est donc impaire.
Le graphe de g est symétrique de celui de f par rapport à la première bissectrice. Il est placé aussi dans la gure 1.
4. Comme f
0(t) = 3t
2+ 1 , la dérivée f
0ne s'annule pas dans R. D'après un théorème de cours, la bijection réciproque g est alors dérivable avec :
∀ x ∈ R : g
0(x) = 1
f
0(g(x)) = 1 1 + 3g(x)
2L'expression de la dérivée de g est clairement positive. De plus, comme g
0est stric-
tement croissante, strictement positive dans ]0, + ∞ [ et strictement négative dans
] − ∞ , 0[ , elle est croissante dans ] − ∞ , 0] et décroissante dans [0, + ∞ [ .
Partie 2 : approximations
C x
x
(u
1(x), x) (g(x), x)
Fig. 2: Intersection de la tangente avec D
x.
1. Notons X et Y les fonctions coordonnées. L'équation de la tangente à C au point
d'abscisse t est
X − t 1
Y − t
3− t 3t
2+ 1
= 0
L'abscisse du point d'intersection de la tangente avec D
xest obtenue en prenant Y = x dans l'équation de la tangente.
(X − t)(3t
2+ 1) = x − t
3− t ⇔ X (3t
2+ 1) = x − t
3− t + 3t
3+ t = 2t
3+ x
⇔ X = 2t
3+ x
3t
2+ 1 = ϕ
x(t) Par dénition de l'algorithme, le calcul précédent montre que u
n+1(x) = ϕ
x(u
n(x)) . La gure 2 présente la construction de u
1(x) .
2. a. Après réduction au même dénominateur, on obtient : ϕ
x(t) − t = t
3+ t − x
3t
2+ 1
La fonction t → t
3+ t − x est strictement croissante et s'annule uniquement en g(x) . Elle est donc négative avant g(x) et positive après.
b. Calcul de ϕ
0x.
ϕ
0x(t) = 6t
23t
2+ 1 − (2t
3+ x) 6t
(3t
2+ 1)
2= (t
3+ t − x) 6t (3t
2+ 1)
2On en déduit le tableau suivant
−∞ 0 g(x) + ∞
t − ϕ
x(t) − 0 +
ϕ
0x(t) + 0 − 0 +
c. Pour un x > 0 xé, précisons bien d'abord que 0 < g(x) < x . En eet, la fonction t → t
3+ t − x est strictement croissante. Elle est strictement négative en 0 et strictement positive en x , le point g(x) où elle s'annule est donc dans l'intervalle ouvert ]0, x[ .
D'après l'étude des signes précédente, ϕ
x(x) < x , ϕ
x(g(x)) = g(x) et ϕ
xest croissante donc
ϕ
x([g(x), x]) = [ϕ
x(g(x)), ϕ
x(x)] = [g(x), ϕ
x(x)] ⊂ [g(x), x]
Cela traduit bien que [g(x), x] est stable par ϕ
x.
d. Lorsque t ≥ g(x) , on a déjà prouvé que t
3+ t − x ≥ 0 . De plus, pour t ≤ x , t − x est négatif donc t
3+ t − x ≤ t
3. En utilisant cette majoration dans l'expression factorisée de ϕ
0xdéjà trouvée, on obtient :
ϕ
0x(t) ≤ 6t
4(3t
2+ 1)
2≤ 6t
4(3t
2)
2= 2
3
3. a. À cause de la stabilité de l'intervalle, tous les u
n(x) sont dans [g(x), x] . L'étude des signes a montré que u
1(x) ≤ u
0(x) . La croissance de ϕ
xdans l'intervalle entraîne que l'inégalité se propage, la suite est donc strictement décroissante. Elle est minorée donc elle converge vers un élément l de l'intervalle. Cette limite l est un point xe car ϕ
xest continue en l . Le seul point xe dans l'intervalle étant g(x) , on en déduit que la suite converge vers g(x) .
b. On sait que tous les u
n(x) sont supérieurs à g(x) . Appliquons l'inégalité des accroissements nis à ϕ
xentre g(x) et u
n(x) avec
23comme majorant de la dérivée dans l'intervalle
0 ≤ u
n+1(x) − g(x) = ϕ
x(u
n(x)) − ϕ
x(g(x) ≤ (u
n(x) − g(x)) 2
3
c. On déduit facilement par récurrence que u
n(x) − g(x) ≤ 2
3
n(x − g(x))
Or lorsque x est plus petit qu'un a xé, 0 ≤ x − g(x) ≤ x ≤ a . On en déduit β
n≤
23na .
