M1 MEEF 2nd degr´ e, CAPES de Math´ ematiques Correction de l’´ ecrit blanc du 16 novembre 2015
Probl` eme 1
Pr´ eliminaire
1. On fixe un entier n0 et on consid`ere une fonction f positive continue par morceaux et d´ecroissante sur [n0, +∞[.
(a) La fonction f est continue donc int´egrable sur tout intervalle born´e. Soit k ≥ n0 un entier. Par d´ecroissance de f sur l’intervalle [k, k − 1], on a : pour tout t ∈ [k − 1, k], f (t) ≥ f (k). En int´egrant cette in´egalit´e sur [k − 1, k], il vient :
Z k k−1
f (t) dt ≥ f (k).
De mˆeme, f est d´ecroissante sur l’intervalle [k, k + 1], donc pour tout x ∈ [k, k + 1], f (x) ≤ f (k), et en int´egrant cette in´egalit´e sur [k, k + 1], on obtient
Z k+1 k
f (t) dt ≤ f (k).
En sommant ces in´egalit´es pour k entre n0+ 1 et n, il vient Z n+1
n0+1
f (t) dt ≤
n
X
k=n0+1
f (k) ≤ Z n
n0
f (t) dt
(b) On utilise dans les questions les r´esultats de comparaison de limites : Supposons dans un premier temps que l’int´egrale de f diverge en +∞. Puisque f est une fonction positive, ceci ´equivaut au fait que
n→+∞lim Z n
n0
f (t) dt = lim
x→+∞
Z x n0
f (t) dt = +∞.
La suite (Pn
k=n0+1f (k))n est alors une suite minor´ee par une suite qui tend vers +∞, elle diverge donc vers +∞.
Supposons a contrario que l’int´egrale de f diverge en +∞. En raison de la positi- vit´e de f , la suite (Pn
k=n0+1f (k))n est une suite croissante, et elle est major´ee par R+∞
n0 f < ∞, donc elle converge.
On a ainsi montr´e que la s´erie de terme g´en´eral (f (n))n est convergente si et seule- ment si l’int´egrale de f converge en +∞.
Attention : ce r´esultat est faux si la fonction f n’est pas positive, et/ou si elle n’est pas monotone : trouvez des contrexemples !
2. Sur la fonction logarithme n´ep´erien. La fonction ln est continue et infiniment d´erivable sur R+∗, donc il en est de mˆeme pour la fonction x 7→ ln x − x. On ´etudie ses variations : pour tout r´eel x > 0, (ln x − x)0 = (1 − x)/x, qui est donc du signe de 1 − x. La fonction x 7→ ln x − x est donc croissante sur [0, 1] et d´ecroissante sur [1, +∞[. Elle atteint par cons´equent son maximum en x = 1, d’o`u, pour tout x > 0, ln x − x ≤ −1 ≤ 0.
On en d´eduit alors que ln x/x est born´e par 1 sur R+∗.
Fixons a > 0. Pour tout x > 0, on a ln x
xa = 2 a
ln(xa/2) xa/2
1 xa/2
Or, a ´etant strictement positif, xa/2 tend vers +∞ lorsque x tend vers +∞, donc ln(xa/2)/xa/2 est born´e, et ln x/xa tend vers 0. Ce r´esultat s’applique bien entendu `a a = 1.
Plus g´en´eralement, on peut montrer que, pour tout couple (a, b) ∈ R+∗ × R, lorsque x tend vers +∞, x−a(ln x)b tend vers 0, et xa(ln x)b tend vers +∞.
Partie 1 : Les cas triviaux
1. On remarque que les suites (n−β(ln n)−1−α)nsont positives, donc la suite de leurs sommes partielles est croissante. Il suffit donc pour justifier la convergence de la s´erie de terme g´en´eral (n−β(ln n)−1−α)n de majorer ces sommes partielles par un r´eel.
