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Dur´ ee de l’´ epreuve : 3 heures.

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

L3 et Magist` ere de physique fondamentale Universit´ e Paris-Sud Examen de Physique Statistique II

Vendredi 12 mai 2017

Dur´ ee de l’´ epreuve : 3 heures.

L’utilisation de documents, t´ el´ ephones portables, calculatrices, . . . est interdite.

Recommandations :

Lisez attentivement l’´ enonc´ e et r´ edigez succinctement et clairement votre r´ eponse.

V´ erifiez vos calculs (analyse dimensionnelle, etc) ; n’oubliez pas de vous relire.

1 Fluctuations de l’´ energie dans un gaz parfait classique

Nous ´ etudions les fluctuations de l’´ energie ∆E

def

= p

var(E) d’un gaz parfait classique pr´ edites dans le cadre de diff´ erents ensembles de la physique statistique. Nous consid´ erons un gaz de N particules d´ ecrit par le Hamiltonien

H =

N

X

i=1

~ p i 2

2m avec ~ r i ∈ volume V . (1)

1/ Ensemble microcanonique.– Rappeler quelle est la situation physique d´ ecrite par l’en- semble microcanonique. Que valent les fluctuations ∆E dans ce cas ?

2/ Ensemble canonique.

a ) ` A quelle situation physique correspond l’ensemble canonique ? Rappeler la d´ efinition g´ en´ erale de la fonction de partition canonique Z .

b) Comment d´ eduire l’´ energie moyenne E

C

de Z ? (rappeler la d´ emonstration de cette relation).

c) Justifier rapidement que Z ∝ β −3N/2 pour le gaz parfait classique. Calculer E

C

. d ) On donne ∆E

C

2

def

= var(E) = − ∂E ∂β

C

. Calculer la variance puis les fluctuations relatives

∆E

C

/E

C

.

3/ Ensemble grand canonique.

a ) Quelle situation physique est d´ ecrite par l’ensemble grand canonique ? Donner la d´ efinition g´ en´ erale de la fonction de partition grand canonique Ξ.

b) Montrer que le nombre moyen de particules et l’´ energie moyenne peuvent ˆ etre d´ eduits de Ξ

`

a l’aide des relations N

G

= 1

β

∂µ ln Ξ et E

G

=

− ∂

∂β + µ β

∂µ

ln Ξ . (2)

c) Montrer que pour le gaz parfait classique Ξ = exp

z e βµ , o` u z est la fonction de partition pour une particule. Justifier que ∂z/∂β = −3z/(2β). D´ eduire N

G

et E

G

en fonction de z, β et µ.

d ) Calculer la variance de l’´ energie, maintenant donn´ ee par var(E) = − ∂β + µ β ∂µ

E

G

. Exprimer E

G

et ∆E

G

2

def

= var(E) en fonction de N

G

et k B T . D´ eduire ∆E

G

/E

G

en fonction de N

G

. 4/ Conclusion.– Comparer ∆E /E, ∆E

C

/E

C

et ∆E

G

/E

G

. Justifier physiquement pourquoi les fluctuations sont les plus grandes dans ce dernier cas. Rappeler la d´ efinition de la limite thermodynamique et commenter les r´ esultats.

1

(2)

2 Gaz de photons

On ´ etudie la thermodynamique d’un gaz de photons. Dans un premier temps, on applique (incorrectement) les r´ esultats obtenus dans le cadre canonique pour un gaz parfait classique de particules ultrarelativistes. Dans un deuxi` eme temps, on traitera rigoureusement l’effet du postulat de sym´ etrisation ` a l’aide du formalisme grand canonique.

1/ On consid` ere une particule libre de masse nulle, d’´ energie ε ~ p = ||~ p ||c. Montrer que la densit´ e des ´ etats individuels (les ondes planes) est

ρ(ε) = V g s

2 ( ~ c) 3 ε 2 o` u g s = 2 (3)

est la d´ eg´ en´ erescence de spin (pour les photons on a s = 1 mais g s = 2 seulement, pour les deux

´

etats de polarisation).

[Indication : utiliser la r` egle semiclassique ou la repr´ esentation ρ(ε) = P

λ δ(ε − ε λ ).]

A. Gaz classique de particules ultrarelativistes.– On d´ ecrit le gaz de N particules comme un gaz classique dans un volume V ` a temp´ erature T .

2/ Justifier que la fonction de partition pour une particule est donn´ ee par z = R ∞

0 dε ρ(ε) e −βε puis calculer l’int´ egrale [exprimer le r´ esultat en fonction de V et la longueur thermique λ T

def

=

~ c/(k B T )].

3/ Quelle est la fonction de partition canonique Z N MB du gaz dans l’approximation de Maxwell- Boltzmann ? D´ eduire l’´ energie libre F MB (T, V, N ), qu’on exprimera en fonction de N , T , de la densit´ e n = N/V et de λ T , afin de faire ressortir la propri´ et´ e d’extensivit´ e.

4/ D´ eduire l’´ energie moyenne du gaz E

C

, la pression p et le potentiel chimique µ (on exprimera ce dernier en fonction de k B T et du produit adimensionn´ e nλ 3 T ).

5/ Photons.– Nous appliquons ces r´ esultats au cas des photons : pour prendre en compte la non conservation du nombre de photons, on impose µ = 0. D´ eduire une relation entre n et λ T (o` u il est admis que n s’interpr` ete maintenant comme la densit´ e moyenne). Utiliser cette relation pour donner l’expression de F MB en fonction de T et V (et des constantes fondamentales).

