L e s C o n s u l a t s s u i s s e s à l ' é t r a n g e r r e ç o i v e n t l e j o u r n a l . pa Douzième Année. — N
02.
Prix du numéro 10 centimes
Jeudi 7 Janvier 1897.
Bureaux: Rue de la Serre, 58.
ABONNEMENTS
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O r g n n c d e In Société I n t e r c a n t o n a l e d e s I n d u s t r i e s d u J u r a , d e * C h a m b r e s d e c o m m e r c e , d e s B u r e a u x d e c o n t r ô l e e t d e s S y n d i c a t s p r o f e s s i o n n e l s ·
Socialisme et libéralisme
Discours prononcé à Carmaax par M. Paul Deschanel
L'événement de lin d'année a été l'im- portant discours prononcé, à Garmaux, par M. Paul Deschanel sur la «question sociale et le socialisme».
M. Deschanel déclare en commençant qu'il ne veut rien savoir de ce qui s'est passé à Carmaux. Il ne veut pas s'adres- ser à la passion, mais à la raison seule, au cœur, au jugement, à la justice de ses a u d i t e u r s : « N o u s combattons non contre des personnes, mais p o u r des idées. Les idées sont les forces souve- raines : les hommes et les faits leur obéissent. » Puis il a abordé son sujet.
Je n'ai pas besoin de définir la question sociale: car, sur le problème, tout le monde est d'accord. Il s'agit d'arriver à une rémuné- ration de plus en plus juste du travail; il s'agit de faciliter l'accès du plus grand nombre d'hommes possible au capital et à la propriété.
Tous, nous déplorons le contraste de l'extrême opulence et de l'extrême misère ; tous, nous condamnons l'oisif, ce frelon de la ruche hu- maine ; tous, nous flétrissons les fortunes mal acquises, et nous entendons appliquer à l'agiotage, aux accaparements, aux manœu- vres dolosives, la rigueur des lois, et, si les lois actuelles ne suffisent pas, en édicter d'au- tres ; tous, enfin, nous voulons réduire la part de l'ignorance, de la misère et de l'injus- tice. Celui qui ne souffre pas des souffrances de ses semblables et qui ne met pas toutes ses énergies et tout son cœur à les alléger, celui- là ne mérite pas le nom d'homme! N'est-ce pas, en effet, 1 œuvre humaine par excellence, que cet effort séculaire des penseurs, des poli- tiques, des légistes, de toute l'élite de notre race, pour remplacer le règne de la force par celui de la justice, pour .soumettre de plus en plus les actes des hommes à l'empire des lois, et de lois de plus en plus conformes à l'équité?
Ce n'est donc pas le problème qui est en cause: c'est la solution. Sur le mal, tout le monde est d'accord : il s'agit de trouver le re- mède. Ce remède, est-ce le socialisme qui nous l'apporte ?
Et, d'abord, qu'est ce que le socialisme? On met sous ce mot tant~.de choses différentes, qu'il faut commencer par adopter une défini- tion précise: autrement, toute discussion sé- rieuse est impossible.
Le socialisme, ce n'est pas le désir d'améliorer le sort du plus grand nom- bre, car alors chacun serait socialiste.
Ce n'est pas non plus l'intervention de l'Etat ou du législateur dans l'ordre des questions du travail, car à ce compte tout le m o n d e aussi serait socialiste:
chacun admet, en effet, l'intervention de la loi en ce qui touche, par exemple, le travail des enfants, l'hygiène ou la salu- brité, la protection de la femme et du foyer domestique. On peut être intei
1- ventionniste sans être «socialiste».
Le socialisme tout court n'est pas non plus le «socialisme d'Etat» :
Les socialistes d'Etat proposent de remettre aux mains de l'Etat les chemins de fer, les mines et la Banque de France ; mais ils ne touchent pas au régime de la propriété. Au contraire, les socialistes veulent transformer le droit de propriété. Aussi, quand ils s'allient aux socialistes d'Etat, c'est uniquement par tactique, par une manœuvre toute provisoire.
Les uns et les autres, même quand ils suivent des voies parallèles, poursuivent des buts tout différents: les premiers veulent agrandir le domaine de l'Etat sans détruire le mode actuel de propriété, tandis que les seconds veulent détruire l'état social, afin d'établir un droit de propriété nouveau. Il y a donc entre eux, non seulement une divergence fondamentale, mais un abîme.