Soit β > 1. Si α+1 ≥ 0, on peut majorer, pour tout n ≥ 2, (1/(nβ(ln n)1+α) par 1/nβ. Or la fonction x 7→ x−β admet pour primitive la fonction x 7→ x1−β/(1 − β) qui converge lorsque x tend vers +∞. On en d´eduit que la fonction x 7→ x−β est int´egrable sur [2, +∞[. Elle est
´egalement bien entendu d´ecroissante sur cet intervalle ; d’apr`es la premi`ere question des pr´eliminaires, la s´erie de terme g´en´eral (n−β)n≥2est donc convergente. Il reste `a remarquer que la suite des sommes partielles (PN
n=2(n−β(ln n)−1−α))N est croissante pour conclure que ces sommes partielles forment une suite croissante et major´ee par P
n≥2n−β pour affirmer qu’elle est convergente.
Supposons maintenant que α + 1 < 0, avec toujours β > 1. Soit γ un r´eel de ]1, β[. On a pour tout n ≥ 2,
1
nβ(ln n)1+α = 1 nγ
(ln n)−1−α nβ−γ
D’apr`es la 2`eme question des pr´eliminaires, la suite ((ln n)−1−α/nβ−γ)n≥2 est born´ee, donc il existe un r´eel M > 0 tel que, pour tout n ≥ 2,
1
nβ(ln n)1+α ≤ M 1 nγ
Or, puisque γ > 1, la s´erie de terme g´en´eral (n−γ) est convergente. On peut alors conclure que la s´erie de terme g´en´eral (n−β(ln n)−1−α)n≥2 est convergente.
2. Les cas β < 0 et β = 0, 1+α < 0 sont triviaux puisque dans ce cas la suite (n−β(ln n)−1−α)n tend vers l’infini.
Si β = 0 et 1 + α > 0, on sait d’apr`es la remarque `a la fin des pr´eliminaires que ((ln n)1+α/√
n)n≥2 est born´e, donc on peut minorer, `a une constante multiplicative pr`es, 1/(ln n)1+α par 1/√
n qui est le terme g´en´eral d’une s´erie divergente.
On suppose maintenant que 0 < β < 1. La fonction x 7→ x−β est d´ecroissante, et elle n’est pas int´egrable au voisinage de +∞, donc la s´erie de terme g´en´eral (n−β)n≥2est divergente.
Si α ≤ −1, on minore pour tout n ≥ 2, n−β(ln n)−1−α) par n−β, ce qui suffit pour conclure que la s´erie de terme g´en´eral (n−β(ln n)−1−α)n≥2 est divergente.
Si α > −1, avec toujours β ∈]0, 1[, on se donne γ ∈]β, 1[. On a pour tout n ≥ 2 : 1
nβ(ln n)1+α = 1 nγ
nγ−β (ln n)1+α Or (ln n)1+α/nγ−β est major´e par une constante K > 0, d’o`u
1
nβ(ln n)1+α ≥ 1 Knγ
La s´erie de terme g´en´eral (n−γ)n≥2´etant divergente, on peut conclure que la s´erie de terme g´en´eral (n−β(ln n)−1−α))n≥2 diverge vers +∞.
Partie 2 : Le cas β = 1.
1. On ´etudie dans cette question le cas α = 0.
(a) On a pour tout t ≥ e, f0(t) = 1/(t ln t). La fonction t 7→ t ln t est de classe C∞ et ne s’annule pas sur [e, +∞[, donc f0 est de classe C∞ sur [e, +∞[. On a, pour tout t ≥ e,
f00(t) = −ln t + 1 (t ln t)2
(b) On remarque que f00 est strictement n´egative sur I, donc f0 est strictement d´ecrois- sante sur I.
(c)
(d) On remarque qu’une primitive de t 7→ 1/(t ln t) est t 7→ ln(ln t) (e) Pour tout x ≥ e, on a
Z x e
1
t ln t dt =h
ln(ln t)ix
e = ln(ln x)
Or, lorsque x tend vers +∞, ln(ln x) diverge vers +∞, donc l’int´egraleR+∞
dt/(t ln t) est divergente.
(f) La fonction f0´etant d´ecroissante et positive sur I, la s´erie de terme g´en´eral (1/(n ln n))n≥3 et l’int´egraleR+∞
f0(t) dt sont de mˆeme nature, donc la s´erie est divergente.
