Chapitre 06 – Ln Page 1 sur 4
Terminale S. – Lycée Desfontaines – Melle
Chapitre 06 – Logarithme népérien
I. Définition de la fonction logarithme népérien
1- Introduction
On sait que la fonction exponentielle est définie, dérivable et continue sur Ë. La fonction exponentielle est strictement croissante sur Ë. De plus lim
x↔-õex=0 et lim
x↔+õex=+õ donc d’après un corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, pour tout réel a☻]0;+õ[, l’équation ex=a admet une unique solution réelle.
2- Logarithme népérien d’un réel
Définition : On appelle logarithme népérien d’un réel b strictement positif, l’unique solution de l’équation d’inconnue a : ea=b. Cette solution est notée ln(b ).
Remarques :
• On a donc ea=bña=ln(b) (Ce qui valide ce qu’on avait supposé dans le chapitre 04)
• La notation du logarithme d’un nombre a est ln(a). Cependant parfois, on écrit lna. Nous avons déjà rencontré cette situation à propos des fonctions trigonométriques (cos(x)=cosx)
3- Fonction logarithme népérien
Définition : On appelle fonction logarithme népérien, la fonction notée ln, définie sur ]0;+õ[ qui, à tout réel strictement positif x associe le nombre y=ln(x) tel que x=ey.
Remarques :
• L’image de 1 par la fonction logarithme népérien est 0. En effet, ln1=αñ1=eαñα=0.
• ┐x, ln
( )
ex =x. En effet ln( )
ex =αñex=eαñx=α.┐x>0, eln(x)=x. En effet, par définition lnx est l’unique solution de l’équation d’inconnue a : ea=x donc elnx=x On dit que la fonction exponentielle et la fonction logarithme népérien sont des fonctions réciproques.
II. Propriété fondamentale et conséquences
Propriété : Quels que soient les réels a et b strictement positifs, ln(a×b)=ln(a )+ln(b )
Démonstration : eln(a×b)=a×b et eln(a)+ln(b)=eln(a)×eln(b)=a×b donc eln(a×b)=eln(a)+ln(b) donc ln(a×b)=ln(a)+ln(b) Propriétés :
Pour tous les réels a et b strictement positifs et pour tout entier relatif p, on a :
• ln(a×b)=ln(a)+ln(b)
• ln
a
b =ln(a)−ln(b)
• ln
1
b =-ln(b) Les démonstrations sont proposées en annexe
• ln
( )
ap =pln(a)• ln
(
a)
=1 2ln(a)Propriété (admise) fondamentale caractéristique de la fonction logarithme népérien :
La fonction logarithme népérien est l’unique fonction vérifiant pour tout a et b strictement positif f(a×b)=f(a)+f(b) avec f(1)=0.
III. Etude de la fonction logarithme népérien et conséquences :
1- Etude de la fonction logarithme népérien
• On admet que la fonction ln est définie et continue sur ]0;+õ[.
• La fonction ln est dérivable sur ]0;+õ[ et ┐x>0, ln′(x)=1 x.
Démo : Etudions la dérivabilité de la fonction ln en un réel a strictement positif. On cherche donc à déterminer si la limite lorsque h tend vers 0 de ln(a+h)−ln(a)
h existe et est finie.
Posons X=ln(a+h) et A=ln(a), on a alors a+h=eX, a=eA et donc h=eX−a=eX−eA Ainsi lim
h↔0
ln(a+h)−ln(a)
h = lim
X↔A
X−A
eX−eA. (car ln est continue en a)
Chapitre 06 – Ln Page 2 sur 4 Or, la fonction exp est dérivable en A et exp′(A)=exp(A) donc lim
X↔A
eX−eA
X−A =eA >0.
Donc lim
h↔0
ln(a+h)−ln(a)
h = 1
eA= 1 eln(a)=1
a. Ceci justifie que ln est dérivable et que ┐x>0, ln′(x)=1 x.
• ┐x>0, ln′(x)=1
x donc la fonction ln est strictement croissante sur ]0;+õ[.
• L’étude du comportement à l’infini et en 0 donne les résultats : lim
x↔0ln(x)=-õ et lim
x↔ +õln(x)=+õ (cf. ex 3 ).