M. Deschanel définit le socialisme « u n
«changement dans le régime de la pro-
«priété par la socialisation des moyens
« d e production.» Telle est l'idée qu'il examine ; il ne relève pas les contradic- tions dans lesquelles tombent les socia- listes.
Ils sont très divisés, vous le savez, et ils ont souvent changé d'opinion, soit sur les moyens de réaliser leur idéal, soit sur cet idéal même. Les uns, par exemple, veulent des réformes parce qu'ils croient que les ré- formes, en rendant le peuple plus fort, plus
éclairé, le rendront plus vite mùr pour la ré- volution sociale; les autres repoussent les ré- formes, parce que, en améliorant la société actuelle, elles éloignent, à leurs yeux, les chances de bouleversement. Les uns veulent la grève générale ; les autres n'en veulent pas.
Les uns veulent conquérir les pouvoirs pu- blics et procéder légalemen] ; les autres pré- conisent l'emploi de la force, etc., etc. Je ne chercherai pas à tirer parti de tout cela. Ce n'est pas sur leurs divergences, que je les veux prendre, c'est sur leurs points communs.
J'écarte toute polémique pour aller droit aux idées maîtresses sur lesquelles ils sont tous d'accord, et qui sont la substance même de leur doctrine.
M. Deschanel m o n t r e ensuite que la conception historique des socialistes .est inexacte, car l'histoire de l'humanité n'est pas seulement, comme ils le disent, une lutte de classes p o u r les intérêts matériels, et que leurs vues sur l'ordre social actuel ne sont pas conformes à la réalité.
Les socialistes p r é t e n d e n t que les ca-
pitaux se concentrent dans un n o m b r e
de mains de plus en plus petit, que les
riches deviennent toujours plus riches
et les pauvres toujours plus p a u v r e s .
Ils font une confusion. De ce que les
capitaux se groupent (sociétés anonymes),
il ne s'en suit pas qu'ils se réunissent
dans les m ê m e s mains. Les actions de
ces grandes associations sont la propriété
d'établissements publics, de familles, de
mineurs, etc., etc. Les chemins de fer
français sont la propriété de plus de
700,000 familles; les 182,500 actions d e
la Banque de F r a n c e sont entre les mains
de 28,118 p e r s o n n e s ; les 341,000 actions
du Crédit foncier entre les mains d e
40,339 titulaires. Ainsi donc, en m ê m e
temps qu'il se réunit en associations, le
capital se divise en p e r s o n n e s ; la con-
centration des capitaux peut se produire
aussi bien au profit des petits capitalistes
que des gros. E n F r a n c e , il y a 2 mil-
lions de rentiers, possédant en m o y e n n e
un capital de 14,000 Ir.: les 4 milliards
8
LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE
d e la C a i s s e d ' é p a r g n e s o n t r é p a r t i s e n t r e 8 , 0 0 0 , 0 0 0 l i v r e t s v a l a n t 300 Ir. e n m o y e n n e .
O n m o n t r e à c e u x q u i s o u f f r e n t les f o r t u n e s m o n s t r e s ! S ' i n d i g n e r , c ' e s t t r o p facile. M i e u x v a u t c h e r c h e r à faire d i s - p a r a î t r e ce q u ' i l y a d ' i m m o r a l c l d ' i n - j u s t e d a n s c e t t e i n é g a l i t é .
D'abord, il faut distinguer entre les fortunes mal acquises, qui devraient être atteintes par la loi, et celles, au contraire, qui sont dues au travail, à l'intelligence-, à la volonté, et aussi à la chance, à une découverte heureuse, à une invention, bref, à l'esprit de conduite, d'initiative ou d'entreprise. Ensuite, il faut nous demander si les grandes fortunes sont nombreuses ou rares, et si elles tendent à devenir plus nombreuses ou plus rares.
