J
OURNAL DE
T
HÉORIE DES
N
OMBRES DE
B
ORDEAUX
B
RUNO
P
ARVAIX
Propriétés d’invariance des mots sturmiens
Journal de Théorie des Nombres de Bordeaux, tome
9, n
o2 (1997),
p. 351-369
<http://www.numdam.org/item?id=JTNB_1997__9_2_351_0>
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Propriétés
d’invariance
des motssturmiens
par BRUNO PARVAIX
RÉSUMÉ. Un mot sturmien est un mot
infini, binaire, équilibré
etnon ultimement
périodique.
On détermine l’évolution de la penteet de
l’intercept
d’un mot sturmien, sous l’action du monoïde deSturm.
À
l’aide des matrices deRaney,
on énonce une conditionque doivent satisfaire les pentes des mots laissés fixes par une
substitution non triviale. Puis on prouve que cette condition est
suffisante pour un ensemble
particulier
de mots dontl’intercept
est une
homographie
de la pente.ABSTRACT. An infinite
binary
word is said to be Sturmian if it isbalanced and not
ultimately
periodic.
We compute theslope
and the intercept off(x)
for any Sturmian word x and any Sturmianmorphism
f.
Using
continued fractionexpansions
ofRaney,
wecharacterize the
slopes
of the words which are left invariant undera non-trivial substitution. Then we prove that the converse also
holds for a
particular
class of sturmian words the intercept ofwhich is an
homography
of theslope.
1. Préliminaires
On munit
l’alphabet
,A
=~0,1 ~
de la loi deconcaténation,
afin de former le monoïde
,~4*
des mots binaires finis. On considère unecatégorie particulière
de mots infinis dits sturmiens,. Lespremières
tracesde leur existence semblent remonter aux travaux de J.
Bernoulli,
~1J,
et auxdéveloppements
de ladynamique
symbolique
de Hedlund etMorse,
[12].
À
un irrationnel a et un réel p, on associe les mots de
pente
a etd’ zntercept
P: 1
Ces suites sont
sturmiennes,
etréciproquement,
tout mot sturmien est ainsireprésenté.
Une substitution est une
application
de .A dans4*, prolongée
aux mots binaires finis et infinis. On ditqu’une
substitution eststurmienne,
si elle
préserve globalement
l’ensemble des mots sturmiens. L’article[15]
décrit lesmorphismes
sturmiens comme les éléments du monoïde de Sturm01 1
le mor hlsme
S’t, engendré
par lemorphisme
d’inversionE : 1
0 ,
0 1morphisme
d . 01-+Ol
, ... 0 r-t 10
0
de Fibonacci p : :
1 r-t O1 et
son
image miroir §3
:1 r-t O. On
e g q e
pose G =
cpE,
D = et ainsi St ={E, G, D}*.
Unmorphisme
estdit
faiblement
sturmiens s’ilpréserve
un mot sturmien. Cette définition estintroduite par J. Berstel et P.
Séébold,
voir[2].
Ils montrent notamment que toutmorphisme
faiblement sturmien sedécompose
sur le monoïde deSturm.
2. Résultats
2.1. Caractérisation des
pentes.
Les notions depentes
etd’intercepts
sont définies à un entier
près,
cequi
permet
de supposer que adésigne
un irrationnel de l’intervalle~0,1 (,
et p un réel de[0, 1[
ou]0,1]
selon les cas. On établira l’action desgénérateurs
du monoïde de Sturm sur les motssturmiens.
PROPOSITION 1. E
(o,1(
on aE(sa,p)
= =En référence à l’article
[6],
on introduit une classeparticulière
de nombresalgébriques :
DÉFINITION
1. Les nombres de St2crm sont les irrationnels Àpouvant
être écrits sous l’une desformes
suivantes,
où ndésigne
un entiersupérieure
à deux :À
l’aide desdéveloppements
matriciels de G. N.Raney,
voir[13],
onprouvera un des résultats
principaux
de cet article :THÉORÈME
1. Si une substitution non triviale laissefixe
un mot sturmien depente
a alors a est un nombre de Sturm.Remarque.
Dans[5],
Tom C. Brown démontre par une étude combinatoirequ’il
n’existe pas de substitution sur{o,1 },
nontriviale,
laissant le motsturmien de
pente
etd’intercept
[0,5, l
]
invariant. Ce résultatapparaît
comme un casparticulier
du théorème 1.2.2.
