HAL Id: jpa-00245289
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Submitted on 1 Jan 1984
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Transmission d’une impulsion de tension dans une colonne d’eau
C. Favreau
To cite this version:
C. Favreau. Transmission d’une impulsion de tension dans une colonne d’eau. Revue de Physique Appliquée, Société française de physique / EDP, 1984, 19 (11), pp.951-961.
�10.1051/rphysap:019840019011095100�. �jpa-00245289�
Transmission d’une impulsion de tension dans
unecolonne d’eau
C. Favreau
Centre d’Etudes Nucléaires, Service des Transferts
Thermiques,
85 X, 38041 Grenoble Cedex, France (Reçu le 5 janvier 1984, révisé le19 juillet,
accepté le 31 juillet 1984)Résumé. 2014 On décrit le
dispositif expérimental
qui permet d’étudier la transmission d’une impulsion de tension (ouimpulsion
de pressionnégative)
appliquée directement à une colonne d’eau. On montre que si, pour les ampli-tudes faibles, le signal transmis est proportionnel au signal appliqué, il subit aux
amplitudes
plus élevées unedéformation
caractéristique ; l’amplitude
transmise continuecependant
à croître avecl’amplitude appliquée,
bienque plus lentement. On étudie cette déformation
qui
se traduit, en particulier, par une chute brutale de la tensionau cours de sa croissance, et l’on montre que
l’amplitude
transmisedépend
alors non seulement del’amplitude appliquée,
mais de sa vitesse de montée. Pour rendre compte de ce comportement, on propose un modèle basésur la croissance vaporeuse des microbulles en
suspension
au sein duliquide.
Abstract. 2014 An apparatus,
permitting
thestudy
of the transmission of a tension (i.e. negativepressure) pulse directly applied
to a column of water, is described. It isexperimentally
shown that, at lowamplitudes,
theapplied
and transmitted
signals
areproportional,
and that at higheramplitudes,
a characteristic deformation of the trans- mitted signal involves a slower rate of increase of itsamplitude.
This deformation,primarily
described as a sharp drop of the tension during itsgrowth,
is studied. It is demonstrated that theamplitude
transmitted is related notonly to the
amplitude applied,
but to its rate of increase. To explain this behaviour, a model based on the vaporousgrowth of microbubbles
suspended
in the bulk of theliquid
isproposed.
Classification
Physics Abstracts
43.25 - 47.55B
Nomenclature
a atténuation dans les barres
b coefficient d’atténuation
linéique
dans la colonne d’eauB module d’élasticité
volumique
duliquide
C vitesse de transmission D diamètre
E module
d’Young
f
facteur de contrainte adimensionnel Ffréquence
h
épaisseur
deparoi
1 interface entre barre et
liquide
k facteur de transmission entre les capteurs
K coefficient de transmission ou réflexion aux inter- faces
K coefficient de
compressibilité
L
longueur
m
pente
de montée de tension p tension instantanée Pamplitude de p
r rayon de
particules
ensuspension
R rayon de bulles
s
signal
instantanéprovenant
d’uncapteur
Samplitude
de sT temps de montée de la tension
Z
impédance acoustique
oc fraction de vide instantanée
fi
exposant dans la loi de distribution deRo
03BB
longueur
d’ondep masse
volumique
i délai de transmission Indices
0 valeur initiale
1 relatif à la barre émettrice entre
capteur
etliquide
2 relatif à la barre
réceptrice
entre capteur etliquide
b relatif au matériau des barres
c relatif au matériau de la chambre g gaz
i
impulsion
incidente~
liquide
M valeur maximum
r réflexion à une interface
t transmission à une interface 1. Introducaoa
De nombreux
problèmes
dedynamique
des fluides nécessitent la modélisation ducomportement
d’unliquide
réel soumis à une tension(ou pression négative) transitoire ;
cette tension estgénéralement provoquée
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:019840019011095100
par la réflexion d’une onde de
compression
sur unesurface
libre;
mentionnons à titred’exemples
leseffets de surface des
explosions
sous-marines et les contraintes dans un réservoir lors d’une secoussesismique
ou d’uneexplosion
interne.Depuis
le milieu du siècledernier,
les étudesexpé-
rimentales du
comportement
desliquides
sous tensionse sont
diversifiées ;
les méthodesd’application
de latension peuvent toutefois se
répartir
en trois caté-gories :
- Les méthodes
statiques :
la tension estappliquée progressivement,
sur une échelle de temps deplusieurs
secondes ou minutes. Les
plus
connues sont la méthodedu tube de
Berthelot,
ainsi que la méthodecentrifuge qui permit
àBriggs [1]
d’atteindre le maximum pour l’eau de - 277 bar.- Les méthodes
ultrasoniques :
la tension estappliquée
au cours des alternancesnégatives
d’uneonde
acoustique
alternativepériodique.
