PSI* — 2015/2016 Le 09/01/2016.
D.S. 4
(4 heures)Problème A : équation et fonction de Bessel
Dans ce problème,N désigne un élément deZet l’on étudie l’équation différentielle dite“de Bessel” : x2y′′+xy′+ x2−N2 y= 0 (BN)
Partie I Soit JN l’application de R dansRdéfinie par : JN(x) = 1
π
π 0
cos (Nθ−xsinθ) dθ.
1) Comparer, pour tout réelx,J−N(x) etJN(−x). DéterminerJN(−x) en fonction deJN(x).
2) Montrer que JN est de classe C∞ sur R. Donner les expressions deJN′ (x)et JN′′ (x).
3) En utilisant les dérivées des fonctions θ →sin (Nθ−xsinθ) et θ → N +xcosθ, montrer que JN est solution de(BN) surR.
4) Calculer J0(0),J0′ (0),J0′′(0).
5) a)Montrer que, pour tout x réel non nul et pour toutN dansZ, JN−1(x) +JN+1(x) = 2N
x ·JN(x).
b)Donner, pour x∈R etN ∈Z, une relation entreJN′ (x) etJN−1(x)−JN+1(x).
c)Montrer que, pour tout x∈R,J1(x) +J0′(x) = 0.
Partie II — Développement en série entière de JN
1) DévelopperJ0 en série entière. En donner le terme général et le rayon de convergence.
2) a)Montrer que, pour tout N ∈ N∗, JN est également développable en série entière et en donner le rayon de convergence.
b)Montrer que le terme général de cette série entière peut se mettre sous la forme αN(k).xN+2k, où k∈N. PréciserαN(k).
Problème B : algorithme de Le Verrier
1) Formules de Newton : soit P =Xp+a1Xp−1+· · ·+ap un polynôme unitaire deC[X],(λ1, . . . , λp)un système de racines de P, de sorte que : P =
p
k=1
(X−λk). On noteΛ = λk, k∈[[1, p]] l’ensemble des racines deP et l’on pose :
∀n∈N Sn=
p
k=1
λnk (S0 =p). a)Établir :
∀t∈R\Λ P′(t) P(t) =
p
k=1
1 t−λk
.
b)Développer en série entière au voisinage de 0 la fonction f :x→ P′(1/x) P(1/x). c)En déduire les formules de Newton :
∀n > p Sn+a1Sn−1+· · ·+apSn−p= 0
∀n ≤ p Sn+a1Sn−1+· · ·+an−1S1+nan= 0
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2) Algorithme de Le Verrier : soitA∈ Mp(C),χA son polynôme caractéristique. On note : χA(X) =Xp+a1Xp−1+· · ·+ap =Xp+
p−1
i=0
ap−iXi =
p
k=1
(X−λk)
et l’on définit la famille de matrices (Ak)1≤k≤p en posant :
A1 =A et ∀k∈[[1, p−1]] Ak+1=A× Ak− 1
kTrAk·Ip
où Ip désigne la matrice identité deMp(C).
On rappelle que Aest trigonalisable et que, par conséquent, avec les notations du 1):
∀n∈N Sn= TrAn. Montrer, par récurrence sur k, que
∀k∈[[1, p]] ak=−1
k·TrAk et Ak=Ak+
k−1 i=1
ak−iAi. (On obtient ainsi un algorithme efficace pour calculer les coefficients de χA.)
Problème C : polynômes d’Hermite
On désigne par E l’ensemble des applications f continues de R dans R telles que la fonction t→[f(t)]2e−t2 soit intégrable surR. On admettra que +∞
−∞
e−t2dt=√π.
Première partie 1) Montrer que E contient les fonctions polynomiales.
2) Montrer que E est un R-espace vectoriel et que l’on définit un produit scalaire surE en posant :
∀(f, g)∈E2 (f|g) =
+∞
−∞
f(t)g(t)e−t2dt.
On notera · la norme associée.
Deuxième partie
1) Soitn∈Netφnl’endomorphisme deR[X]qui à tout polynômeP associeP′′−2XP′+2nP. Déterminer le degré de φn(Xk), pour k ∈N et en déduire que le noyau de φn est une droite vectorielle de R[X], engendrée par un polynôme de degrén.
On désigne parHn celui des polynômes de Kerφn dont le terme dominant est2nXn.
Calculer les coefficients de Hn ; préciser en particulier H0, H1, H2, H3 et montrer que Hn est de la même parité que n.
2) On définit l’application ψdeR dansRen posant : ∀t∈R ψ(t) =e−t2. Établir une relation linéaire entre les dérivées d’ordren+ 2, n+ 1etndeψ.
3) Pourn∈N, vérifier que la fonctionyn:t→et2ψ(n)(t) est polynomiale et appartient àKerφn. En déduire que les polynômesHn définis dans le 1)sont donnés par :
∀t∈R Hn(t) = (−1)net2 dn
dtn e−t2 .
4) Montrer que Hn,Hn+1 et Hn+2 sont liés par une relation linéaire que l’on déterminera.
5) Pourn∈N∗ etP ∈R[X], établir : (Hn|P) = (Hn−1|P′).
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6) Pour(n, p)∈N2, tel quep≤n, calculer (Hn|Xp).
