Mémoire présenté
devant l’Institut de Science Financière et d’Assurances pour l’obtention
du diplôme d’Actuaire de l’Université de Lyon
le 23 septembre 2008 Par : Arnaud LACOUME
Titre: Mesure du risque de réserve sur un horizon de un an
Confidentialité : _ NON OUI (Durée : 1 an 2 ans 5 ans)
Membre du jury I.A. Entreprise : Towers Perrin
M. THEROND Pierre
Membres du jury I.S.F.A.
M. AUGROS Jean-Claude
M. BIENVENÜE Alexis Directeur de mémoire :
Mme EYRAUD-LOISEL Anne Christian de La FOATA M. LAURENT Jean-Paul
M. LEBOISNE Nicolas M. LOISEL Stéphane
Mme MAUME-DESCHAMPS Véronique
M. PLANCHET Frédéric Secrétariat
M. QUITTARD-PINON François Mme GARCIA Marie-José Mme REY-FOURNIER Béatrice Mme BARTHELEMY Diane
M. RULLIERE Didier M. BRIAS Samy
Mme BRUNET Marie-Christine Mme GHAZOUANI Sondès
Invité : M. HUET Jean-Daniel
Mme MOUCHON Marie-Claude Bibliothèque :
Mme SONNIER Michèle
50 Avenue Tony Garnier 69366 Lyon Cedex 07 Université Claude Bernard – Lyon 1
INSTITUT DE SCIENCE FINANCIERE ET D'ASSURANCES
M´ emoire pr´ esent´ e ` a l’Institut de Science Financi` ere et d’Assurances
pour l’obtention du diplˆ ome du Master Actuariat et l’admission ` a l’Institut des Actuaires
Par : Dongdong CHEN
Titre : Calibration de lois biom´etriques sur un portefeuille d’assurance d´ependance
Confidentialit´e : 2Non X Oui (Dur´ee : 21 an X 2 ans) Les signataires s’engagent `a respecter la confidentialit´e ci-dessus
Membre pr´esent du jury de l’Institut Entreprise :
des Actuaires : Nom : SCOR
Signature :
Directeur de M´emoire en entreprise : Membre pr´esent du Jury du Master Nom : Nicolas Heinrich
Actuariat de l’ISFA : Signature :
Autorisation de publication et de mise en ligne sur un site de diffusion de documents actuariels (apr`es expiration de l’´eventuel d´elai de confidentialit´e)
Signature du responsable entreprise Secr´etariat :
Signature du candidat Biblioth`eque :
Institut de Science Financi`ere et d’Assurances – ISFA, 50 Avenue Tony Garnier, 69007 Lyon
R´esum´e
L’am´elioration du niveau de vie et les progr`es de la m´edecine sont les principaux facteurs li´es
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a une augmentation de l’esp´erance de vie humaine. Le vieillissement de la population dans le monde entier conduit aussi `a un accroissement de la proportion d’individus en situation de perte d’autonomie. Par cons´equent, de plus en plus de m´enages sont int´eress´es par des produits Assurances d´ependance priv´es car l’aide de l’´etat est loin d’ˆetre suffisante pour couvrir les coˆuts.
Le march´e de l’assurance d´ependance fran¸cais est un march´e mature, les produits propos´es par les assureurs s’adaptent `a l’´evolution des besoins des clients. Malgr´e de nombreux efforts fournis au niveau de la conception et de la tarification des produits, le risque d´ependance est encore loin d’ˆetre maˆıtris´e en raison de son caract`ere complexe et croissant dans le temps.
L’objectif de ce m´emoire est de calibrer les lois biom´etriques sur un portefeuille d’assurance d´ependance. Tout d’abord nous commen¸cons par d´efinir une population homog`ene `a travers diff´erents crit`eres comme par exemple les ann´ees de survenance, les ann´ees calendaires, et les surprimes des assur´es etc... ceci a pour but d’´ecarter de notre ´etude certains comportements atypiques des assur´es qui peuvent potentiellement biaiser les r´esultats de calibration. Le calcul des taux d’incidence et de mortalit´e des autonomes est effectu´e par la m´ethode de maximum de vraisemblance dans un mod`ele `a risques concurrents. Les taux sont ensuite liss´es et nous utilisons des mod`eles param´etriques pour extrapoler les taux d’incidence jusqu’`a 120 ans. La mortalit´e des d´ependants a ´et´e estim´ee avec le mod`ele ´elabor´e par Guillaume Biessy dans sa th`ese Mod´elisation semi-markovienne de la perte d’autonomie chez les personnes ˆag´ees, l’hypoth`ese principale du mod`ele consiste `a diviser les nouveaux d´ependants en 2 groupes d’individus en fonction de la dur´ee de vie pass´ee en d´ependance. Nous avons ensuite calibr´e la mortalit´e g´en´erale du portefeuille `a l’aide de la m´ethode relationnelle de Brass, la loi de r´ef´erence consid´er´ee
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etant la loi de mortalit´e fran¸caise. Enfin, l’information relative au d´ec`es des cotisants n’´etant pas exhaustive, cela nous am`ene `a consid´erer 2 sc´enarii dans l’estimation de la mortalit´e des autonomes par une m´ethode d’inf´erence r´ecursive.
Mots-cl´es:Assurance d´ependance;Mod`ele param´etrique;Mod`ele relationnel;Mod`ele `a risques concurrents;Maximum de vraisemblance;Extrapolation;M´ethode de lissage;Taux instantan´e.
Over the past decades, improvements in living standards and medical progress have signif- icantly increased our life expectancy. Population is aging worldwide and thus elderly people are more likely to become dependent. As a result, more and more households are interested in private long-term care insurance products since state support is far from sufficient to cover costs.
The French Long-term care market is a demanding market, companies have to adapt to the ever changing needs of customers. Despite many efforts in product design and pricing, the risk of dependence is still far from under control because of its complex nature, especially because it evolves over time while the patient is aging.
The purpose of this thesis is to calibrate biometric laws on a long-term care portfolio. First of all we start by defining a fairly consistent population through different criteria such as the years of occurrence, the calendar years, and the extra premium of insureds etc. This definition could help us to filter cases that may possibly bias our calibration results. The incidence and mortality rates are calculated by using the maximum likelihood method. The rates are then smoothed and we use parametric models to extrapolate incidence rates up to 120 years. Mortality rates of dependent people are estimated by the model explained by Guillaume Biessy in the models Semi-Markovian modeling of the loss of autonomy in the elderly, the main hypothesis of the model was to divide new dependents into 2 groups according to the time spent in dependence.
We then calibrated the all-cause mortality of the portfolio using the relational method of Brass and considered French mortality law as the reference. Finally, due to the lack of exhaustive information on the autonomous deaths, we had to consider two scenarios in order to approach the actual autonomous mortality, by using recursive inference method.
Keywords:Long Term Care Insurance;Parametric model;Relational model;Competing risk model;maximum likelihood;Extrapolation;Smoothing method;Instantaneous rate.
Remerciements
Je voudrais dans un premier temps remercier mon directeur du m´emoire Monsieur Nicolas Heinrich, responsable de l’´equipe Experience Analysis, pour sa patience, ses pr´ecieux conseils et surtout son temps consacr´e pour r´epondre `a mes innombrables questions durant l’´elaboration de mon m´emoire.
Je remercie ´egalement Monsieur Guillaume Biessy pour ses conseils et ses explications, qui ont contribu´e `a alimenter mes r´eflexions.
Je tiens `a remercier mon tuteur acad´emique Monsieur Yahia SALHI, maˆıtre de conf´erence
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a l’ISFA, pour ses conseils et suggestions. Je remercie ´egalement les professeurs de l’Institut de Science Financi`ere et d’Assurances pour m’avoir fourni les outils et les connaissances n´ecessaires `a la r´eussite de mes ´etudes.
Enfin, je voudrais remercier grandement mes amis Pierre, Wu Shao, Chupriya et Cl´ement pour leurs soutiens pr´ecieux et inestimables.