2. Pour tout α < 0, et tout n ≥ 2, on peut minorer 1/(n(ln n)1+α) par 1/(n ln n) qui est le terme g´en´eral d’une s´erie divergente `a termes positifs, donc la s´erie de terme g´en´eral (1/(n(ln n)1+α))n≥2
3. On se place pour l’ensemble de cette question 3) dans le cas o`u α est un r´eel strictement positif fix´e.
(a) La fonction t 7→ t(ln t)1+α est de classe C∞ et ne s’annule pas sur I, donc fα est de classe C∞. On a pour tout t ∈ I,
fα0(t) = (t−1(ln t)−1−α)0 = −t2(ln t)−1−α−(1+α)t−2(ln t)−2−α = −t−2(ln t)−2−α(1+α+ln t) (b) fα est donc strictement d´ecroissante sur I.
(c) On remarque qu’une primitive de fα est la fonction t 7→ −(ln t)−α/α.
(d) Pour tout x ≥ e, on a Z x
e
fα(t) dt = h
− 1
α(ln t)α ix
e = 1 α
1 − 1 (ln x)α
. L’int´egrale de fα est donc convergente en +∞.
(e) La fonction fα´etant positive et d´ecroissante sur I, on peut alors conclure que la s´erie de terme g´en´eral (1/(n(ln n)1+α))n≥3 est convergente, pour tout α > 0.
4. On se place pour l’ensemble de cette question dans le cas α = −2. On consid`ere la suite (un) d´efinie par
un =
n
X
p=1
ln p p − 1
2(ln n)2 (a) Soit n ≥ 1. On a
Z n+1 n
ln t
t dt = (ln t)2 2
n+1 n
= (ln(n + 1))2− (ln n)2
2 .
(b) f−2 est de classe C∞ sur I et on a pour tout t ∈ I, f−2(t) = (1 − ln t)/t2. f−2 est donc strictement d´ecroissante sur I.
(c) Soit n ≥ 3. On a
un+1− un = ln(n + 1)
n + 1 − (ln(n + 1))2 − (ln n)2
2 = ln(n + 1)
n + 1 − Z n+1
n
ln t t dt La fonction t 7→ ln t/t ´etant d´ecroissante, on obtient que, pour tout n ≥ 3, un+1− un≤ 0, donc la suite (un) est d´ecroissante.
(d) Pour tout p ≥ 3, par d´ecroissance de f−2 sur [p, p + 1], on a ln p
p ≥
Z p+1 p
ln t t
ce qui, en sommant pour p de 3 `a n (avec n ≥ 3) fournit la premi`ere in´egalit´e.
On a ensuite, pour tout n ≥ 3, un = ln 1
1 +ln 2 2 +
n
X
p=3
ln p
p −(ln n)2 2
≥ ln 2 2 +
Z n+1 3
ln t
t dt − (ln n)2 2
= ln 2
2 +(ln(n + 1))2− (ln 3)2
2 −(ln n)2
2
≥ ln 2 − (ln 3)2 2
(e) La suite (un) est alors d´ecroissante `a partir du rang 3, et minor´ee par une constante
`
a partir du rang 3. Elle est donc convergente.
(f) Soit n ≥ 1. On a
un+ (ln n)2
2 =
n
X
p=1
ln p
p ≤ ln n
n
X
p=1
1 p d’o`u :
un
ln n +ln n
2 ≤
n
X
p=1
1 n.
(g) D’apr`es la question 4e), (un) est convergente, donc (un/ ln n) tend vers 0, donc les sommes partielles de la s´erie harmonique sont minor´ees par une suite qui diverge vers +∞, ce qui implique la divergence de la s´erie harmonique.
Partie 3 : Comportement asymptotique de la s´ erie harmonique
On consid`ere la suite (Hn) d´efinie par Hn=Pn p=11/p.