Propriétés
d’invariance. On vérifiera que la condition énoncée estsuffisante pour certaines
catégories
de motssturmiens,
notamment les suitescaractéristiques
et les mots de Christoffel.DÉFINITION
2. Soient X et Y des substitutions. Soit s(r.1,
une suite d’entiers avecm >_
1. Ondéfinit
par récurrenceY)
à l’aide des relations :(X, Y) =
@f.(2i)
(X, Y) =
YK2iEfx(2i-1)
(X, y)
pour 1 i etf ~Zz+1) (X, Y) -
pour 1 ~ i ~On pose
(X, Y)
=(XI
Y) .
COROLLAIRE 1. Soit cx un nombre de Sturm.
Si a =
[0,
kn
-i-1,
1~~,_ 1, ...
,1~2,
kl
+kn
],
avec EN2 B {(O,O)}
et n >2,
on pose K =(k1,...,
Le tableau suivant met en relation des suites sturmiennes avec desmorphismes
non triviaux les laissantRemarques.
Lapropriété
concernant les suitescaractéristiques
est due à D.Crisp,
W.Moran,
A.Pollington et
P.Shiue,
[6].
Deux autres démonstra-tions de ce résultat sont connues : l’une est formulée par J. Berstel etP.
Séébold,
[2],
l’autre par T. Komatsu et A. J. van derPoorten,
[11].
Lecorollaire 1 est aussi à mettre en
parallèle
avec l’article[3],
où unepartie
duproblème
est traitée àpartir
de la définition extrémale des mots sturmiens.On étendra le résultat à une classe de mots sturmiens dont
l’intercept
est une
homographie
de lapente.
Désormais n est un entiersupérieur
à deux.DÉFINITION
3.Soit
c’(~) = {(a,
&)ez~oû+6~o~a~~}B {(~,o)}.
Remarque.
Lescouples
d’entiers relatifs deC’ (n)
sont exactement lescouples
(a, b)
deZ2
telsque f
appartient
à[0, 1
pour
tout irrationnel a de~0,1 ~.
Deplus,
le cardinal deC’ (n)
estégal
àn2
+ 2n.THÉORÈME
2. Soient a un irrationnel de~0,1~
et(a, b)un
couple
deC’(n).
Les mots et
sâ
A+.l sont des
points
fixes
de substitutions nonn n n
triviales si et seulement si leur
pente
a est un nombre de Sturm.3. Preuves
3.1.
Évolution
despentes
et desintercepts.
Afin de démontrer laproposition 1,
plusieurs
lemmes sont nécessaires. Désormais adésigne
unirrationnel de
]0,1[.
LEMME 1. Pour tout
réel p,
on aE(s«,P)
= etPreuve. Soit un
entier n >
0. On commence par observer que tout réel a vérifie Deplus,
on aOn en déduit
La preuve du second
point
est similaire. DOn
généralise
la notion de fonctionindicatrice,
définie par T. C. Brown dans le cashomogène,
voir[5].
DÉFINITION
4. Soient un irrationnelfl
et un réel 5. SoientNp,a
={ Lk,Q
+1
k E~‘* }
etNp,6
=f rkfl
+611 k
EN* }.
Onnote et les
fonctions
indicatrices associées : pour n EINY*,
on poseg"
1 si n Ei Ng,s
,-
NA 6 3,8
Le lien entre les fonctions indicatrices et les mots sturmiens est illustré
par les lemmes 2 et 3.
LEMME 2.
Preuve. Soit un entier
n >
1. Dans unpremier
temps,
on supposeS/1
-cS(n)
=1. On a donc/?’b
Réciproquement,
on suppose = 1. Il existe donc un entier k > 1 tel queLk,8
+JJ
= n. On en déduitLEMME 3.
Soient un irrationnel
{3
> 1 et un 1. On a :Preuve. Soit un entier n > 1. Si
S 1 -6 (n)
=1,
alors on a-
,
puis
1L» I" r- 1 1
Réciproquement,
on suppose9P,6-1
(n)
= 1. Il existe un entier k > 1 telque
fk,3+6- 11
= n.Preuve. On commence par remarquer = 0 =
j_~.(0).
Soient2-a ~ 2-a
un entier
q >
1,
et n,+, laposition
du(q
+l)-ième
zéro danscp(so:,p).
Pardéfinition de p, on a
Soit un entier n > 1. On a :
--- ---, ,
2-0 ’2-0
LEMME 5. On a
cî
= s-a, si
p E]0,1].
Y--. 1 2 .
Preuve. On commence par remarquer = 0
= s 2=â , (O).
