Dix-septième Année. — N° 54 Prix du numéro : 10 centimes
Jeudi 10 Juillet 1902 Bureaux: Rue de la Serre, 58
HffiDMOTOMOELOGÈRE
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Société suisse des voyageurs de commerce
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N o u s r e p r o d u i s o n s c e t t e i n t é r e s s a n t e é t u d e :
C o n c u r r e n c e d é l o y a l e .
I
La Section directrice de l'Union suisse du com- merce et de l'industrie, dans son préavis au Dé- parlement fédéral du commerce, de l'industrie el de l'agriculture, concernant l'élaboration d'une loi fédérale contre la concurrence déloyale, est arrivée aux conclusions suivantes :
L'ensemble des faits que l'on comprend, en général, sous la dénomination de «concurrence déloyale», se divise en deux groupes différents, abstraitement parlant, que la loi doit aussi traiter diversement.
a ) P o u r les faits de «concurrence déloyale»
proprement dite, il faut d'abord une protection civile qui devra être complétée par une protection pénale embrassant si possible tous les faits de cet ordre, et, par conséquent, d'une portée plus générale. Etant donné qu'il s'écoulera un temps encore assez long avant que l'unification du code pénal soit un fait accompli. La Section directrice se rangerait à l'idée d'une loi fédérale spéciale, limitée à ces faits de «concurrence déloyale».
b) P o u r les faits de ce que la Section directrice appelle «pratiques commerciales déloyales» il n'y a pas lieu de recourir à la protection par voie de procédure civile; il suffira de l'interven- tion de l'autorité sous la forme de pénalités ou de mesures de police. En l'espèce, il sera plus opportun de laisser aux cantons le soin de légi- férer sur la matière.
Nous avons fait opposition au préavis de la Section directrice d'une manière détaillée et comme suit :
« L a concurrence déloyale comprend un en- semble de phénomènes économiques el sociaux qui peuvent se produire dans les limites du droit
et de l'ordre actuel. C'est cet ordre social qui règle le commerce basé sur la satisfaction des besoins, et qui néanmoins, dans la bonne inten- tion, il est vrai, d'aboutir à une action commune pour la protection de l'honnêteté en affaires, per- met de violer les principes de rigide loyauté. Gel ordre social est responsable des faits sociaux anormaux qui se produisent. Il n'est point un obstacle à ce que la base du commerce, les prin- cipes d'honnêteté et de loyauté, soient souvent grossièrement violés. Or, la concurrence déloyale n'est point du tout un fait isolé, dont les causes ne sauraient être indiquées avec certitude; c'est un ensemble de faits qui permettent de conclure à l'identité des causes; et dès qu'une forme de violation du droit n'apparaît pas isolée, mais se répôle et revêt une physionomie caractéristique, elle tombe sous le coup de mesures concrètes, de la répression légale. Il va de soi qu'il est aussi du devoir des commerçants de seconder le légis- lateur de leur expérience, de lui indiquer quelle doit être la législation, si l'on veut qu'elle attei- gne le mal. Avec la sérieuse volonté d'aboutir, il sera possible aux organes publics de réunir les éléments techniques utiles et de fournir ainsi aux pouvoirs une norme stable, excluant tout arbi- traire. »
Certainement que la concurrence déloyale a existé aux lieux et aux époques, où les formes de la vie sociale la rendaient possible, car ses conditions propres, telles que l'esprit de lucre, etc., ainsi que d'autres faits individuels créés par le milieu social, existeront toujours. Elle a aussi varié d'importance, suivant les temps. Aujour- d'hui elle se présente en masse, avec une ten- dance à se développer facile à constater, et à la- quelle il faut remédier; c'est là un mal public contre lequel l'individu ne peul rien. Mais là où les autorités législatives n'ont pas un sentiment développé du devoir d'intervenir qui incombe à l'Etat, pareil mal se maintiendra et s'étendra aussi longtemps que les intéressés directs, en tant qu'organe principal de l'opinion publique, ne réclameront pas expressément qu'une loi intervienne.
