M1 MEEF 2nd degr´ e, CAPES de Math´ ematiques Ecrit blanc du 10 octobre 2016 ´
Exercice 2.
1. On r´ealise l’arbre de probabilit´e `a partir des informations donn´ees. Rappelons que dans un tel arbre, on fait figurer sur les arˆetes les probabilit´es conditionnelles.
Calculons maintenant la probabilit´e qu’une personne, prise au hasard dans la population, ait un test positif. On utilise pour cela la formule des probabilit´es totales, appliqu´ee avec le syst`eme complet d’´ev´enements (M, M ) :
P(T ) = P(T ∩ M ) + P(T ∩ M ) = PM(T )P(M ) + PM(T )P(M ) = 0.98 p + 0.01(1 − p) On obtient donc P (T ) = 0.01 + 0.97p.
2. Pour tout p ∈ [0, 1], notons f (p) la probabilit´e conditionnelle de M sachant T . On a, pour tout p ∈ [0, 1],
f (p) = P(M ∩ T )
P(T ) = 0.98p
0.97p + 0.01 = 98 p
97p + 1 = 98 97
1 − 1
97p + 1
La fonction f est clairement continue et strictement croissante sur [0, 1], et on a f (0) = 0 et f (1) = 1.
3. D´eterminons l’ensemble des r´eels p ∈ [0, 1] tels que f (p) > 0.95. On a f (p) > 0.95 ⇐⇒ 98p
97p + 1 > 0.95
⇐⇒ 98p > 0.95(97p + 1)
⇐⇒ (98 − 0.95 97)p > 0.95
⇐⇒ p > 0.95
98 − 0.95 97 ' 0.162
Le test est donc consid´er´e comme fiable s’il y a au moins 16,2% de malades dans la population
4. Lorsque l’on choisit au hasard n personnes dans une (grande) population, on peut consi- d´erer que l’on g´en`ere un sch´ema de Bernoulli d’ordre n. Pour la premi`ere partie de la question, le « succ`es » est le fait d’ˆetre malade : le nombre de malades dans l’´echantillon suit donc une loi binomiale de param`etre (n, p). De fa¸con similaire, le nombre de per- sonnes malades et ayant une r´eponse positive au test suit une loi binomiale de param`etre (n, 0.98p), l’´ev´enement associ´e au succ`es ´etant cette fois-ci de probabilit´e 0.98p.
Rappelons l’expression de la loi binomiale : X suit une loi binomiale de param`etre (n, p) si X(Ω) = {0, . . . , n} et, pour tout k ∈ {0, . . . , n},
P(X = k) = n k
pk(1 − p)n−k. Exercice 3.
Rn(f ) = 1 n
n−1
X
k=0
f k n
et Sn(f ) = 1 n
n
X
k=1
f k n
Partie A
On se donne une fonction f positive et d´ecroissante sur [0, 1].
1. Soit n un entier naturel non nul. On a Rn(f ) − Sn(f ) = 1
n
n−1
X
k=0
f k n
− 1 n
n
X
k=1
f k n
= 1
n(f (0) − f (1)) 2. Notons
— Df le domaine de R2 d´elimit´e par l’axe des abscisses et la courbe d’´equation y = f (x) d’une part, et par les droites d’´equation x = 0 et x = 1 d’autre part
— Rn le domaine d´efini par les rectangles ”sup´erieurs”
— Sn celui d´efini par les rectangles ”inf´erieurs”
Du fait de la d´ecroissance de f , on constate graphiquement l’inclusion des aires des domaines Sn⊂ Df ⊂ Rn, ce qui implique l’in´egalit´e Sn≤ A ≤ Rn.
Plus pr´ecis´ement, pour montrer l’inclusion des domaines : on fixe un entier n ≥ 1 et k ∈ {0, n − 1}. Soit x ∈ [k/n, (k + 1)/n. Soit M (x, y) un point du plan, toujours avec x ∈ [k/n, (k + 1)/n. On a
M ∈ Df ⇐⇒ 0 ≤ y ≤ f (x)
M ∈ Sn⇐⇒ 0 ≤ y ≤ f ((k + 1)/n) M ∈ Rn⇐⇒ 0 ≤ y ≤ f (k + /n)
L’in´egalit´e f ((k + 1)/n) ≤ f (x) ≤ f (k/n) implique alors l’inclusion des domaines Sn ⊂ Df ⊂ Rn.
3. Nous allons utiliser le th´eor`eme des gendarmes pour justifier la convergence de (Rn(f )).
Soit n ≥ 1 un entier. On a
Sn(f ) ≤ A ≤ Rn(f )
et Sn(f ) = Rn(f ) − (f (0) − f (1))/n ce qui conduit `a l’encadrement de Rn(f ) suivant : A ≤ Rn(f ) ≤ A + f (0) − f (1)
n
On peut donc conclure que (Rn(f )) converge vers A, puis, `a l’aide de la question A.1), que (Sn(f )) converge ´egalement vers A.
Attention : les suites (Rn(f )) et (Sn(f )) ne sont g´en´eralement pas adjacentes car elles peuvent ne pas ˆetre monotones.
