Feuille d’exercices n
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Exercice 1. SoientX1, X2 des va discr`etes `a valeurs dans des univers d´enombrables Λ1, ,Λ2. Montrer que X1 et X2 sont ind´ependantes si et seulement si
P(X1 =a, X2 =b) =P(X1 =a)P(X2 =b) pour tout (a, b)∈Λ1×Λ2. Exercice 2. Donner un crit`ere d’ind´ependance similaire `a celui de l’Exercice 1 pour un nombre fini quelconque de va discr`etes X1, . . . , Xd.
Exercice 3. Soit (εi)i≥1 une suite de va ind´ependantes `a valeurs dans {−1,1} et suivant une loi de Rademacher (P(εi = 1) = 12 =P(εi = −1)). Pour n ∈ N∗, on pose wn =Qn
i=1εi. Montrer que les va wn sont ind´ependantes.
Exercice 4. Soit X une va `a valeurs dansRd. On suppose que X est sym´etrique, ce qui signifie que PX(A) = PX(−A) pour tout bor´elien A ⊆ Rd. Soit ´egalement ε une va `a valeur dans{−1,1}et ind´ependante deX. Montrer queY =εX a la mˆeme loi que X.
Exercice 5. Soient X etY deux va r´eelles ind´ependantes, de mˆeme loiN(0,1).
(1) D´eterminer la loi de X2+Y2.
(2) On pose Z = (X, Y). Justifier l’existence de deux va R et Θ, `a valeurs dans R+ et [0,2π[ respectivement, telles que Z = (Rcos Θ, Rsin Θ).
(3) D´eterminer loi de la va (R,Θ), puis les lois de R et de Θ.
(4) Les vaR et Θ sont-elles ind´ependantes?
Exercice 6. Soient R et Θ deux va r´eelles ind´ependantes, `a valeurs dans [0,1] et [0,2π] respectivement. On poseZ = (Rcos Θ, Rsin Θ).
(1) On suppose que R est uniform´ement distribu´ee sur [0,1] et que Θ est uni- form´ement distribu´ee sur [0,2π]. Quelle est la loi de Z?
(2) On suppose que Z est uniform´ement distribu´ee sur le disque unit´e ferm´e D={(x, y)∈R2; x2+y2 ≤1}. D´eterminer les lois de R et de Θ.
Exercice 7. SoientX etY deux va r´eelles ind´ependantes. On poseM = max(X, Y) etm = min(X, Y)
(1) Exprimer les fonctions de r´epartition de M et m en fonction de celles de X et de Y.
1
(2) D´eduire de (1) que si X et Y admettent des densit´es continues, alors M et m´egalement, et donner des formules pour ces densit´es.
(3) Dans cette question, on suppose que X et Y suivent des lois exponentielles de param`etres λ et µ. Calculer explicitement la fonction de r´epartition de m= min(X, Y), et en d´eduire la loi de m.
Exercice 8. Soient X et Y deux va r´eelles. On pose M = max(X, Y) et m = min(X, Y).
(1) On suppose que la va Z = (X, Y) admet une densit´e ρ:R2 →R+. (a) D´eterminer la loi de Ze= (m, M).
(b) En d´eduire queM etmadmettent des densit´es, et exprimer ces densit´es
`
a l’aide de la fonction ρ.
(2) On suppose que X et Y sont ind´ependantes et admettent des densit´es con- tinuesρX etρY. Montreren utilisant (1) queM etmadmettent des densit´es continues, et exprimer ces densit´es en fonction de ρX, ρY et des fonctions de r´epartition de X etY.
Exercice 9. Soit p ∈]0,1[, et soit (Xi)i≥0 une suite de va ind´ependantes d´efinies sur (Ω,A,P), suivant toutes une loi de Bernoulli de param`etre p. On d´efinit des va T0, T1, T2, . . . `a valeurs dans N∪ {∞} de la fa¸con suivante : T0 = 0 et, pour n ≥1,
Tn = minn
k > Tn−1; Xk = 1o , avec la convention min∅=∞.
(1) Montrer que T1 <∞presque sˆurement et d´eterminer la loi de T1. (2) Montrer que P Tn =l+k|Tn−1 =l
=P T1 = k
pour tout n ≥2 et pour tous k, l∈N∗.
(3) Montrer queTn <∞presque sˆurement pour toutn ≥2 et que les vaT1, T2− T1, . . . , Tn−Tn−1 sont ind´ependantes et de mˆeme loi que T1.
