TS IRIS ( Physique Appliquée ) Christian BISSIERES Page 1 sur 4 Traitement numérique du signal
Cours Thème V
TRAITEMENT NUMÉRIQUE DU SIGNAL
I- EXEMPLE D'UNE CHAÎNE DE TRAITEMENT NUMÉRIQUE DU SIGNAL
Une chaîne de traitement numérique du signal a la structure suivante :
Rôle des filtres :
Filtre anti-repliement : Il élimine les fréquences indésirables ( parasites, bruits …)qui ne respectent pas la condition de Shanon.
Le filtre élimine les fréquences supérieures à FE / 2 ( FE = 1/TE) Filtre de lissage : le signal yB(t) en sortie du CNA est un signal échantillonné
bloqué ( en "marches d'escalier" ). Le filtre de lissage permet d'atténuer ces "marches" et de restituer un signal lissé.
Rôle du calculateur : L'unité de traitement numérique ou calculateur réalise des opérations sur les séquences d'entrée {xn} et de sortie {yn-1} pour générer la séquence de sortie {yn}.
Ce sont des opérations d'addition, de soustraction, de multiplication par une constante et de retard.
Un exemple d'opérations est représenté ci-dessous : yn = 2xn – 3xn-1 + 1,5yn-1 .
Remarque : La valeur du signal x(t) à l'instant t = k.TE se note x(k.TE). Pour des raisons de commodité on notera xk = x(k.TE).
On note {xn}, l'ensemble des valeurs xk pour 0 ≤ k ≤ n.
II- LA TRANSFORMATION EN z
1- Définition
La transformée en z est la transformée de Laplace du signal échantillonné {xn}.
L [x(t)] =
∫
0∞x(t.)e−ptdt ( x(t) est un signal analogique ).L {xn} = pnTE
0 n∞xn.e−
∑
= ( {xn} est le résultat de la numérisation de x(t) à la période d'échantillonnage TE ).⇒ Z {xn} = n
0 n∞xn.z−
∑
= avec z=epTE2- Transformées en z de séquences {xn} simples c Séquence impulsion unité {δn}
Z {δn} = n
0 n∞ n.z−
∑
= δ = δ0 = 1 ⇒ Z {δn} = 1 Traitementnumérique Echantillonneur
bloqueur CAN Calculateur CNA
Acquisition Restitution
x (t) XB (t) {Xn} {yn} yB (t) y(t)
Filtre anti-
repliement Filtre de
lissage
Signal échantillonné bloqué
t xB(t)
0 TE2TE kTE
Séquence d'entrée
n xn
TE
0 2TE kTE
Signal échantillonné bloqué
t yB(t)
0 TE2TE kTE Séquence de sortie
n yn
TE
0 2TE kTE
Signal analogique d'entrée
t x(t)
0
Signal analogique de sortie
t y(t)
0
-1 0 1 2 3 4
{δn}
n
1 δn = 1 pour n = 0
δn = 0 pour n ≠ 0
TS IRIS ( Physique Appliquée ) Christian BISSIERES Page 2 sur 4 Traitement numérique du signal -1 0 1 2 3 4
{δn}
n 1
5 6
-1 0 1 2 3 4 {Γn}
n 1
5 6
-1 0 1 2 3 4 {e-nTE /τ }
n 1
5 6
-1 0 1 2 3 4 {1-e-nTE /τ }
n 1
5 6 -1 0 1 2 3 4
{anTE}
n a.TE
5 6
d Séquence échelon unité {Γn}
Z {Γn} = n
0 n∞ n.z−
∑
= Γ = z0 + z-1 + z-2 + z-3 + … = zz1z 1
1
1 = −
− −
⇒ Z {Γn} = 1 z
z
− 3- Propriétés
De part sa définition, la transformée en z aura les mêmes propriétés que la transformée de Laplace.
c Linéarité : Z [α{xn}+ β{yn}] = αX(z) + βY(z) d Théorème du retard : Z {xn-k} = z-k X(z)
e Théorème de la valeur initiale : x(0) lim X(z) z→∞
=
f Théorème de la valeur finale : lim x lim(z 1)X(z) 1
n z
n = −
→
∞
→
Exemple 1 : 5limz
1 z ) z 1 z ( lim 5 . 5
lim n z 1 z 1
n→∞ → = →
− −
=
Γ = 5 .