Soient un entierq > 1,
et laposition
du(q
+l)-ième
zéro dans Par définition même de ~p, on aSoit un entier n > 1. On a :
Par
composition
avec lemorphisme
d’inversion,
on en déduit l’action dumorphisme
G. LEMME 6. O~tPreuve. Si p e
~0,1~,
on remarquepE(sa,p) =
Comme 1- p E]0, 1],
d’après
le lemme5,
on aG(sa p)
=S-.J!- -1!-.
,
.+l 1 «+l
Si p E
]0,1],
on a = Comme 1- p E[0,1[?
il suffitd’appliquer
le lemme 4 pour conclure. DPour étudier le dernier
générateur
du monoïde deSturm,
on introduitLEMME 7. Orc a =
2-- a-p si
p E[0,1[
[
et = s 1-a 2-0-p2-0’ 2-a ’p 2-a’ > 2-a
si
Preuve. Restreint aux mots
infinis,
lemorphisme Ç3
peut
s’écrire comme lacomposée
du shift et dupremier
morphisme
de Fibonacci p. L’action de p est décrite aux lemmes 4 et 5. Deplus, opérer
un shift sur une suite sturmienne depente
(3
etd’intercept à
revientsimplement
à transformer sonintercept
en{3
+ ~. DLEMME 8. On a
Preuve. La démonstration est
identique
à celle du lemme 6. 03.2. Caractérisation des
pentes.
Afin de démontrer le théorème1,
quelques préliminaires
sont nécessaires. On commence par remarquer que les restrictions de s ets’,
à l’ensemble descouples
formés d’un irrationnel de~0,1~
et d’un réel de[0, 1[,
sont desapplications
injectives.
Cettepropriété
classique
est utilisée defaçon
implicite
par la suite.L’étude menée est fondée sur les
développements
deRaney,
voir~13j.
Soitl’alphabet
pR
R ’
L}
}
constitué des matricesR = 1 1
et L =1 0 .
0 1 1 1 *
Soit V l’ensemble des vecteurs de dimension
(2,1),
dont lescomposantes
sont
positives,
hormis le vecteur nul. Soit V =(
)
un vecteur de V. SiB
e2
la
première ligne
domine laseconde,
on écrit V = R(
6 ),
, sinonV = . Et on itère cette démarche. Soit
(3
un irrationnelB
E2 -
el
positif,
dont la suite desquotients partiels
est de termegénéral
bn,
pourn > . Il
apparaît
que ledéveloppement
du vecteurV,
=(
1
)
estégal
7>
0. Ilapparaît
que ledéveloppement
du vecteurV.8
=(
1
estégal
à
R6° Lbi
... Soit J =0 1
la matrice d’inversion. Pour tout10
entier relatif
1k,
on vérifie les relations :JLk
= Rk J
etJRk
=Lk J.
Preuve du théorèmes 1. Soit a =
[0,
al, a2, ...].
Soitf
une substitution nontriviale
qui
laisse fixe un mot depente
a. On sait alors quef
sedécompose
surl’alphabet
JE,
G,
D}.
On note r lafonction,
à valeurs dans]0, 1[,
qui
à un mot sturmien associe sapente.
Soit x un mot sturmien.D’après
laOn remarque
Autrement
dit,
onpeut
associer àf
une matrice Mqui
sedécompose
surl’alphabet
etqui
traduit l’action def
sur lespentes
des mots.Plus
précisément,
on écritOn
sépare
la preuve enplusieurs
cas selon laparité
de m. Dans unpremier
temps,
on suppose que m estimpair.
Le cas m = 1 est sans intérêt. Si m = 3 on a alors lVl = Pour que lapente
restefixe,
on doit vérifier la relation suivante sur le RL-mot associé à a :Par unicité d’une telle
décomposition,
onprocède
par une identificationterme à terme. Si al +
kl -1
estnul,
alors on a a2 = a2 +k2,
cequi
estfaux par définition même de
k2.
Ledéveloppement
obtenu n’est donc pasformel,
et on a a =[0, &3
+1,
~2 ~ ~1
+~3 ~ ~
On suppose désormais m > 5. On
peut
alorsprocéder
à desregroupe-ments comme
indiqués :
On doit montrer
Deux cas se
présentent.
On vérifiée i
la condition
l~l
+ai - 1 #
0 se traduisant parkl
+ km =1=
0.Désormais,
on suppose que m estpair.
Si m =2,
on vérifie les relationsl’hypothèse
étantki
+k2 =1=
0. cequi
est absurde. OnFIGURE 1.