En déduire que la famille(Hn)n∈Nest orthogonale. Préciser la valeur de Hn 2. Troisième partie
Pourn∈Netf ∈E, on poseξn(f) = (Hn|f) =
+∞
−∞
Hn(t)f(t)e−t2dt et αn(f) = ξn(f) Hn
. Soient n∈Netf ∈E fixés. Pour (x0,x1, . . . , xn)∈Rn+1 on pose : fn=
n
k=0
xkHk.
Calculer fn−f 2 et montrer que cette quantité admet un minimum pour une famille(x0, x1, . . . , xn) que l’on précisera. Établir l’inégalité :
n
k=0
[αk(f)]2≤ f 2
et conclure quant à la convergence de la série de terme général[αk(f)]2.
Problème D
Dans tout ce problème,n∈N∗ ; si (p, q) ∈N2 avecp≤q, on note [[p, q]] l’ensemble des k∈N tels que p≤k≤q. On désigne par :
• Mn+1(R) l’ensemble des matrices carrées d’ordren+ 1à coefficients dans R.
•On+1 l’ensemble des matrices orthogonales de Mn+1(R).
•Dn+1 l’ensemble des matrices diagonales de Mn+1(R).
SiM ∈ Mn+1(R), on note :
•M = µi,j avec(i, j)∈[[1, n+ 1]]2, oùµi,j est l’élément de la ie ligne et de la je colonne deM,
•fM l’endomorphisme deRn+1 dont la matrice dans la base canonique est M.
Étant donnés deux éléments de Rn : a= (a1, . . . , an) etb= (b1, . . . , bn), on associe au couple (a, b) la matriceAn(a, b)∈ Mn+1(R) définie parAn(a, b) = (αi,j) avec
αi,j = 0 lorsque |i−j|= 1 αi+1,i=ai, αi,i+1=bi pour i∈[[1, n]] . Par exemple, pour n= 2,a= (a1, a2),b= (b1, b2),
A2(a, b) =
0 b1 0 a1 0 b2
0 a2 0
∈ M3(R).
Pourn∈N∗ fixé, on note En l’ensemble des matrices An(a, b), pour(a, b)∈(Rn)2. On se propose d’étudier quelques propriétés des matrices An(a, b)et de l’ensemble En.
Partie I — Étude de E1
Soit E1 l’ensemble des matricesA1=A1(a1, b1) = 0 b1
a1 0 , poura1∈Retb1 ∈R. 1) Soit G=A1(1,0),H=A1(0,1). Calculer G2,H2,GH,HG.
L’ensemble E1 est-il stable pour la multiplication ?
2) Expliciter l’ensemble E1∩O2 (c’est-à-dire l’ensemble des matrices deE1 qui sont orthogonales).
3) Montrer que toute matrice A = A1(a1, b1) peut s’écrire sous la forme A = U∆ avec U ∈ E1∩O2 et
∆∈D2 ; préciser le nombre de décompositions.
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4) On considère une matriceA=A1(a1, b1)∈ E1.
a)On supposea1b1 = 0. Justifier l’existence deA−1 ; la matrice A−1 appartient-elle à E1 ? b)La matrice Aest-elle diagonalisable dans M2(R) lorsque a1b1 <0 ? Et lorsquea1b1 >0 ?
c)On suppose que a1b1 = 0. Donner une condition nécessaire et suffisante portant sur a1 et b1 pour que la matrice Asoit diagonalisable dans M2(R).
5) On considère deux matrices deE1 : K = 0 y
x 0 ,L= 0 t
z 0 avec(x, y, z, t)∈R4. a)Les deux matricesK etL sont-elles semblables dansM2(R)lorsque xy=zt?
b)On suppose que xy =zt= 0. Les deux matricesK etLsont-elles semblables dans M2(R) ?
Partie II — Étude de En
Pour n∈N∗, soit a= (a1, . . . , an) et b= (b1, . . . , bn) dans Rn ; pour simplifier, on notera dn(a, b) ou dnle déterminant de la matrice A=An(a, b).
1) Calcul de dn
a)Calculerd2. Pour n≥3, exprimerdn en fonction dean,bn et dn−2. b)Quelle est la valeur ded2p pourp∈N∗ ?
Calculerd2p+1 pour p∈N, en fonction des ai et desbi, i∈[[1,2p+ 1]].
2) Liens entre En,On+1 etDn+1
a)On suppose qu’il existe une matrice U ∈ En∩On+1.
Soit ∆∈Dn+1, on poseA=U∆; vérifier que A∈ En et que tAA∈Dn+1. b)Soit A∈ E2p ; existe-t-il U ∈ E2p∩O2p+1 et∆∈D2p+1 telles que A=U∆?
c)Pourn= 3, on considère la matrice A=A3(a, b)∈ E3 aveca= (1,3,5)etb= (2,4,6).
Existe-t-il U ∈ E3∩O4 et∆∈D4 telles queA=U∆? d)On suppose que n= 2p+ 1.
(i)Si A=A2p+1(a, b)∈ E2p+1∩O2p+2, quelles sont les valeurs possibles dea1, b1, a2, b2 ? (ii)Préciser l’ensemble E2p+1∩O2p+2 et son cardinal.
(iii)Soit A∈ E2p+1 telle quetAA∈D2p+2 etdetA= 0.
Montrer qu’il existeU ∈ E2p+1∩O2p+2 et∆∈D2p+2 telles que A=U∆.