DM de MPSI2
Devoir non surveill´ e
Fonctions ` a variations born´ ees
Dans ce probl`eme, sauf mention contraire, n d´esigne un entier naturel non nul, I d´esignera un intervalle d’int´erieur non vide,f sera une fonction deI dansR,aet bseront des points deI, aveca < b.
On dit quef est `avariations born´eessi elle s’´ecrit comme somme d’une fonction croissante et d’une fonction d´ecroissante,i.e.s’il existeg, h∈RI, respectivement croissante et d´ecroissante, telles quef =g+h.
On noteVB(I,R) l’ensemble des fonctions `a variations born´ees deI dansR. Soita, b∈I, o`u a < b,σ= (xk)k∈[[0,p]] une subdivision de [a, b]. On pose :
l(σ, f) =
p−1
X
k=0
|f(xk+1)−f(xk)|.
On dit que f est de longueur born´ee sur le segment [a, b] s’il exite Λ ∈ R tel que, pour toute subdivision σ de [a, b], l(σ, f)6Λ,i.e.l’ensemble{l(σ, f), σsubdivision de [a, b]} est major´e. Dans ce cas, on note Lba(f) la borne sup´erieure de cet ensemble :
Lba(f) = sup{l(σ, f), σ subdivision de [a, b]}.
On pose ´egalementLab(f) =−Lba(f) etLaa(f) = 0.
Partie A – G´ en´ eralit´ es
A.1Montrer que toute fonction monotone est `a variations born´ees.
A.2
a Montrer que sif est monotone, alorsf est de longueur born´ee sur [a, b], et que :
|f(b)−f(a)|=Lba(f).
bMontrer que toute fonction lipschitzienne deI dansRest de longueur born´ee sur [a, b].
cOn supposef de longueur born´ee sur [a, b]. Montrer :
|f(b)−f(a)|6Lba(f).
A.3Montrer queVB(I,R) est un sous-espace vectoriel deRI, engendr´e par les fonctions croissantes.
Partie B – Fonctions de longueur born´ ee
On consid`ere des applicationsf etg deIdansR, trois ´el´ementsa,b etcdeI tels quea < c < b.
B.1On supposef etg de longueur born´ee sur [a, b]. Montrer quef+gest de longueur born´ee sur [a, b], et que :
Lba(f+g)6Lba(f) +Lba(g).
B.2Montrer quef est de longueur born´ee sur [a, b] si et seulement si elle l’est sur [a, c] et [c, b], et qu’alors : Lba(f) =Lca(f) +Lbc(f).
On d´eduit (inutile de le d´emontrer) de la relation pr´ec´edente larelation de Chasles suivante, valable pour tout (α, β, γ)∈I3 (sif est de longueur born´ee) :
Lγα(f) =Lβα(f) +Lγβ(f).
Partie C – Variations born´ ees vs longueur born´ ee
C.1Montrer que sif est `a variations born´ees surI, alors elle est de longueur born´ee sur tout segment inclus dansI.
C.2Supposons, r´eciproquement, que f soit de longueur born´ee sur tout segment inclus dansI. On choisit λdansI, et on d´efinit les fonctionsg ethdeIdansRpar, pour toutt∈I :
g(t) = 1
2 f(t) +Ltλ(f)
et h(t) =1
2 f(t)−Ltλ(f) . Prouver `a l’aide de get h, quef est `a variations born´ees surI.
Ainsi, on a d´emontr´e que f est `a variations born´ees surI si et seulement si f est de longueur born´ee sur tout segment inclus dansI.
C.3Montrer que toute fonctionf de classeC1surI (`a valeurs r´eelles) est `a variations born´ees.
Partie D – Un exemple de fonction d´ erivable et born´ ee mais non ` a variations born´ ees
Dans cette partief d´esigne la fonction deRdansR, continue en 0 et telle que
∀x∈R∗, f(x) =x2sin(1/x2).
D.1
a Donner la valeur def en 0, montrer que f est d´erivable surR, et donnerf0(x) pour tout r´eel x.
bLa fonctionf est-elle de classe C1 surR?
D.2 On consid`ere la suite de terme g´en´eral hn = Pn k=1
1
k (o`u n ∈ N∗). Montrer que (hn) diverge et hn ∼ln(n).
