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Article pp.235-248 du Vol.9 n°2 (2011)

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L’importance des attitudes des enseignants et étudiants dans les forums et les wikis

Suely Scherer

Universidade Federal de Mato Grosso do Sul

UNERJ - Centro Universitário de Jaraguá do Sul Índice Faculdades Contato Rua dos Imigrantes 500, Bairro Rau

Caixa Postal 251 - Jaraguá do Sul, Brésil [email protected]

RÉSUMÉ. Cet article analyse les possibilités d’interaction entre étudiants, enseignants en formation continue, impliqués dans un processus d’éducation à distance et faisant appel à des environnements virtuels d’apprentissage tels que wikis et forums. L’objectif est d’identifier les attitudes qui favorisent la collaboration et la coopération lors d’un cours de spécialisation dans le domaine de l’informatique pour l’éducation à l’Université de Santa Catarina. Le cadre d’analyse des phénomènes de collaboration et de coopération a été élaboré à partir des discussions et du contenu de l’un des forums virtuels et de wikis thématiques créés par des groupes d’étudiants. Il apparaît que la collaboration et la coopération interviennent dans les environnements d’apprentissage virtuel, entre les enseignants et les étudiants et entre les étudiants eux-mêmes. Mais ces phénomènes d’interaction sont favorisés par l’attitude des enseignants, conseillers et coordinateurs de l’apprentissage, et celle des étudiants, sujets actifs dans le processus d’apprentissage.

ABSTRACT. This article analyses the possibilities for interaction between students - teachers attending continuing education – involved in a distance education process that relies on virtual learning environments such as wikis and forums. The objective is to identify the behaviours that facilitate collaboration and cooperation during a course for specialising in the field of computers for education at the University of Santa Catarina. The framework for analysing the instances of collaboration and cooperation was devised on the basis of the discussions and the contents of one of the virtual forums and some thematic wikis created by groups of students. It appears that collaboration and cooperation do occur in the virtual learning environments between the teachers and the students, and between the students themselves. But these interactions are facilitated by the attitude of the teachers, advisers and coordinators of the learning process, and of the students, active in their own learning process.

MOTS-CLÉS : éducation à distance, coopération, collaboration, forums, wikis.

KEYWORDS: distance education, cooperation, collaboration, forums, wikis.

DOI:10.3166/DS.9.235-248 © Cned/Lavoisier 2011

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Introduction

Fagundes et al. (2008) considèrent que « la transition de l’ère industrielle à l’ère de la société de la connaissance, qui est favorisée par la disponibilité des nouvelles technologies numériques, favorise à son tour une nouvelle éducation ». Dans cette nouvelle éducation, les technologies d’information et de communication ne sont pas uniquement des outils : ce sont surtout des technologies comportant une dimension de langage (Santaella, 2007), qui se caractérisent par le fait qu’elles encouragent la communication virtuelle et en présentiel à tout moment. En résultent des perspectives nouvelles pour l’éducation à distance (EAD), à travers notamment le développement des interactions entre enseignants et étudiants et entre étudiants. Moran (2008, p. 2) affirme à cet égard que les technologies d’information et de communication, « font preuve, dans l’éducation à distance, de ce qui devrait être au cœur de tout processus d’éducation : l’interaction et le dialogue entre tous ceux qui sont impliqués dans ce processus ». Ainsi, de nombreux cours en EAD utilisant ces technologies permettent à des personnes qui sont situées en des endroits différents d’échanger des idées et expériences, de réaliser des productions collectives, en collaborant et coopérant sans avoir besoin de s’éloigner de l’endroit où elles résident. L’on ne peut oublier que, comme le soutiennent Campos et al. (2003), l’apprentissage sous forme coopérative et collaborative ne dépend pas de l’utilisation des technologies de l’information et de communication ; il intervient également en présentiel et sans médiatisation. Cependant, l’internet ouvre un espace pour l’apprentissage coopératif et collaboratif et cet apprentissage a lieu en dehors des limites physiques des salles de classe, sans les contraintes des barrières géographiques et temporelles.

Compte tenu de cette possibilité d’apprentissage lié à l’EAD, cet article présente les phénomènes d’interaction afin d’identifier et d’analyser les attitudes qui favorisent la collaboration et la coopération entre les sujets, étudiants et enseignants d’un cours de spécialisation en informatique à l’éducation. Ce cours a été assuré par l’université de Santa Catarina, entre septembre 2006 et octobre 2007 ; il s’adressait à vingt-deux étudiants inscrits, tous enseignants, assistant aux cours dans la salle de classe une fois par mois (le samedi, durant cette période et, éventuellement, le vendredi), et en EAD, avec discussions et activités dans des environnements virtuels d’apprentissage : forums, wikis, blogs, etc. Les activités ont été proposées en respectant la spécificité de chaque matière et en fonction du projet pédagogique du cours.