Nous savons bien quels sont les moyens violents auxquels les corporalions ont eu recours pour supprimer toute initiative opportune, comme aussi les pires a b u s ; nous savons aussi combien fut bienfaisante l'introduction de la liberté de commerce et d'industrie, devenue un principe d'économie sociale. Mais sous l'empire de la li- berté de commerce et d'industrie, il s'est formé des situation pleines de danger, ensorte que l'E- tal, ensuite de grands efforts faits par les milieux industriels, il est vrai, s'est vu amené à subor- donner le principe de la liberté à celui de l'ordre.
La liberté de commerce et d'industrie n'est pas une garantie, mais seulement une condition né- cessaire de tout développement normal de l'acti- vité professionnelle. La liberté d'industrie en- traine à sa suite des m a u x , et lorsque l'individu
est impuissant à leur faire face, il est du devoir du représentant le plus autorisé des intérêts gé- néraux — car ceux-ci sont aussi en jeu dans tout fait économique considérable — de remédier aux abus, et non seulement à ceux qui impli- quent une violation des lois existantes, mais aussi à ceux que l'on peul appeler des aberra- tions économiques, et qui ne sont plus compa- tibles avec les notions de morale qui ont cours.
L'industrie el le droit ne sont point des choses différentes et indépendantes les unes des autres ; elles sont des éléments connexes de la vie so- ciale.
C'est la licence que nous combattons et non pas l'absence de scrupules laquelle est plus ou moins inhérente à la liberté de commerce et d'in- dustrie. Une liberté large est indispensable au développement de la libre concurrence; mais il ne doit pas en être fait usage pour insulter à la morale, faire fi de la bonne foi et trainer dans la boue les notions de justice el de solidarité.
On a prétendu que les industriels n'appelaient souvent immorale que la concurrence qui les gê- nait. La fuusselé de celte assertion est prouvée par le fail que le pelit nombre seulement de ceux qui se plaignent de concurrence déloyale, obéit à l'impérieuse nécessité de recourir à tous les moyens imaginables pour vivre, tandis que le grand nombre est composé de gens sans scrupule et sans conscience, qui voudraient voir la libre concurrence dégénérer en un système de libre rapine. La liberté de commerce et d'industrie garantie par la Constitution, oblige aussi l'Etal à veiller à ce qu'elle serve au développement du commerce el de l'industrie et à ce que tout acte immoral en soit banni.
Comme un développement sain du commerce et de l'industrie dépend du maintien de la bonne foi et de la justice, il appartient à l'Etat de créer des garanties contre toute déchéance du com- merce et de l'industrie. La liberté de commerce et d'industrie bien comprise demande que ceux- ci aient le champ libre, pourvu qu'ils respectent la morale en affaires et la bonne foi. Tout le droit privé, la législation commerciale, n'a pas d'autre but que de sauvegarder le droit et la mo- rale dans le commerce et l'industrie. Le droit et la morale sont dans une union étroite et, par conséquent, inséparables. L'homme vit en so- ciété; par nature il est destiné à la vie sociale, il faut donc qu'il s'occupe aussi de questions so- ciales, et son activité dans ce sens ne peut, en dernier ressort, se proposer que d'atleindre à une fin morale. Ceci admis, le droit et la morale, étant donné le but suprême qu'il s'est proposé, ont, d'une munière générale du moins, un carac- tère éthique. La morale est parlant la norme ab- solue du droit positif.
Or, comme la garantie individuelle du droil est insuffisante et que, réduite à elle-même, elle ne saurait engendrer que des maux nouveaux, il faut, aussi bien pour la suppléer que pour la
336 LA F E D E R A T I O N H O R L O G E R E S U I S S E limiter, une protection légale exercée par un
pouvoir public qui assure et défende le droit des particuliers comme celui de la société. Seule une protection légale de celte nature est un gage suffisant que lé droit ne se trouve pas exposé seul aux attaques arbitraires de mauvais sujets, mais qu'il soit maintenu intact, dans ses élé- ments constitutifs. Seule une protection légale, complétant et limitant tout à la fois la protection par les particuliers, fournit à chacun la garantie nécessaire pour la défense de ses intérêts et la sauvegarde de l'ordre social.
Et maintenant, quel est le sens technique de la concurrence déloyale? La chose n'est, il est vrai, pas facile à déterminer, nous l'avouons, mais ce n'est pas impossible non plus.