4. Soit x ∈ [0, 1] et h un r´eel tel que x + h ∈ [0, 1]. Notons
— Dx,h le domaine Df ∩ {(s, t), s est compris entre x et x + h}
— D1 le rectangle d´elimit´e par les points (x, 0), (x + h, 0), (x + h, f (x)) et (x, f (x))
— D2le rectangle d´elimit´e par les points (x, 0), (x+h, 0), (x+h, f (x+h)) et (x, f (x+h)) Supposons pour l’instant h > 0. L’additivit´e des aires nous dit que l’aire de Dx,h est
´egale `a F (x + h) − F (x).
Par ailleurs, on a les inclusions D2 ⊂ Dx,h⊂ D1, d’o`u la double-in´egalit´e suivante : hf (x + h) ≤ F (x + h) − F (x) ≤ hf (x)
En divisant par h, il vient
f (x + h) ≤ F (x + h) − F (x)
h ≤ f (x)
La continuit´e de f permet alors d’utiliser le th´eor`eme des gendarmes pour conclure que le taux d’accroissement de F converge vers f (x) lorsque h tend vers 0 par valeurs sup´erieures.
Traitons maintenant le cas o`u h est n´egatif. Dans ce cas, l’aire de Dx,h est ´egale `a F (x) − F (x + h) et celle de D1 (resp. D2) `a |h|f (x) (resp. |h|f (x + h)), et on a, par inclusion des domaines correspondant,
|h|f (x) ≤ F (x) − F (x + h) ≤ |h|f (x + h)
En divisant par |h|, et en utilisant `a nouveau le th´eor`eme des gendarmes, on conclut alors que le taux d’accroissement de F entre x et x + h converge vers f (x) lorsque h tend vers 0 par valeurs n´egatives.
Finalement, on a donc pour tout x ∈ [0, 1], F0(x) = f (x).
Partie B
NB : Dans cette partie, la fonction f n’est plus suppos´ee d´ecroissante.
1. (a) Le r´eel ε ´etant strictement positif, le th´eor`eme de Heine implique l’existence d’un r´eel δ > 0 tel que, pour tout (x, y) ∈ I2 v´erifiant |x − y| ≤ δ, on a |f (x) − f (y)| ≤ ε.
Choisissons un entier N sup´erieur `a 1/δ. On a alors, pour tout n ≥ N , pour tout k ∈ {0, . . . , n − 1} et tout x ∈ [k/n, (k + 1)/n], |x − k/n| ≤ 1/n ≤ δ donc
f (x) − f k n
≤ ε
(b) Soit n ≥ N et k ∈ {0, . . . , n − 1}. L’in´egalit´e ci-dessus ´etant v´erifi´ee pour tout r´eel de [k/n, (k + 1]/n], on peut int´egrer l’in´egalit´e terme `a terme :
Z (k+1)/n k/n
(f (t) − f (k/n)) dt
≤
Z (k+1)/n k/n
|(f (t) − f (k/n))| dt ≤
Z (k+1)/n k/n
ε dt ≤ ε n 2. Soit n ≥ N . On obtient, en sommant, pour k allant de 0 `a n − 1, les in´egalit´es obtenues
`
a la question pr´ec´edente :
|Rn(f ) − A| =
n−1
X
k=0
Z (k+1)/n k/n
(f (t) − f (k/n)) dt
≤
n−1
X
k=0
Z (k+1)/n k/n
(f (t) − f (k/n)) dt
≤ nε n = ε
Rappelons que le choix d’un r´eel ε strictement positif nous a permis d’obtenir une telle in´egalit´e pour tout n suffisamment grand. On peut donc conclure que (Rn(f )) converge vers A.
Puis, en remarquant que l’on a toujours, pour tout n ≥ 1, Rn(f ) − Sn(f ) = (f (0) − f (1))/n, on obtient que la limite de la suite (Sn(f )) existe et vaut A.
3. On suppose maintenant que f est de classe C1 sur [0, 1].
(a) La fonction f ´etant de classe C1, sa d´eriv´ee est continue sur l’intervalle compact [0, 1].
Le th´eor`eme de Weierstrass permet d’affirmer que |f0| admet un majorant, que l’on note M .
Soient n ≥ 1 et k ∈ {0, . . . , n − 1} deux entiers, et t ∈ [k/n, (k + 1)/n] un r´eel.
On applique (ou on red´emontre) l’in´egalit´e des accroissements finis sur le segment [k/n, t], et on obtient le r´esultat demand´e :
|f (t) − f (k/n)| ≤ M
t − k
n
(b) Fixons deux entiers n et k comme ci-dessus et int´egrons cette in´egalit´e sur l’intervalle [k/n, (k + 1)/n]. On obtient
Z (k+1)/n k/n
f (t) dt − 1 nf k
n
≤
Z (k+1)/n k/n
f (t) − f k n
dt
≤
Z (k+1)/n k/n
M
t − k
n
dt
=
"
M 2
t − k
n
2#(k+1)/n k/n
= M
2n2.
En sommant ces in´egalit´es pour k allant de 0 `a n − 1, il vient :
Z 1 0
f (t) dt − Rn(f )
≤ M 2n.