E n o u t r e , la b a i s s e d u t a u x d e l ' i n t é r ê t t e n d à d i m i n u e r l e s r e v e n u s . P l u s la c i v i l i s a t i o n d é v e l o p p e la r i c h e s s e e t p l u s l ' i n t é r ê t d e l ' a r g e n t d i m i n u e . P l u s le c a p i t a l a u g m e n t e e t m o i n s il e s t r é m u - n é r é . L a f o r t u n e a d e p l u s e n p l u s la t e n d a n c e à se faire v i a g è r e e t à s ' é v a p o r e r à la m o r t d e s o n f o n d a t e u r . O n c a l c u l e q u e si l ' o n c o n l i s q u a i t t o u s l e s r e v e n u s a u - d e s s u s d e 2 5 , 0 0 0 fr. p o u r les p a r t a g e r e n t r e l e s a u t r e s c a t é g o r i e s d e c o n t r i - b u a b l e s , le r e v e n u d e c h a c u n d e c e u x - c i n e s e r a i t a u g m e n t é q u e d e 4'/2 % ; c ' e s t à p e u p r è s c o m m e si l ' o n v o u l a i t a p l a t i r s u r t o u t le s o l français la m a s s e d e s m o n t a g n e s . — y c o m p r i s le M o n l b l a n c ,
— o n n ' e x h a u s s e r a i t le sol q u e d e q u e l - q u e s m è t r e s .
E n a d m e t t a n t , b i e n e n t e n d u , l ' h y p o - t h è s e c h i m é r i q u e (pic la e o n l i s c a l i o n n ' e û t p a s p o u r effet d e faire fuir t o u s l e s c a p i t a u x et d e r u i n e r t o u t le m o n d e d u m ê m e c o u p : c a r le fluide vital d e la ri- c h e s s e e t d e l ' i n d u s t r i e , c'esl la s é c u r i t é . E s s a y e z d e saisir o u . c o m m e o n d i t , d e s o c i a l i s e r le c a p i t a l , il f o n d r a e n l r e v o s d o i g t s ; il n e v o u s r e s t e r a b i e n t ô t p l u s q u ' u n chiffon d e p a p i e r , c a r v o u s a u r e z d é t r u i t ce q u i e n faisait la force e t la v a l e u r : la c o n f i a n c e .
Examens d'apprentis
En exécution du titre 2 de la loi du 21 no- vembre 1890 sur la protection des apprentis, le déparlement soussigné porte à la connais- sance des parents, des maîtres et maîtresses d'apprenlissage, ainsi que des apprentis et apprenties, qu'il organisera les examens pré- vus par la loi aux époques suivantes pendant l'année 18'JT :
1° P o u r les apprentis jardiniers, une seule série en m a r s .
2" P o u r les apprentis boulangers et con- fiseurs, une première série en mars, une se- conde série en octobre.
3° Pour les apprentis et apprenties de toutes les autres professions, une seule série dans les mois de juin ou de juillet.
Inscriptions
Tous les apprentis ou apprenties qui désirent participer aux examens indiqués sous chiffre 3 et concourir pour l'obtenlion du diplôme el des primes accordés par l'Etat aux plus méri- t a n t s , sont priés de s'adresser Jusqu'au ι" avril au plus tard, au Greffe des Pru
d'hommes, s'ils habitent Neuchàtel, La Chaux- de-Fonds ou Le Locle el, dans toutes les autres
communes, au secrétariat communal. Ils en recevront un bulletin contenant les renseigne- ments utiles à la préparation aux examens, à la confection de leur pièce d'épreuve, ete.
Ce bulletin doit être rempli soigneusement et rapporté, signé de l'apprenti et du maître d'apprentissage, au bureau qui l'a délivré, pour le l01' avril, faute de quoi l'apprenti ne pourrait plus être reçu aux examens pendant l'année 1897.
Les apprentis jardiniers, boulangers et con- fiseurs de toutes les parties du canton devront s'adresser à M. ARNOLD KOULY, inspecteur cantonal des apprentissages à la Chaux-de- Ponds, avant le i" mars, soit qu'ils désirent se présenter pour les examens du printemps ou ceux d'automne, ceci en vue de la publica- tion d'une liste complète des apprentis inscrits.
Conditions d'admission P o u r être admis aux examens, les candidats au diplôme devront avoir fait au moins les deux tiers de leur apprentissage aux dates qui suivent :
à) Lc 15 m a r s pour les apprentis jardiniers, les boulangers el confiseurs dont les examens ont lieu en mars.
b) Le 15 octobre pour les boulangers et confiseurs don lies examens on l lieu en octobre.
c) Le 1er juillet pour les apprentis et appren- ties de toutes les autres professions donl les examens ont lieu en juin ou juillet. •
La date exacte des examens sera désignée ultérieurement à tous les intéressés, avec l'in- dication do la localité el des ateliers dans les- quels les apprentis devront se présenter pour exécuter les travaux fixés par le j u r y de leur profession.