Le maximumpour
l’eau, -
380bar,
a été atteint parSyrotyuk [2]
à l’aide d’un
champ ultrasonique
focalisé4e
500 kHz.- Les méthodes
impulsionnelles :
la tension estappliquée pendant
un bref intervalle de temps, de l’ordre de la milliseconde ou moins. La méthode dupiston
a conduit Brown[3]
à la valeur maximum pour l’eau de - 46bar,
à l’aide d’uneimpulsion
en archede sinusoïde de 20 ps de temps de montée.
Notre étude
expérimentale
utilise elle aussi la méthode dupiston; cependant,
contrairement à laquasi-totalité
des études antérieuresqui
obtiennentla tension par réflexion d’une
impulsion
de compres- sion sur une surfacelibre,
c’est directement uneimpulsion
de tension que nousappliquons
auliquide.
2.
Dispositif expérimental (Fig. 1).
Le
liquide
est contenu dans une chambrecylindrique
de 16 mm de
diamètre,
forée dans un bloc enplexiglas
de section carrée de 60 mm de
côté ;
la colonneliquide
est délimitée à ses extrémités par deux barres en
alliage
d’aluminium de même diamètre que lachambre ;
deux
paires
dejoints toriques
encastrés dans laparoi
de la chambre assurent l’étanchéité au niveau de
chaque
barre. Lesparois
latérales extérieures du bloc deplexiglas
sont en contact avec un fluide thermo-statique permettant
d’amener éventuellement leliquide
à une
température supérieure
à l’ambiante.Pour effectuer le
remplissage
de lachambre,
l’extré-mité inférieure de la barre
supérieure
est amenée auniveau de deux ouvertures situées à la
partie supé-
rieure de la
chambre;
leliquide
est alors introduitpar l’une de ces ouvertures, l’air
s’échappant
à mesurepar
l’autre ;
l’air résiduel est enfin chassé par ces mêmes ouvertures en remontantlégèrement
la barre inférieure dans la chambre. La barreinférieure,
d’unelongueur
de 1 m, sert de
guide
à une masselotte annulaire etcomporte à sa base une butée.
L’impact
de la masse-lotte sur la butée
engendre
dans la barre uneimpulsion
de tension
qui
est transmise(partiellement)
auliquide.
Fig.
1. -Dispositif
d’essai. Dimensions en mm.[Test section. Dimensions in mm.]
La forme de
l’impulsion dépend
de la nature et de lalongueur
de lamasselotte ;
pour une masselotte don-née, l’amplitude
del’impulsion
est fonction directe desa hauteur de
chute ;
la détection del’impulsion
dansla barre est assurée par un
capteur
de contrainte miniatureCl
collé à la distanceLi
= 35 cm de la basede la colonne
liquide.
La barre
supérieure qui reçoit l’impulsion
transmisepar la colonne
liquide
a unelongueur
de 53 cm;la détection de
l’impulsion
dans la barre est assuréepar un capteur
C2 identique
auprécédent
collé à ladistance L2
= 18 cm du sommet de la colonneliquide;
un amortisseur
composite
assure un bon isolementacoustique
entre la barre et sonsupport.
Chaque capteur
est constitué de 4jauges
de con-trainte miniatures
(VISHAY
EA 13-031DE-120)
en
alliage
de constantan, delongueur
utile0,79
mm, deux d’entre elles étant colléeslongitudinalement
sur la
barre,
les deux autrestransversalement;
ellessont interconnectées
électriquement
selon unmontage
en pont
classique
à 4 branchesactives ;
alimenté parune source de tension continue stabilisée de 5
V,
ce pont a une sensibilité de 10pV/bar.