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Table des mati` eres
Remerciements 5
Table des mati`eres 7
1 Introduction 9
Introduction 9
2 Contexte et m´ethodes 11
2.1 L’assurance d´ependance en France . . . 11 2.2 Hypoth`eses et M´ethodologies . . . 14
3 Pr´esentation du Portefeuille de l’´etude 23
3.1 Pr´esentation du produit Assurance D´ependance SCOR . . . 23 3.2 Pr´eparation des donn´ees pour l’´etude . . . 24 3.3 Statistiques descriptives . . . 27
4 Calibration des lois de transition des autonomes 33
4.1 L’outil Testing . . . 34 4.2 Pr´e-testing : d´etermination du portefeuille (une population homog`ene) pour l’´etude . 34 4.3 Lois brutes d’incidence et de mortalit´e . . . 43 4.4 Choix de la m´ethode de lissage . . . 44
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4.5 M´ethodes d’extrapolation des lois d’incidence . . . 49
4.6 Extrapolation par les m´ethodes param´etriques . . . 51
5 Calibration de la loi de mortalit´e toute cause 53 5.1 Pr´e-testing . . . 54
5.2 Lois brutes de mortalit´e . . . 57
5.3 M´ethode d’extrapolation de BRASS . . . 60
5.4 Choix d’une loi de mortalit´e g´en´erale d’un portefeuille similaire . . . 63
6 Calibration de la loi de mortalit´e des d´ependants 67 6.1 Pr´e-testing . . . 68
6.2 Mod`ele utilis´e . . . 71
6.3 Calibration de la loi de mortalit´e des d´ependants . . . 74
6.4 Back-testing pour les lois de mortalit´e des d´ependants . . . 79
7 Finalisation des lois biom´etriques 81 7.1 M´ethode Bouclage . . . 81
7.2 Passage des intensit´es aux probabilit´es de transition . . . 85
7.3 Pour aller plus loin . . . 88
Conclusion 89
Bibliographie 90
Annexes 93
Chapitre 1
Introduction
Si l’´etat de d´ependance est fortement li´e `a l’ˆage, les pr´evisions de l’INSEE [Robert-Bob´ee (2018)]
indiquent une forte augmentation de l’esp´erance de vie `a la naissance d’ici 2060, passant de 78.4
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a 86 ans pour les hommes et de 84.8 `a 91.1 ans pour les femmes. L’INSEE estime ´egalement que la population senior de plus de 60 ans pourrait atteindre un tiers de la population totale en 2050, soit une part deux fois plus importante qu’en 2005.
En 2018, on d´enombre 15 millions de fran¸cais ˆag´es de plus de 60 ans en France. Selon les ´etudes r´ecentes de l’INSEE [Laborde et al. (2017)] r´ealis´ees sur un ´echantillon de 2,2 millions d’individus de cette tranche d’ˆages, pr`es d’un quart d´eclarent des probl`emes fonctionnels s´ev`eres, parmi ces derniers, environ 170 mille sont identifi´es comme d´ependants. Le vieillissement de la population s’accompagne de l’am´elioration de l’esp´erance de vie, si la majorit´e des individus vieillissent dans de bonnes conditions d’autonomie, l’ˆage moyen de perte d’autonomie (83 ans aujourd’hui) augmente moins vite que celle l’esp´erance de vie en g´en´eral, ce qui signifie que la p´eriode de d´ependance est globalement croissante. La d´ependance coˆute cher, les d´epenses sont li´ees essentiellement aux am´enagements des locaux, aux loyers des chambres dans des ´etablissements d’h´ebergement et aux emplois des aides `a domicile. Les d´epenses publiquesAllocation Personnalis´ee d’Autonomiene couvrant qu’une partie des charges totales des r´esidents d´ependants, ces derniers doivent avoir recours aux assurances priv´ees.
Le risque li´e `a l’´etat de d´ependance est complexe `a cause de son caract`ere ´evolutif et de son engagement sur long terme. Les r´eassureurs aident les assureurs `a effectuer des suivis permanents sur leurs produits d’assurance d´ependance afin de mieux appr´ehender les ´evolutions de leurs portefeuilles d’assurance sur leurs provisions et leurs b´en´efices. L’´etude du risque d´ependance est possible `a l’aide de la construction des lois biom´etriques telles que le taux de mortalit´e des cotisants, l’incidence de la perte d’autonomie et la dur´ee de vie des d´ependants. Ces lois peuvent nous aider
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a conduire une ´evaluation plus pr´ecise des engagements associ´es.
Dans ce m´emoire, nous d´ecrirons un ensemble de processus pour calibrer les diff´erentes lois dans un mod`ele d´ependance `a 3 ´etats, en prenant comme hypoth`ese l’impossibilit´e de retour `a l’´etat d’autonomie pour un d´ependant. Tout d’abord nous ferons une pr´esentation de l’assurance d´ependance en France, des diff´erents crit`eres d’´evaluation du niveau de perte d’autonomie et des rappels des notions actuarielles n´ecessaires pour la suite de l’´etude. Dans une seconde partie,
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nous pr´esenterons le produit d’assurance d´ependance qui servira de base `a l’´etude, accompagn´e de donn´ees statistiques qui nous donneront une premi`ere approche du portefeuille. Enfin, nous ap- pliquerons les diff´erentes m´ethodes de calibration pour estimer les taux de mortalit´e des autonomes, de passage en d´ependance et de mortalit´e des d´ependants. Nous ferons une comparaison des lois d’exp´eriences construites avec les lois de r´ef´erence SCOR pour avoir une id´ee sur leur coh´erence par rapport aux autres portefeuilles d’assurance d´ependance que SCOR poss`ede.
Chapitre 2
Contexte et m´ ethodes
2.1 L’assurance d´ ependance en France
2.1.1 Contexte et quelques chiffres
L’assurance d´ependance regroupe un ensemble de garanties qui ont pour but `a couvrir les frais inh´erents `a la survenance d’une perte d’autonomie plus ou moins importante. Selon un sondage d’Autonom-ease [AutonomEase (2018)] r´ealis´e en mai 2016 sur un ´echantillon de deux mille individus, environ trois quarts des personnes interrog´ees pr´ef`erent la prise en charge `a domicile des personnes ˆag´ees que de faire appel `a des ´etablissements sp´ecialis´es. Les assureurs ont su adapter leurs produits aux besoins de leurs clients : les garanties d’une assurance d´ependance sont principalement sous forme d’une rente viag`ere quand l’assur´e passe en d´ependance, accompagn´ee souvent des services d’assistance et d’une garantie capital, souvent optionnelle, destin´ee `a faire face aux frais d’am´enagements du domicile.
Selon les chiffres du Haut Conseil de la famille de l’enfance et de l’ˆage (HCFEA) [et Ro- meo Fontaine (2018)], 6,8 millions d’individus sont assur´es pour la couverture de ce risque en 2015 dont environ 50% ont souscrit aupr`es des soci´et´es d’assurances priv´ees. Les cotisations globales sont estim´ees `a 751 millions d’euros fin 2015, le montant de prestations vers´ees est de 238 millions d’euros et la rente mensuelle moyenne est de 585 euros. Quant au montant des provisions constitu´ees en 2016, il est estim´e `a 5,1 milliards d’euros, en hausse d’environ 7% en un an.
Il existe diff´erents instruments qui permettent d’´evaluer le niveau de d´ependance d’un individu en perte d’autonomie. Dans la partie suivante, nous allons pr´esenter bri`evement 3 d´efinitions diff´erentes qui sont les AVQ, la grille AGGIR et les contrats lab´elis´es.
2.1.2 Activit´es de la Vie Quotidienne
Le principe est de compter le nombre d’Activit´es de la Vie Quotidienne (AVQ) que l’individu est capable d’exercer avec ou sans ´equipements adapt´es ou assistance d’une tierce personne afin
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d’´evaluer le niveau de d´ependance. Les AVQ sont au nombre de 6 :
— La toilette : capacit´e de satisfaire `a un niveau d’hygi`ene et de toilette acceptable.
— L’habillage : capacit´e de s’habiller et se d´eshabiller seul.
— L’alimentation : capacit´e `a se servir et `a manger de la nourriture pr´epar´ee pr´ealablement.
— La continence : capacit´e d’assurer les besoins, avec utilisation possible des protections pr´evues et des appareils chirurgicaux.