1. Par d´ecroissance de la fonction t 7→ 1/t sur ]0, +∞, on a : pour tout p ≥ 1,
Z p+1 p
dt t ≤ 1
p et, pour tout p ≥ 2, 1 p ≤
Z p p−1
dt t En sommant ces in´egalit´es, on obtient, pour tout n ≥ 2,
ln(n + 1) = Z n+1
1
dt
t ≤ Hn≤ 1 + Z n
1
dt
t = 1 + ln n L’in´egalit´e est par ailleurs vraie pour n = 1.
Pour tout n ≥ 2, on d´eduit ais´ement de l’in´egalit´e que ln(n + 1)
ln n ≤ Hn
ln n ≤ 1 + 1 ln n
Or, pour tout n ≥ 2, ln(n + 1)/ ln n = 1 + (ln(1 + 1/n))/ ln n, donc ln(n + 1)/ ln n tend vers 1. Par le th´eor`eme des gendarmes, on conclut que (Hn/n) tend vers 1, donc Hn ´equivaut
` a ln n.
2. Soit n ≥ 1. On a
Hn+1− ln(n + 1) − (Hn− ln n) = 1 n + 1−
Z n+1 n
dt t < 0
La suite (Hn−ln n) est donc d´ecroissante. Par la question 1), pour tout n ≥ 2, Hn−ln n ≥ ln(n + 1) − ln n ≥ 0, donc (Hn− ln n) est d´ecroissante et minor´ee par 0. Elle est donc convergente.
3. On a pour tout n ≥ 1, γn+1−γn= 1
n + 1−ln
1 + 1
n
= 1 n
1 − 1
n + o(n−1)
− 1 n − 1
2n2 + o(n−2)
= − 1
2n2+o(n−2) La suite (γn− γn+1) une suite positive et ´equivalente `a 1/(2n2) en +∞. La s´erie de terme g´en´eral (γn− γn+1)n≥1 est donc convergente. La somme partielle `a l’ordre n de cette s´erie
´etant ´egale `a γ1− γn+1, on retrouve que la suite (γn) est convergente.
4. Soit N un entier sup´erieur ou ´egal `a 2. On a
N
X
n=2
1
n − ln n n − 1
= HN − 1 − ln N + ln 1.
Le membre de droite de cette ´egalit´e converge vers γ − 1, donc la limite du membre de gauche existe (la s´erie est convergente) et on a
X
n≥2
1
n − ln n n − 1
= γ − 1.
5. Soit n un entier non nul. On remarque que
n
X
p=2
ln p
p − 1 = ln n d’o`u
γn− γ =
n
X
p=1
1
p − ln n − 1 −X
p≥2
1
p − ln p p − 1
=
+∞
X
k=n+1
ln k
k − 1 − 1 k
6. On a, lorsque k tend vers +∞ : ln k
k − 1 − 1
k − 1
2k(k − 1) = − ln
1 − 1
k
− 1
k − 1
2k2(1 − 1/k)
= 1
k + 1 2k2 + 1
3k3 + o(k−3) − 1 k − 1
2k2
1 + 1
k + o(k−1)
= − 1
6k3 + o(k−3)
7. D’apr`es la question pr´ec´edente, k2(ln(k/(k − 1) − 1/k − 1/(2k(k − 1))) tend vers 0 lorsque k tend vers l’infini, donc, pour tout > 0, il existe un rang n0 tel que pour tout n ≥ n0,
ln k
k − 1 − 1
k − 1
2k(k − 1)
≤ k2
En sommant ces in´egalit´es pour tout k ≥ n (avec n ≥ n0), on obtient le deuxi`eme r´esultat demand´e.
8. On remarque que, pour tout n fix´e et tout N ≥ n + 1,
N
X
k=n+1
1 k(k − 1) =
N
X
k=n+1
1
(k − 1) − 1 k
= 1 n − 1
N donc
X
k≥n+1
1
k(k − 1) = 1 n On a donc :
Hn− ln n − γ − 1
2n = X
k≥n+1
ln k
k − 1 − 1 k
− X
k≥n+1
1 2k(k − 1)
= X
k≥n+1
ln k
k − 1 − 1
k − 1
2k(k − 1)
Soit maintenant > 0. Il existe un rang n0 tel que pour tout n ≥ n0,
+∞
X
k=n+1
ln k
k − 1 − 1
k − 1
2k(k − 1)
≤
+∞
X
k=n+1
1 k2 ≤
Z +∞
n
dx x2 =
n On en d´eduit donc que Hn− ln n − γ −2n1 est n´egligeable devant 1/n.