Les
signaux électriques
délivrés par les capteurssont conditionnés par des
amplificateurs
différentiels(PRESTON
8300XWB) qui
assurent l’isolementélectrique
entre entrée etsortie,
etqui
ont ungain
de1 000 et une bande
passante
de100 kHz ;
un filtrepasse-bas
élémentaire de 50 kHz de bande passantea été
adjoint
à leurs sorties afin de réduire leurdépas-
sement transitoire
(overshoot)
et diminuer leur bruit de démodulation.L’enregistrement
dessignaux
descapteurs
est effectué par desenregistreurs
de transitoires à mémoirenumérique (DATALAB
DL905),
dont la bande passante est de 3 MHz et les résolutions enamplitude
et
temporelle de, respectivement, 0,4 %
de lapleine
échelle et
0,1 %
de la duréed’acquisition, ajustable
de0,2 03BCs à
lOs.Les
signaux
sont ensuite retranscrits à faible vitessesur un
enregistreur graphique classique (SEFRAM P.E.D.).
3. Eléments de base
d’interprétation
dessignaux.
3. 1 SIGNAL DE L’IMPULSION INITIALE
(Fig. 2).
-Lorsque,
à la suite d’unimpact, l’impulsion
de tensioninitiale
qui
se propage dans la barre inférieure atteint le capteurC 1,
celui-ci délivre unsignal qui présente
un front de
montée, quasi
linéaire sur laplus grande partie
de sacroissance,
suivi d’une décroissanceplus lente,
de formegrossièrement exponentielle,
àlaquelle
peuvent se superposer des
oscillations ; celles-ci, qui apparaissent
surtoutlorsque
la masselotte a une lon- gueursupérieure
à 1 cm,peuvent
être attribuées à des réflexionsmultiples
au niveau de labutée,
ainsiqu’à
laréponse intrinsèque
de labarre,
comme l’amontré Davies
[4].
Fig. 2. - Signal
typique
sur le capteur de la barre émettrice obtenu avec une masselotte de 1 cm de long. Echelle de temps : 30us/division.
[Typical
signal from the transducer of theemitting
rod, obtained with a weight 1 cm long. Time scale : 30gs/division].
Pour caractériser le
signal
s, nous utiliserons deuxparamètres : l’amplitude
S et le temps de montée T.La gamme
d’amplitude
couverte au cours des diffé-rents essais est de 0 à - 250 bar environ au niveau du capteur
Ci.
La valeur laplus
faible deT,
de l’ordrede 20 03BCs, est obtenue par l’utilisation de la masselotte de moindre
longueur,
soit 1 cm. Notons que, pour cette forme designal,
la densitéspectrale
devientpratique-
ment
négligeable
au-delà d’unefréquence FM
telleque :
3.2 TRANSMISSION DANS LES BARRES. - La théorie élémentaire de la
propagation
d’une ondelongitudi-
nale dans une barre
cylindrique élastique
de moduled’Young Eb
et de massevolumique
pb conduit à unevitesse de
propagation Cb
=(EbI Pb)
1/2indépendante
de la
fréquence;
ceci n’est valable en touterigueur qu’asymptotiquement lorsque
lerapport (D/03BBb)
dudiamètre de la barre à la
longueur
d’onde dans celle-ci est nul. Dans notre cas, la valeur de cerapport
restenettement inférieure à
l’unité;
sa valeur maximale est, eneffet,
de l’ordre de0, 16.
Dans ces
conditions,
onpeut
montrer, àpartir
del’étude de
Davies,
que ladispersion
dans les barres et la distorsionqui
en découle restent faibles. Pour levérifier,
onpeut.
comparer lesignal
réfléchi s, dans la barre inférieure ausignal
incident silorsque
lachambre ne contient pas de
liquide;
dans ce cas eneffet
(cf. § 3.4),
la réflexion sur l’extrémitésupérieure
de la barre est totale. On constate effectivement que,
lorsque
lesignal
est assez bref pour que la fin dusignal
incident
n’empiète
pas sensiblement sur lesignal
réfléchi
(Fig. 2).
il neprésente
pas de distorsionappré-
ciable. La mesure des
amplitudes, Si
etSr,
de s; et s, faitapparaître
unelégère
atténuation a :on en
déduit,
sur les parcoursLi
etL2
les atténuations a1 ~0,96
et a2 -0,98.
La mesure de l’intervalle de temps 03C41 entre les maxima de s; et sr, de
138,0
lis,permet
de calculer la vitesse depropagation Cb
dans la barre :valeur
proche
de la vitessethéorique
à bassefréquence
dans une barre d’aluminium
(E
= 70GPa,
p = 2 700
kg/m3)
pourlaquelle
on obtient 5 091m/s.