• Tableau de variation et courbe représentative
x 0 1 +∞
+õ ln
-õ
2- Conséquences de la stricte croissance de la fonction ln :
• ┐a>0 , ┐b>0, ln(a)=ln(b)ña=b ln(a)<ln(b)ña<b ln(a)>ln(b)ña>b
• ┐x>0, ln(x)=0ñx=1 ln(x)>0ñln(x)>ln(1)ñx>1 ln(x)<0ñln(x)<ln(1)ñ0<x<1
3- Approximation affine locale au voisinage de 1
La fonction ln est dérivable en 1, on peut donc écrire ln(1+h)=ln(1)+hln′(1)+hε(h)=h+hε(h) avec lim
h↔0ε(h)=0.
Donc pour tout h suffisamment petit, on peut écrire ln(1+h)óh .
De p lus ln(1+h)=h+hε(h) do nc ln(1+h)=h(1+ε(h)) donc ┐hý0 et suffisamment petit, ln(1+h)
h =1+ε(h).
Ainsi lim
h↔0
ln(1+h) h =1
Autre démonstration du dernier résultat :
La fonction ln est dérivable en 1 donc la limite de τ
1(h) quand h tend vers 0 existe et est finie.
Or, on sait que ln′(1)=1
1=1 donc lim
h↔0
ln(1+h)−ln(1) h = lim
h↔0
ln(1+h) h =1.
4- Dérivée de la fonction lnu
Le théorème de dérivation d’une fonction composée permet d’énoncer le théorème suivant :
Théorème : Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I tel que ┐x☻I, u(x)>0, alors la fo nctio n lnu est dérivable sur I et sa dérivée est la fonction u′
u . 5- Croissance comparée
Théorème : (le principe de démonstration est à connaître - démonstration en annexe) lim
x↔+õ
ln(x)
x =0 et lim
x↔0 x>0
xln(x)=0
Conséquences :
De ce théorème, on pourrait montrer que pour tout entier naturel non nul lim
x↔+õ
ln(x)
xn =0 et lim
x↔0 x>0
xnln(x)=0
On retiendra qu’ à l’infini, en cas de forme indéterminée, les puissances de x l'emportent sur le logarithme népérien . 0
2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 2
3
-1 0 1 1
x y
Chapitre 06 – Ln Page 3 sur 4
IV. Fonction logarithme décimal
• La fonction logarithme décimal, notée lo g, est la fonction définie que ]0;+õ[ par log(x)= 1
ln(10)×ln(x)
• Elle vérifie les même propriétés que la fonction ln et a pour particularité que log(10)=1, … ┐p☻Î, log
(
10p)
=p.V. Exercices
Exercice 1
Soit f la fonction définie par f(x)=ln
x−1 x+2 . 1. Déterminer l’ensemble de définition Df de f.
2. Pour quelles valeurs de x peut-on écrire que f(x)=ln(x−1)−ln(x+2).
Exercice 2
Résoudre dans Ë les équations et inéquations suivantes :
ln(4−2x)=0 ; ln(5−x)>2 ln(x+1) ; ln(x−2)+ln(4−x)=ln(2x−5) ; ln(2x+1)−ln(x)Ãln(4−x) ln(2x+1)>5 ; e-3x+5<2 ; e4x+1Ã3e2x ; ln2(x)−2 ln(x)−3=0 ; ln2(x)+ln(x)−2>0 Exercice 3
L’objectif de cet exercice est de montrer que lim
x↔+õln(x)=+õ et que lim
x↔0ln(x)=-õ.
1. Rappel : par définition, une fonction f tend vers +õ quand x tend vers +õ si quel que soit le réel A (aussi grand soit-il), on peut trouver un réel x tel que f(x)>A.
2. En utilisant cette définition, considérer un réel A>0 et montrer qu’il existe un réel x tel que ln(x)>A. En déduire alors que lim
x↔ +õln(x)=+õ.
3. En effectuant un changement de variable, montrer alors que lim
x↔0 ln(x)=-õ. Exercice 4
Déterminer les limites demandées : 1. f(x)=1
x+ln(x) en 0
2. f(x)=ln(2x+1)−ln(x+2) en +õ. 3. f(x)=x−ln(x)
x en 0.