— Le d´eplacement : pouvoir se d´eplacer `a l’int´erieur de son logement (surface plane ou am´enag´ee),ou de s’en extraire en cas de danger imminent.
— Les transferts : pouvoir se d´eplacer d’un lit `a une chaise ou un fauteuil, ou inversement La plupart des contrats d’assurance choisissent quatre AVQ pour d´efinir le degr´e de d´ependance des individus. Si trois AVQ sur quatre sont jug´ees invalides, l’individu sera atteint d’une d´ependance dite lourde par comparaison `a la d´ependance l´eg`ere pour laquelle deux AVQ sur 4 sont valid´ees.
2.1.3 Grille AGGIR (Autonomie G´erontologie Groupe Iso-Ressources)
Cette grille d’´evaluation a ´et´e cr´e´ee par des m´edecins de la s´ecurit´e sociale et la Soci´et´e Fran¸caise de G´erontologie en 1997, une personne en ´etat de d´ependance est class´ee dans un des six groupe iso-Ressources. Ce tableau est aussi utilis´e pour ´evaluer si la personne en perte d’autonomie est ´eligible `a l’APA (Allocation personnalis´ee d’autonomie), seuls les quatres premiers groupes donnent droit `a une prestation.
L’´evaluation est bas´ee sur la capacit´e de l’individu `a effectuer les activit´es d´efinies par AGGIR, la grille liste 10 activit´es dites discriminantes et sept activit´es dites illustratives. Les activit´es discriminantes servent `a d´eterminer le groupe ”iso-ressources” (GIR) dont rel`eve la personne
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evalu´ee, tandis que les activit´es illustratives servent `a apporter des pr´ecisions ou des informations compl´ementaires sur l’´etat de sant´e de l’individu.
Les tableaux des six groupes Iso-Ressources et les activit´es permettant l’´evaluation de l’´etat de sant´e de l’individu sont fournis en annexe.
2.1.4 Contrat lab´elis´e GAD
Les contrats d’assurance d´ependance sont souvent difficilement comparables `a cause de la vari´et´e des garanties et des diff´erents crit`eres d’´evaluation utilis´es, nous en avons pr´esent´e deux pr´ec´edemment mais il en existe bien plus. Afin de r´epondre aux inqui´etudes des fran¸cais sur la perte d’autonomie et les aider `a faciliter leur choix entre les diff´erents produits D´ependance, la FFSA a cr´e´e le label GAD (Garantie Assurance D´ependance) en 2013. Les contrats lab´elis´es GAD doivent respecter neuf crit`eres, list´es dans le tableau suivant :
— L’utilisation d’un vocabulaire permettant une grande clart´e des garanties.
— La d´efinition unitaire de la ”d´ependance lourde” par la grille AVQ(Actes ´el´ementaires de la Vie Quotidienne).
2.1. L’ASSURANCE D ´EPENDANCE EN FRANCE 13
— Le format viager de la garantie, sans tenir compte de la date d’apparition de la d´ependance lourde.
— L’instauration d’une rente d´ependance minimale de 500 euros par mois, en cas de d´ependance lourde.
— La d´efinition contractuelle des revalorisations des garanties et des cotisations.
— Aucune s´election m´edicale pour les souscriptions avant 50 ans.
— D`es la signature du contrat, proposition d’actions de pr´evention et d’accompagnement `a l’assur´e et aux aidants.
— Une information annuelle du montant des cotisations et des garanties.
— La possibilit´e de maintenir les droits en cas de suspension du paiement de la cotisation d´ependance.
Le label GAD laisse `a l’assureur le choix d’inclure ou non une garantie de d´ependance partielle et la libert´e de d´efinir le niveau de s´ev´erit´e dans l’´etablissement du questionnaire de sant´e, qui joue un rˆole important dans la tarification.
2.1.5 Fonctionnement d’un contrat en Assurance d´ependance
Dans le cas g´en´eral, un contrat d’assurance d´ependance propose une garantie totale et une garantie partielle, souvent accompagn´ee d’une garantie Capital optionnelle. De plus en plus, l’assu- rance propose un service assistance qui aide les assur´es et leurs familles `a pr´eparer la d´ependance des assur´es. L’assurance d´ependance peut ˆetre souscrite individuellement par les individus ou de fa¸con collective par les entreprises.
Dans le cadre d’une souscription individuelle, l’assur´e paye une cotisation mensuelle, fixe en g´en´eral, jusqu’`a ce qu’il passe en d´ependance ou d´ec`ede. Le montant de la cotisation varie en fonction de l’ˆage `a l’adh´esion de l’assur´e et des majorations peuvent ˆetre appliqu´ees en fonction de l’´etat de sant´e de l’assur´e au moment de la souscription. Dans le cadre d’une assurance collective, une entreprise souscrit aupr`es d’un assureur une assurance d´ependance collective pour l’ensemble de ses salari´es : l’employeur paye une partie des primes et les salari´es payent le compl´ement.
Les cotisations des salari´es peuvent ˆetre forfaitaires ou en pourcentage du salaire. Par ailleurs l’assureur doit proposer un contrat relais qui accompagne le contrat collectif : un salari´e quittant l’entreprise et souhaitant conserver ses droits acquis en termes de garantie d´ependance peut adh´erer au contrat relais , ce dernier permet donc aux ex-salari´es d’ˆetre couverts par l’assurance sans avoir cotis´e `a fond perdu.
En ´echange des primes, l’assureur doit payer `a l’assur´e une rente viag`ere qui est ´egale `a 50%
(resp. 100%) du montant de rente totale garantie si ce dernier passe en d´ependance partielle (resp.
d´ependance totale). La garantie Capital permet `a l’assur´e de recevoir un paiement sous forme de capital d`es qu’il passe en d´ependance dans le but de couvrir les frais ´eventuels li´es `a l’am´enagement du logement.
2.1.6 Rˆole du r´eassureur
Le r´eassureur a pour rˆole de soutenir la c´edante dans le but de r´eduire la variabilit´e de la sinistralit´e, de diminuer le besoin en fonds propres de l’assureur et d’apporter son savoir-faire dans la maˆıtrise de ses risques. Le risque d´ependance est un risque nouveau et complexe, les premi`eres assurances garantissant la perte d’autonomie sont lanc´ees autour des ann´ees 90 et les r´eassureurs ont particip´e activement `a la mise en place de ces produits. Les r´eassureurs apportent leur expertise technique au niveau de la tarification du produit et aident les assureurs `a piloter le risque encouru par le portefeuille : la suffisance du montant de provisions et la n´ecessit´e ou non d’un plan de redressement sont des sujets souvent en discussion pour assurer la bonne p´erennit´e du produit.
SCOR est le 4`eme r´eassureur de personnes dans le monde et poss`ede plus de 30 ann´ees d’exp´erience du risque d´ependance sur le march´e fran¸cais. Pour mieux accompagner et anticiper les ´evolutions du march´e et du risque d´ependance, un centre de recherche d´edi´e `a cette garantie a ´et´e cr´e´e en 2002.
Le Centre International de Recherche D´eveloppement sur l’Assurance D´ependance (CIRDAD) fournit des services complets sur les trait´es de r´eassurance d´ependance r´eassur´es par SCOR. Il intervient entre autres dans l’´elaboration des bases techniques sp´ecifiques, le suivi des portefeuilles et la communication des informations sur l’´evolution du risque et les produits sur les march´es.
2.2 Hypoth` eses et M´ ethodologies
Le but de cette partie est de pr´esenter les hypoth`eses n´ecessaires qui sont prises en consid´eration pour la suite de l’´etude et quelques d´efinitions n´ecessaires pour estimer les probabilit´es condition- nelles de sorties (d´ec`es ou d´ependance) des individus en ´etat d’autonomie et la probabilit´e de d´ec`es des d´ependants. Nous allons tout abord pr´esenter la notion de l’intensit´e de transition, l’hypoth`ese choisie pour estimer les valeurs de ces intensit´es entre deux ˆages successifs, puis nous allons voir le mod`ele `a risques concurrents et la m´ethode de calcul des taux d’intensit´e bruts.