3.3 TRANSMISSION DANS LA COLONNE D’EAU. - La théorie élémentaire de la
propagation
d’une ondelongitudinale
dans une colonneliquide
de moduled’élasticité
volumique
B et de massevolumique p.,
contenue dans une conduite
élastique
de moduled’Young Ec,
conduit à une vitesse depropagation Ce
indépendante
de lafréquence,
maisplus
faible que la vitesse d’ondeplane Ce,,
=(B/03C1~)1/2 :
où
f
est un facteur de contrainte adimensionnelqui dépend
descaractéristiques géométriques
etphysiques
de la conduite. Dans le cas d’une conduite
cylindrique
de diamètres externe et interne
De
etDi respectivement, Paynter [5]
donnel’expression
def
suivante :que l’on
peut exprimer
en fonction du diamètre moyen D =(De
+D;)/2
et del’épaisseur
deparoi
h de laconduite :
On vérifie ainsi facilement que,
lorsque h/D
tendvers
zéro, CQ
tend versl’expression classique
de lavitesse du coup de
bélier,
dite de Joukowski :Les études
théorique
de Rubinov et Keller[6]
etexpérimentale
de Barez et al.[7]
montrentqu’une dispersion apparaît lorsque
l’on introduit le compor- tementdynamique
du tube(et particulièrement
l’iner-tie
radiale)
ainsi que sespropriétés visco-élastiques.
De même que dans le cas de la
propagation
dans lesbarres,
ladispersion
se traduit par une déformationprogressivè
del’impulsion
au cours de sondéplace-
ment dans la colonne
liquide,
caractérisée par unediminution
d’amplitude
et un certain étalement.Ce comportement a été mis en évidence à l’aide
d’impulsions
decompression,
afin de s’affranchir des effets éventuels decavitation ; lorsque
l’on fait varier lalongueur Le
de la colonne d’eau entre 15 cm et 5 cm(une longueur
inférieure entraîne lasuperposition
de réflexions
secondaires),
on constate que le facteur de transmissionglobal apparent k
del’impulsion
entre les
capteurs Cl
etC2,
défini par le rapport desamplitudes
dessignaux correspondants, peut s’expri-
mer sous la forme :
où
ko
est la valeur de kextrapolée
pour unelongueur
nulle de la colonne d’eau et b le coefficient d’atténua- tion
linéique
del’impulsion
dans la colonned’eau;
expérimentalement,
b ~0,02
cm -1 etko - 0,16.
L’étalement
correspondant
estprésenté
sur lafigure
3 où l’on aporté
le délai de transmissionglobal
Fig. 3. - Délai de transmission 1: entre les deux capteurs d’impulsions de compression, en fonction de la longueur L
de la colonne d’eau, paramétré par le
point
considéré del’impulsion.
[Transmission
delay
i, between the two transducers, of compression pulses versus the length L of the water column,for different points of the pulse.]
apparent 03C4 entre les deux
capteurs
en fonction deLQ,
pour différents
points
del’impulsion.
La vitesse de transmission
Q
dans la colonne d’eau peuts’exprimer
ainsi :Considérons,
enparticulier,
la vitesse de transmis- sion du maximum del’impulsion
pour unelongueur
de colonne d’eau de 10 cm, valeur
proche
de cellesutilisées au cours des différents
essais;
onobtient,
sur la
figure 3, r -
200 ils d’oùQ -
1 050m/s.
L’expression (4) conjuguée
à(5)
danslaquelle
onprend
30 mm pour la valeur moyenne del’épaisseur h,
conduit à
Ce -
1 034m/s,
valeurproche
de la valeurexpérimentale précédente.
3.4 TRANSMISSION AUX INTERFACES. -
D’après
lathéorie élémentaire sur la
propagation
dans les milieuxélastiques homogènes,
une onde depression plane
p;qui
se propage dans un milieu A et atteint sous inci- dence normale une interfaceplane
avec un milieuB,
se partage en une onde réfléchie pr dans le milieu A et une onde
transmise pt
dans le milieuB,
dans desproportions qui
nedépendent
que des valeurs rela- tives desimpédances acoustiques ZA
=(03C1C)A
etZB
=(03C1C)B de
ces deux milieux. Les coefficients de réflexionK,
et de transmissionKt
des ondes de pres- sion s’écrivent :On remarque que la réflexion se fait sans, ou avec,
changement
designe
selon queZB
estplus grand,
ouplus petit,
queZA,
alors que la transmission se faittoujours
sanschangement
designe ;
dans le cas par- ticulier d’une surfacelibre,
oùZB
estpratiquement nul,
la réflexion est totale avec
changement
designe.