11 est une phrase stéréotypée disant que l'on a conscience de l'importance de la question, qu'on ne la perdra pas de vue et qu'il se formera, sur la base de notre art. 50 du Gode fédéral des Obli- gations, une jurisprudence qui viendra au-devant de nos vœux. Par cet argument, personne ne réduira notre conviction au niveau d'une indif- férence satisfaite. Il existe pour la solution de cette question, des matériaux en masse, et tout commerçant instruit pourra aider le législateur, pourvu qu'on veuille l'entendre. Mais ici aussi l'on peut dire souvent: « quod non est in actio, non est in mundo». Si l'expression «déloyale»
devait entraîner un certain vague pour la juri- diction, qu'on la remplace par une autre. Peut- être pourrait-on dire: «concurrence illicite».
Nous ne tenons pas au mot même. Nous avons précédemment exposé qu'il y a concurrence dé- loyale, lorsqu'un industriel ou artisan empiète sur le droit d'un concurrent. Or, tout commer- çant considère comme un droit l'ensemble de ses relations d'affaires. Et l'on porte atteinte à ce droit dès qu'on a recours à des moyens fallacieux pour mettre le concurrent en état d'infériorité quant à sa puissance de production, ou pour induire en erreur par des offres charlatanesque-s le public et, avec lui, la clientèle du concurrent.
En ceci, les Français ont un sentiment plus fin de ce qui est permis ou non permis dans la vie commerciale. Pourquoi le législateur allemand ne saurait-il s'élever à ce degré de conception juridique? On nous dit, qu'en France, cette juris- prudence qui nous est sympathique, s'est formée sur la base de l'art. l'SS'i, lequel est l'équivalent de notre art. 50 du Gode fédéral des Obligations.
A cela nous répondons : la France a eu, un demi- siècle avant nous, une législation, c'est-à-dire un développement du droit commun aboutissant à une législation commerciale pratique. La ma- gistrature fraçaise a aussi eu de tout temps, une meilleure conception de la garantie juridique en matière de commerce et d'industrie, que la notre.
Celle-ci exempte ceux qu'on appelle les faibles, économiquement parlant, de la morale commer- ciale, et, par une conception juridique soi-disant humanitaire et par la création d'un double droit, prouve d'une manière très remarquable, la faus- seté de sa conception du développement du bien public.
(A suivre.)
Information
Les intéressés peuvent, demander des renseignements sur la maison
E. N e w b o r g h & C
ie4 6 , S o u t h a m p t o n Buildings, L o n d r e s W . C.
an Secretarial général de la Chambre can- tonale du Commerce à la Chaux-de-Fonds.
L'industrie des métaux précieux On écrit de Pforzheim à VEdelmetall-Indus- trie :
Depuis notre dernier rapport le marché alle- mund ne s'est pas amélioré, il a plutôt empiré.
On ne demande que de la bijouterie et des chaînes bon marché. L'article dans le goût moderne est davantage recherché.
Malgré que les acheteurs étrangers se présen- tent les commandes ne sont pas importantes pour l'exportation et il est à prévoir que les affaires resteront stagnantes pour l'automne, aussi les fa- bricants prennent-ils leurs précautions. Sans
avoir recours à la mesure extrême de congédier leur personnel, ils ont cependant commencé par faire chômer partiellement les jeunes ouvriers ou au lieu de faire travailler le temps normal de 60 heures par semaine, ils ont réduit le travail à 40 et 50 heures. Une diminution du prix de la main- d'œuvre n'a pas encore eu lieu.
— D'autre part on mande de Hanau :
Le rapport de la Chambre de commerce de Hanau qui vient de paraître présente un tableau défavorable sur la situation des affaires de l'in- dustrie des matières précieuses. Il est évident que la crise financière n'a pas été étrangère à cette situation, mais il y a encore d'autres facteurs qui ont contribué à cet état de chose, ce sont la guerre sud-africaine, la diminution de l'ex- portation en Angleterre et aux Etats-Unis et l'énorme augmentation du prix des diamants et des perles.
Le rapport ne donne qu'un aperçu et s'abstient de toute conclusion.
On peut aussi admettre, ajoute le correspon- dant du journal précité, que l'incertitude sur les futures dispositions douanières ont également une influence sur la marche des affaires en général.
Ouvrier et Commerçant L e S a m e d i d e l ' O u v r i e r . On a pu lire dans noire dernier numéro, sous la r u b r i q u e : « R e v u e des j o u r n a u x » , qu'on s'occupe aujourd'hui un peu partout de la fermeture des ateliers et des bureaux le samedi après midi. Le principe de cette réforme, on peut le lire, ne rencontre en apparence presque partout qu'approbation.