Le but du m´emoire est d’´etudier le comportement des assur´es d’un portefeuille d’assurance d´ependance grˆace `a la construction de 4 lois d’exp´erience suivantes :
— Loi de passage en d´ependance (1)
— Loi de mortalit´e des autonomes (2)
— Loi de mortalit´e g´en´erale (3)
— Loi de mortalit´e des d´ependants (4)
Pour mod´eliser le risque d´ependance, nous utilisons un mod`ele `a 3 ´etats, les lois ci-dessus sont aussi appel´ees lois de probabilit´e de transition puisqu’elles permettent le passage d’un ´etat `a un autre, le sch´ema du mod`ele est le suivant :
2.2. HYPOTH `ESES ET M ´ETHODOLOGIES 15
Fig 1 : mod´elisation `a 3 ´etats du risque D´ependance
La mortalit´e g´en´erale (num´ero 3 du sch´ema) repr´esente le taux de d´ec`es de l’ensemble des assur´es (autonomes ou d´ependants) pr´esents dans le portefeuille, elle sera ´etudi´ee dans le chapitre cinq.
2.2.1 Les intensit´es de transition
L’intensit´e de transition est la probabilit´e de passage d‘un ´etat `a un autre durant un lapse de temps. Dans notre mod`ele, il existe quatre intensit´es de transition qui sont :
— µa(x),l’intensit´e de d´ec`es d’un individu en ´etat d’autonomie.
— µg(x), l’intensit´e de d´ec`es pour un quelconque individu.
— λ(x), l’intensit´e de passage en d´ependance.
— µi(x), l’intensit´e de d´ec`es des d´ependants .
Intuitivement, en termes de formules de probabilit´e, elles s’´ecrivent de la mani`ere suivante : Soit Zx une variable indiquant l’´etat d’un individu `a l’ˆage x appartenant `a l’ensemble {A, D, I}, ces lettres d´esignent respectivement Autonomie, D´ec´ed´e et D´ependant.
µa(x) = lim
−>0
−1
P(Zx+ =D|Zx=A) µg(x) = lim
−>0
−1
P(Zx+=D|Zx ∈ {A, I}) λ(x) = lim
−>0
−1
P(Zx+ =I|Zx =A) µi(x, t) = lim
−>0
−1
P(Zx+t+ =D|Zx−0 =A, Zx =I, Zx+t=I) avec0 tr`es proche de 0
2.2.2 Hypoth`eses sur les intensit´es de transition
Nous savons exprimer les intensit´es de transition en fonction des ˆages entiers, quelles seront leurs valeurs pour des ˆages non entiers ? En l’absence d’information sur le nombre de d´ec`es durant une ann´ee, les actuaires doivent prendre des hypoth`eses dans leurs travaux, trois hypoth`eses sont souvent utilis´ees :
(HP1) Hypoth`ese de r´epartition uniforme des d´ec`es : On suppose que le taux de changement d’´etat conditionnel est distribu´e uniform´ement sur [x,x+1[, elle revient `a consid´erer la relation suivante :
Nx+t=Nx+t(Nx+1−Nx)
Avec t∈ [0,1[ et Nx le nombre d’individus en ann´ee x. En consid´erant que le taux de transition qx= NNx+1
x , la relation peut encore s’´ecrire sous la forme suivante :
tqx=tqx
Cette formule est peu ´evidente pour la tranche d’ˆage ´elev´ee o`u le taux de transition de fin d’ann´ee pr´esente une diff´erence significative par rapport au taux du d´ebut d’ann´ee.
(HP2) Hypoth`ese de Balducci :
1−tqx+t= (1−t)qx ∀t∈[0,1[ (1)
Une autre ´ecriture de la relation pr´ec´edente est la suivante (d´emonstration voir Annexe) :
tqx= p tqx
x+tqx −→
t−>1qx
Grˆace `a la relation (1), l’hypoth`ese Balducci permet d’exprimer l’intensit´e de transition de la mani`ere suivante avec t ∈[0,1[ :
µx+t= δ(ln(δttpx)) = p qx
x+t∗qx
Cette hypoth`ese rend l’intensit´e de transition d´ecroissante dans l’ann´ee, elle suppose que l’individu se rajeunit entre [x,x+1[ , ce qui ne correspond pas `a la r´ealit´e (que ce soit pour la mortalit´e ou pour l’incidence).
(HP3) Hypoth`ese de la constance de l’intensit´e de transition :
L’intensit´e de d´ec`es ou de passage en d´ependance est constante sur [x,x+1[ :
2.2. HYPOTH `ESES ET M ´ETHODOLOGIES 17 µx+t=µx ∀t∈[0,1[
Antoine Delware et Michel Denuit ont compar´e l’impact des 3 hypoth`eses dans la calibration des lois biom´etriques et ont obtenu les r´esultats suivants :
Fig 2 et 3 : Simulation des d´ec`es en fonction des hypoth`eses
Le premier graphique `a gauche montre l’impact des 3 hypoth`eses sur l’estimation des taux instantan´ees de mortalit´e `a partir de la table masculine fran¸caise 2000-2002. Le 2`eme graphique montre l’influence de ces hypoth`eses sur le nombre moyen de survivants `a partir de la mˆeme table.
Les actuaires utilisent souvent l’une de ces 3 hypoth`eses pour d´efinir les taux de mortalit´e au niveau des ˆages non entiers. D’apr`es le graphique `a droite, on peut observer que l’hypoth`ese de Balducci (HP2) surestime la mortalit´e par rapport aux 2 autres et que l’hypoth`ese de r´epartition uniforme des d´ec`es (HP1) la sous-estime. Pour assurer la coh´erence de l’´etude actuelle avec les autres ´etudes chez SCOR, nous allons consid´erer l’hypoth`ese de la constance du taux instantan´e par morceau (HP3), elle est un compromis des deux autres hypoth`eses pr´ec´edentes comme nous pouvons l’observer sur la figure 3 : la droite repr´esentant l’effectif des survivants sous HP3 se situe entre celle de l’HP1 et de l’HP2.
2.2.3 Les intensit´es et les probabilit´es de transition 2.2.3.1 Mod`eles `a 2 ´etats
Dans un monde o`u il n’existe que 2 ´etats, l’intensit´es de transition d’un ´etat `a un autre peut s’´ecrire en fonction de la probabilit´e de transition qui lui est associ´ee. Prenons par exemple un
mod`ele `a 2 ´etats qui sont {Vivant, D´ec`es}, les individus vivants comprennent les autonomes et les d´ependants, leur seule cause de sortie possible est le d´ec`es. Dans ce contexte, la seule loi de changement d’´etat du mod`ele est la loi de mortalit´e g´en´erale appel´ee aussi la mortalit´e de toute cause, le sch´ema illustrant le mod`ele est le suivant :
Fig 4 : Mod`ele `a 2 ´etats
Sous l’hypoth`ese de la constance de l’intensit´e de transition (HP3), l’´ecritures de l’intensit´e de transition µg(x) associ´ee `a la probabilit´e de d´ec`es est la suivante :
qg(x) = 1−e−µg(x)
2.2.3.2 Mod`eles `a risques concurrents
Le mod`ele d´ecrit pr´ec´edemment est un mod`ele `a 2 ´etats qui n’est pas suffisant pour mod´eliser le risque d´ependance. Un assur´e en ´etat d’autonomie peut avoir 2 destinations diff´erentes qui sont le d´ec`es et la d´ependance. Nous avons donc besoin d’utiliser un mod`ele `a risques concurrents pour repr´esenter ce ph´enom`ene o`u le risque de d´ec`es et le risque de d´ependance sont simultan´ement pr´esents pour un individu en ´etat d’autonomie. La formule ´evoqu´ee pr´ec´edemmentqx= 1−e−µ(x) est valable uniquement dans le cadre d’un mod`ele `a 2 ´etats pour une sortie toute cause confondue alors que dans un mod`ele `a risques concurrents, le termee−µ(x) n’est plus une probabilit´e et nous avons besoin d’autres relations pour ´etablir le lien entre les probabilit´es et les intensit´es de transition. A l’aide d’un mod`ele additif, nous supposons que la probabilit´e de changement d’´etat en un lapse de temps partant de l’´etat d’autonomie est la somme de la probabilit´e de d´ec`es et la probabilit´e de passer en d´ependance, ceci signifie qu’`a chaque instant, l’individu peut soit devenir d´ependant soit d´ec´eder (il n’y a pas de notion d’ordre entre les 2 destinations) :
P(Zx+ =A|Zx=A) = 1−P(Zx+=I|Zx=A)−P(Zx+ =D|Zx=A) avecproche de 0
Le mod`ele peut ˆetre repr´esent´e par le sch´ema suivant :
2.2. HYPOTH `ESES ET M ´ETHODOLOGIES 19
Fig 5 : Mod`ele `a risques concurrents
Nous d´etaillons ci-dessous la m´ethode pour retrouver la formule deqa(x) en fonction de son intensit´e de transition associ´ee :
Soit x : l’ˆage de l’assur´e, (u, v)∈[x, x+ 1] tel que v < u:
qa(x) =
x+1
R
x
P[Zu =D, Zv =A|Zx=A]du qa(x) =
x+1
R
x
P[Zu =D|Zv=A, Zx =A]∗P[Zv =A, Zx=A]]du
qa(x) =
x+1
R
x
µa(u)e
−
u
R
x
(µa(v))+λ(v))dv
du
La formule de ix peut ˆetre obtenue de la mˆeme mani`ere :
i(x) =
x+1
R
x
λ(u)e
−
u
R
x
(µa(v))+λ(v))dv
du
Avec
— e
−
u
R
x
(µa(v))+λ(v))dv
la probabilit´e conditionnelle de rester autonome en u, c’est `a dire la probabilit´e conditionnelle de survie de rester en ´etat d’autonomie dans [x,u[.