Évolution
des suites sg,o,de
pente
irrationnellefl
~
suppose désormais m ~ 4. On regroupe les termes comme
précédemment,
en mettant àpart
ledernier,
c’est à direLJL’i-1.
Plusprécisément,
on écrit :On en déduit
Si
I~1
+ al - 1~
0,
on obtient a =[0,
km
+1,
km-l’...’ ,~2,
l~l + km
],
lacondition devenant
ki
+km
#
0. Sik,
+ al - 1 =0,
on a alors al -1,
ki
=0,
puis
+1,
donckm = 0,
et a2 =... , am-2 =
~3 ~
= am = a3 . Autrement
dit,
on vérifieque a est de la forme
a =
[0,
1 ~
>km-2’...’ k3,
k2
+].
En
résumé,
onpeut
affirmerqu’il
existe deuxdéveloppements
en fraction continuepossibles
pour a :On obtient le résultat
annoncé,
à unesimple
renumérotationprès
pour le second cas. 0On construit les
graphes
présentés
page359,
à l’aide des formules décrites à laproposition
1.Preuve du corollaire 1.
continue est de la forme :
On pose K =
(kl, ... , kn).
Dans unpremier
temps,
on suppose que n estimpair.
On a alorsEn
reprenant
leprocédé
utilisé pour la démonstration du théorème1,
on vérifie que transforme en un mot sturmien de mêmepente.
Sur le
graphe G1,
on remarque que le chemin associé àFx (G, D)
effectue une boucle sur l’étatregroupant
les suites sturmiennesd’intercept
nul,
issues del’application
s. Enrésumé,
lemorphisme
laisse fixe le mot s,,,oPar
symétrie
du rôle de G et D dans legraphe ~1,
on acï 0*
Comme G et D ont la même action sur lespentes
des motssturmiens,
par l’étude du
graphe 92,
un raisonnementidentique
permet
d’affirmer=
s«,i-« et
cf =
Defaçon
encoreplus
évidente,
par lecture sur legraphe ~3,
on aFn,(G,
G)(sa,a)
=sa,a. On suppose que n est
pair.
On écrit alorsY)
sous la forme :En ce
qui
concerne les mots deChristoffel,
on a -s«,o
et s«,o. On vérifie aussi
s«,1-«
et·
Enfin,
pour les suitescaractéristiques,
on aG) (sa,a)
=s«,«, ce
qui
achève l’étude dupremier
cas.On suppose maintenant que a a pour
développement
en fraction con-tinue :Sous l’action du
morphisme
E,
lapente a
est transformée en 1- a,qui
estun irrationnel de la
première
forme étudiée. La fin de la preuve est donc triviale. 03.3. Suites admissibles. Désormais n
désigne
un entiersupérieur
à deux.DÉFINITION
5. SoitOn note
£(a,
b,
n)
l’ensemble des suites sturmiennes x pourlesquelles
il existe un irrationnel a de]0, I[
tel que x = avec(a, b)
EG(n) .
Soit£(n)
=U
£(a,
b,
n).
Les mots de£(n)
sont dits n-admissibles.FIGURE 2.
Graphe ((2)
Soit A l’ensemble des
couples
formés d’un irrationnelappartenant
à]0,1[
[
et d’un réel de
[0,1[.
Soit LI= {(,8,c5)
E A1
d c E Nc,8
lN}.
Soit((3,8)
un élément de A. Onrappelle
que les mots et ne coïncidentque si
appartient
àLl,
et diffèrent d’auplus
deux termes dans le casgénéral.
Remarque.
Soit a un irrationnel de]0, 1[.
Pour toutcouple
d’entiers(a, b)
deC (n),
on a(a, n
+ la)
E Ll.Dans un
premier
temps,
on reformule le théorème2,
en limitant notrepropos aux mots que l’on vient de décrire.
THÉORÈME
3. Les suites sturmiennes n-admissibles sont despoints fixes
de substitutions non triviales si et seulement si leurpente
est un nombre de Sturm.Afin d’établir la preuve, certains
préliminaires
sont nécessaires.À
l’entiern, on associe un
graphe,
noté«n),
dont les états sont les ensembles,C(a,
b,
n)
pour
(a, b)
appartenant
àC(n).
Les lemmes 9 à 12 décrivent lesystème
detransitions,
surl’alphabet
~E, G, D},
entre cesn2 -1
différents états. Onprésente
lesgraphes
((2)
et«3)
enexemple.
LEMME 9. Soit
(a, b)
un élément deC(n).