(4) Calculer la fonction g´en´eratrice Gn de Tn pour tout n ≥ 2, et en d´eduire la loi deTn.
Exercice 10. Soit (Xi)i≥0 une suite de va ind´ependantes d´efinies sur (Ω,A,P) et `a valeurs dans un univers (Λ,B). On suppose que lesXi suivent toutes la mˆeme loiµ.
Soit ´egalement T une va `a valeurs dans N∗ telle que pour tout n ∈N∗, l’´ev`enement (T =n) appartient `a la tribu σ(X0, . . . , Xn−1). Pour ω∈Ω, on pose
XT(ω) = XT(ω)(ω).
Montrer que XT est une va `a valeurs dans (Λ,B), et que PXT =µ.
Exercice 11. Soit (Xi)i≥1 une suite de va ind´ependantes suivant une loi de Bernoulli de param`etrep∈[0,1]. Soit ´egalementN une va `a valeurs dansN ind´ependante des Xi. Pour n ∈ N, on pose Sn = X1 +· · ·+Xn (avec la convention S0 = 0), et on d´efinit SN : Ω→R par
SN(ω) =SN(ω)(ω) =X1(ω) +· · ·+XN(ω)(ω).
(1) Montrer que SN est une va.
(2) Montrer que siN suit une loi de Poisson P(λ), alorsSN suit la loi P(λp).
(3) Montrer que siN suit une loi binˆomialeB(m, q), alorsSN suit la loiB(m, qp).
Exercice 12. Montrer que si X1 et X2 sont des va r´eelles ind´ependantes suivant des lois normales N(0, σ12) et N(0, σ22), alors X = X1 +X2 suit la loi N(0, σ2), o`u σ2 =σ12+σ22.
Exercice 13. SoientXetY deux va r´eelles ind´ependantes, uniform´ement distribu´ees sur [−1,1]. D´eterminer la loi de X+Y.
Exercice 14. Soient X et Y deux va ind´ependantes suivant des lois exponentielles de param`etres λ et µ. D´eterminer la loi de X+Y.
Exercice 15. Soient X1 etX2 deux va r´eelles ind´ependantes suivant chacune loi de Cauchy π1 1+xdx2· Montrer que X +Y suit la loi π2 4+xdx2, puis que X1+X2 2 suit la loi de Cauchy.
Exercice 16. On dit qu’une va r´eelleX suit uneloi gamma de param`etres (α, λ), o`uα, λ >0, si
PX = λα
Γ(α)xα−1e−λx1[0,∞[(x)dx.
(1) Montrer que si X et X0 sont deux va ind´ependantes suivant des lois gamma de param`etres (α, λ) et (α0, λ), alorsX+X0suit une loi gamma de param`etres (α+α0, λ).
(2) Soient X1, . . . , Xn des va ind´ependantes suivant toutes une loi exponentielle de param`etre λ. D´eterminer la loi de X1+· · ·+Xn.
(3) Montrer que si X est une va suivant une loi normale N(0,1), alors X2 suit une loi gamma de param`etres `a d´eterminer.
(4) Soient X1, . . . , Xn des va ind´ependantes et de loi N(0,1). D´eterminer la loi deX12+· · ·+Xn2.
Exercice 17. Soient X etY deux va ind´ependantes `a valeurs dans N. On suppose que X+Y a la mˆeme loi que X. Montrer que Y = 0 presque sˆurement.
Exercice 18. Soit (Xi)i≥n une suite de va ind´ependantes `a valeurs dans {−1,1}, telles que P(Xi = 1) = p pour tout i ≥ 1, o`u 0 < p < 1 et p 6= 1/2. Pour n ∈ N∗, on pose Zn = X1 +· · ·+X2n, et on note En l’´ev`enement (Zn = 0). Montrer que P limEn
= 0.
Exercice 19. Soit (Ω,A,P) un espace de probabilit´e, et soit (Ei)i∈N une suite d’´ev`enements ind´ependants ayant tous la mˆeme probabilit´e p. Pour k ∈ N∗, on note Ak l’´ev`enement d´efini comme suit : ω ∈Ak si et seulement si il existe un entier i∈[2k,2k+1−k] tel queω ∈Ei+1∩ · · · ∩Ei+k. Montrer que P limAk
= 0 sip < 1/2, et que P limAk
= 1 si p≥1/2.