d. Développons le numérateur de l'expression proposée à droite de l'égalité puis remplaçons g(x)
3en utilisant g(x)
3+ g(x) = x . Il vient :
(t − g(x))
2(2t + g(x)) = 2t
3+ x − g(x)(3t
2+ 1)
⇒ (t − g(x))
22t + g(x)
3t
2+ 1 = 2t
3+ x
3t
2+ 1 − g(x) = ϕ
x(t) − g(x) Une majoration de
2t+g(x)3t2+1pour t ∈ [g(x), x] est demandée. D'abord :
g(x) ≤ t ⇒ 2t + g(x)
3t
2+ 1 ≤ 3t 3t
2+ 1 Ensuite :
3t
3t
2+ 1 = 1
t +
3t1= 1 √
t −
√13t2+
√23
≤
√ 3 2 Ce qui entraîne l'inégalité demandée.
Exercice 3
1. L'inégalité demandée résulte de l'inégalité des accroissements nis appliquée à la fonc- tion t → ln t entre x et x + 1 . En eet la dérivée est
1tqui est supérieur ou égal à
1+t1dans l'intervalle considéré.
2. Notons ϕ la fonction à étudier. Écrivons la sous forme exponentielle avant de la dériver.
ϕ(x) = e
x(ln(x+1)−lnx)> 0
ϕ
0(x) =
ln(x + 1) − ln(x) + x x + 1 − 1
ϕ(x)
=
ln(x + 1) − ln(x) − x x + 1
ϕ(x) ≥ 0 d'après l'inégalité de la première question. La fonction ϕ est donc croissante.
100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
0 0, 2 0, 4 0, 6 0, 8 1
Fig. 3: Coecient du binôme et fonction e
nHpour n = 10 .
3. Fixons un entier n et notons I
kl'inégalité à démontrer : (I
k)
n k
≤ n
nk
k(n − k)
n−kRemarquons d'abord que I
0est vériée car elle revient à 1 ≤ 1 . Remarquons ensuite que les deux expressions à comparer sont conservées par le changement k → n − k . Il sut donc de montrer I
kpour les k tels que k < n − k .
On va montrer que I
k⇒ I
k+1pour k < n − k .
Supposons I
ket considérons le coecient du binôme suivant : n
k + 1
= n(n − 1) · · · (n − k)
(k + 1)! = n − k k + 1
n k
≤ n
n(k + 1)k
k(n − k)
n−(k+1)d'après I
k. Il sut donc de montrer :
n
n(k + 1)k
k(n − k)
n−(k+1)≤ n
n(k + 1)
k+1(n − k − 1)
n−k−1ou encore x
k≤ 1 avec
x
k= n
n(k + 1)k
k(n − k)
n−(k+1)(k + 1)
k+1(n − k − 1)
n−k−1n
n= k + 1
k
kn − k n − k − 1
−(n−k−1)= ϕ(k)
ϕ(n − k − 1) avec la fonction ϕ de la deuxième question. Comme ϕ est croissante et k ≤ n − k − 1 , on a bien ϕ(k) ≤ ϕ(n − k − 1) ce qui achève la démonstration.
Cette démonstration est bien laborieuse à côté de celle ci trouvée par un étudiant
1: Il s'agit en fait de démontrer que
n k
k
k(n − k)
n−k≤ n
nSous cette forme, le membre de gauche apparait clairement comme un terme (celui pour lequel i = k ) dans une formule du binôme
n k
k
k(n − k)
n−k≤
n
X
i=0
n i
k
i(n − k)
n−i= (k + (n − k))
n= n
n4. L'inégalité de la question précédente s'exprime avec H et l'exponentielle car
n
nk
k(n − k)
n−k= n k
kn n − k
(n−k)= e
−(
kln(kn)+(n−k) ln(n−kn )) = e
nH(kn)La gure 3 montre que cette inégalité est très imprécise pour les coecients du milieu.
Exercice 4.
1. a. C'est une question de cours. On vérie immédiatement que le produit de deux racines n -ièmes de 1 est encore une racine n -ième de 1 . De même pour l'inverse (qui est aussi le complexe conjugué).
b. Soit f un morphisme de groupe de U
ndans lui même. On sait que (les notations de l'énoncé),
U
n=
1, u, u
2, · · · , u
n−1avec u = e
2iπn1Thomas Lehéricy