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Article pp.393-396 du Vol.2 n°6 (2012)

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GESTE EN MÉDECINE D’URGENCE /TECHNIQUES IN EMERGENCY MEDICINE

Anesthésie locorégionale de la face aux urgences (partie 2) : blocs infra-orbitaire et mentonnier

Regional anesthesia of the face in emergency department (part 2): infra orbital and mental block

G. Lacroix · J. Cotte · B. Prunet · E. Meaudre

Reçu le 23 mai 2012 ; accepté le 29 juin 2012

© SFMU et Springer-Verlag France 2012

Résumé Les plaies de la face sont un motif fréquent de recours au service d’accueil des urgences. Les blocs troncu- laires de la face sont des techniques simples, efficaces et à faible risque iatrogène. Ils permettent une anesthésie pour les gestes de petite chirurgie. Nous présentons les techniques d’anesthésie locorégionale de la face retenues par la confé- rence d’experts SFAR - SFMU de 2002 :Pratique des anes- thésies locales et locorégionales par des médecins non spécialisés en anesthésie-réanimation, dans le cadre des urgences. Les blocs infra-orbitaires et mentonniers permettent l’anesthésie de la joue, des lèvres et du menton.

Mots clésAnesthésie locorégionale · Urgences · Face · Infra-orbitaire · Mentonnier

AbstractFacial wounds are common reason for consultation in emergency department. Blocks of the face are simple tech- niques, efficient and with a low iatrogenic risk. They provide effective anesthesia for minor surgical techniques. We pre- sent techniques for regional anesthesia of the face chosen by the SFAR - SFMU expert conference of 2002:Use of local and locoregional anesthesia by physicians not specialized in anesthesia-reanimation, within the frame of emergencies.

The techniques presented in this article provide anesthesia of cheek, lips and chin.

KeywordsRegional anesthesia · Emergency department · Face · Infra orbital nerve block · Mental nerve block Les plaies représentent 13 % des motifs de recours au service d’accueil des urgences (SAU), dont 50 % concernent la tête ou la face [1]. Certaines anesthésies locorégionales de la face ont été retenues par la conférence d’expert SFAR - SFMU :

Pratique des anesthésies locales et locorégionales par des médecins non spécialisés en anesthésie-réanimation, dans le cadre des urgences[2]. L’objet de cet article est de présenter les blocs infra-orbitaires et mentonniers permettant une anes- thésie de la joue, des lèvres et du menton en vue de la répa- ration cutanée des plaies dans ce territoire.

Installation et sécurité du patient

Les contre-indications et les précautions communes aux ALR de la face ont été décrites dans l’article traitant les ALR du front par les blocs susorbitaires et supratrochléaire paru dans lesAnnales françaises de médecine d’urgence[3].

Ces techniques sont réalisables chez l’enfant [4,5]. Contrai- rement aux bloc susorbitaires et supratrochélaires, leur réali- sation sous sédation par mélange équimolaire protoxyde d’azote-oxygène est plus difficile. En effet, les points de ponction sont alors situés sous le masque.

Le patient est installé en décubitus dorsal, demi assis et la tête perpendiculaire au plan du lit. L’opérateur se place laté- ralement au patient, à droite pour un droitier et à gauche pour un gaucher quel que soit le côté de l’ALR à réaliser.

Bloc infra-orbitaire

Le bloc du nerf infra-orbitaire permet d’anesthésier les tégu- ments de l’hémilèvre supérieure, de l’aile du nez, de la joue et de la paupière inférieure (Fig. 1) [6-9]. Il peut exister une petite zone sur la ligne médiane de la lèvre supérieure qui n’est pas anesthésiée et qui correspond à une variation anato- mique d’innervation du nerf sphénopalatin. Si l’injection se fait par la voie endobuccale au niveau de la fosse canine, ceci permet une anesthésie du nerf dentaire et du bloc incisivoca- nin. Il n’existe pas de contre-indication spécifique. Des héma- tomes sousorbitaires régressant spontanément en quelques jours ont été décrits. En cas de diffusion orbitaire de

G. Lacroix (*) · J. Cotte · B. Prunet · E. Meaudre Département danesthésie réanimation urgences,

Hôpital d’Instruction des Armées-Sainte Anne, BP 20545, F-83041 Toulon cedex 09, France

e-mail : [email protected]

Ann. Fr. Med. Urgence (2012) 2:393-396 DOI 10.1007/s13341-012-0235-4

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l’anesthésique local, il peut apparaître une diplopie avec un œdème palpébral, résolutif à la levée de l’anesthésie. Le patient doit être prévenu de ce risque avant l’anesthésie. Deux techniques sont décrites en fonction de la localisation du point de ponction : une voie percutanée et une voie endobuccale.

Voie percutanée

Le foramen infra-orbitaire est palpable à 1 cm sous le rebord orbitaire inférieur et à 2 cm de l’aile du nez, à l’aplomb de la pupille centrée (Fig. 2). La ponction est réalisée à 1 cm de l’aile du nez, l’aiguille dirigée en haut et en dehors vers le cantus externe. La progression se fait sur 15 à 20 mm en direction du foramen infra-orbitaire repéré au doigt. Deux à 3 ml d’anesthésique local sont injectés par voie souscutanée.