Exercice 20. Soit X une va r´eelle `a valeurs positives, et soit (Xn)n∈N une suite de va ind´ependantes et de mˆeme loi que X. Pour n ∈ N, on pose An = (Xn > n).
Montrer qu’on a P limAn
= 0 siE(X)<∞, et P limAn
= 1 si E(X) =∞.
Exercice 21. Un singe trouve un ordinateur portable sous un baobab. L’ordinateur est allum´e, et un fichier LibreOffice est ouvert. Le singe se met imm´ediatement `a utiliser l’ordinateur. Comme c’est tout de mˆeme un singe, il frappe sur les touches compl`etement au hasard; et comme il trouve cela tr`es amusant, il tape infiniment longtemps.
(1) On note A ={a1, . . . , aN} l’ensemble des touches de l’ordinateur. Pour i ∈ N∗, on note Xi la i-`eme touche enfonc´ee par le singe.
(a) Si m = (aj1, . . . , ajp) est une suite finie d’´el´ements de A et si k ∈ N est fix´e, quelle est la probabilit´e de l’´ev`enement (Xk+1, . . . , Xk+p) = m
? (b) Soitm= (aj1, . . . , ajp) fix´e. Pour tout entierl∈N, on noteAll’´ev`enement
(Xlp+1, . . . , X(l+1)p) = m
. Calculer P∞
l=0P(Al).
(2) Montrer qu’il est presque certain que le singe ´ecrive une infinit´e de fois les oeuvres compl`etes de Victor Hugo.
Exercice 22. Soit X une va r´eelle. On suppose que pour tout bor´elien A⊆R, on a P(X ∈A) = 0 ou 1. Montrer que X est presque sˆurement constante, autrement dit qu’il existe un nombre r´eel c tel que P(X =c) = 1. (Commencer par montrer que la fonction de r´epartition deX est une fonction indicatrice.)
Exercice 23. Soit X une va `a valeurs dans un espace m´etrique complet s´eparable (Λ, d). On suppose que pour tout bor´elien A⊆Λ, on a P(X ∈A) = 0 ou 1.
(1) Montrer que X est r´eunion d´enombrable de boules ouvertes, et en d´eduire qu’il existe une boule ouverteB0 ⊆Λ telle que P(X ∈B0) = 1.
(2) Montrer que si B est une boule ouverte de Λ telle que P(X ∈B) = 1, alors il existe une boule ouverte B0 telle que B0 ⊆ B, diam(B0) ≤ 12diam(B) et P(X ∈B0) = 1.
(3) Montrer que la va X est presque sˆurement constante, autrement dit qu’il existe un pointa∈Λ tel que P(X =a) = 1.
Exercice 24. SoitXune va r´eelle. On suppose queX est ind´ependante d’elle-mˆeme.
Montrer que X est presque sˆurement constante.
Exercice 25. Soient X et Y deux va r´eelles ind´ependantes, et soient f et g deux fonctions bor´eliennes injectives de Rdans R. On suppose que la vaf(X) +g(Y) est constante. En utilisant l’Exercice 24, montrer que X et Y sont presque sˆurement constantes.
Exercice 26. Soit (Xn)n∈N une suite de va r´eelles ind´ependantes. Montrer qu’on a l’alternative suivante : ou bien la s´erie P
Xn converge presque sˆurement, ou bien cette s´erie diverge presque sˆurement.
Exercice 27. Soit (Xn)n≥0 une suite de va ind´ependantes `a valeurs complexes.
En utilisant l’Exercice 22, montrer que le rayon de convergence de la s´erie enti`ere PXnzn est presque sˆurement constant.
Exercice 28. Soit X une va r´eelle.
(1) Montrer qu’il existe au moins un nombre r´eel m tel que P(X ≤m)≥1/2 et P(X ≥m)≥1/2. On dit qu’un tel m est unem´ediane de X.
(2) Soit ψ : R → R la fonction d´efinie par ψ(x) = P(X ≤ x)− P(X ≥ x).
Montrer que siX ∈L1 et si a < b, alors E |X−b|
−E |X−a|
= Z b
a
ψ(x)dx.
(3) On suppose que X ∈L1. Montrer que si m est une m´ediane de X, alors E |X−m|
= infn
E |X−u|
; u∈R o
.