Indication : on pourra utiliser, en le justifiant, l’encadrement (pour toutk∈N∗) : 1
k+ 1 6 Z k+1
k
dt t 6 1
k. D.3On consid`ere la suite de terme g´en´eralvn= ln
4n+1 4n−1
(o`un∈N∗).
a Montrer :vn ∼2n1.
bMontrer que la suite de terme g´en´eralwn=Pn
k=1vk diverge vers +∞.
Indication : on pourra consid´erer (en justifiant son existence) un rangN `a partir duquelvn >4n1. D.4On pose, pourn∈N∗: un=q
2 (2n−1)π. a Etablir :´
Z un
un+1
1 t
cos 1
t2
dt>
√ 2 2
Z
q 4
(4n−1)π
q 4 (4n+1)π
dt t . bMontrer
lim
x→0+
Z u1
x
1 t
cos 1
t2
dt= +∞.
cMontrer
lim
x→0+
Z 1
x
|f0(t)|dt= +∞.
dEn d´eduire quef n’est pas de longueur born´ee sur [0,1].
Partie E – Extension au cas des fonctions vectorielles
Dans cette derni`ere partie, on munitRn de sa structure euclidienne canonique et de sa norme associ´eek·k.
Si l’´etudiant le souhaite, il pourra ne traiter que le cas o`u n= 2.
Etant donn´´ ef ∈ F(I,Rn), et une subdivisionσ= (xk)k∈[[0,p−1]]de [a, b], on pose :
l(σ, f) =
p−1
X
k=0
kf(xk+1)−f(xk)k.
On dit que f est de longueur born´ee sur le segment [a, b] s’il exite Λ ∈ R tel que, pour toute subdivision σ de [a, b], l(σ, f)6Λ,i.e.l’ensemble{l(σ, f), σsubdivision de [a, b]} est major´e. Dans ce cas, on note Lba(f) la borne sup´erieure de cet ensemble :
Lba(f) = sup{l(σ, f), σ subdivision de[a, b]}.
On pose ´egalementLab(f) =−Lba(f) etLaa(f) = 0.
Dans cette partie, on consid`ere deux ´el´ements aet b deI tels quea < b, etf ∈ F(I,Rn). Pouri∈[[1, n]], on notefi lai-i`eme fonction composante def, de sorte que pour toutt∈I :
f(t) = (f1(t), . . . , fn(t)).
E.1 Montrer que f est de longueur born´ee sur [a, b] si et seulement si ses fonctions composantes le sont (toutes), et qu’alors :
max
i∈[[1,n]]Lba(fi)6Lba(f)6
n
X
i=1
Lba(fi).
E.2 Soit R un automorphisme orthogonal de Rn. Montrer que f est de longueur born´ee sur [a, b] si et seulement siR◦f l’est, et qu’alors :
Lba(R◦f) =Lba(f).
On peut montrer (inutile de le faire) comme en B.2, que sif est de longueur born´ee sur tout segment inclus dansI, alors on a la relation de Chasles suivante, valable pour tout (α, β, γ)∈I3 :
Lγα(f) =Lβα(f) +Lγβ(f).
On suppose d´esormaisf de classeC1 i.e.toutes ses fonctions composantes le sont.
E.3Montrer quef est de longueur born´ee sur tout segment inclus dansI.
E.4SoitT un endomorphisme deRn. Montrer queT◦f est de classeC1 surI, et que (T◦f)0 =T◦f0. E.5On d´efinit la fonctionwpour x∈I, parw(x) =Lxa(f) et on consid`eret∈I.
a Montrer qu’il existe~u∈Rn unitaire tel quef0(t) =kf0(t)k~u.
bProuver qu’il existe un automorphisme orthogonalRdeRn tel que : R(~u) = (1,0, . . . ,0).
On pose alorsg=R◦f et on ´ecritg= (g1, . . . , gn).
cMontrer queg est de classeC1 surI et ´etablir :
g10(t) =kf0(t)k et ∀i∈[[2, n]], g0i(t) = 0.
dSoitv∈R∗ tel que t+v∈I. Prouver que : 1
vLt+vt (g1)6 1
vLt+vt (f)6 1 v
n
X
i=1
Lt+vt (gi).
eEn d´eduire quewest d´erivable ent et quew0(t) =kf0(t)k.
f Etablir´
Lba(f) = Z b
a
kf0(t)kdt.