L’étude adopte une approche qualitative, exploitant les méthodes de l’analyse de contenu. Selon Chizzotti (2006), l’analyse de contenu permet d’interpréter des textes en proposant des analyses codées selon certaines catégories, à partir d’indicateurs servant à créer des inférences de généralisation. Le choix des catégories est essentiel et il a porté, en l’occurrence, sur les activités de collaboration et de coopération, avec pour objectif l’étude des attitudes des sujets impliqués dans des activités d’interaction avec le cours. Pour cette étude, réalisée dans le cadre de notre thèse de doctorat, nous avons choisi deux espaces virtuels : l’espace des wikis et celui du forum. Le premier fait partie des activités développées dans la partie « Projets

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d’Apprentissage dans des Environnements Numériques », et le second comprend la liste des activités de la matière de Séminaires de l’Éducation. Les échantillons ont été sélectionnés de manière aléatoire.

Forum virtuel : espace d’interaction entre sujets

En étudiant l’interaction entre les sujets en EAD, nous avons interrogé le principe selon lequel l’attitude des enseignants et étudiants serait la même dans un espace virtuel et dans une salle de classe. Pour commencer, il nous apparaît que l’éducation à distance ne peut être confondue avec l’instruction à distance. Selon Freire (1998), en effet, l’acte d’enseigner est lié à un processus de transmission d’informations d’un

« côté » à l’autre, c’est-à-dire de celui qui enseigne/instruit à celui qui apprend.

Toutefois, l’action d’éduquer est une action dans laquelle les étudiants sont orientés mais non pas dirigés. Autrement dit, l’éducation autorise l’enseignant à informer et à favoriser des interactions avec les étudiants, ce qui n’est pas le cas dans l’instruction.

L’un des espaces virtuels disponibles pour les classes EAD est le forum, cet espace se présentant en lieu d’apprentissage en ce qu’il permet « [...]

l’enregistrement et la communication de sens pour l’ensemble du groupe, grâce à la technologie » (Silva, 2003, p. 227). Envoyer des messages qui sont lus et discutés par tous les participants dans un certain environnement équivaut l’occupation d’une tribune, et non d’un simple espace d’information, tels que ceux de la télévision et de la radio, car le forum est le lieu où l’on débat et soulève des questions et problèmes.

Il s’agit donc d’un espace dans lequel l’interaction se déroule à partir de la confrontation de différents points de vue, arguments et significations.

Le forum décrit dans cet article s’est déroulé durant les Séminaires d’Éducation, entre les 6 à 29 septembre 2007, et il a abordé le thème du rôle de l’éducation dans le nouveau contexte de la science et de la technologie. Le Séminaire a commencé par un cours dans une salle de classe et s’est poursuivi par cinq cours en EAD et avec l’étude de textes à discuter dans le forum. L’objectif du forum était donc de produire des réflexions sur les conséquences du développement scientifique et technologique en éducation, en insistant sur les paramètres éthiques et politiques.

Le débat proposé était fondé sur des textes de Nietzsche, sur la science, et de Paulo Freire sur « l’éducation bancaire ». Les sous-thèmes abordés étaient issus de deux questions posées par l’enseignant assurant sa fonction de coordinateur des débats : « de quelle manière les nouvelles technologies doivent-elles être introduites en tant que matières d’enseignement et d’apprentissage ? » et « comment les ressources offertes par les nouvelles technologies peuvent-elles être utilisées, de manière éthique et politique, en visant une éducation libératrice et émancipatrice ? ».

Ce qui apparaît immédiatement, c’est que ces questions, qui ont suscité les discussions au sein du forum, étaient des questions ouvertes, n’appelant pas de réponses uniques. Au contraire, elles permettaient de développer des points de vues

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différents, fondés sur des expériences quotidiennes et de s’appuyer sur les arguments contradictoires des auteurs proposés, auxquels s’ajoutaient d’autres auteurs. Une exigence fondamentale pour les étudiants était qu’ils se sentent à l’aise de présenter leurs certitudes et leurs doutes aux autres membres du groupe des autres, sans crainte de voir leurs avis rejetés ou dévalorisés. En ce sens, Scherer (2005) met en évidence l’importance de l’agir communicationnel dans les forums, c’est-à-dire la capacité de penser, de participer et de vivre collectivement à un processus d’apprentissage coopératif.

À propos des attitudes des usagers du forum, nous proposons de parler d’habitants, de visiteurs et de passants (Scherer, 2005).

– Les habitants sont ceux qui sont responsables de leurs actions et de celles de leurs partenaires, qui recherchent la compréhension mutuelle, l’action communicationnelle, pratiquent le questionnement constructeur, et exercent une fonction de dynamisation de l’environnement virtuel, ils sont là, parlent ou sont silencieux, produisent des messages réflexifs, lancent des questionnements, des suggestions et des contributions.

– Les visiteurs sont les étudiants et les enseignants qui participent à l’environnement d’apprentissage avec l’intention de s’y promener. Ils y viennent, guidés par un devoir, l’affection ou une amitié. Ces visiteurs sont libres, ils participent seulement pour observer ce qui se passe, sans être co-responsables de l’environnement et a fortiori de la production collective. Certains vont collaborer, mais sans jamais coopérer avec le groupe, car s’ils font partie de l’environnement, ce n’est que momentanément, de manière discontinue.