Probl` eme 2
1. Les fonctions φK et ψK sont des polynˆomes trigonom´etriques de p´eriode 2π, leur d´ecom- position en s´erie de Fourier est donc imm´ediate : tous les an(φK) et tous les bn(φK) sont nuls, mis `a part aK(φK) qui est ´egal `a 1. De mˆeme en ce qui concerne ψK, tous les an(ψK) et tous les bn(ψK) sont nuls, hormis bK(ψK) qui est ´egal `a 1.
Il est ´egalement bien entendu possible de faire le calcul explicite des coefficients ! 2. Soit α ∈]0, 1[.
(a) La fonction f est paire et de p´eriode 2π. Elle est continue sur R et d´erivable sur tout intervalle ](2k − 1)π, (2k + 1)π[, pour tout entier relatif k. En (2k + 1)π, elle admet des d´eriv´ees `a droite et `a gauche mais n’est pas d´erivable.
(b) La fonction f est paire donc tous les (bn)n≥1 sont nuls.
Soit n ∈ N. On remarque que α + n et α − n sont non nuls donc an(f ) = 2
2π Z π
−π
cos(αt) cos(nt) dt
= 1
2π Z π
−π
(cos((α + n)t) + cos((α − n)t) dt
= 1
2π
sin((α + n)t
α + n + sin((α − n)t α − n
π
−π
= 1
2π
2 sin((α + n)π
α + n + 2 sin((α − n)π) α − n
Puis, avec sin((α + n)π) = sin((α − n)π) = (−1)nsin(απ), an(f ) = 2
π(−1)n α
α2− n2 sin(απ)
(c) La fonction f est continue et admet des d´eriv´ees `a droite et `a gauche en tout point donc sa s´erie de Fourier converge normalement sur R, donc uniform´ement, et bien entendu en tout point. Ce th´eor`eme peut se v´erifier ais´ement sur cet exemple. On a donc pour tout t ∈ R,
cos(αt) = sin(απ)
απ + 2α sin(απ) π
X
n≥1
(−1)n
α2− n2 cos(nt) (d) En t = π, on a en particulier :
cos(απ) = sin(απ)
απ +2α sin(απ) π
X
n≥1
(−1)n
α2− n2(−1)n ou encore
X
n≥1
1
α2− n2 = π
2αcot(απ) − 1 2α2 (e) La fonction f ´etant continue, par l’´egalit´e de Parseval, on a
1 2π
Z π
−π
cos2(αt) dt = a20 4 +1
2 X
n≥1
a2n
Or 1
2π Z π
−π
cos2(αt) dt = 1
2+ sin(2απ) 4απ
et
a20 4 +1
2 X
n≥1
a2n= 1
α2π2 sin2(απ) + 2α2sin2(απ) π2
X
n≥1
1 (α2− n2)2 On en d´eduit donc que
X
n≥1
1
(α2 − n2)2 = π2 2α2sin2(απ)
1
2 +sin(2απ)
4απ − (sin2(απ) α2π2
Finalement, on utilise X
n≥1
α2+ n2
(α2− n2)2 = 2α2X
n≥1
1
(α2− n2)2 −X
n≥1
1 α2 − n2 ce qui permet d’obtenir le r´esultat demand´e.
Probl` eme 3
Partie A : une minimisation dans L
2puis dans L
1.
1. Soit X une variable al´eatoire de carr´e int´egrable. On d´efinit une fonction g sur R par : pour tout λ ∈ R, g(λ) = E((X − λ)2).
On d´eveloppe le carr´e : pour tout λ, g(λ) = λ2− 2λE(X) + E(X2).
La fonction g est donc un polynˆome de degr´e 2. Le coefficient du terme d’ordre 2 ´etant positif, on peut affirmer qu’il pr´esente un unique minimum sur R, atteint au point E(X).