Kenner
[8]
a montréexpérimentalement
que ces relationss’appliquent
bien au cas de la transmission entre une barre solideélastique
et unliquide
contenudans un tube
mince,
pour desimpulsions
de compres- sion de 30 et 70 03BCs de durée. Dans notre cas, la flexibi- lité et la naturevisco-élastique
desparois,
ainsi que leurépaisseur
relativementimportante,
rendent lesphénomènes plus complexes;
on peutcependant
obtenir un ordre de
grandeur
des coefficients de trans- mission àpartir
des mesuresprécédentes,
en faisantl’hypothèse
que les relations de base(10)
et(11) s’appliquent
encore si l’onremplace l’impédance acoustique
vraieZe
duliquide
par uneimpédance
apparente
Z’~ (liée
à lacompressibilité apparente) proche
de et inférieure àZr.
Soient p;1,
pr1 et
pt 1 lesimpulsions incidente,
réfléchie et transmise à l’interfaceIl
et Pi2’pr2 et
pt2 leurshomologues
à l’interfaceI2 ;
siZb
estl’impé-
dance
acoustique
desbarres,
les coefficients de trans- missionKt 1
enIl
etKt2
en12
sont :De
plus,
la relation(8)
nouspermet
d’écrire :Le rapport des
impédances acoustiques Z~
de l’eau etZb
d’une barre d’aluminium est :Z’~/Zb,
inférieur àZelZb,
est lui-même nettement infé-rieur à 1. On obtient
alors,
de(12)
et(13),
compte tenu des valeursexpérimentales
de al, a2 etko : Kt1 ~ 0,09, K t2 - 1,9
et le coefficient de réflexionsur
I2 : Kr2
=(Kt2 - 1) - 0,9.
La
figure
4représente schématiquement
la tensionqui,
en l’absence decavitation, apparaîtrait
de partet d’autre de l’interface
I2
à des intervalles de tempségaux
àpartir
de l’instant oùl’impulsion
de tensionincidente atteint cette
interface ;
cette tension résulteen
chaque point
de lacomposition
des valeurs locales instantanées del’impulsion
incidente et del’impulsion
due à sa réflexion sur
I2 qui
est elle-même uneimpul-
sion de tension.
Fig. 4. - Transmission d’une impulsion triangulaire fictive
à l’interface entre le liquide et la barre
réceptrice,
en l’absencede cavitation.
[Transmission of a fictitious
triangular
pulse at the interfacebetween the
liquid
and the receiving rod, without cavitationeffects.]
On notera, en
particulier,
que :- la tension transmise dans la barre
réceptrice
est à
chaque
instantégale
à la tension P2 dans leliquide
au niveau de12 :
- la tension dans le
liquide prend
sa valeur maxi-mum au niveau de
I2,
à l’instant où(Fig. 4e)
la crêtede
l’impulsion
incidente atteint cette interface.De la même
façon,
enprésence
decavitation,
c’estla tension effectivement
supportée
par leliquide qui
constituera la valeur du maximum de
l’impulsion
detension transmise dans la barre et sera détectée par le
capteur
C2 (à
faibleatténuation a2 près
entre12
et
C2).
4. Résultats
expérimentaux.
4.1 DÉROULEMENT D’UN ESSAI. - Tous les essais sont effectués sur de l’eau
simplement distillée, préalable-
ment
reposée plusieurs
heuresaprès emplissage
de lachambre d’essais. Ils sont
regroupés
en séries et, à l’intérieur d’unesérie,
ils sonteffectués,
avec la mêmemasse
d’excitation,
sur le même échantillon d’eau.L’intervalle de temps entre deux essais consécutifs d’une même série est
généralement
dequelques minutes;
sa valeur minimum est d’environ 2min, correspondant
au délai nécessaire pour effectuer le contrôle du résultat suroscilloscope, l’enregistre-
ment
graphique
et le réarmement del’acquisition.
Chaque
essai se traduit parl’enregistrement
gra-phique
dessignaux
s, et s2 des deuxcapteurs Cl
etC2.
