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Élargissement des raies infrarouges d'argon dans un arc soufflé

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HAL Id: jpa-00205558

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205558

Submitted on 1 Jan 1963

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Élargissement des raies infrarouges d’argon dans un arc soufflé

E. Fabre, J. Séguier, L. Herman

To cite this version:

E. Fabre, J. Séguier, L. Herman. Élargissement des raies infrarouges d’argon dans un arc soufflé.

Journal de Physique, 1963, 24 (10), pp.737-740. �10.1051/jphys:019630024010073700�. �jpa-00205558�

(2)

737.

ÉLARGISSEMENT DES RAIES INFRAROUGES D’ARGON DANS UN ARC SOUFFLÉ

Par E. FABRE, J. SÉGUIER et L. HERMAN,

Laboratoire des Recherches Physiques de la Sorbonne, Paris.

Résumé. 2014 Les profils des raies infrarouges de A I apparaissant dans le spectre émis par une flamme d’argon ont été observés et comparés aux profils donnés par la théorie de Lindholm. En

ce qui concerne les raies provenant des niveaux f, il est nécessaire de tenir compte de l’effet Stark

linéaire.

Abstract.

2014

The profiles of the infrared A I lines emitted by a plasma jet have been observed and compared with the line profile theory given by Lindholm ; for the lines with upper f levels, the linear Stark effect lias to be taken into account.

JOURNAL PHYSIQUE 24, 1963,

On sait que dans les gaz partiellement ionisés a

concentration electronique 6lev6e, les raies ato- miques sont elargies sous l’influence du champ 6lee- trique intermoleculaire. Cet élargissement peut

maintenant etre calcule avec assez de precision

pour les atomes d’hydrogene et d’helium. Mats,

pour les atomes a structure electronique plus com- plexe, la theorie est beaucoup moins avane6e. On admet g6n6ralement que l’élargissement est surtout determine par les collisions des atomes excites avec

les électrons. Le contour obtenu est alors essentiel- lement un contour de Lorentz donne par ]a for- mule bien connue

ou 10 est 1’intensite maximum pour w

=

wmax. La force qui intervient est, en principe, celle de l’effet Stark quadratique. Suivant la théorie de Lindholm

[1], la largeur y et le dépIacement ð sont donn6s

par les relations

ou net est la concentration 6lectronique et v, la vitesse relative. La constante d’interaction C est determinee par la loi du deplacement de la raie en

fonction du champ 6lectrique uniforme. Lorsque

ce champ est produit par une particule charg6e

sltu6e a la distance r de l’atome émetteur, on a

ou to est la pulsation de la raie. Des relations (2)

on voit que le rapport de l’élargissement et du d6- placement est constant et independant de l1e.

Lorsque l’on tient compte, a la fois, des effets de collision et statistique, on aboutit au contour [2]

ou c est proportionnel au déplacement, g une cons- tante dependant de la concentration 6lectroniqtie et B, le champ 6lectrique instantan6.

Les largeurs et les déplacernents calculés par la formule (3) pour de nombreuses raies d’atomes neutres et une fois ionises semblent etre en accord satisfaisant avec les observations. Dans les theo- ries publiées jusqu’ici on suppose essentiellement que les déplacements des raies des atomes autres que l’hydrogène sont r6gis par 1’eflet Stark qua-

dratique.

L’objet de la presente note est de comparer les contours théoriques des raies infrarouges d’argon a

ceux observes dans un chalumeau a plasma.

Dans ce but, nous avons enregistré les spectres

d’emission de cette source a 1’aide d’un mono-

chromateur type Pfund de 2 m de distance focale.

Le r6cepteur est une cellule photorésistante au

sulfure de plomb refroidie par la neige carbonique.

Un filtre infrarouge 611mine le rayonnement de longueur d’onde inférieure a 8 000 A. Le signal electrique est enregistre sur iin millivolmetre M. E. C. I. [3]. La source lumineuse est un arc 6lectrique dont une electrode est cylindrique et

1’autre annulaire. Chaque electrode est refroidie par

une circulation ind6pendante d’eau. Un cylindre en quartz r6unit les deux parties de l’appareil et permet d’observer la flamme de cote. L’arc est tra- verse par un courant d’argon sous pression atmo- sph6rique avec un debit de 12 litresfminute. Le

courant 6lectrique est de 60 amperes et la tension

de l’ordre de 45 volts. La temperature du gaz est environ 104 OC et la densite electronique de l’ordre

de 3 X 1016 CM-3 . Dans ces conditions, on observe

les principales raies d’emission signalées par

Humphreys [4], mais souvent fortement elargies.

Les raies que nous observons peuvent etre clas-

s6es en 4 groupes :

1) Les raies fines 4p

-

4s dont l’élargissement

est inférieur a 1’intervalle spectral résolu.

2) Les raies fines 4p - 3d mais dont la largeur

et le d6placement peuvent etre mesur6s avec notre

spectrometre (AX > 3 fois la largeur instrumen- tale).