Exemple 2 : Exprimons la transformée en z de la séquence {xn} ci-dessous :
Z {xn} = 10.Z {Γn – z-5 Γn} =
− −
− − z 1 z z 1 z
10 z 5 =
1 z
z 10z 4
−
− − .
4- Table des transformées en z
Dans le tableau ci-dessous, on note X(z) la transformée en z de la séquence { xn }.
{ xn } X (z)
{ δn } 1
{ Γn }
1 z
z
−
{ a n TE } E
(
z 1)
2aT z
−
{ e-nTE/τ } − τ
−e TE/ z
z
{ 1 - e-nTE/τ }
) e z )(
1 z (
) e 1 ( z
/ T / T
E E
τ
− τ
−
−
−
−
Remarque : Dans les deux dernières séquences, il ne faut pas confondre TE et τ. Dans la pratique, on a TE << τ .
-1 0 1 2 3 4
{Γn}
n
1 Γn = 1 pour n ≥ 0
Γn = 0 pour n < 0
-1 0 1 2 3 4
{xn}
n
10
5 6 -1 0 1 2 3 4
10{Γn}
n
10
5 6 -1 0 1 2 3 4
z-5.10{Γn} n
10
5 6
TS IRIS ( Physique Appliquée ) Christian BISSIERES Page 3 sur 4 Traitement numérique du signal 0 TE 2TE
s*(t)
t
2
3TE
1 3 4
Filtre numérique
{xn} {yn}
H(z)
X(z) Y(z)
Z[ ] 5- Transformée en z inverse
On connaît la transformée inverse d'un signal et on désire retrouver les échantillons temporels.
Méthode 1 : Utilisation de la table.
Méthode 2 : Méthode de la division
Exemple : 1 1 2
z 5 , 0 z 5 , 1
1 2z
) 5 , 0 z )(
1 z ( 2z )
z (
s − − −
+
= −
−
= −
Effectuons une division Euclidienne de 2z-1 sur 1 - 1,5z-1 + 0,5z-2
2z-1 1 -1,5z-1 +0,5z-2
3z-2 -z-3 2z-1 +3z-2 +3,5z-3
3,5z-2 –1,5z-4
Les échantillons sont : s (TE) = 2 ; s (2TE) = 3 ; s (3TE) = 3,5 ; … Pour calculer d'autres échantillons, il faut continuer la division.
III- FILTRAGE NUMÉRIQUE
1- Transmittance en z d'un filtre numérique
Avec H(z)= XY((zz)) transmittance en z du filtre numérique.
Exemple : Soit H(z)= (z−24)(zz−1) .
Déterminons Y(z) sachant que {xn} est la séquence d'un échelon d'amplitude 2.
Solution :
2 z 3 z 4
z 8z
1 z2z ) 1 z )(
2 z ( 4z )
z ( X ) z ( H ) z (
Y 3 2 2
+ +
= −
× −
−
= −
=
Pour finir, on peut déterminer les échantillons {yn} par la méthode de la division.
2- Passage de la transformée en z à l'équation de récurrence
Le filtre numérique exécute un programme traduisant une équation de récurrence entre les échantillons du signal d'entrée {xn} et les échantillons du signal de sortie {yn}.
L'objet de ce chapitre est de trouver cette équation de récurrence à partir de H(z).
La méthode repose sur le principe suivant : multiplier par z-1 revient à retarder de TE ( théorème du retard ).