— µa(u) (resp λ(u)) repr´esente l’intensit´e de mortalit´e (resp. d’incidence) avec u qui prend valeur dans [x,x+1[.
Sous l’hypoth`ese de la constance de l’intensit´e de transition sur [x,x+1[ (HP3), les 2 formules pr´ec´edentes peuvent encore s’´ecrire de la fa¸con suivante (cf la d´emonstration en annexe) :
qa(x) = µ µa(x)
a(x)+λ(x)(1−e−(µa(x)+λ(x))) (2) i(x) = µ λ(x)
a(x)+λ(x)(1−e−(µa(x)+λ(x))) (3)
On retrouve ainsi les lois de mortalit´e et d’incidence qu’on cherche `a mod´eliser, de plus les formules (2) et (3) correspondent bien au mod`ele additif pr´esent´e pr´ec´edemment puisque :
P(Zx+1 =A|Zx=A) = 1−qa(x)−i(x) =e−(µa(x)+λ(x))
2.2.4 Le calcul des taux par la m´ethode de Maximum de Vraisemblance
Deux principales m´ethodes sont utilis´ees par les actuaires pour calculer les probabilit´es de transition : la m´ethode de Kaplan Meier et la m´ethode par Maximum de Vraisemblance connue aussi sous le nom de la m´ethode de Hoem . Dans notre ´etude la m´ethode de Hoem est utilis´ee.
Les informations n´ecessaires pour le calcul des taux de passage en d´ependance et des taux de mortalit´e pour chaque assur´e doivent contenir les ´el´ements suivants :
— xi : l’ˆage de l’assur´e i au d´ebut de la p´eriode d’observation
— yi : l’ˆage de l’assur´e i `a la date de sortie
— ci : la cause de sortie, il prend sa valeur dans{0,1,2}qui d´esignent respectivement{vivant, d´ec`es, passage en d´ependance}
— si : le sexe de l’assur´e i.
Le calcul de taux d’incidence et de mortalit´e des autonomes est possible grˆace aux informations contenues dans (xi, yi, ci, si), `a partir de ces derni`eres, les termes suivants peuvent ˆetre calcul´es pour chaque ˆage :
— N : le nombre d’assur´es consid´er´e dans l’´etude
— Ex =
N
P
i=1
max(0, min(yi, x+ 1)−max(xi, x)) : l’exposition qu’on appelle l’exposition centrale pour un ˆage x ; il correspond au nombre total d’ann´ees surv´ecues par les individus entre les ˆ
ages x et x+1.
— Dx ou Ix : le nombre de d´ec`es ou d’incidences observ´es entre [x,x+1[ : Dx=
N
P
i=1
1{ci=1}1[x,x+1[(yi) Ix=
N
P
i=1
1{ci=2}1[x,x+1[(yi)
Dans la suite, nous allons consid´erer uniquement les taux de d´ec`es, en effet, les formules pour les taux d’incidences sont d´etermin´ees avec le mˆeme principe.
En utilisant la m´ethode de maximum de vraisemblance, les estimateurs des intensit´es de tran- sition sont calcul´es en maximisant la vraisemblance suivante :
Lµa =
N
Q
i=1
µa(yi)1(ci=1) ∗e
−yiR
xi
µa(u)du
Interpr´etation de la formule pr´ec´edente :
— Pour un assur´e vivant `a la fin de la p´eriode d’observation, sa contribution `a la vraisemblance est e
−yiR
xi
µa(u)du
qui peut s’interpr´eter comme la probabilit´e de survie de l’individu.
— Un assur´e d´ec´ed´e `a l’ˆageyi, alors sa contribution `a la vraisemblance est la composition de la probabilit´e de survie et le taux instantan´e de mortalit´e :µa(yi)1(ci=1)
Au lieu de consid´erer le produit des vraisemblances des individus, nous pouvons consid´erer le produit des vraisemblances sur les ˆages, l’´equation pr´ec´edente peut encore s’´ecrire :
2.2. HYPOTH `ESES ET M ´ETHODOLOGIES 21
Lµa =Q
x
µa(x)Dx∗e−EXµa(x) (4)
En maximisant le log(Lµa) par rapport `a µa, les estimateurs des intensit´es sont : ˆ
µa(x) = DEx
x
ˆλ(x) = EIx
x
Ainsi, en utilisant les ´equations (2) et (3) ´evoqu´ees pr´ec´edemment et sous l’hypoth`ese de la constance de l’intensit´e de transition entre [x,x+1[, nous obtenons les estimateurs ˆqa(x) et ˆi(x) du mod`ele `a risques concurrents.
Nous pouvons remarquer que l’expression de l’´equation (4) est `a un facteur constant pr`es de la vraisemblance deDx, en consid´erant cette derni`ere une variable al´eatoire suivant une loi de poisson de param`etreµaEx. Par cons´equent, nous pouvons consid´erer que la loi de poisson peut mod´eliser correctement le nombre de d´ec`es par ˆage.
ˆ
µa(x) et ˆλ(x) sont les estimateurs de maximum de vraisemblance et ont pour caract´eristiques d’ˆetre asymptotiquement sans biais et distribu´es asymptotiquement selon une loi normale. On retrouve :
E[ˆµa(x)] = µa(x)(Sans biais)
= DEx
x(pt´e. Loi de poisson) V ar[ˆµa(x)] = DEx2
x
E[ˆλ(x)] = λ(x)(Sans biais)
= EIx
x( pt´e. Loi de poisson) V ar[ˆλ(x)] = EIx2
x
L’intervalle de confiance `a 95% est beaucoup utilis´e dans le domaine statistique pour estimer une fr´equence `a partir d’une probabilit´e. Dans notre cas, il permet d’avoir une id´ee sur quel intervalle varie l’intensit´e dans les 95% des cas. Bien entendu, plus cette intervalle de seuil 95% est petite plus l’estimateur est efficace puisque sa variance sera petite.
µa(x)∈[DEx
x ∓1.96∗
√ Dx
Ex ] λ(x)∈[EIx
x ∓1.96∗
√ Ix
Ex ]
Chapitre 3
Pr´ esentation du Portefeuille de l’´ etude
Le but du m´emoire est de pr´esenter tout le processus de calibration des lois biom´etriques pour le risque d´ependance, il d´etaille les diff´erentes m´ethodes de calibration des lois en se basant sur les donn´ees d’un produit d’assurance d´ependance. D´esormais, nous appelons ce produit l’Assurance D´ependance SCOR, l’un des plus anciens portefeuilles en assurance d´ependance que SCOR r´eassure sur le march´e fran¸cais. Ce produit est actuellement enRun-off.