Afin de donner toute l'unité désirable dans le travail des commissions d'examen en même temps que pour réduire la dépense qui incombe à l'Etat, nous grouperons, lorsque ce sera possible, tous les apprentis appartenant à la même profession dans une même série de jours el une même localité pour leur examen.
A moins de circonstances spéciales, les examens professionnels auront lieu dans les localités suivantes :
a) Pour les horlogers, à la Ghaux-de-Fonds et nu Locle.
b) P o u r les mécaniciens, a Gouvet.
c) P o u r les couturières el modistes, à Neu- chàtel, de même que pour les professions non désignées ci-dessus, à moins que le nombre des apprentis inscrits ne nous engage à les grouper par régions ou par districts.
Tous les apprentis et apprenties examinés dans un autre district que celui où résident leurs maîtres et maîtresses d'apprentissage seront indemnisés de leurs frais de chemin de fer.
Les demandes de renseignements complé- mentaires devronl être adressées à M. ARNOLD KOULY, inspecteur cantonal des apprentissages à la Ghaux-de-Fonds.
NEL'CIIATKL, le 2 janvier 1897.
Le Chef du Département Je l'Industrie et de l'Agriculture, COMTESSF,.
Nouvelles diverses
F o n d s d e s a p p r e n t i s s a g e s . — Le fonds cantonal neuchàtelois destiné à l'encourage- ment des bons apprentissages était à fin no- vembre 1896 de Fr. 401
Il s'est augmenté des dons suivants:
Souscription organisée par M. Ed.
Perrochet, député, pendant la der-
nière session du Grand Conseil . . » 100 Anonyme Neuchàtel » 5
Total à ce jour . . . F r . 512 A l'occasion de Noël, l'inspectorat des ap- prentissages a adressé, h titre de prime et
d'eneouragemenl, à toutes les jeunes coutu- rières qui avaient assisté aux examens pro- fessionnels de 1890, une magnifique méthode de coupe rédigée spécialement pour l'instruc- tion des apprenties.
(Communiqué).
C o n s u l a t s . — P a r noie du 29 septembre écoulé, le secrétaire de la Diéle de la Répu- blique Majeure de l'Amérique centrale a fait savoir au Conseil fédéral que, par suite de l'union des Etats de H o n d u r a s , Nicaragua el Salvador, les brevets avaient été retirés aux consuls de ces trois républiques accrédités en Suisse. En conséquence ont été relevés de leurs fonctions MM. Edgard Leberl, consul du H o n d u r a s et de Nicaragua, à B à l e : Ben- jamin H a a s , consul, et Nathan H a a s , vice- consul du Salvador, à Genève.
Variété
A propos de la Banque de France Une opinion de Napoléon Ier
Depuis que l'on s'occupe du renouvellement du privilège de la Banque, il a été fait appel plusieurs fois à l'opinion de Napoléon It r tou- chant les rapports de cel établissement de crédit et de l'Etal. Comme plusieurs écrivains semblent croire que Napoléon 1er élail très respectueux de l'autonomie de la Banque, il peut être intéressant, au point do vue histo- rique, de donner les sentiments très nets ex- primés par l'empereur dans les séances du Conseil d'Etat des 27 m a r s et 2 avril 1S06. On verra, qu'en réalité Napoléon, maigréquelques formes, considérait la Banque comme tenant de très près à l'Etat:
« J e consens à ce que le chef de la Banque soit appelé gouverneur si cela peut lui faire plaisir, car les titres ne coûtent rien.
« J e consens également à ce que son traite- ment soit aussi élevé qu'on voudra, puisque c'esl la Banque qui doit p a y e r : on peut le fixer si l'on veut à GO.000 fr. Quant à la pro- position d'exiger que le gouverneur soit hors des affaires, je pense que, quelque parti qu'on prenne, on empêchera difficilement les chefs d e l à Banque d'abuser de la connaissance qu'ils auront des opérations du gouvernement et du mouvement des fonds.