Exercice 29. SoitXune va suivant une loi de Poisson de param`etreλ >0. Montrer que si λ est un entier, alors
E
|X−λ|
= 2λλe−λ (λ−1)!·
Exercice 30. Soient X et Y deux va r´eelles ind´ependantes et de mˆeme loi µ =
1
x2 1[1,∞[(x)dx. On pose U = XY et V = XY · D´eterminer la loi de (U, V), puis calculerE
1 V√
U
.
Exercice 31. Soit (Xi)i≥1 une suite de va ind´ependantes suivant une loi de Bernoulli de param`etre p ∈]0,1[. Soit ´egalement a ∈ N∗ fix´e. Pour n ≥ 1, on pose Sn = X1+· · ·+Xn. Enfin, on note T le plus petit entier n tel que Sn≥a.
(1) Montrer queT est une va `a valeurs dans{a, a+ 1, a+ 2, . . .}et que pour tout k∈N, on a
P(T =a+k) =
a+k−1 a−1
pa(1−p)k. (2) On suppose que a≥2. Montrer queE X−1a−1
=p et E Xa
> p.
Exercice 32. Soit X une va r´eelle, et soit (Xi)i≥1 une suite de va ind´ependantes et de mˆeme loi que X (d´efinies sur (Ω,A,P)). Soit ´egalement N une va `a valeurs dans N∗, ind´ependante des Xi. Pour n∈N∗, on poseSn =X1+· · ·+Xn. Enfin, on note SN la va d´efinie par
SN(ω) = SN(ω)(ω) = X1+· · ·+XN(ω)(ω).
(1) ExprimerSN comme somme d’une s´erie faisant intervenir N et les Sn. (2) Montrer que pour tout bor´elien A⊆R et pour tout n∈N∗, on a
P(SN ∈A|N =n) =P(Sn∈A).
(3) Montrer que siX et N sont dans L1, alors SN ∈L1 et E(SN) =E(N)E(X).
Exercice 33. Calculer la variance d’une va suivant une loi de Bernoulli de param`etre p∈[0,1], et la variance d’une va suivant une loi de Poisson de param`etre λ >0.
Exercice 34. Soit n ∈ N∗, et soit X une va r´eelle uniform´ement distribu´ee sur l’ensemble Λ ={1, . . . , n}. Calculer l’esp´erance et la variance de X.
Exercice 35. Soit X un va r´eelle uniform´ement distribu´ee sur un intervalle [a, b]⊆ R. Calculer l’esp´erance et la variance de X.
Exercice 36. Soit X une va r´eelle, et soit ε une va ind´ependante de X et suivant une loi de Rademacher, i.e. P(ε= 1) = 12 =P(ε =−1). On pose Y =εX.
(1) Montrer qu’on a E(XY) =E(X)E(Y).
(2) En utilisant l’Exercice 24, montrer que si la vaX2 n’est pas presque sˆurement constante, alorsX etY ne sont pas ind´ependantes.
Exercice 37. Soient X et Y deux va r´eelles d´efinies sur (Ω,A,P).
(1) On suppose queX ne peut prendre que 2 valeurs distinctes au plus. Montrer que si f : R → R est une fonction bor´elienne quelconque, alors f(X) est fonction affine de X, i.e. il existe des constantes a et b telles que f(X) = aX+b.
(2) On suppose que X etY ne peuvent prendre chacune que 2 valeurs distinctes au plus. Montrer queX etY sont ind´ependantessi et seulement si E(XY) = E(X)E(Y).
Exercice 38. SoientX1, . . . , XN des va r´eelles deux `a deux ind´ependantes et appar- tenant `a L2, de mˆeme moyennem et de mˆeme variance σ2. On pose
X = 1 N
N
X
i=1
Xi et V = 1 N
N
X
i=1
(Xi−m)2. Calculer E(X) et E(V).
Exercice 39. Soit X une va r´eelle d´efinie sur (Ω,A,P), et soient f, g :R→Rdeux fonctions croissantes.
(1) Montrer que si Y est une autre va r´eelle d´efinie sur (Ω,A,P), alors la va Z = f(X)−f(Y)
g(X)−g(Y)
est positive. On peut donc ´ecrire E
f(X)−f(Y)
g(X)−g(Y)
≥0.
(2) On suppose que les va f(X) et g(X) sont dansL2. En appliquant (1) `a une va Y ind´ependante de X et de mˆeme loi que X, montrer qu’on a
E f(X)g(X)
≥E f(X)
E g(X) .