On a g(E(X)) = var (X).
2. Soit X une variable al´eatoire int´egrable de densit´e f , suppos´ee continue sur R. On note F la fonction de r´epartition de X et on d´efinit une fonction h sur R par : pour tout λ ∈ R, h(λ) = E(|X − λ|).
(a) Soit λ un r´eel. On a h(λ) =
Z +∞
−∞
|x − λ|f (x) dx
= Z λ
−∞
(λ − x)f (x) dx + Z +∞
λ
(x − λ)f (x) dx
= λ Z λ
−∞
f (x) dx − Z λ
−∞
xf (x) dx + Z +∞
λ
xf (x) dx − λ Z +∞
λ
f (x) dx
= λF (λ) − Z λ
−∞
xf (x) dx + E(X) − Z λ
−∞
xf (x) dx − λ(1 − F (λ))
= λ(2F (λ) − 1) + E(X) − 2 Z λ
−∞
xf (x) dx
(b) La fonction F est une primitive de f qui est continue, donc F est d´erivable de d´eriv´ee f , donc h est d´erivable. On a, pour tout r´eel λ :
h0(λ) = 2F (λ) − 1 + 2λf (λ) − 2λf (λ) = 2F (λ) − 1
La fonction h est donc croissante en tout point o`u F (λ) ≥ 1/2 et d´ecroissante sinon.
(c) La fonction F est continue. Elle tend vers 0 lorsque λ tend vers −∞ et vers 1 lorsque λ tend vers +∞. Le th´eor`eme des valeurs interm´ediaires implique alors qu’il existe un r´eel λ0 tel que F (λ0) = 1/2.
(d) D’apr`es l’´etude de la d´eriv´ee de h, cette fonction est alors d´ecroissante que ] − ∞, λ0] et croissante sur [λ0, +∞[.
On peut remarquer que, F ´etant croissante, l’ensemble des points λ pour lesquelles F (λ) = 1/2 est un intervalle (r´eduit `a un point si f (λ0) > 0).
3. On reprend la d´etermination d’un r´eel r´ealisant le minimum de E(|X − λ|) dans le cas o`u la variable al´eatoire X est discr`ete.
(a) On suppose que X(Ω) = {x1, x2} avec x1 < x2 et on note p1 = P(X = x1) et p2 = P(X = x2). On a pour tout r´eel λ : hλ) = p1|x1 − λ| + p2|x2− λ|. Donnons l’expression de h sur chacun des intervalle ] − ∞, x1], ]x1, x2], ]x2, +∞[ :
– Si λ ≤ x1, on a h(λ) = E(X) − λ ;
– Si x1 ≤ λ ≤ x2, on a h(λ) = (p1− p2)λ − p1x1+ p2x2; – Si λ ≥ x2, h(λ) = λ − E(X).
La fonction h est donc affine par morceaux et continue. Elle est d´ecroissante sur ] − ∞, x1], croissante sur [x2, +∞]. Et sur l’intervalle [x1, x2], elle est croissante si p1 − p2 > 0, ie si p1 > 1/2, constante si p1 = p2 = 0.5 et d´ecroissante si p1 < p2 (ie si p1 < 1/2 < p2). Le minimum de h est donc atteint en x1 si p1 > 1/2 et en x2 si p1 < 1/2. Dans le cas o`u p1 = p2 = 1/2, le minimum est r´ealis´e en tout point de [x1, x2].
(b) Pour tout r´eel λ, on a
h(λ) = p1|x1− λ| + p2|x2− λ| + p3|x3− λ|.