Cette partie de l’´etude a pour but de donner une approche statistique du portefeuille Assurance D´ependance SCOR et de pr´esenter les diff´erentes manipulations n´ecessaires sur les donn´ees avant de passer `a l’´etape de calibration des lois.
3.1 Pr´ esentation du produit Assurance D´ ependance SCOR
Assurance D´ependance SCOR est un produit d’assurance d´ependance dont les crit`eres d’´evaluation du niveau de d´ependance sont bas´es sur les AVQ (Activit´e de la Vie Quotidienne). Il ne propose qu’une garantie couvrant la d´ependance totale : une perte d’autonomie ´equivalent `a une incapacit´e d’effectuer 3 des 4 activit´es de la vie quotidienne. Un assur´e, adh´erant au contrat, doit payer une prime dont le montant est fix´e `a l’avance, si l’expertise constate une perte d’autonomie sur au moins 3 activit´es de la vie quotidienne parmi les 4, l’assur´e recevra la prestation pr´evue sous forme d’une rente viag`ere.
Les termes du contrat pr´evoient :
L’assur´e est consid´er´e d´ependant lorsqu’il se trouve dans l’incapacit´e d´efinitive d’accomplir seul, c’est `a dire sans l’assistance d’une tierce personne, 3 des 4 cat´egories d’actes ordinaires de la vie courante :
— S’alimenter
— Se laver et se vˆetir
— Se d´eplacer `a l’int´erieur de son logement 23
— Se lever et se coucher
Le contrat pr´evoit un d´elai de carence, la p´eriode o`u la garantie ne s’applique pas en cas de d´ependance, il a pour rˆole de compl´eter l’examen m´edical et de lutter contre l’anti-s´election. Les termes du contrat citent : la couverture est acquise directement en cas de d´ependance suite
`
a un accident, apr`es un d´elai de carence de trois ans si la d´ependance est due `a une maladie neurod´eg´en´erative ou une d´emence s´enile, et enfin apr`es un d´elai d’un an pour toutes les autres causes de d´ependance .
Les conditions g´en´erales pr´ecisent une autre clause donnant lieu `a une p´eriode de consolidation pour les d´ependants : la franchise. Elle est absolue, c’est `a dire que l’assur´e en perte d’autonomie ne sera indemnis´e qu’apr`es la p´eriode de consolidation. Par cons´equent, le premier versement de rente pour les nouveaux d´ependants n’aura lieu qu’au 4`eme mois.
3.2 Pr´ eparation des donn´ ees pour l’´ etude
Dans ce paragraphe, nous allons cr´eer une base de donn´ees propre r´ecapitulant correctement tous les changements d’´etat de sant´e des assur´es, cette ´etape qu’on qualifie de nettoyage de donn´ees est une ´etape cruciale, une ´etape o`u les erreurs ne sont pas permises. Les fichiers `a dispositions sont au nombre de deux : un fichier Cotisantet un fichier Rentier.
3.2.1 Fichier des cotisants
Am´elioration du syst`eme de reporting des d´ec`es des autonomes :
Le portefeuille ´etant tr`es ancien, le service gestion n’avait pas la capacit´e n´ecessaire pour un bon suivi des ´etats de sant´e des cotisants (absence d’informations exhaustives sur leurs causes de sortie), par cons´equent certains d´ec`es des autonomes n’ont pas de date de d´ec`es renseign´ee dans la base de donn´ees Cotisantmais poss`edent une date de sortie. Nous verrons dans la partie 4 qu’une am´elioration du syst`eme de Reporting des d´ec`es a eu lieu au cours de temps, mais la part des d´ec`es manquants du portefeuille nous oblige `a ´etudier avec pr´ecaution la loi de mortalit´e des autonomes, la calibration de celle-ci sera finalis´ee dans le chapitre 7.
Des traitements sont apport´es aux donn´ees re¸cues afin de les rendre exploitables. Les corrections consistent entre outre `a :
— Supprimer les doublons dont l’origine peut ˆetre une re-souscription de garantie suite `a la r´esiliation de celle-ci.
— Synth´etiser les informations issues d’un mˆeme assur´e : cette op´eration peut concerner une demande d’ajout de garantie pour une rente plus ´elev´ee.
— Corriger les erreurs de saisie.
Le principe est de synth´etiser les informations en une ligne de donn´ees par assur´e r´ecapitulant toutes les informations du contrat et celles concernant les changements d’´etat d’un assur´e.
3.2. PR ´EPARATION DES DONN ´EES POUR L’ ´ETUDE 25 Absence d’information des d´ec`es des d´ependants les 3 premiers mois :
Dans la base des donn´ees Cotisant, les d´ec`es des assur´es sont enregistr´es avec une date de d´ec`es, au cours de notre ´etude, nous avons remarqu´e que cette base contient aussi les d´ependants qui sont d´ec´ed´es durant la p´eriode de consolidation de l’´etat de d´ependance. Les assur´es pass´es en d´ependance et d´ec`edant dans les 3 mois suivant leur date de passage en d´ependance ont une date de d´ec`es renseign´ee dans le fichier Cotisant , ils ne sont pas enregistr´es dans la base des rentiers. Par cons´equent, nous n’avons pas les moyens de distinguer si un assur´e est d´ec´ed´e en ´etat d’autonomie ou en ´etat de consolidation. Cette m´ethode d’enregistrement nous a oblig´e `a adapter notre m´ethode de calibration des lois, une raison de plus d’´etudier plus attentivement les lois de changement d’´etat des autonomes.
En r´esum´e, `a cause de l’absence d’informations exhaustives des assur´es d´ec´ed´es pendant la p´eriode de la franchise, nous sommes amen´es `a consid´erer en premier lieu les ´el´ements suivants :
— les individus consid´er´es comme des d´ependants sont des assur´es qui sont pass´es en ´etat de d´ependance et qui ont surv´ecu au minimum 3 mois dans cet ´etat.
— Les d´ec`es en ´etat d’autonomie incluent les d´ec`es des d´ependants durant la franchise.
— L’absence d’information exhaustive concernant les d´ec`es des autonomes nous oblige `a ˆetre tr`es prudent quant `a l’´etude de la loi de mortalit´e des autonomes, nous devons trouver une m´ethode pour corriger ce manque d’information. Nous verrons plus tard que c’est aussi la raison pour laquelle nous avons consid´er´e deux lois de mortalit´e g´en´erale (partie 5), ces derni`eres seront servies pour calibrer et finaliser la loi de mortalit´e des autonomes.
Format des donn´ees
Apr`es avoir trait´e les donn´ees, elles sont synth´etis´ees sous le format suivant : Sexe
Date de naissance
Date de souscription ou la date d’effet du contrat Date de passage en d´ependance
Date de d´ec`es Montant de garantie
Pour chaque assur´e pr´esent dans la base des cotisants, une seule ligne de donn´ees lui est associ´ee, elle doit contenir au minimum des informations concernant les variables cit´ees ci-dessus.
3.2.2 Le fichier des rentiers
Comme nous l’avons indiqu´e pr´ec´edemment, les rentiers consid´er´es dans le fichier sont des individus qui ne sont pas capable d’effectuer 3 activit´es sur 4 des AVQ list´ees dans la partie 3.1 et qui ont v´ecu au moins 3 mois dans l’´etat de d´ependance. Le service gestion nous a confirm´e que tous les rentiers sont enregistr´es dans le fichier Rentier, ces d´ependants ont au moins re¸cu une rente, c’est `a dire qu’ils ont tous surv´ecu les 3 premiers mois de d´ependance. Nous verrons plus tard que les lois de transition des autonomes sont calibr´ees avec prise en compte de la franchise, nous retirerons l’effet de la franchise de nos lois dans le chapitre 7.
Quelques traitements et hypoth`eses sont utilis´es durant la restructuration des donn´ees de la base des rentiers :
— Les rentiers qui n’ont pas de date de souscription sont suppos´es avoir cotis´e 10 ans avant leur date d’entr´ee en d´ependance. La date de souscription des rentiers sera utilis´ee pour ´etudier la loi de mortalit´e toute cause dans le chapitre 5.