Il est vrai que dès qu'il s'agit de la mettre en application, quelques divergences d'opi- nions se manifestent immédiatement. C'est que chacun l'envisage avec son tempéra- ment particulier : les partisans de solutions radicales réclament la fermeture complète des ateliers pendant tout l'après-midi du samedi ; les modérés, ceux qui croient qu'il est mieux de ne réaliser que progressive- ment des réformes dont l'utilité est pour- tant généralement admise, se contentent de ne réclamer la fermeture des ateliers qu'à quatre heures de l'après-midi, après les travaux de propreté : nettoyage des établis et des chantiers, de l'outillage et des machines.
II y aurait certes matière à de longues discussions entre partisans et adversaires de celte nouvelle revendication du monde travailleur. Tous les j o u r s s'affirme de plus en plus la volonté bien arrêtée des classes laborieuses d'obtenir deux choses qui sem- blent pourtant s'exclure l'une l'autre : l'aug- mentation des salaires et la diminution des heures de travail. II semble bien qu'orga- nisées comme elles le sont de nos j o u r s et avec l'appui des gouvernements, qui ne peuvent se passer un seul m o m e n t de leur concours, elles n'arrivent à obtenir satis- faction sur ces deux points. Après ceux-là d'autres : il n'en taut pas douter un instant, le propre de la nature humaine étant d'être insatiable.
P o u r notre compte personnel, nous ne sommes pas absolument opposés à cette mesure, et nous préférons assurément le repos du samedi à la noce du lundi. Mais on est en droit de se d e m a n d e r quels p o u r r o n t être les résultats économiques de ces avantages incessamment accordés à la classe ouvrière. Diminution des heures de travail et augmentation des salaires, cela se traduit forcément par augmentation du prix de main-d'œuvre et, par suite, éléva- tion de prix des produits manufacturés.
En sorte que, si d'une part les ouvriers
touchent des paies plus fortes, ils seront d'autre part dans l'obligation d'acheter à un taux plus élevé les objets de nécessité première. L'augmentation continue de la cherté de la vie atteint surtout les petites bourses, en sorte que l'avantage obtenu par le m o n d e ouvrier pourrait bien, tout en causant de graves désordres économi- ques, ne lui profiter que dans une mesure i n û m e , s'il ne se retourne même par com- plètement contre lui.
Mais ces questions sont trop complexes p o u r pouvoir être résolues du j o u r au len- demain. Trop d'intérêts sont en jeu : ceux d'abord infiniment respectables de l'ou- vrier, ceux ensuite, et n o n moins intéres- sants, des patrons et du public tout entier, pour que ces graves problèmes puissent être examinés à fond dand les limites for- cément restreintes d'un article de journal.
Ce n'est que dans les conseils du gouver- nement et à la tribune du Parlement que leur solution peut être trouvée.
L e D i m a n c h e d u C o m m e r ç a n t . Un poète latin, après avoir décrit les charmes de la vie rurale, s'écriait : « O trop heureux les agriculteurs, s'ils appréciaient leur b o n h e u r ! » Cette apostrophe pourrait bien être reprise aujourd'hui par les bou- tiquiers français, à propos du repos sup- plémentaire du samedi, qu'il est question d'octroyer à l'ouvrier.
Reaucoup moins favorisé que lui, il n'est pas question pour le petit commerçant d'aller se promener en famille, l'après-diner du samedi. P o u r lui, les choses sont beau- coup moins avancées : il en est encore à souhaiter timidement la fermeture de son magasin le dimanche. A part, en effet, quelques localités et quelques branches du commerce qui ont su s'affranchir de cette odieuse tyrannie, presque tous les petits commerçants en France passent leur entière journée du dimanche, derrière leur comp-
toir, à regarder mélancoliquement les pas- sants. L'un d'eux fait-il mine de s'arrêter devant l'étalage, l'espoir entre au cœur du malheureux. Espoir bientôt déçu : le pas- sant regarde, mais n'entre pas. Et cela dure jusqu'au soir, ces mortelles heures d'attente pour un client qui pourrait peut-être venir, tandis qu'au dehors le soleil brille.