Un et un seul desmorphismes
G et D
transformée
,C (a, b, n)
en un sous ensembles d’un étatde ~ (n) .
Preuve. Soit a un irrationnel de]0, 1[.
On considère la suiteSous
l’hypothèse
(a, b)
EC(n),
on remarque 0 a + ba n, cequi
permet
d’appliquer
G(sa =+ 6 a)
= 5_s_ ,~ 6-a a = s an n n + n 0+1 ’ n n =+ 1 ;r + n «+l i
Par abus de
langage,
on dit que G et D conservent lapartie
rationnelle del’intercept
des suites sturmiennes n-admissibles. Il est très facile demon-trer
qu’on a
(a, b - a)
eC(n)
si b > 1 et(a, b - a + n)
EC(n)
si b 0. Pourconclure,
supposonsqu’on
ait simultanément(a, b - a)
et(a, b - a + n)
dansC(n).
Alors pour tout irrationnel3
de]0, 1[,
on a a +(b -
a + n et a +(b - a),Q
> 0. En faisant tendrefl
vers1-,
on obtient b =0,
puis
LEMME 10. Soit
(a, b)
EC(n).
n existe un chemin delongueur
majorée
par n, écrit sur
l’alphabet
~G, D},
dans legraphe
«n),
dontl’origine
etl’extrémité coincident avec
~C(a,
b,
n).
Preuve. On
part
de l’état£(a, b, n).
D’après
le lemme9,
onpeut
construirepas à pas un chemin à travers les états De
plus, d’après
la définition deC (n),
il existe auplus n
suites sturmiennes n-admissibles dont lapartie
rationnelle del’intercept
est A :
exactement n - 1 si a estnul,
et n dans le cas contraire. Comme G et D conservent ceterme,
on réalise une boucle dans~(n),
au bout d’auplus n étapes.
On montre que lepremier
étatapparaissant
à deuxreprises
dans un tel chemin est£(a,
b,
n).
Supposons
le
contraire,
il existe alors des entiers cl, c2 et c3 tels que(a, cl ), (a, c2 )
et(a, c3)
soient des éléments deC(n),
et vérifient le schéma suivant :On en déduit
(a, cl - a) = (a, c2) _ (a, C3 -
a +n),
d’où ci =c3 + n.
Il apparaît
que lescouples
(a, c3 )
et(a,
c3 +n)
appartiennent
àC (n) .
Enparticulier,
on a a +c3 >
1 et a + c3 + n n, cequi
est absurde. On a donc construit unchemin,
delongueur
majorée
par n,qui
boucle sur l’étatjC(o,6,~).
0Remarque.
En utilisant les transitions surl’alphabet
{G, D},
onpeut
ainsiregrouper les états de
~(n)
en différentscycles
deux à deuxdisjoints.
Eneffet,
un état commun serait un état d’oùpartiraient
deux transitions sur{G,D},
cequi
est absurde.LEMME 11. Le
morphisme
d’inversion E laissef-(n)
globalement
invariant. Preuve. Soit(a, b)
EC(n).
Clairement,
on a(n -
a -b, b)
EC(n).
Onremarque aussitôt que E transforme l’état
£(a,
b,
n)
en£(n -
a -b, b,
n).
oLEMME 12. Entre deux
cycles
de exzste auplus
une liaison assuréepar E.
Preuve. Soient deux
couples
d’entiers(a, b)
et(a‘, b’)
deC(n),
tels que les états,C(a, b, n)
et~C(a’, b’, n)
appartiennent
à un mêmecycle.
On adéjà
remarqué
qu’alors
a estégal
à a’. Lemorphisme E
transforme,~(a,
b,
n)
en,C(n -
a -b, b,
n)
et£(a,
b’,
n)
en,C(n -
a -b’, b’,
n).
Pour que ces deux états soient descomposantes
d’un mêmecycle,
il faut que n - a - b’ soitégal
à n - a -b,
autrement dit b =b’,
cequi
achève lapreuve. D
Remarque.
Enparticulier,
il existe auplus
un état parcycle
qui
reste fixe sous l’action dumorphisme
E.FIGURE 3.
Graphe «3)
DÉFINITION
6. On poseS~(1) _ {(?,D}*~
et à l’entier n,
on associe l’ensem-ble demorphismes :
1
et~G, D}+,
2 i n -1, }.
En
rappelant
que lesmorphismes
G et Dcommutent,
on introduit une nouvelle définition :DÉFINITION
7. Soient 1 et-y’
desmorphismes
appartenant
àS~(1~),
donnés sous laforme,
=EJ1
et-y’
=bkE~~_1... Ed’
On dit que, et
V
sont0,- équivalents
si pour tout entier icompris
entre1 et
k, il
y aégalité
entre leslongueurs
desmorphismes
âi
etb~,
écrits surl’alphabet
~G, D}.