— Certains rentiers poss`edent des lignes de rentes de montants diff´erents, ce sont des rentiers qui ont ajout´e des garanties durant leur p´eriode de cotisation. Les montants de leurs rentes s’ajoutent.
Pour chaque rentier, une seule ligne de donn´ees lui est associ´ee, elle contient au minimum des informations concernant les variables suivantes :
Sexe
Date de naissance Date de souscription
Date de passage en d´ependance totale Date de d´ec`es
Montant de rente
3.2.3 Jointure des bases de donn´ees
Dans la base des cotisants, la date de sortie des assur´es peut ˆetre `a l’origine de plusieurs motifs de sortie :
— L’assur´e peut avoir r´esili´e le contrat
— L’assur´e est devenu d´ependant
Avec seulement les donn´ees de la base des cotisants, il n’est pas possible d’identifier si un assur´e sorti a r´esili´e le contrat ou est pass´e en d´ependance. Pour calibrer des lois d’incidence, il est n´ecessaire d’identifier en amont les causes de sortie des cotisants, une jointure entre la base des cotisants et la base des rentiers est n´ecessaire. Cette ´etape de jointure a non seulement pour objectif de cibler les passages en d´ependance des assur´es mais aussi pour v´erifier la coh´erence entre les donn´ees enregistr´ees dans les 2 fichiers, par exemple nous pouvons v´erifier les dates de passage en d´ependance, les dates de d´ec`es et les dates de naissance etc... Tous les d´ependants de la base des rentiers doivent retrouver les informations li´ees `a leur p´eriode de cotisation dans la base des cotisants, nous devons aussi nous assurer que :
— Chaque rentier doit ˆetre joint `a une seule ligne de donn´ees dans la base des cotisants.
— Pour un rentier, sa date de sortie de la base des cotisants doit ˆetre la mˆeme que la date d’entr´ee en d´ependance de la base des rentiers.
3.3. STATISTIQUES DESCRIPTIVES 27
3.3 Statistiques descriptives
Avant de proc´eder `a une ´etude plus approfondie, il est important de savoir `a quel type de population nous avons affaire et d’avoir une vision globale du portefeuille. Cette partie pr´esente quelques ´el´ements statistiques pour mieux illustrer la composition du portefeuille.
3.3.1 Assurance D´ependance SCOR – Cotisants
Nombre d’assur´es de la base d’´etude 200 000
Age moyen `a l’adh´esion 63 ans
Pourcentage d’homme 43%
Nombre d’autonomes non r´eduits `a la date d’extraction 110 000
Nombre de d´ec`es 35 000
Fig 6 : Nombre de contrats par ˆage
Le graphique pr´ec´edent montre la r´epartition du nombre de souscriptions par ˆage et par sexe.
Nous pouvons remarquer que la population de 60-70 ans est la plus `a mˆeme `a souscrire la garantie et le portefeuille pr´esente davantage de femmes que d’hommes.
Fig 7 : Nombre de contrats par ann´ee de souscription
La date de d´ebut de commercialisation du produit Assurance D´ependance SCOR est en 1988 mais les ventes sont d´erisoires les premi`eres ann´ees, elles ont ensuite explos´e dans les ann´ees 1998- 2001, sˆurement grˆace `a une am´elioration de la strat´egie de commercialisation. Le produit est en Run-off en fin 2002, bien que l’on observe malgr´e tout quelques contrats souscrits en 2003, dˆu vraisemblablement `a des retards dans la prise en compte des souscriptions par le service de gestion.
Fig 8 : R´epartition des assur´es en fonction de l’´etat actuel du contrat
Ce diagramme circulaire montre la r´epartition des ´etats des assur´es dans notre portefeuille. Le portefeuille est tr`es ancien, ce qui explique un nombre important de d´ec`es et de chut´es (contrats r´esili´es). Nous comptons aujourd’hui 57% d’autonomes et 2,7% rentiers.
3.3. STATISTIQUES DESCRIPTIVES 29
Fig 9 : Analyse des d´ec`es par mois
Ce graphique pr´esente l’analyse des d´ec`es par mois, o`u la droite rouge repr´esente la moyenne
1
12, soit le niveau de d´ec`es moyen si ces derniers ´etaient uniform´ement r´epartis sur une ann´ee. Sur le graphique, nous pouvons observer une saisonnalit´e des d´ec`es, leur nombre augmente significativement pendant l’hiver, entre novembre et mars, tandis que les mois d’avril `a octobre sont plus ´epargn´es. Ce ph´enom`ene peut s’expliquer par le fait que les maladies comme la grippe et les infections respiratoires qui en d´ecoulent sont particuli`erement meurtri`eres aupr`es des personnes ˆ
ag´ees. Des ´etudes ont ´et´e effectu´ees pour expliquer ce ph´enom`ene de surmortalit´e, selon l’article du Monde [Vaudano (2018)], dans lequel l’auteur nous montre que selon les donn´ees fournies par l’Institut national de la statistique et des ´etudes ´economiques (Insee), le mois de janvier est le mois le plus meurtrier : Le nombre de d´ec`es enregistr´es y est en moyenne sup´erieur de 15% `a la moyenne de l’ann´ee .
3.3.2 Assurance D´ependance SCOR – Rentiers
Nombre de rentiers en cours 5 000
Age moyen de passage en d´ependance 80 ans
Pourcentage d’homme 42%
Dur´ee moyenne pass´ee en d´ependance parmi les d´ependants d´ec´ed´es 3 ann´ees
Fig 10 : Nombre de d´ependants par ann´ee de survenance
L’augmentation du nombre de nouveaux d´ependants correspond d’abord `a l’avancement de l’ˆage au fil du temps mais aussi `a l’´evolution du nombre de souscriptions par ann´ee. On observe que l’effectif de nouveaux d´ependants augmente lentement dans les ann´ees 90 puis s’acc´el`ere `a partir de 2004. Ce r´esultat n’est pas surprenant puisque nous avons vu dans les analyses statistiques des cotisants de la partie (3.3.1), un nombre accru de souscriptions entre 1998 et 2002. Cependant, le graphique indique une chute d’effectif en 2016, ceci peut s’expliquer par le fait que nous ne disposons pas l’int´egralit´e des informations sur cette ann´ee.
Fig 11 : Nombre de d´ec`es des d´ependants par ann´ee
La r´epartition des d´ec`es en fonction de l’ann´ee montre une ´evolution similaire `a celle du nombre de passages en d´ependance. Comme rappel´e pr´ec´edemment, nous ne disposons pas l’exhaustivit´e des informations en 2016, ce qui explique une br`eve baisse dans les effectifs cette ann´ee.
3.3. STATISTIQUES DESCRIPTIVES 31
Fig 12 : Saisonalit´e des incidences Fig 13 : Saisonalit´e des d´ec`es
Les 2 graphiques ci-dessus montrent qu’il existe une saisonnalit´e des passages en d´ependance et des d´ec`es des d´ependants dans l’ann´ee. Si la r´epartition des incidences (resp. des d´ec`es) est homog`ene, nous devrions observer la courbe bleue proche de la droite rouge qui indique le niveau
1
12. Par cons´equent, comme pour les d´ec`es des autonomes, nous pouvons en d´eduire qu’en moyenne le nombre de nouveaux d´ependants (resp. d´ec`es des rentiers) est plus ´elev´e en hiver qu’en ´et´e.
Fig 14 : Exposition des rentiers par ˆage Fig 15 : Nombre de d´ependants par ˆage de survenance
Les graphiques ci-dessus montrent qu’en g´en´eral, nous avons plus de d´ependants femmes que d’hommes que ce soit en termes d’effectifs ou en termes de nombre d’ann´ees d’exposition au risque.
Nous pouvons remarquer que les ˆages o`u il y a le plus de passages en d´ependance sont entre 75-85 ans et qu’en parall`ele et que l’exposition des d´ependants la plus importante est entre 82 et 90 ans.