Afin de mettre en évidence lescaractéristiques principales
d’unenregistrement,
on areprésenté
surla
figure
5al’enregistrement
fictifcorrespondant
àFig.
5. - Signaux s, et s, des deux capteursCl
etC2 :
a)signaux
fictifs ; b)signaux
dus à une masselotte de 1 cmde
long;
c)signaux
dus à une masselotte de 4 cm (échellede temps : 30
us/division).
[Signals
s, and s, of the two transducersCl
andC2 :
a) fictitious signals ; b)signals
obtained with a weight 1 cmlong;
c) signals obtained with a weight 4 cmlong
(time scale :30
us/division).]
une
impulsion triangulaire
de tension transmise sansdéformation.
Au-dessous, (Figs.
5b et5c)
sont repor- tés deuxenregistrements typiques
réelscorrespondant
à deux séries d’essais différentes.
L’enregistrement
de lafigure
5bcorrespond
àl’essai 29 de la
figure 7 ;
sa forme estproche
de cellede la
figure 5a,
etreproduit
bien lescaractéristiques principales
de cette dernière.L’enregistrement
de lafigure
5ccorrespond
à l’essai 21 de lafigure 8 ;
la duréeplus longue
del’impulsion
initiale entraîneun recouvrement
partiel
de celle-ci par sa réflexionsur
11.
On remarquera que, même pourdes S;
del’ordre de - 50
bar,
le bruit est encoreappréciable
sur s2, tandis
qu’on
voitapparaître
une déformation de st, manifeste par la réduction de sa durée.4.2 RELATION ENTRE AMPLITUDE TRANSMISE ET AMPLI- TUDE INCIDENTE. - Si on porte sur un
graphique (Figs. 6, 7, 8) l’amplitude
S dusignal
transmis enfonction de celle
S;
dusignal incident,
on constate que ladispersion
des résultats estimportante.
Les essaissont numérotés suivant l’ordre
chronologique.
Acertains
points
est associée unereprésentation
desformes des
impulsions
s; et st(respectivement
entraits
pleins
et en traitsinterrompus). L’amplitude
relative a été affectée d’un facteur constant pour la série et le délai affecté d’un
décalage également
cons-tant, de sorte que les
impulsions
de faibleamplitude (amplitude
telle que lesignal
transmis ne soit pas affecté de déformationappréciable
due à lacavitation,
comme on le verra
plus loin)
coïncident.La
figure
6 esttypique
despremières
séries d’essais :les essais à faible
amplitude
initiale(j Si 1
20bar)
se
groupent
autour d’une droite(D)
passant parl’origine, qui correspond
à un coefficient k constant de l’ordre de0,14;
pour desamplitudes supérieures,
les essais se
placent
au-dessous de cette droite. Deplus,
bien que l’essai18,
parexemple, corresponde
à une
amplitude
initialeplus
faible que l’essai17,
il se situeplus
loin de(D) ;
l’essai suivant19,
de mêmeamplitude
initiale que l’essai18,
aboutit au contraire à une réduction de l’écart à(D).
Cephénomène n’apparaît
pas dans la succession des essais 20 à 22.Il semble que l’essai 17 ait
provoqué
un début decavitation,
dont l’effet sur l’atténuation a diminuéentre les essais 18 et
19;
par contre, la cavitation entraînée par les essais 20 et 21 a entraîné un effet cumulatif sur l’atténuation de l’essai 22. Onpeut
en conclure que l’intervalle detemps
entre ces derniersessais,
de l’ordre de 3min,
est insuffisant pour assurerdes mesures
reproductibles,
au moins aux tensionsélevées : il devient un
paramètre
des résultats.Les séries ultérieures d’essais ont été effectuées en tenant compte de ces
premières
constatations et enélargissant
la gamme desamplitudes.
Lesfigures
7et 8 sont
représentatives
de cesséries ;, les
intervalles de temps entre essais consécutifs sontgénéralement
plus longs,
et il s’ensuitque
les tensions maximales transmises sont nettementplus
élevées. Dans les deuxFig. 6. -
Amplitude St
du signal transmis dans la barre réceptrice en fonction del’amplitude S;
du signal dans la barreémettrice. Longueur de la colonne d’eau L = 10 cm. Masselotte en laiton de 1 cm de long.