Exercice 40. Soient a1, . . . , an ∈ R, et soient ε1, . . . , εn des va `a valeurs dans {−1,1}, deux `a deux ind´ependantes suivante chacune une loi de Rademacher. Cal- culer E
Pn
i=1aiεi2 .
Exercice 41. Soit (Xi)i∈N une suite de va r´eelles d´efinies sur (Ω,A,P), deux `a deux ind´ependantes. On suppose que les Xi sont dans L2, qu’elles sont centr´ees, et qu’on a P∞
i=0σ2(Xi)<∞. Montrer que la s´erie P
Xi converge dans L2.
Exercice 42. Soit a > 0, et soit φ : R → [0, a] une fonction bor´elienne. Montrer que pour tout 0≤α < a, on a
P φ(X)≥α
≥ E φ(X)
−α a−α ·
Exercice 43. Soit X une va r´eelle positive appartenant `a L2, et soitα∈]0,1[.
(1) Soit m = E(X). En ´ecrivant X = X1[αm,∞[(X) +X1]−∞,αm[(X), ´etablir l’in´egalit´e
(1−α)m ≤E X1[αm,∞[(X) . (2) Montrer qu’on a
P X ≥αE(X)
≥(1−α)2 E(X)2 E(X2)·
Exercice 44. SoitXune va r´eelle. On suppose qu’il existe des constantesA, c, α, t0 >
0 telles que ∀t > t0 : P |X| > t
≤ Ae−c tα. Montrer que X ∈ Lp pour tout p∈[1,∞[.
Exercice 45. Soit X une va `a valeurs dans N. Montrer queE(X) =
∞
P
n=0P(X > n).
Exercice 46. Soit (Xi)i∈Nune suite de va r´eelles ind´ependantes d´efinies sur (Ω,A,P).
On suppose que lesXi sont dansL2, qu’elles sont centr´ees, et qu’on aP∞
i=0σ2(Xi)<
∞. Le but de l’exercice est de montrer que la s´erie P
Xi converge presque sˆurement.
(Comparer avec l’Exercice 41.)
(1) Soientm, n∈N, avecn ≤m. Pourj ∈ {n, . . . , m}, on pose Sj =
j
P
i=n
Xi. Soit
´egalement ε > 0. Le but de cette question est d’´etablir l’in´egalit´e suivante (qu’on appelle l’in´egalit´e maximale de Kolmogorov) :
P
n≤j≤mmax |Sj| ≥ε
≤ 1 ε2
m
X
i=n
σ2(Xi). (a) Pour i∈ {n, . . . , m}, on pose
Bi ={ω ∈Ω; |Sk(ω)|< ε pour tout n≤k < i}.
V´erifier que Ω = Bn et Bn ⊇ Bn+1 ⊇ · · · ⊇ Bm, puis montrer que les
´
ev`enements maxn≤j≤m|Sj| ≥ε
et |Pm
i=nXi1Bi| ≥ε
sont identiques.
(b) Montrer que si n ≤ i < i0 ≤ m, alors les va Xi0 et Xi1Bi1B
i0 sont ind´ependantes.
(c) D´eduire de (b) qu’on a
E
Xm
i=n
Xi1Bi
2!
≤
m
X
i=n
σ2(Xi).
(d) D´emontrer l’in´egalit´e souhait´ee
(2) D´eduire de (1) que pour tout ε >0 et pour tout n ∈N, on a
P sup
m≥n
m
X
i=n
Xi > ε
!
≤ 1 ε2
∞
X
i=n
σ2(Xi).
(3) Soit ε >0. Pour N ∈N, on pose AεN =n
ω∈Ω;∃q≥p≥N :
q
X
i=p
Xi(ω) > εo
.
Montrer que AεN ⊆ n
ω ∈ Ω : supm≥N
Pm
i=N Xi(ω)
> ε/2o
, et en d´eduire queP(AεN)→0 quand N → ∞.
(4) Conclure.
Exercice 47. Soit (ai) une suite de nombres r´eels telle que P∞
i=0a2i < ∞. En utilisant l’Exercice 46, montrer qu’il existe une suite de signes (εi) ∈ {−1,1}N telle que la s´erie P
εiai est convergente.