DÉFINITION
8. On numérote l2néairement lesdifférents
états de((n).
Soit un entier icompris
entre 1 etn2 -1.
On noteX(i)
l’ensemble desmor-phismes
appartenant
àU
o’(k),
pouvant
être lus sur legraphe
«n),
à
kEN-partir
du i-ième sommet.LEMME 13. Deux
morphismes n-équivalents
ont la même action sur lespentes
des suites sturmiennes.Preuve. Il suffit de
rappeler
que l’action desmorphismes
G etD,
sur lespentes,
se traduit à l’aide de la matrice L deRaney.
pLEMME 14. Soit i un entier
compris
entre 1 etn2 -1.
Danschaque
classe demorphismes O-équivalents,
il existe un et un seulreprésentant
qui
ap-partient
àX(i).
Preuve. On utilise le lemme 9
qui
assure l’existence et l’unicité d’unetran-sition sur
l’alphabet
{G, D}
àpartir
d’un sommetdonné,
ainsi que le lemmePreuve du théorème 3. On commence par fixer
quelques
notations : Tdésigne
la fonction de transition associée augraphe
«n).
On numérote les différents états de«n)
sous la formeE2,
pour i variant de 1à r~2 -1.
Soit un entier m > 2.À
tout élément v deQ(m),
on associe la suite desreprésentants vi
de v dans lescatégories
X(i),
pour i
variant de 1 àn2 -1.
On affirme que pour toutcouple
d’entiers(i, j )
choisis entre 1 etn2 - l,
si alors il n’existe pas d’entierd,
compris
entre 1 etn2 -1,
différent dei,
tel queT (Ed, vd)
=Ej.
On va établir ce résultat par récurrence.Soit T
un élément deS~(2),
écrit sous la forme q = Onnote Tc = son
représentant
dans la c-ième classeX (c),
pour toutentier c de l’ensemble
{ 1, ... , n2 -1 ~.
On est amené à considérer le schémasuivant,
où j désigne
un entiercompris
entre 1 etn2 -1,
le but étant demontrer que les entiers
di
etd2, pris
entre 1 etn2 -
1,
sontégaux :
Dans
chaque cycle r,
delongueur
1,
on choisit arbitrairement un état dedépart
ri, puis
on numérote les autres éléments de r sous la formeri,
pouri variant de 2 à
l,
selon leur ordred’apparition
dans lecycle.
En notantlol
la
longueur
d’unmorphisme
Q écrit surl’alphabet
{G, D},
plusieurs
cas seprésentent :
e on commence par supposer que les trois états
appartiennent
au mêmecycle
r delongueur
l. Par la conventionchoisie,
il existe des entiers s et t de(1 , ... , 1)
tels queCd,
=rs
et =rt.
Supposons
qu’il
n’existe pas d’état de r laissé invariant par lemorphisme
E. Alors sous l’action de toutmorphisme
O-équivalent
à q, onquitte
cecycle,
cequi
est contraire àl’hypothèse
de base. En se référant au lemme12,
il existe donc un et un seul état der, qu’on
noteru,
pour un certain entier u
compris
entre 1 etl, qui
reste invariant sous l’action dumorphisme
E. On a ainsiPuis,
on a(u - s)
(mod
l)
et(u -
t) (mod 1).
Par définition même de s ett,
on a alors s =t,
et par suitedl
=d2;
. on suppose que
Edl
etEj
appartiennent
au mêmecycle
IF(l),
eted2
à un
cycle différent,
notér(2).
Soient et1~2~
leslongueurs
res-pectives
de ces deuxcycles.
Il existe donc des entiers s et t del’ensemble
( 1 , ... ,
1~> ),
tels queEdl
=r(l)
etE~
=F?.
Il existe deplus
un et un seul état der~l~,
notéqui
reste invariant sous l’action de E. . On a doncT(r(l)
= r,
E)
= ets 1 1 u u u
IJ21
==(t - u)
(mod
l1l).
Enoutre,
il existe un entierv, 1 v _
tel que
ril).
On a1~21 == t
-u - v et
r(l)
=T (~d2, Sid2~)
er(2)
cequi
estabsurde car les deux
cycles
sontdisjoints;
. le cas où seuls
Ed2
etej
appartiennent
au mêmecycle
se traite defaçon similaire;
. on suppose à
présent qu’il
existe deuxcycles
distincts,
delongueurs
et
l(2),
notés etr(2),
tels queedl
eted2
appartiennent
àr(l)
et
£j
àr(2).