L’injection dans le foramen est à proscrire compte tenu du risque de compression nerveuse.

Voie endobuccale

La ponction se fait au niveau de la fosse canine, à l’aplomb de la dent (Fig. 3). La lèvre est dégagée avec la main gauche.

L’aiguille est orientée en direction du foramen infra-orbitaire repéré par l’index. Deux à 3 ml d’anesthésique local sont injectés par voie souscutanée, sans pénétrer dans le foramen.

Bloc mentonnier

Le bloc mentonnier permet une anesthésie de la moitié du menton du côté du bloc incluant l’hémilèvre inférieure, ainsi

que du bloc incisivocanin inférieur (Fig. 4) [6-9]. Il n’existe pas de contre-indication ni de complication spécifique décrite.

De même que pour le bloc infra-orbitaire, deux voies d’abord sont décrites : une voie percutanée et une voie endobuccale.

Voie percutanée

La ponction est réalisée à environ 1 cm en dehors du fora- men mentonnier que l’on repère au doigt sur un axe vertical Fig. 1 Territoire sensitif du bloc infra orbitaire

Fig. 2 Repères anatomiques et ponction du bloc infra-orbitaire par voie percutanée. Ponction 1 cm sous le rebord orbitaire et à 2 cm de laile du nez à laplomb de la pupille centrée, foramen repéré au doigt, injection de 2 à 3 ml danesthésiques locaux

Fig. 3 Repères anatomiques et ponction du bloc infra-orbitaire par voie endobuccale. La ponction se fait au niveau de la fosse canine, à laplomb de la dent. Laiguille est dirigée en direction du foramen infraorbitaire repéré au doigt. Injection de 2 à 3 ml danesthésiques locaux

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passant par la pupille centrée (Fig. 5). L’aiguille est dirigée vers le bas et l’intérieur en direction du foramen. L’injection de 2 ml d’anesthésique local non adrénaliné par voie sous- cutanée est réalisée en regard du foramen. L’injection dans le foramen est à proscrire compte tenu du risque de compres- sion nerveuse.

Voie endobuccale

La ponction se fait à l’apex de la première prémolaire, la pointe de l’aiguille étant dirigée vers le foramen mentonnier, sans le pénétrer (Fig. 6). L’injection de 2 ml d’anesthésique local non adrénaliné en regard du foramen permet l’anesthé- sie du territoire mentonnier.

Conclusion

Les blocs infra-orbitaire et mentonnier sont des techniques simples, peu iatrogènes, d’apprentissage rapide. Elles per- mettent une anesthésie de la joue, des lèvres et du menton.

Ces techniques sont parfaitement adaptées à la suture des plaies de la face, même profonde.

Conflit d’intérêt : les auteurs ne déclarent pas de conflit d’intérêt.

Références

1. Société francophone de médecine durgence (2005) Conférence de consensus : prise en charge des plaies aux urgences. www.

sfmu.org/documents/consensus/cc_plaies_longue.pdf (consulté le 11 avril 2012)

2. Société française danesthésie et de réanimation SFAR, Samu de France, Société française de médecine durgence (2004) Pratique des anesthésies locales et locorégionales par des médecins non Fig. 4 Territoire sensitif du bloc mentonnier

Fig. 5 Repères anatomiques et ponction du bloc mentonnier par voie percutanée. Ponction à 1 cm en dehors du foramen men- tonnier repéré au doigt sur un axe vertical passant par la pupille centrée. Injection de 2 à 3 ml danesthésiques locaux

Fig. 6 Bloc mentonnier par voie endobuccale. La ponction se fait à lapex de la première prémolaire, la pointe de laiguille étant diri- gée vers le foramen mentonnier, sans le pénétrer, injection de 2 à 3 ml danesthésiques locaux

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spécialisés en anesthésie-réanimation, dans le cadre des urgences.

Ann Fr Anesth Reanim 23:167-76

3. Lacroix G, Prunet B, dAranda E, et al (2012) Anesthésie locoré- gionale de la face aux urgences : blocs susorbitaire et supratro- chléaire. Ann Fr Med Urgence 2:(in press)

4. Dadure C, Sola C, Choquet O, et al (2011) Les blocs nerveux périphériques de la face chez lenfant. Ann Fr Anesth Reanim 31:e17-e20

5. Lacroix G, Meaudre E, Prunet B, et al (2010) Appréciation de la place de lanesthésie locorégionale pour la prise en charge des plaies de la face aux urgences. Ann Fr Anesth Reanim 29:3-7

6. Deleuze A, Gentili ME, Bonnet F (2009) Anesthésie locorégionale pour la chirurgie esthétique de la face et du cou. Ann Fr Anesth Reanim 28:818-23

7. Deleuze A, Gentili ME, Vial G (2004) Anesthésie locorégionale en ORL : les blocs de la face. Ann Fr Anesth Reanim 23:1110-3 8. Lefort H, Lacroix G, Cordier A, et al (2009) Anesthésies locoré-

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9. Freysz M, Viel E, Benkhadra M (2007) Analgésie locorégionale en urgence chez ladulte. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Méde- cine durgence, 25-010_G 20

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