[Amplitude St
of the signal transmitted in the receiving rod versus the amplitudeSi
of the signal in theemitting
rod Lengthof the water column L = 10 cm. Brass weight 1 cm long.]
Fig.
7.- S,
en fonction de S ;. L = 13 cm. Masselotte en laiton de 1 cm de long.[St versus
Si.
L = 13 cm. Brassweight
1 cmlong.]
séries,
lalongueur
de la colonne d’eau estidentique,
mais la forme de
l’impulsion
incidente estdifférente,
la masse excitatrice étant elle-même différente.
Quel-
ques
points représentatifs
sont cerclés : ils corres-pondent
à des essaisqui
ont étéprécédés
d’un essai àamplitude plus
élevée(non numéroté) qui
n’a pu êtreenregistré
du fait d’un déclenchementintempestif
des
enregistreurs;
ce faitexplique
la valeur relative- ment faible de la tension transmisecorrespondante,
ainsi que lors du ou des essais ultérieurs
proches
dansle temps.
La
figure
7correspond
à desimpulsions
dont letemps de montée de tension initiale est
pratiquement
constant et voisin de 25 gs; la durée et la forme de la
descente varient suivant les
essais, probablement
enfonction de la manière dont s’établit le contact entre la masse et la butée. On remarque tout d’abord que, au-delà de
S; - -
50bar,
lespoints
se détachent de(D),
et restent sous unecourbe-enveloppe (C) qui correspond
à un k décroissant à mesure queles S; 1
croissent. La tension maximale transmise est de
-
14,4
bar pour la tension maximale incidente de- 260
bar,
cequi correspond
à un k de0,055,
alorsqu’à
faibleamplitude,
ce coefficient(pente
de(D))
estde
0,13.
La
figure
8correspond
à desimpulsions
dont letemps de montée et la durée sont
supérieurs
à ceuxdes
impulsions
de lafigure 7;
cetemps
de montéeFig.
8. - S, en fonction de S;. L = 13 cm. Masselottecomposite.
[S,
versusSi.
L = 13 cm.Composite weight.]
est non constant et varie entre 40 et 60 03BCs. Du fait de la constitution fractionnée de la masse
excitatrice,
des déformations
apparaissent
sur le front de montée desimpulsions,
et nous serviront par la suite àpréciser
la nature des déformations subies au cours de la transmission. On remarque que, si la droite
(D)
a lamême
pente
que sur lafigure précédente, l’enveloppe (C) approche plus
vite uneasymptote,
de sorte que leSt maximal, pour S; - -
250bar,
n’estplus
ici que de- 12 bar et
correspond
à une valeur de k de0,048.
On a
souligné
en traits gras deuxboucles,
constituées par la succession despoints
17 à 21 et 25 à29,
analo-gues à la boucle des
points
17 à 20 de lafigure
6 et àcelles que l’on peut observer sur la
figure 7,
dues vraisemblablement à larésorption incomplète
de lacavitation.
4. 3 RELATION ENTRE DÉFORMATION DE L’IMPULSION
TRANSMISE ET AMPLITUDE INCIDENTE. - Le rapport
entre la durée de
l’impulsion
transmise et celle del’impulsion
incidente est d’autantplus
faible quel’amplitude
de cette dernière estplus
élevée(cf.
encartsdes
Figs.
6 à8).
Cephénomène
est propre à la trans- mission d’uneimpulsion
de tension dans la colonne d’eau. Eneffet,
d’unepart
l’absencecomplète
de transmissionlorsqu’on
intercale une mince couche d’air entre leliquide
et la barreréceptrice
éliminel’hypothèse
d’une transmissionparallèle parasite
par l’intermédiaire desjoints toriques,
desparois
de lachambre et des
supports
dudispositif;
d’autrepart,
les essaiscomparatifs
de transmissiond’impulsions
de
compression
ne conduisentjamais
à cephénomène.
La corrélation entre ce
rapport
etl’amplitude
del’impulsion
initiale est mise en évidence par lafigure 9,
sur
laquelle
5couples (si, sj appartenant
aux essais de lafigure
7, ont étéreproduits,
pour desamplitudes Si
de tensions incidentes croissantes. Le
couple
degauche correspond
à unpoint
voisin de la droite(D)
et de
l’enveloppe (C)
et les autrescorrespondent
àdes
points
voisins de(C) (les
st ont été décaléstempo-
rellement(de -
19003BCs)
relativement aux s; defaçon
à
rapprocher
lesreprésentations
de s; etst).