B. Traitement grand canonique.

6/ On consid` ere des particules sans interaction ` a temp´ erature T et potentiel chimique µ. Don- ner la d´ efinition g´ en´ erale de la fonction de partition grand canonique pour un ´ etat individuel d’´ energie ε λ . La calculer explicitement pour les bosons, on la note ξ B λ . Rappeler quelle est la contrainte sur µ. Comment le facteur de Bose-Einstein n B (ε) est-il d´ eduit de ξ λ B ? Donner son expression et tracer son allure en fonction de ε.

7/ Exprimer le nombre moyen de bosons N

G

et l’´ energie moyenne E

G

sous la forme d’int´ egrales faisant intervenir n B (ε) et la densit´ e d’´ etats individuels ρ(ε).

8/ Jusqu’` a la fin du probl` eme, nous ´ etudions le gaz de photons pour lequel µ = 0 . Justifier l’´ egalit´ e entre grand potentiel et ´ energie libre : J = F . Calculer explicitement N

G

et E

G

en fonction de V et T .

[Indication : utiliser les int´ egrales de l’annexe.]

9/ Rappeler la d´ efinition de la pression p (les d´ efinitions canonique et grand canonique co¨ıncident pour µ = 0). On a vu en cours que si ρ(ε) ∝ ε 2 , alors J = −(1/3)E

G

. D´ eduire l’´ energie libre F en fonction de T et V . Puis p en fonction de T et des constantes fondamentales.

10/ Montrer que l’´ energie libre, l’´ energie et la pression s’expriment respectivement comme F =

−η N

G

k B T , E

G

= 3η N

G

k B T et p = η nk B T o` u η est une constante adimensionn´ ee dont on donnera la valeur approch´ ee. Comparer aux r´ esultats de la partie A. Quelle est l’origine physique de η ? Justifier physiquement pourquoi η > 1 ou η < 1.

2

(3)

3 M´ etal bidimensionnel

Il est possible de r´ ealiser un m´ etal bidimensionnel en pi´ egeant un gaz d’´ electrons ` a l’interface de deux semi-conducteurs. On peut montrer que la densit´ e des ´ etats individuels est une constante ρ 0 = A m ∗ /(π ~ 2 ), o` u m ∗ est la masse effective et A la surface o` u ´ evoluent les ´ electrons.

1/ Rappeler l’expression de la distribution de Fermi-Dirac n F (ε) et tracer la soigneusement pour µ > 0 et T = 0 ; puis pour k B T µ sur le mˆ eme graphe.

2/ Rappeler l’expression grand canonique du nombre moyen de fermions N

G

comme une int´ egrale faisant intervenir n F (ε). En remarquant que 1/ e β(ε−µ) + 1

= e −β(ε−µ) / 1 + e −β(ε−µ)

, calculer explicitement cette int´ egrale.

3/ On se place ` a la limite thermodynamique, i.e. N

G

→ N : d´ eduire le potentiel chimique en fonction de T et de la densit´ e n = N/A. D´ eduire que l’´ energie de Fermi est donn´ ee par ε F ≡ k B T F = π ~ 2 n/m ∗ . Exprimer µ(T, n) en fonction de k B T et T /T F seulement. Tracer µ(T, n) en fonction de T et justifier que l’on pourra consid´ erer µ(T, n) ' ε F tant que T T F . 4/ A.N. : on consid` ere un gaz ` a une interface GaAs/GaAlAs. La masse effective des ´ electrons est m ∗ = 0.067 m e et la densit´ e n = 4.5 × 10 15 m −2 . D´ eduire la temp´ erature de Fermi T F en Kelvin. Dans quel r´ egime se trouve le gaz ` a T = 300 K ? Et dans un cryostat ` a T = 1 K ? 5/ Exprimer l’´ energie moyenne E

G

comme une int´ egrale. On se place ` a la limite thermodyna- mique et on note l’´ energie E

G

→ E(T, N ) (la d´ ependance en A est implicite). Montrer que

E(T, N ) = 1 2 N ε F

"

1 + π 2 3

T T F

2

+ O(T 4 )

#

pour T T F (4)

[Indication : utiliser la formule de Sommerfeld de l’annexe.]

6/ D´ eduire la capacit´ e calorifique C V pour T T F , exprim´ ee en fonction de N k B et de T /T F . Justifier physiquement le r´ esultat et comparer au r´ esultat qu’on aurait obtenu pour T T F . 7/ [ Bonus ] En utilisant C V = T ∂S ∂T

C

, o` u S

C

(T, N ) est l’entropie canonique, justifier que S

C

' C V . On introduit l’´ energie d’excitation E

def

= E(T, N ) − E(0, N ). Exprimer T /T F en fonction de E /(N ε F ). D´ eduire l’expression de l’entropie microcanonique S (E , N ). D´ eduire le comportement dominant de la densit´ e des ´ etats du gaz fermionique. Comparer ` a la densit´ e d’´ etats d´ ecrivant un gaz classique ρ class (E, N ) = (N!) A

N2

m

E 2π ~

2

N

. Annexe

• Int´ egrales :

Γ(z) = Z ∞

0

dt t z−1 e −t avec Γ(n) = (n − 1)!

Z ∞

0

dx x α−1

e x − 1 = Γ(α) ζ(α) avec ζ(2) = π 2

6 ' 1.645 , ζ(3) ' 1.202 , ζ(4) = π 4

90 ' 1.082 , ...

• D´ eveloppement de Sommerfeld : soit une fonction ϕ(ε) r´ eguli` ere, Z ∞

dε ϕ(ε) n F (ε) =

T →0

Z µ

dε ϕ(ε) + π 2

6 ϕ 0 (µ) (k B T) 2 + O(T 4 )

• Constantes : k B = 1.38 × 10 −23 J/K, ~ = 10 −34 J.s, |q e | = 1.6 × 10 −19 C et m e = 10 −30 kg.

Solutions sur la page du cours : cf. http://lptms.u-psud.fr/christophe_texier/

3

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