Il existe des entiers s et u de l’ensemble(1, ... ,
tels queEdl
= eted2
=r~l~.
D’après
le lemme12,
il existe un entier v, 1v ltl~,
tel que = =ri1).
Onvérifie ainsi
1~11 == (v - s) (mod
1~»,
=(v - u)
(mod
1(1»),
puis
u = s et
di
=~2;
. le dernier cas revient à supposer que les états
ed2
etej
ap-partiennent
à descycles différents,
respectivement
notésr(l),
r(2)
et
r(3),
delongueurs
1~>,
1~2~
et1(3).
Plusprécisément,
il existe des entiers s, u et t vérifiant1 _ s _
1(1),
1 _ u
l(2)
et1 ::;
t1~3~,
tels queEdl
=r~l),
Ed2
=r~2)
ett’j
=r~3).
On établitl’existence d’entiers v et w,
compris
entre 1 et1(3),
tels que l’on aitT(r(l) EJ(dl»)
=r(3)
et =r(3)
DeId
1
=(t - v)
(mod
1(3»)
et -(t
-w)
(mod 1(3»),
on déduit v =w,
puis
=
T(r~2~, bla2~ )
Er(l)
n r(2)
cequi
estabsurde,
car ces deuxcycles
sontdisjoints.
Dans tous les cas, on a bien démontré le résultat énoncé pour les
mor-phismes
appartenant
àH(2).
On supposel’hypothèse
de récurrence vérifiéepour les
morphismes
den(m),
où mdésigne
un entiersupérieur
à deux. On cherche à établir lapropriété
au rang m + 1.Soit,
un élément deH(m
+1),
écrit sous laforme 1 =
avec 8 En(m).
On note Tc = lereprésentant de 1
dans la c-ième classeX(c),
pour toutentier c de On considère le schéma
suivant,
oùci, c2,
dl,
d2
et j
sontcompris
entre 1 etn2 -1 :
r,.. v r,._ v
Comme le
morphisme
ài§iiE
appartient
àn(2),
d’après
l’étudeprécé-dente,
on adl = d2. Puis,
en utilisantl’hypothèse
de récurrence au rang mpour
() CI
et() C2’
on conclut ci =c2, ce
qui
établit le résultat au rang m +1,
et achève cette
partie
de la preuve.Soit a =
[0,
kn,
+1,
~r~’-2, · · · , k2, k,
+kn,
]
un nombre de Sturm 2 et E1‘~
B{(O,O)}.
En utilisant les matrices deRaney,
ilapparaît
que tout élément 1 deO(n’),
de la formeEôl,
avecJi
e~G, .~~k~
pour 1 ïn’,
transforme un mot sturmien depente
a en un autre de mêmepente.
FIGURE 4. Extension du
graphe
~(n)
Soit
(a, b)
un élément deC(n).
Clairement,
il existe une famille d’entierscompris
entre 1 etn2 -
1,
que l’on note(di)iEN,
définie parEdo
=~C(a,
b,
n)
et = pour i E N. On affirme
qu’il
existe unentier j >
1 telque dj
= do.
Eneffet,
un cheminfermé,
sur un étatquelconque,
se construit de cettefaçon
en auplus
n2 -1
étapes, puisqu’il
estimpossible
d’accéder à un état donné de~(n)
par deuxmorphismes
Q-équivalents
partant
de deux états distincts. Enrésumé,
on obtient unmorphisme
qui
transforme la suite en un mot sturmienappartenant
encore à l’étatf- (a,
b,
n).
Mais ce
morphisme préserve
aussi lapente
de Autrementdit,
à,n n
tout
couple
(a, b)
deC(n),
onpeut
associer unmorphisme
sturmien non trivialqui
laisse fixe la suite sa, n + ~ a. Ce résultat est enparticulier
vérifiépour les mots de l’état
£(n -
a -b, b,
n).
D’après
le théorème1,
on doit encore étudier le cas où a est un irrationnel de la forme :pour un certain entier n’ >
2,
aveck¡
E fi1* . On remarque que lemorphisme
d’inversion E transforme en Ce motappartient
à l’état
£( n -
a -b, b,
n).
Or1- a
est de laforme précédemment
étudiée. Il existe donc unmorphisme sturmien 1
non trivial tel que0
" "
’n n
Il ne reste
plus qu’ à
établir la démonstration pour lescouples
d’entiers relatifs deC’(n)
qui
n’appartiennent
pas àC(n).