Fig 16 : Nombre de rentiers par anciennet´e par ann´ees pass´ees en d´ependance
Le graphique ci-dessus indique la r´epartition des rentiers d´ec´ed´es en fonction de la dur´ee pass´ee en d´ependance, Nous observons une d´ecroissance rapide de l’effectif dans les premi`eres ann´ees, puis l’´evolution est ralentie quand la dur´ee augmente. Nous pouvons observer qu’il existe tout de mˆeme un nombre non n´egligeable de rentiers au-del`a de cinq ans d’anciennet´e, par cons´equent, il est important pour l’assureur, engag´e de fa¸con viag`ere vis `a vis des rentiers, d’adopter un comportement de prudence dans l’´evaluation de son engagement. Grˆace `a l’analyse statistique du portefeuille, nous avons d´esormais une meilleure appr´eciation du type de population que nous avons parmi les cotisants et les rentiers. L’´etape suivante sera consacr´ee `a la calibration des diff´erentes lois.
Chapitre 4
Calibration des lois de transition des autonomes
SCOR dispose de lois de r´ef´erence pour des diff´erentes d´efinitions de d´ependance, nous les utiliserons pour les comparer aux lois du portefeuille Assurance D´ependance SCOR de l’´etude actuelle. Les lois de r´ef´erences sont construites par le service R&D `a partir d’un ensemble de portefeuilles qui ont la mˆeme d´efinition de la d´ependance. Dans notre ´etude, les lois de r´ef´erence AVQ sont utilis´ees, elles sont calibr´ees `a partir de plusieurs portefeuilles dont le crit`ere de d´efinition est bas´e sur les Activit´es de la vie quotidienne. Les lois de r´ef´erences consid´er´ees sont les suivantes :
— Loi r´ef´erence de mortalit´e des autonomes
— Loi r´ef´erence de mortalit´e g´en´erale
— Loi r´ef´erence de passage en d´ependance totale (3AVQ4)
— Loi r´ef´erence de mortalit´e des d´ependants
Ces lois permettent de confronter l’exp´erience que SCOR poss`ede sur le march´e de d´ependance fran¸cais avec les lois Assurance D´ependance SCOR issues du portefeuille actuel. Elles seront aussi utilis´ees pour faire converger les lois Assurance D´ependance SCOR aux grands ˆages afin d’assurer une coh´erence entre les lois issues de l’´etude et les lois de r´ef´erence.
Avant de passer `a la calibration des lois, il faut assurer que les donn´ees utilis´ees dans l’´etude refl`etent bien le comportement g´en´eral des assur´es. Autrement dit, nous sommes amen´es `a consid´erer ult´erieurement les assur´es qui ont des comportements irr´eguliers par rapport aux autres. Nous devons aussi nous assurer que nous sommes en possession de toute l’historique de donn´ees sur la p´eriode que nous voulons ´etudier, ces informations doivent ˆetre exhaustives et permettre de retracer le parcours complet et correct des individus dans le portefeuille. Pour ce faire, il nous faut observer l’ensemble des assur´es sous diff´erents angles et ´ecarter de l’´etude les donn´ees des assur´es qui peuvent potentiellement biaiser nos r´esultats.
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4.1 L’outil
Testing
Testing est un outil d´evelopp´e par l’´equipe R&D (l’´equipe CIRDAD) de SCOR. Il joue un rˆole important dans les ´etudes men´ees sur les diff´erents portefeuilles en assurance d´ependance. Cet outil a 3 fonctions principales, il permet de :
— Segmenter la base de donn´ees des assur´es et d’identifier une sous-population homog`ene sur un large ´eventail de crit`eres, nous appelons cette fonction le Pr´e-testing, elle est n´ecessaire avant toute calibration de loi.
— Comparer les lois issues de l’´etude avec les lois de r´ef´erence SCOR, cette fonction que nous appelons d´esormais la fonctionComparaisonest utilis´ee dans la calibration de la loi de mortalit´e g´en´erale (partie 5).
— Back-tester les lois obtenues issues de l’´etude, c’est `a dire v´erifier si les lois refl`etent bien le comportement des assur´es du portefeuille, cette ´etape s’appelle Back-testing, elle est utilis´ee dans le chapitre 6 Calibration de la loi de mortalit´e des d´ependants .
Dans cette partie, la fonction Pr´e-testing est utilis´ee. Son principe est d’observer les donn´ees en fonction de diff´erentes variables dans l’objectif d’extraire une population homog`ene de celui-ci pour la suite de l’´etude. L’outil prend en entr´ee un historique de donn´ees (la base de donn´ees nettoy´ee) et compare le nombre d’´ev´enements observ´e en fonction du param`etre consid´er´e et le nombre moyen d’´ev`enements. Cette comparaison nous permet d’identifier pour ensuite supprimer la partie des donn´ees qui illustre des comportements atypiques des assur´es. L’outil construit tout d’abord une distribution empirique du taux de transition en fonction de l’ˆage, puis il calcule la probabilit´e d’entr´ee en d´ependance (resp. la probabilit´e de d´ec`es) sur la p´eriode d’observation pour chaque individu. La somme de ces probabilit´es de tous les individus du portefeuille donne un nombre moyen d’´ev`enements. L’outil fournit ensuite une distribution empirique du nombre moyen d’´ev`enements, il simule un grand nombre de fois le passage en d´ependance ou le d´ec`es des assur´es grˆace `a la probabilit´e de transition d´etermin´ee en amont pour chaque individu. Il r´ecup`ere les quantiles du nombre d’´ev`enements `a 2,5% et 97,5%, nous obtenons ainsi un intervalle de confiance pour le nombre d’incidents moyen.
4.2 Pr´ e-testing : d´ etermination du portefeuille (une population homog` ene) pour l’´ etude
L’´etape de segmentation dans l’outil permet d’approcher nos donn´ees sous diff´erents angles en fonction des variables suivantes :
— Ann´ee calendaire (ann´ee de l’incidence)
— Anciennet´e des assur´es dans l’´etat (qu’on appelle aussi la duration)
— Ann´ee de souscription
— Les assur´es ayant re¸cu une surprime
Nous n’avons pas d’information concernant les surprimes, le dernier crit`ere n’est donc pas ´etudi´e.
Dans le cadre d’un mod`ele `a risques concurrents, un autonome peut devenir d´ependant ou d´ec´eder en ´etat d’autonomie, la segmentation sur la population des autonomes doit permettre
4.2. PR ´E-TESTING : D ´ETERMINATION DU PORTEFEUILLE (UNE POPULATION HOMOG `ENE) POUR L’ ´ETUDE35
d’assurer une homog´en´eit´e `a la fois au niveau des incidences mais aussi au niveau des d´ec`es. Nous fournissons les r´esultats graphiques illustrant les rapports entre le nombre d’´ev`enements observ´es et le nombre moyen d’´ev`enements en fonction du crit`ere d´efini en abscisse. Ce rapport est pr´esent´e sous le nom de A/E.
Les graphiques illustrant les analyses sur les A/E des incidences et des d´ec`es en fonction de la duration, de l’ann´ee calendaire et de l’anciennet´e en ann´ees de cotisation sont les suivants :
Analyse par duration: Incidences :
Fig 17 : A/E incidences par duration
Le graphique ci-dessus pr´esente les rapports entre les nombres d’incidences observ´es et les nombres moyens d’incidences ventil´es par la duration (nombre d’ann´ees de cotisation). L’axe des abscisses repr´esente les diff´erentes segmentations ou les crit`eres sur lesquelles l’outil est ex´ecut´e, ici en particulier il indique la dur´ee de cotisation des assur´es dans le portefeuille.
Pour chaque duration, le chiffre est calcul´e en faisant le rapport entre le nombre de passage en d´ependance observ´e et la moyenne de la distribution du nombre moyen d’´ev`enements, c’est `a dire la moyenne des A/E. Les intervalles de confiance `a 95% sur ce ratio sont aussi pr´esent´es, chaque intervalle est obtenu en divisant le nombre r´eel d’´ev´enements observ´es par les quantiles de 97,5%
et 2,5% de la distribution du nombre moyen d’´ev`enements.
L’axe des ordonn´ees indique le niveau de A/E en fonction du crit`ere consid´er´e, tandis que la droite horizontale noire indiquant la valeur 100% repr´esente le niveau o`u le nombre moyen d’´ev`enements simul´e par la distribution empirique correspond parfaitement au nombre d’´ev`enements observ´e.