Exercice 48. Soit f : [0,1]→C une fonction continue. On d´efinit lespolynˆomes de Bernstein Bnf, n≥1 par
Bnf(x) =
n
X
k=0
n k
xk(1−x)n−kf k
n
.
Le but de l’exercice est de montrer “de mani`ere probabiliste” que Bnf tend uni- form´ement versf sur [0,1] quand n→ ∞.
(1) Soit x ∈ [0,1] fix´e. On consid`ere une suite (Xi)i≥1 de variables al´eatoires ind´ependantes d´efinies sur le mˆeme espace de probabilit´e et suivant chacune une loi de Bernoulli de param`etrex. Pourn ∈N∗, on poseSn=X1+· · ·+Xn.
(a) V´erifier queBnf(x)−f(x) = E h
f Snn
−f(x) i
.
(b) Calculer E(Snn) et σ2(Snn), et en d´eduire que pour tout δ >0, on a P
Sn n −x
≥δ
≤ 1 4nδ2·
(2) Pourδ >0, on poseωf(δ) = sup
|f(v)−f(u)|; |v−u|< δ . D´eduire de (1) que pour tout x∈[0,1], on a
|Bnf(x)−f(x)| ≤ωf(δ) + kfk∞
2nδ2 · (3) Conclure.
Exercice 49. On garde les notations de l’exercice 48. Montrer que si la fonction f estlipschitzienne sur [a, b], alors il existe une constanteC telle que
∀n ≥1 : kBnf −fk∞ ≤ C
√n·
Exercice 50. Soit X une variable al´eatoire born´ee, d’esp´erance nulle, et soit (Xi) une suite de variables al´eatoires ind´ependantes et de mˆeme loi queX. Pour n ∈N∗, on pose Sn=X1+·+Xn. Le but de l’exercice est de montrer que Snnα tend presque sˆurement vers 0 pour tout α >1/2.
(1) Justifier que etX ∈L1 pour toutt∈R.
(2) Soit a >0. Montrer que pour toutλ >0 et pour tout n≥1, on a P(|Sn| ≥a)≤e−λa E(eλX)n+E(e−λX)n
. (3) Montrer que la fonctiont7→E etX
est de classeC2 surR, puis montrer qu’il existe une constante C telle que ∀t∈[−1,1] : E(etX)≤1 +Ct2.
(4) Soit α > 0. Montrer que pour tout ε > 0, pour tout n ∈ N∗ et pour tout λ∈]0,1], on a
P |Sn|
nα ≥ε
≤2e−λnαε+Cnλ2. (5) D´emontrer le r´esultat souhait´e.
Exercice 51. Dans tout l’exercice, (εi)i∈Nest une suite de va ind´ependantes d´efinies sur (Ω,A,P), `a valeurs dans{−1,1}, suivant chacune une loi de Rademacher (P(εi = 1) = 12 =P(εi =−1)). On note E ⊆L∞ l’espace vectoriel engendr´e par les fonctions εi. Le but de l’exercice est d’´etablir le r´esultat suivant : sur l’espace E, toutes les normes || . ||p, 1≤p <∞ sont ´equivalentes.
(0) Soit Z =P
i∈Iaiεi ∈ E, o`uI ⊆N est fini. Calculer kZk22. (1) Soit Z =P
i∈Iaiεi ∈ E.
(a) Pour λ∈R, calculer E e±λZ
et montrer qu’on a E e±λZ
≤eλ
2 2
P
ia2i.
(b) Montrer que pour tout t >0, on a
P |Z|> t
≤2 exp
− t2 2P
i∈I
a2i
.
(2) Soit Z = P
i∈Iaiεi ∈ E, et soit 1 ≤ p < ∞. En utilisant (1) et “la formule bien connue” pourE(|Z|p), montrer que sikZk2 = 1, alorskZkp ≤Bp, o`uBp est une constante finie d´ependant uniquement de p.
(3) Soient toujours Z =P
i∈Iaiεi ∈ E et 1≤p < ∞.
(a) Comparer kZkp etkZk2 lorsque p≥2.
(b) (i) Montrer que si X est une variable al´eatoire positive, alors E(X2)≤(E(Xp))2/3× E(X6−2p)1/3
.
(ii) On suppose que p < 2. En utilisant (i) et en appliquant (2) `a un autre exposant que p, montrer que si kZk2 = 1, alors kZkp ≥ Ap pour une certaine constante Ap >0 d´ependant uniquement de p.
(4) Conclure.