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019630024010073700

(3)

738

3) Les raies 4p

-

5s, tres elargies et tres asym6- triques.

4) Les raies 3d

-

4 f , larges et moins dissyme- triques qu’en (3). _

A titre d’exemple, la figure 1 montre la raie

6 589,13 cm-1 (2p5

-

294) fortement degradee vers

le rouge et la figure 2, la raie 6 082,18 cm-1

FIG. 1.

-

Profil de la raie A I 6 589,13 cm-1 (2p5

-

2s4).

1/intensite Iy est donnee en unites arbitraires en fonc- tion de la distance au maximum exprim6e en Angström.

FIG. 2.

-

Profil de la raie A I 6 082,18 cm-1 (3d2

-

4 Y).

L’intensite 1, est donnee en unités arbitraires en fonction de la distance au maximum de la raie en Angstrom.

(3d2 - 4Y), dont le profil est tres different mais

egalement dissymétrique. Ces contours ne peuvent

etre representes correctement par la formule (1).

Ceci est illustre, a titre d’exemple, pour le contour de la raie 6 082,18 cm-1 sur la figure 3, ou on a port6 en ordonnee l’inverse de l’intensit6 I expri-

mée en unites de l’intensit6 maximum Io, et en abscisse, le carré de la distance au centre ( v

-

vmax) exprimee en cm-1. La courbe V se rapporte a la

moiti6 violette et ]a courbe R a la moitie rouge. Si

le contour satisf’aisait la relation (1) on aurait une

droite passant par le point I, II == I ; v - Vmax

==

0.

On constate que, pour les distances suffisamment

grandes du maximum, on obtient sensiblement une

droite pour le cote rouge. Par centre, Faile violette

s’écarte notablement d’une droite. De plus, la portion voisine du maximum presente un accrois-

sement rapide de I pour une moitie de la raie. La

figure 4 montre une situation semblable pour la raie p - s. Ici, la dissymetrie est considerable au

point de donner a la raie rasped d’un profil sta- tistique.

FIG. 3.

-

Forme du contour de la raie 6 082,18 cm-1.

En ordonnee figure le produit de 1’intensite Io au centre

de la raie par l’inverse de 1’intensite 1( v - vm) a la

distance v

-

vm. En abscisse figure le carr6 de cette distance v - vm)2 exprime en cm-d. On voit que le contour de 1’aile rouge R est different du contour de 1’aile violette V.

FIG. 4.

-

Forme du contour de la raie 6 252,44 cm-1 (2po

-

2so). En ordonnée figure le produit de l’inten- site Io au centre de la raie par l’inverse de l’intensit6 a la distance au centre (v

-

vm). En abscisse figure le carrc

de cette distance ( v - vm) 2 exprime en cm-2. On voit que le contour de 1’aile rouge R est different du contour de I’aile violette V.

La forme du profil depend du type de la transi- tion atomique. Ainsi, toutes les raies p - s ont un contour semblable a celui de la figure /1:, et 1es raies

d

-

f a celui de la figure 3.

(4)

TABLEAU 1

Comparaison des raies permises (colonnes 1 et 2) observees avec les raies interdites (colonnes 3 et 4) calculees dans

le domaine couvert par les raies elargies.

Les lettres 1, j, k de la colonne 5 indiquent que les transitions citees sont interdites par les règles de selection corres-

pondant a ces nombres quantiques.

ip signifie que les ions parents sont différents.

En ce qui concerne la largeur des raies, il est possible de faire des comparaisons semi-quanti-

tatives entre la theorie et les observations. Connais- sant la structure electronique de 1’6tat atomique considere, on peut calculer les différents éléments de matrice (angulaire, magnetique et radial) en appliquant les formules de la m6canique quantique

donn6es par Condon et Shortley [5]. Pour les élé-

ments angulaire et magn6tique, on a des relations

th6oriques tres simples. L’estimation de la compo- sante radiale est plus incertaine en raison des

approximations admises. Mais, dans le cas present,

seuls interviennent les niveaux sup6rieurs et on peut utiliser I’approximation coulombienne et les tables dressees par Bates et Damgaard [6] pour la

composante radiale. Ces calculs avaient d6jh 6t6

faits pour les 6tats electroniques des raies situ6es

dans le domaine visible [1]. Pour les raies infra- rouges nous avons estim6 les elements de matrice et la constante C de 1’effet Stark quadratique.

Suivant la formule de Lindholm les largeurs varient

comme C2/3, que l’on peut comparer aux largeurs

mesurees. Nous trouvons ainsi que, pour les raies

2P2

-

2s5, 2P5

-

2s4, 2p1- 2s2, le rapport de la largeur mesuree a la largeur calcul6e est constant a 30 % pres.

Dans ces estimations theoriques on a suppose n6gligeables les perturbations connues sous le nom

de « interaction de configuration » dont on doit

tenir compte lorsque les niveaux sont tres voisins.

Cet eff et est probablement peu important dans le

cas des raies p = s, mals peut ne pas 6tre neglige

pour les raies d - f.