«Ainsi, dans la dernière crise de la Banque, après que le conseil des régents eut décidé d'acheter des piastres, plusieurs régents sor- tirent, firent acheter des piastres pour leur compte, et les revendirent deux heures après à la Banque avec un gros bénéfice.
« J e distingue dans la Banque trois pouvoirs:
« Celui des 200 actionnaires qui composent le comité.
«Celui du Conseil, composé de régents et autres.
((Celui du gouverneur et de ses deux sup- pléants.
« Il faut que la loi d'organisation se compose de titres correspondant à ces trois pouvoirs.
a La Banque n'appartient pas seulement aux actionnaires, elle appartient aussi à l'Etat, puisqu'il lui donne privilège de battre monnaie. L'assemblée des plus forts action- naires n'est qu'un corps électoral, semblable aux collèges électoraux, composés des plus imposés. Rien ne serait plus funeste que de les considérer comme propriétaires exclusifs de la Banque, car leurs intérêts sonl souvent en opposition avec ceux de l'établissement;
l'action dont ils sont porteurs a pour effet de les intéresser à cet établissement, comme un titre de propriété foncière intéresse les mem- bres du collège électoral au bien de l'Etat;
mais elle ne leur donne pas toujours l'intelli- gence de leurs intérêts. Il arrive même sou- vent que l'intérêt de l'action n'est pas celui de l'action. » (Séance du 27 mars.)
•
LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE
« Q u a n t à la nomination du gouverneur, je me veux point présenter des candidats au co- m i t é des actionnaires. Ge serait resteindre la liberté de mon choix et me mettre dans une position avilissante vis-à-vis de ce comité. Si j e consens à me mettre en certain cas dans
cette position vis-à-vis du Sénat, c'est parce
« q u ' i l représente la nation qui est la source
<ie toute force et de tout pouvoir. J e pourrais, tout au plus, consentir à ce que le comité dé- signât un gouverneur et soumît ce choix à mon approbation; cela se fait ainsi pour les places d'académicien ; mais je dois être le maître clans tout ce dont je me mêle, et sur- tout dans ce qui regarde la Banque qui est bien plus a rEmpereur qu'aux action- naires, puisqu'elle bat monnaie. »
La pensée de Napoléon se dégageait nette, précise et brutale parfois dans cet exposé. Il est donc tout au moins imprudent d'aller c h e r c h e r l'opinion «libérale» de l'empereur
•en ce qui regarde la constitution première de la Banque de France. A. V.
Bibliographie
L'heure décimale et la division de la cir- conférence, par Henri de S a r r a u t o n . 1 brochure in-8". Société de géographie et d'archéologie de la province d'Oran. Li- brairie Gauthier-Yillars et fils. — P a r i s , 1896. Prix : 1 fr. 50.
Lorsque l'on considère qu'un siècle s'est écoulé depuis que le système métrique a été créé en France, on est étonné de rencontrer, a u milieu de nos mesures décimales, cette anomalie c h o q u a n t e : le temps mesuré p a r
les heures qui appartiennent au système duo- décimal ; par les minutes et les secondes qui sont sexagésimales; enfin par les sous-mul- tiples décimaux de la seconde, c a r on a aban- donné la tierce, et, pour les petites fractions du temps, on compte par dixièmes et cen- tièmes de seconde. Ainsi le j o u r et ses sub- divisions se rapportent à trois systèmes diffé- rents, ce qui n'est pas moins irrégulier dans la théorie que gênant dans la pratique des calculs. Nos systèmes de mensuration, en ce qui concerne les quantités angulaires, ne sont pas moins défectueux. Nous avons, en France, deux divisions de la circonférence, et ni l'une ni l'autre n'est universellement bonne. La division en 3(50° présente précisé- ment les mêmes inconvénients que la division du temps. La division en 400 grades permet d'opérer s u r des nombres décimaux, mais elle est incompatible avec la division admise du temps, ce qui fait qu'elle ne peut être acceptée ni par les astronomes ni p a r les marins, qui ont constamment à transformer les nombres horaires en parties de l'équateur.
D'où vient que l'on conserve ces procédés défectueux de mensuration et de calcul?
Quelles difficultés s'opposent à ce qu'on les remplace par d'autres plus avantageux et p.lus logiques, et enfin quel est le meilleur de tous les systèmes que l'on puisse mettre à la place de ce qui existe? Telles sont les ques- tions traitées dans cette brochure.
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