Dans un
premier
temps,
on ne considère que les suites issues del’application
s. Les mots associés auxcouples
(o, 0), (0, n)
et(n, -n)
sont étudiés au corollaire 1. Soit un entier kcompris
entre 1 et n -1. Soit a un irrationnelquelconque
de]0, 1[.
Lessuites,
depente
a, associées auxcouples
(k, -k)
et(n, -k)
sontégales
On construit legraphe
présenté
page366,
dont la"partie
droite" est unecomposante
Eneffet,
ilest facile de vérifier que les
couples
( k, 0 ) , ( l~, n -1~ ) , (0, n - k)
etappartiennent
àC(n).
Il sufht alors de remarquer lasymétrie
dugraphe
pour affirmer que les rôles des suites et d’unepart,
puis
d’autre
part,
commutent.’ " " , Ql , n CY
A
présent,
on considère les mots sturmiens issus del’application
s’. Les seulscouples
(a,
b)
deC’(n)
pourlesquels
on a(a, 1
+ sont(o, 0)
et(n, -n).
Les suites et sont traitées au corollaire 1. Dans tousles autres cas, le résultat devient trivial. 0
4.
Quelques propriétés
dugraphe ~ (n)
On cherche à
préciser
la structure dugraphe ~ (n) .
LEMME 15. Soit a un entier
compris
entre 0 et n - 1. Soit b un entiertel que
(a, b)
EC(n).
Il existe un chemin delongueur
n
, écritpgcd(a, n)
sur
l’alphabet
~G, D~,
dans legraphe
«n),
dontl’origine
et l’extrémité coïncident avec l’état£(a,
b,
n).
Les états rencontrés sont deux à deuxdis-tincts. On
parle
alors decycle
minimal.Preuve. On sait construire sur
,C(a,
b,
n)
uncycle
ra,b,n
delongueur majorée
par n. Les entiers u et v
désignent
respectivement
le nombre d’occurrences des lettres G et D dans cecycle.
On pose 1 = GuDv. Cemorphisme
transforme l’état£C(a, b, n)
en~C(a, b -
(u
+v)a
+nv, n).
Parinvariance,
on vérifie(u
+v) a
= nv. On pose d =pgcd (a, n) .
Soient a, et ni lesentiers définis par
a, = a
et nl -n
On remarque alors(u
+v)al =
nlv et al divise v. On choisit lecycle
ra,b,n
delongueur
minimale. On pose11 = Gni-ai Da,. Ce
morphisme
transforme£( a, b, n)
en,C(a, b, n),
car Comme lerapport
estégal
à31,
il existe unmorphisme
ni-ai U
0-équivalent
à -y,,auquel
onpeut
associer uncycle
sur legraphe (n) .
La fractionnialai
étantirréductible,
on amême -y,
= y, d’où v = ai, etni -ai 1 1
u = nl - al. Finalement la
longueur
ducycle
ra,b,n
estégale
à ni. Lecycle
ha,6,n
étant choisiminimal,
les états rencontrés sont bien deux à deux distincts. 0PROPOSITION 2. En notant O la
fonction d’Euler,
legraphe
«n)
sedécom-pose en n - 1
cycles
delongueur
1 et d xcycles
delongueur
n,
pourPreuve. Soit
(a, b)
uncouple
deC(n).
Soitra,b,n
lecycle
minimal fondé sur l’état,C (a,
b,
n) .
D’après
le lemmeprécédent,
lalongueur
de vaut 1 siet seulement si a est nul. Le nombre de
cycles
delongueur
1 est doncégal
au nombre decouples
admissibles dont lapremière
composante
estnulle,
soit n - 1. On suppose désormais que a
appartient
à{l,...,?~2013
1}.
Il existe exactement ncouples
deC(n)
dont lapremière
composante
est a, doncpgcd(a, n)
cycles
distincts. Soit d un diviseur de n,d ~
n. Oncompte
finalement2:
pgcd(i,
n)
cycles
delongueur
d,
c’est à direpgcd(i,n)=d
d x
2:
1,
d’où le résultat énoncé avec la fonction d’Euler.pgcd(i,n)=d
Pour vérifier
qu’on
obtient bien ainsi lesn2 -
1 étatsqui
composent ((n),
il suffit de remarquerRemarque.
On observe enfin que laprimalité
de n est une condition nécessaire et suffisante pour assurer la connexité dugraphe
~(n).
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