On obtient une in´egalit´e similaire pour Sn(f ) en appliquant l’in´egalit´e des accroisse- ments finis dans la question B.3.a `a l’intervalle [t, (k + 1)/n].
(c) Lorsque f est la fonction f : x 7→ x, f est bien de classe C1 et un majorant de f0 est M = 1. On a
Z 1 0
f (t) dt = 1 2 Pour tout n ≥ 1, calculons Rn(f ) :
Rn(f ) = 1 n
n−1
X
k=0
f k n
= 1 n
n−1
X
k=0
k n = 1
2n2(n(n − 1)) = 1 2− 1
2n De mˆeme :
Sn(f ) = 1 n
n
X
k=1
f k n
= 1 n
n
X
k=1
k n = 1
2n2(n(n + 1)) = 1 2+ 1
2n On a donc, pour tout n ≥ 1 :
Z 1 0
f (d) dt − Rn(f ) = Sn(f ) − Z 1
0
f (t) dt = M 2n L’in´egalit´e propos´ee en B.3.b) est donc optimale.
Partie C
Attention `a l’inversion des notations par rapport `a la partie A.
1. Soit n un entier naturel non nul. Soit k ∈ {1, . . . , n − 1}. On encadre f comme dans la partie A : pour tout t ∈ [k/n, (k + 1)/n],
f k + 1 n
≤ f (t) ≤ f k n
Il vient, en int´egrant cette in´egalit´e sur l’intervalle [k/n, (k + 1)/n] : 1
nf k + 1 n
≤
Z (k+1)/n k/n
f (t) dt ≤ 1 nf k
n
2. En sommant ces in´egalit´es pour k allant de 1 `a n − 1, il vient :
Rn(f )−1 nf 1
n
= 1 n
n−1
X
k=1
f k + 1 n
≤ I 1 n
= Z 1
1/n
f (t) dt ≤ 1 n
n−1
X
k=1
f k n
= Rn(f )−1 nf (1) 3. On a donc, pour tout n ≥ 1 :
I 1 n
+ 1
nf (1) ≤ Rn≤ I 1 n
+ 1
nf 1 n
Or, par hypoth`ese, (I(1/n)) converge vers I(0+), et les deux suites (1nf (1)) et (n1f (1n)) tendent vers 0, donc on peut appliquer le th´eor`eme des gendarmes et conclure que (Rn(f )) converge vers I(0+).
4. Soit f la fonction d´efinie sur ]0, 1] par f (x) = 0.25 (x2− 1) − 0.5 ln(x).
(a) Montrons par r´ecurrence que, pour tout n ≥ 1,
n
X
k=1
k2 = n(n + 1)(2n + 1) 6
Pour n = 1, l’´egalit´e est v´erifi´ee. Soit n ≥ 1 un entier tel que la propri´et´e cherch´ee soit vraie. On a alors :
n+1
X
k=1
k2 = (n + 1)2+
n
X
k=1
k2 = (n + 1)2+n(n + 1)(2n + 1) 6
= n + 1
6 (6n + 6 + n(2n + 1))
= n + 1
6 (2n2+ 7n + 6)
= (n + 1)(n + 2)(2n + 3) 6
La propri´et´e est donc vraie au rang n + 1.
Par principe de r´ecurrence, la propri´et´e est v´erifi´ee pour tout n ≥ 1.
(b) On remarque que la d´eriv´ee de la fonction x 7→ x ln x − x est la fonction x 7→ ln x, ce qui r´epond `a la premi`ere partie de la question.
On a donc pour tout x > 0, Z 1
x
ln t dt = −1 − (x ln x − x)
Or la fonction x 7→ x ln x − x admet une limite en 0+, donc l’int´egrale R1
0 ln t dt est convergente (et vaut −1).
(c) Soit f la fonction d´efinie sur ]0, 1] par f (x) = x2− 1
4 −1 2ln(x)
Cette fonction est continue sur ]0, 1], on a limx→0xf (x) = 0, et, d’apr`es la question pr´ec´edente, I converge en 0+.
De plus, pour tout x ∈]0, 1],
f0(x) = x 2 − 1
2x = x2− 1 2x
Donc f0 est n´egative sur ]0, 1] et f est d´ecroissante sur cet intervalle.
On remarque de plus que I(0+) =hx3
12 −x 4 − 1
2x ln x + x 2
i1 0
= 1 12− 1
4 +1 2 = 1
3 (d) Soit n un entier naturel non nul.
Rn(f ) = 1 n
n
X
k=1
f k n
= 1
n
n
X
k=1
k2 4n2 − 1
4− 1 2ln k
n
= (n + 1)(2n + 3)
24n2 − 1
4− 1
2nln n!
nn
(e) D’apr`es les r´esultats pr´ec´edents, (Rn(f )) converge vers I(0+) = 1/3, donc on peut
´ ecrire :
lim 1
2nln n!
nn
= − lim Rn(f ) + 1 12− 1
4 = −1 2 d’o`u (ln
(n!)1/n n
) converge vers −1.
Donc ((n!)1/n/n)n≥1 converge vers e−1.