Tous, ouvriers et p a t r o n s , riches et p a u v r e s , sont heureux d'avoir déserté l'atelier, fermé les bureaux, quitté pour un jour plein la labeur quotidien. Seul, le petit commerçant, volontairement, ne prend point part à l'allégresse générale ; volon- tairement, il s'enferme dans son magasin avec la ténacité d'un chasseur à l'affût.
Et pourquoi, puisqu'il ne tient qu'à lui de mettre la clef sous la porte et d'aller respirer un peu de l'air parfumé et vivifiant de la campagne ? Il est son maître en somme, et ne dépend de personne. Oui ! mais si je ferme mon magasin le dimanche, mes concurrents en feront-ils autant et ne perdrai-je pas, à leur profit, des affaires que je pourrais traiter moi-même? Voilà le raisonnement! — Mais il est faux, archi- faux. ce raisonnement ! D u j o u r où, carré- ment, vous mettrez à votre devanture vos volets le samedi soir pour ne les en retirer que le lundi matin, vos concurrents vous envieront. Ils auront peut-être une velléité de résistance, et si vous persévérez, ils seront tout heureux de vous imiter.
Dans de petites villes, où les horlogers-
L A F E D E R A T I O N H O R L O G E R E S U I S S E 3 3 7 bijoutiers sont peut n o m b r e u x , quatre ou
cinq, deux seulement quelquefois, serait il donc bien difficile d'arriver à une e n t e n t e ? Il suffirait que l'un d'eux p r e n n e l'initiative d'une première démarche, et tout le monde serait d'accord. Sur une question comme celle-là, il ne p e u t y avoir deux opinions.
On pourrait commencer par prévenir le public de cette] décision, soit par le journal de la localité, soit par voie d'af-
fiches. Evidemment, il viendrait quelque- fois se heuter à votre porte close, il en serait quitte pour revenir le lendemain, tout simplement. Et puis, quelques excep- tions peuvent être faites, les j o u r s où, par exemple, des étrangers peuvent être attirés par une fête locale. Tout cela ne souffre aucune difficulté et ne demande q u ' u n e chose : la volonté de l'accomplir.
Maxime F E R N I E R .
(La France Horlogère)
L'article ci-dessus est vraiment fort in- téressant et la réforme proposée — et p o u r laquelle on mène en France une vigoureuse campagne — a peut-être l'avenir p o u r elle.
Mais, comme le dit fort justement l'au- teur de l'article, il n'y m a n q u e q u ' u n e chose : la b o n n e volonté de l'accomplir.
Le difficile est justement de grouper les négociants de b o n n e volonté, et de les unir tous dans u n s but commun. Nous n'en sommes pas encore là chez-nous et il coulera beaucoup d'eau sous le pont avant que tous les négociants ou fabricants d'une seule branche de commerce ou d'industrie, dans une seule ville, arrivent à se mettre d'accord.
Jusqu'ici, les marchands de cigares, pour prendre un exemple, n ' o n t p u réussir, non à fermer le samedi après-midi, — ce qui serait trop leur demander — mais à ne te- nir boutique ouverte que le dimanche jus- qu'à midi. Il a suffi d'un ou deux récalci- trants, pour que la crainte de les voir acca- parer la clientèle, empêche la majorité de p r e n d r e un repos bien naturel le dimanche après-midi.
Nous venons de préparer une réforme, en Suisse : la réduction des heures de tra- vail du samedi après-midi p o u r les ouvriers et ouvrières des établissements industriels soumis à la Loi fédérale sur le travail dans les fabriques, que les Chambres fédérales viennent d'adopter. Mais cette réforme, une fois appliquée, ne visera q u ' u n e certaine catégorie d'établissements, ceux qui sont soumis à la loi des fabriques.
O n en arrive, en définitive, à cette con- clusion : que les réforme de cette nature, qui ne peuvent être accomplies sans heur- ter des habitudes invétérées, des m œ u r s séculaires et des intérêts souvent mal com- pris, sont difficilement réalisables par la libre entente entre les intéressés, et que la législation seule peut venir à bout des ré- sistances.
Cote de l'argent
du g Juillet igoa
Argent fin en grenailles . . fr. 93.— le kiU A r g e n t fin laminé, devant servir de base pour
le calcul des titres de l'argent des boites de montres fr. 95.— le kilc.
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