On reparque en particulier que h est continue. D´etaillons les valeurs de h en fonction des positions relatives de λ, x1, x2 et x3. On a
h(λ) =
−λ + p1x1+ p2x2+ p3x3 si λ ≤ x1 (p1− p2− p3)λ − p1x1+ p2x2 + p3x3 si λ ∈ [x1, x2] (p1+ p2− p3)λ − p1x1− p2x2 + p3x3 si λ ∈ [x2, x3] λ − p1x1− p2x2− p3x3 si λ ≥ x3
ce qui peut ´egalement s’´ecrire (en notant F la fonction de r´epartition de X) :
h(λ) =
−λ + p1x1+ p2x2+ p3x3 si λ ≤ x1
(2F (x1) − 1)λ − p1x1+ p2x2+ p3x3 si λ ∈ [x1, x2] (2F (x2) − 1)λ − p1x1− p2x2+ p3x3 si λ ∈ [x2, x3] λ − p1x1− p2x2− p3x3 si λ ≥ x3
La fonction h est donc affine par morceaux. Les pentes successives de h sont −1, 2F (x1) − 1, 2F (x2) − 1 et 1. Le minimum de h est atteint :
– en x1 si 2F (x1) − 1 ≥ 0, c’est-`a-dire si p1 ≥ 1/2 ;
– en x2 si 2F (x1) − 1 ≤ 0 et 2F (x2) − 1 ≥ 0, c’est-`a-dire si p1 ≤ 1/2 ≤ p1+ p2; – en x3 sinon, c’est-`a-dire si p3 ≥ 1/2.
Si on a une ´egalit´e dans l’une de ces in´egalit´es, cela signifie que h est constante sur l’intervalle o`u elle atteint son minimum.
(c) On reprend comme ci-dessus : la fonction h est continue et on a – Si λ ≤ x1, alors h(x) = −λ + E(X)
– S’il existe i tel que xi ≤ λ ≤ xi+1, alors h(x) =
i
X
k=1
pk−
+∞
X
k=i+1
pk
! λ −
i
X
k=1
pkxk−
+∞
X
k=i+1
pkxk
!
= (2F (xi) − 1) λ −
i
X
k=1
pkxk−
+∞
X
k=i+1
pkxk
!
– Si λ ≥ supixi, alors h(x) = E(X) − λ
Le minimum de h est alors atteint `a l’extr´emit´e sup´erieure du dernier intervalle sur lequel la pente est n´egative, ou encore `a l’extr´emit´e inf´erieure du premier intervalle o`u la pente est positive). Ce minimum est donc atteint sur le premier des xi tel que F (xi) ≥ 1/2.
Partie B : Entropie.
Soit f une densit´e de probabilit´e continue par morceaux sur R. On suppose que f ln f est int´egrable et on note H(f ) l’entropie de f , c’est-`a-dire :
H(f ) = − Z +∞
−∞
f (t) ln(f (t)) dt.
1. Si X est une variable al´eatoire de densit´e f , on a H(f ) = E(ln f (X)) 2. On a
H(g) = − Z +∞
−∞
√1
2πe−x2/2
−x2 2 − 1
2ln(2π)
dx
= 1
2 Z +∞
−∞
x2e−x2/2 dx
√2π +1
2ln(2π) Z +∞
−∞
e−x2/2 dx
√2π
La premi`ere des int´egrales ci-dessus est l’esp´erance du carr´e d’une variable al´eatoire de loi normale centr´ee r´eduite : elle vaut donc 1 (comme sa variance). La deuxi`eme des int´egrales est celle de la densit´e de la loi normale centr´ee r´eduite : elle vaut donc 1 ´egalement. On obtient donc H(g) = 12(1 + ln(2π)).
On reprend le calcul avec gσ, la densit´e de la loi normale centr´ee et de variance σ2 : H(gσ) = −
Z +∞
−∞
1 σ√
2πe−x2/(2σ2)
− x2 2σ2 −1
2ln(2πσ2)
dx
On effectue le changement de variable x = σt : H(gσ) = −
Z +∞
−∞
√1
2πe−t2/2
−t2 2 −1
2ln(2πσ2)
dt
= 1
2 1 + ln(2πσ2) On a donc maintenant H(gσ) = 12(1 + ln(2πσ2)).
3. Soit ˜gλ : t 7→ λe−λt1R+(t).
On a
H(˜gλ) =
Z +∞
0
λe−λt(λt − ln λ) dt
= λ Z +∞
0
λte−λt dt − ln λ
= 1 − ln λ
Au passage : on peut reconnaˆıtre dans la premi`ere int´egrale la d´efinition de l’esp´erance de la loi exponentielle, ce qui ´evite le calcul (qui se m`ene sinon `a l’aide d’une int´egration par partie).