On cons-tate que le délai de transmission entre les maxima de s; et st,
l’amplitude
relative et la durée del’impulsion
transmise sont des fonctions inverses de
l’amplitude
initiale.
Deux autres
caractéristiques
de la forme de st semblent être fonctions directes del’amplitude
maxi-mum de s; : la
pente
de la décroissancequi
suit lemaximum et
l’amplitude
dudépassement
éventuel(overshoot)
dans le domaine despressions positives qui
suit cette décroissance.Mentionnons enfin un
aspect particulier
ducouple
24 : le front de montée de s;
présente
un décrochement netqui
se retrouve sur le front de montée de st ; le coefficient de transmission del’amplitude
correspon- dante est de0,1,
soit nettementsupérieur
à celui dumaximum ;
deplus,
une mesureprécise
surl’enregis-
trement donne un délai de transmission de ce décro- chement de 226 ils,
identique
au délai observé dans le domaine des s; faibles(points
25 et26).
Ces constatations
suggèrent
que la déformation secaractérise
principalement
par une réductionrapide
de
l’amplitude
dusignal après
un certain délaicompté
à
partir
du début de cesignal,
ceci sans modificationimportante
de la fraction dusignal antérieure;
cedélai est fonction inverse de
l’amplitude
initiale.Lorsque l’amplitude
est suffisammentfaible,
il estsupérieur
au temps de montée del’impulsion
et l’am-plitude
n’est pas affectée(essais
pourlesquels
lespoints représentatifs
sont àproximité
de(D)).
Parcontre,
lorsque l’amplitude dépasse
un certainseuil,
le délai ci-dessus devient inférieur au
temps
de montée(points
situés sous la courbe(C)).
La
figure
10 confirme le comportementqui
vientd’être
décrit;
elleprésente
lesenregistrements
deFig.
9. - Forme del’impulsion
transmise s, en fonction d’amplitudes croissantes de l’impulsion incidente si.[Shape of the transmitted pulse s, in terms
of increasing
amplitudes of the incident pulses;.]
Fig. 10. - Comportement de s, relativement à s; à partir
de 2 essais de la figure 8, selon que le
point représentatif
est : a) voisin de (D); b) voisin de (C), et loin de(D).
[Behaviour of st
in relation to si, for two tests of the figure 8,depending
on whether the correspondingpoint
is : a) nearto (D), or b) near to (C) and far from
(D).]
deux essais de la
figure
8 dont lesamplitudes
inci-dentes sont très
différentes,
lepoint représentatif
dupremier
essai étantproche
de(D)
alors que lepoint représentatif
de l’autre essai estproche
de(C)
etloin de
(D);
les fronts de montée desimpulsions
incidentes des deux essais
comportent
unpalier caractéristique (comme
sur lafigure 9,
lessignaux
ont été décalés pour faire coïncider les
maxima).
L’impulsion
transmise dans l’essai à forteamplitude
a subi une réduction brutale au-delà d’un certain
point
de son front demontée ;
par contre, la zone dupalier
antérieure à cetteréduction,
maisproche
decelle-ci,
n’est pas affectée sensiblement.5. Discussion.
La
rapidité
de l’atténuationqui
affecte le front de montée del’impulsion transmise, lorsque l’amplitude dépasse
une certainevaleur, suggère
unchangement
brutal des
propriétés
du fluide dû à la croissanceexplosive
des microbulles stabilisées en son sein. Lapersistance
de microbulles a été mise en évidenceexpérimentalement
par différentes méthodes :opti-
que
[9], acoustique [10]
etélectrique [11].
Cette crois-sance est dite vaporeuse, par
opposition
à la croissancegazeuse
qui
intervient dans les méthodesstatiques
etultrasoniques,
car la duréed’application
de la tension est bientrop
courte pour que deséchanges
gazeuxappréciables
aient lieu entre le milieuliquide
etl’intérieur de la bulle.
L’analyse
duproblème
del’évolution du rayon d’une bulle
sphérique
isolée ausein d’un
liquide
et enéquilibre
avec lui(par exemple
à
partir
del’équation
deRayleigh), lorsqu’on applique
à ce
liquide
une tension à pente de montée constante m,qui représente
assez bien le front de montée de nosimpulsions (à l’exception
duvoisinage
del’origine
etdu