Les 6carts a la theorie des profils observes,

(5)

740

peuvent etre dus a diff 6rents effets. La reabsorption pourrait entrainer une modification profonde du

contour des raies. Cet effet semble avoir ete observe par Dickerman et Alpiner [8], dans le spectre de Fargon 6mis dans un arc a haute intensite de cou-

rant, et se manifeste par la presence d’une faible

raie d’absorption au milieu de la raie d’emission ;

il devient prononce seulement pour les intensites

sup6rieures a 100 amperes. Dans nos experiences,

l’intensit6 ne d6passait pas 60 amperes, et l’on peut estimer que cet effet est n6gligeable.

Nous avons essaye d’utiliser la relation (3) pour calculer approximativement le contour de la raie

6 589 cm-1. La forme du profil est peu sensible

aux variations du déplacement c. La constante de

1’effet Stark quadratique a ete calcul6e par les rela- tions de la mecanique quantique [5], [6]. Le profil

obtenu presente une degradation vers le rouge,

mais beaucoup moins marquee que dans le contour observé.

On doit 6galement tenir compte de la modifi- cation apport6e au contour des raies par l’inho-

mogeneite de la source lumineuse. Nous avons

examin6 cet effet pour les raies 6 082,18 crn-1 (3d2

-

4 Y) et 6 589,13 cm-1 (2P5

-

284). Pour la

raie 6 589,13 cm-1 le profil obtenu reproduit sensi-

blement la dissymétrie de la figure 1, en conside-

rant comme valable la théorie de Lindholm. En ce

qui concerne la raie 6 082,13 em-1, pour obtenir l’accord avec l’expérience, on doit diviser le dépla-

cement donne par la formule (2), par 4. Dans le domaine visible, on a observe egalement un d6pla-

cement des raies beaucoup plus petit que celui donn6 par la relation (2) [7]. Notons que la théorie de Griem donne des deplacements plus faibles que

ceux calcul6s par la théorie de Lindholm.

La presence de raies interdites pourrait egalement modifier le profil de certaines raies 61ar-

gies. L’identification faite par Humphreys des raies infrarouges emises dans une source a faible con-

centration 6lectronique peut etre incomplete pour

un spectre 6mis dans un champ 6lectrique. Dans

ces conditions, les raies interdites par les r6gles de

selection Al = 1, par exemple, peuvent appa- raitre avec une intensite appreciable. Dans le

tableau 1, p. 739, nous donnons les nombres d’onde et

l’identification des raies observees par Humphreys

entre 5 900 c=’- et 6 650 cm-1 (colonnes 1 et 2)

et les nombres d’onde calcul6s d’autres raies, dans

le domaine couvert par la raie élargie (colonnes 3

et 4). La plupart de ces raies sont interdites. mais nombreuses sont celles dont l’intensit6 augmente

notablement en presence du champ 6lectrique,

comme les raies p - p et d

-

d. L’examen de ce

tableau montre que l’on trouve plusieurs raies inter- dites au voisinage de la plupart des raies permises, sauf, peut 6tre, la raie 6 533,18 cm-1 (3d1

-

4 U), pourtant tres élargie et asym6trique (demi largeur

de 25 A).

,

En resume, il semble que la th6orie de 1’61argis-

sement par collision soit assez satisfaisante pour les raies a niveau superieur peu élevé, lorsque l’on

tient compte de l’inhomogénéité de la source. Pour

les raies a niveau superieur eleve, les deplacements

sont beaucoup plus petits que ceux donn6s par la th6orle classique. La formule (3), bas6e sur une

th6orle plus complete, donnerait un d6placement plus petit, mais, en r6alit6, elle est valable pour une raie isolée, suivant exactement 1’effet Stark qua-

dratique.

Manuscrit regu le 3 juillet 1963.

RÉFÉRENCES [1] UNSÖLD (A.), Physik der Sternatmosphären, J. Springer

Berlin, 1955.

[2] GRIEM (H. R.), KOLB (A. C.) et SHEN (K. Y.), Phys.

Rev., 1959, 116, 4.

BARANGER (M.), Phys. Rev., 1958, 111, 481 ; 1958, 111,

494.

GRIEM (H. R.), BARANGER (M.), KOLB (A. C.) et OERTEL (G.), Phys. Rev., 1962, 125, 177.

[3] HEPNER (G.), Thèse, Paris, 1961 ; Annales de Physique, 1961, 6, 735.

[4] HUMPHREYS (R. F.), J. Res. N. B. S., 1952, 49, 73 ;

J. O. S. A., 1959, 49, 118b.

[5] CONDON (E. U.) et SHORTLEY (G. H.), The theory of

Atomic Spectra, University Press, Cambridge, 1953.

[6] BATES (D. R.) et DAMGAARD (A.), Philos. Trans. Roy.

Soc., London, série A, 1949-1950, 242, 103.

[7] GERICKE (W. E.), Z. Astrophys., 1961, 53, 68.

[8] DICKERMAN (P. J.) et ALPINER (B. P.), J. Q. S. R. T.,

1962, 2, 305.

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