4. f(x)=xln(x) x+1 en 0
5. f(x)=x(1−ln(x)) en 0 et +õ. 6. f(x)=ln
x+1
x−4 en –õ et en -1.
7. f(x)=x+ln(x+1)−ln(x) en 0 et en +õ.
Exercice 5
Soit f la fonction définie sur ]0;+õ[ par f(x)=ln2(x)−ln(x)−6.
1. Déterminer les limites de f en 0 et en +õ. 2. Déterminer le sens de variation de f.
3. Etudier le signe de f. Interpréter graphiquement.
Exercice 6
Partie A : Etude d’une fonction auxiliaire
Soit g la fonction définie sur ]0;+õ[ par g(x)=-2xln(x)−2x+1.
1. Etudier la limite de g en 0 et en +õ.
2. Déterminer le sens de variation de g puis dresser son tableau de variation.
3. Démontrer que l’équation g(x)=0 admet une unique solution α dans ]0;+õ[ puis déterminer un encadrement de α d’amplitude 10-1.
4. Déterminer le signe de g.
Partie B : Soit f la fonction définie sur ]0;+õ[ par f(x)=ln(x)+2
2x+1 et soit C sa courbe représentative dans un repère orthonormal
(
O;Åi;Åj)
avec 2cm pour unités.1. Etudier les limites de f en 0 et en +õ. Interpréter géométriquement.
2. Démontrer que f ′(x) et g(x) ont même signe.
3. Déduire le sens et le tableau de variation de f.
4. a. Exprimer f(α) en fonction de α (mais sans lnα).
b. En déduire un encadrement de f(α) d’amplitude 10-1. 5. Tracer C.
Chapitre 06 – Ln Page 4 sur 4 Exercice 7
Soient f et g les fonctions définies par f(x)=ln(2x+1)
x et g(x)= 2x
2x+1−ln(2x+1).
1. Déterminer le domaine de définition de g.
2. a. Etudier le sens puis le tableau de variation de g (sans indiquer les limites).
b. Déterminer le signe de g.
3. Etudier les variations de f (domaine de définition, limites, dérivée, sens de variation, tableau).
4. Soit h la fonction définie sur
-1
2;+õ par h(0)=α
┐xý0,h(x)=f(x). Déterminer α pour que h soit continue sur
-1
2;+õ . Exercice 8
Soit f la fonction définie sur [0;+õ[ par
f(0)=0┐x>0,f(x)=xln
1+2 x
.
1. Montrer que pour tout x strictement positif, f(x)=xln(x+2)−xln(x).
2. Etudier le continuité de f en 0.
3. Etudier la limite de f en +õ. 4. Etudier la dérivabilité de f en 0.
Exercice 9
Soit f la fonction définie par f(x)=ln
(
1+e2x)
et soit C sa courbe représentative dans un repère orthonormé.1. Déterminer l’ensemble de définition Df de f et étudier ses limites aux bornes ouvertes de Df. 2. Etudier le sens de variation de f.
3. Démontrer que la droite ∆ d’équation y=2x est asymptote oblique à C au voisinage de +õ. (Rappel : 2x=lne2x).
Exercice 10
Soit f la fonction définie par f(x)=ln
x−1
x−3 et soit C sa courbe représentative.
1. Déterminer l’ensemble de définition de f.
2. Etudier les limites de f en l’infini, en 1 et en 3.
3. Etudier le sens de variation de f.
4. Soit A le point de coordonnées (2;0).
a. Démontrer que pour tout h☻]-õ;-1[∟]1;+õ[, f(2+h)+f(2−h)=0.
b. En déduire que A est un centre de symétrie de C. Exercice 11
On place un capital C0 au taux annuel de 5% (intérêts composés : ceci signifie que les intérêts sont ajoutés au capital chaque année).
On note cn la capital obtenu après n années.
1. Déterminer la nature de la suite
( )
Cn puis exprimer Cn en fonction de n.2. Déterminer le nombre d’années minimum pour que le capital ait doublé.