4. ´Etudions la fonction ψ : α 7→ ln(α) − α + 1. Cette fonction est continue et d´erivable sur ]0 + ∞[ et on a ψ0(α) = 1α− 1. La fonction ψ est donc croissante sur ]0, 1[ et d´ecroissante sur [1, +∞[. Elle atteint alors son maximum en 1 et ψ(1) = 0. On a donc : pour tout α > 0,
ln α ≤ α − 1
En rempla¸cant α par y/x, o`u x et y sont deux r´eels non nuls, on obtient le r´esultat.
Il y a ´egalit´e dans cette in´egalit´e si et seulement si ψ(y/x) = 0, ce qui ´equivaut `a y/x = 1, ie x = y.
5. Soit φ une fonction continue et positive sur un intervalle [a, b], avec a < b.
Si φ est constamment nulle sur [a, b], on a bien ´evidemment Rb
a φ = 0.
Pour montrer la r´eciproque, raisonnons par contrapos´ee : on suppose qu’il existe un r´eel c ∈ [a, b] tel que φ(c) ne soit pas nul. Par positivit´e de φ, on a φ(c) > 0. La fonction φ
´etant continue, il existe un intervalle [α, β] contenant c, inclus dans [a, b] et d’int´erieur non vide, tel que pour tout x ∈ [α, β], |φ(x) − φ(c)| ≤ φ(c)/2. On a alors en particulier, pour tout x ∈ [α, β], φ(x) ≥ φ(c)/2.
La fonction φ ´etant positive sur [a, b], son int´egrale sur [a, b] est sup´erieure ou ´egale `a son int´egrale sur [α, β]. Or celle-ci est sup´erieure ou ´egale `a φ(c)(β − α)/2 qui est strictement positif.
La conclusion est donc que s’il existe un r´eel c ∈ [a, b] tel que φ(c) soit non nul, alors l’int´egrale de φ sur [a, b] est strictement positive. Par contrapos´ee, on a bien : si l’int´egrale d’une fonction positive et continue sur un intervalle [a, b] est nulle, alors cette fonction est constamment nulle sur [a, b].
6. On suppose que f est la densit´e d’une variable al´eatoire X d’esp´erance nulle et de variance 1. La fonction f est donc positive et on a :
Z +∞
−∞
f (t) dt = 1
Z +∞
−∞
tf (t) dt = 0 et
Z +∞
−∞
t2f (t) dt = 1
7. On a vu plus haut que H(g) = 12(1 + ln(2π)). On a
− Z +∞
−∞
f (x) ln(g(x)) dx = − Z +∞
−∞
f (x) −x2
2 − ln√ 2π
dx
= 1
2 Z +∞
−∞
x2f (x) dx + ln√ 2π
Z +∞
−∞
f (x) dx
= 1
2(1 + ln(2π)) = H(g) 8. On a donc
H(f ) − H(g) = Z +∞
−∞
f (x)(ln g(x) − ln f (x)) dx Or, d’apr`es l’in´egalit´e de la question 4, pour tout x,
f (x)(ln g(x) − ln f (x)) ≤ g(x) − f (x) On en d´eduit que
H(f ) − H(g) ≤ Z +∞
−∞
(g(x) − f (x)) dx = 0
On a donc : pour toute fonction f , densit´e de la loi d’une variable al´eatoire centr´ee et de variance 1, H(f ) ≤ H(g).
De plus, on a H(f ) = H(g) si et seulement si Z +∞
−∞
(g(x) − f (x) − f (x)(ln g(x) − ln f (x))) dx = 0
Or la fonction x 7→ g(x) − f (x) − f (x)(ln g(x) − ln f (x)) est positive et continue sur son ensemble de d´efinition, donc, d’apr`es la question 5), son int´egrale ne peut ˆetre nulle que si elle est constamment nulle. Le maximum de H est donc bien r´ealis´e uniquement en g.