Exemple : Soit
2 z 3 zz 3z )
z (
H 2 2
+
−−
= .
c Multiplication du numérateur et du dénominateur Par z-2 pour n'avoir que des puissances négatives :
) z ( X(z) Y z 2 z 3 1 1 3z z
z 2 z 3 zz 3z )
z (
H 2 2 22 1 1 2 =
+
− −
× =
× +
−−
= −− − − − .
d Produit en croix :
Y(z)
(
1−3z−1+2z−2)
=X(z)(
1−3z−1)
.e Utilisation du théorème du retard : yn – 3yn-1 + 2yn-2 = xn – 3xn-1
⇒ yn = xn – 3xn-1 + 3yn-1 – 2 yn-2
C'est l'équation de récurrence.
TS IRIS ( Physique Appliquée ) Christian BISSIERES Page 4 sur 4 Traitement numérique du signal
0 1 1 2 2 3 3 4
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
xn
n yn
n xn yn
-1 0 0,000
0 3 0,750
1 3 1,313
2 3 1,734
3 3 2,051
4 3 2,288
5 3 2,466
6 3 2,600
7 3 2,700
8 3 2,775
9 3 2,831
10 3 2,873
3- Passage de l'équation de récurrence à la transformée en z Exemple : Soit l'équation de récurrence d'un filtre numérique
yn = 2xn + yn-1 - 6yn-2
c On groupe les yi et les xi
yn – yn-1 + 6yn-2 = 2xn
d On appliqué le théorème du retard Y(z) – z-1Y(z) + 6z-2Y(z) = 2X(z) e Détermination de H(z)
Y(z) [ 1 – z-1 + 6z-2 ] = 2X(z)
⇒ z 2zz 6
z 6 z
1 2
) z ( X(z) ) Y z (
H 1 2 2 2
+
= − +
= −
= − − .
4- Calcul de {yn} à partir de {xn} et de l'équation de récurrence Exemple : Soit l'équation de récurrence d'un filtre numérique
n 1 n n 43y 14x
y = − +
On applique à l'entrée du filtre, une suite d'échantillons
{xn} = 3{Γn} correspondant à un échelon d'amplitude 3.
La détermination des échantillons de sortie débute par le calcul de y0
43 4 3 0 1 43 4x y 1 43
y0 = 0−1+ 0 = × + × = 313 , 1 4 3 75 1 , 4 0 x 3 14 4y
y1= 3 0+ 1= × + × ≈
734 , 1 4 3 313 1 , 4 1 x 3 41 4y
y2 = 3 1+ 2 = × + × ≈
051 , 2 4 3 734 1 , 4 1 x 3 41 4y
y3= 3 2+ 3= × + × ≈
………..
Les échantillons yn pour n variant de 0 à 10 sont représentés dans le tableau et le graphe ci-dessous :
5- Types de filtres numériques
a- Filtres à réponse impulsionnelle finie ( RIF )
Ce sont des filtres non récursifs car la sortie ne dépend que des valeurs d'entrée.
L'équation de récurrence a la forme générale suivante : yn = a0xn + a1xn-1 + a2xn-2 + … + akxn-k
Ce qui donne la transmittance : H(z) = a0 + a1z-1 + a2z-2 + … + akz-k. Ces filtres sont toujours stables.
b- Filtres à réponse impulsionnelle infinie ( RII )
Ce sont des filtres non récursifs car la sortie ne dépend que des valeurs d'entrée.
L'équation de récurrence a la forme générale suivante :
yn = a0xn + a1xn-1 + a2xn-2 + … + akxn-k – b1yn-1 - b2yn-2 - … - bl yn-l
Ce qui donne la transmittance :
l −l
−
−
−
−
−
+ + + +
+ + +
= +
z b ...
z b z b 1
z a ...
z a z a ) a
z (
H 2
1 2 1
k k 2 2
1 1
0 .
Ces filtres peuvent être instables.