– À côté des habitants et visiteurs, l’on trouve les passants. Ceux-ci sont les étudiants et enseignants qui se déplacent à travers l’environnement. Certains font le tour, d’autres se contentent de passer. Ils ne s’arrêtent pas, car ils sont de passage.

Les passants se rendent dans l’environnement une ou plusieurs fois, ils peuvent regarder, mais sans rester à un endroit en particulier, sans être responsable, sans se saisir de l’environnement, sans collaborer ou coopérer. Ils sont comme ceux qui pratiquent le « zapping » à la télévision, en changeant d’espaces, sans intention spécifique, sans même savoir où aller.

Le groupe de sujets dont nous analysons ici l’expérience de formation est composé d’habitants, de visiteurs et de passants, les mécanismes d’interaction étant déclenchés par les habitants, majoritaires au sein du groupe. M.B., l’un de ces visiteurs, indique :

« J’apprécie les discussions de tous, chaque fois que j’ouvre, il y en a davantage, je pense que le plus intéressant est que chacun contribue et apprend les uns avec les autres. Très bien. »

En analysant les données relatives aux mouvements d’interaction des étudiants du cours et des enseignants de la classe, l’objectif était d’identifier les attitudes qui ont favorisé la collaboration et la coopération. Mais il est important de souligner que la

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coopération n’est pas l’équivalent de la collaboration, car collaborer, c’est opérer seul sur un objet, sans créer avec d’autres, sans chercher à obtenir une compréhension commune ; collaborer, c’est donc opérer en parallèle. En revanche, coopérer, c’est opérer en commun, à savoir « fixer par les nouvelles opérations de correspondance, réciprocité et complémentarité, les opérations effectuées par chaque partenaire » (Piaget, 1973, p. 105).

La coopération apparaît quand se créent des liens entre les idées, la valorisation du point de vue de l’autre, la recherche d’une compréhension commune, par le questionnement et la suggestion. Dans certains extraits du forum, nous pouvons souligner quelques activités de collaboration et coopération. Ce qui suit est une relation de coopération :

« Je suis d’accord avec ce qui a été dit par E., avec cette gamme d’informations, les images et données fournies par l’internet, le rôle de l’enseignant est «d’aider l’étudiant à interpréter ces données pour les relier et les placer dans leur contexte ... motiver, encourager, afin de sensibiliser les étudiants à reconnaître ce qu’ils vont faire» et plus, l’enseignant doit demander à l’étudiant de lui faire face, de remettre en cause ses certitudes. » I.C.

« Salut I., je suis d’accord avec l’ajout que tu a fait au sujet de mon commentaire. Je pense que l’inclusion de pratiques pédagogiques innovatrices doit être importante, cependant, cela exige un changement dans la structure de l’école, qui est déjà cristallisée ». E.A.

E.A, adoptant une attitude d’habitant dans sa coopération avec I.C., conforte le point de vue d’I.C. La réflexion implique ici une réorganisation des concepts que le sujet a construits et la compréhension des certitudes enregistrées par l’autre.

En coopérant et en cherchant à se coordonner avec les autres membres du groupe, selon Piaget (1973), celui qui échange des propositions construit une logique, tenant compte des correspondances, réciprocités ou complémentarités avec ces autres membres. Ce mouvement, dans un groupe d’étudiants avec un enseignant, autour d’un objet d’étude, implique certains types de propositions : égales, quand l’une répond à l’autre ; différentes, et nécessitant un accord entre ceux qui sont impliqués dans la recherche d’une déclaration commune pour justifier la différence de leurs points de vue ; supplémentaires, telles que celles qui viennent d’être présentées ci-dessus.

Toutefois, dans un environnement d’apprentissage, les propositions contraires sont également importantes pour stimuler des doutes sur ses certitudes et sur celles des collègues, et en rechercher de nouvelles. Ce phénomène se produit fréquemment dans le forum :

« Je suis d’accord avec S. quand elle dit qu’elle ne voit pas d’attitude dans certains professionnels, mais parfois je m’arrête et je pense à certaines

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situations qui se passent dans la salle de classe et je me demande : est-ce seulement la faute de l’enseignant ? » S.N.

« Ensuite, je pense à ce qu’une collègue indique ci-dessus, qui constate qu’il y a un seul enseignant à utiliser l’ordinateur pour «préparer» les activités des étudiants. Et elle rappelle comment s’est effectuée la formation de ces enseignants, qui n’avaient dans leurs classes de premier cycle aucune idée de l’utilisation de la technologie. Ils n’ont donc pas d’ordinateur à la maison ? Est-il indispensable de faire une spécialisation pour avoir les connaissances nécessaires pour utiliser l’ordinateur comme outil pédagogique ? » D.H.

Les questions posées par S.N. et D.H. débouchent sur de nouvelles recherches, à mener soit par leurs auteurs, soit par les autres habitants de l’espace. Ainsi, avoir une attitude d’habitant peut aider étudiants et enseignants à interroger leurs certitudes et celles de leurs collègues. Ce qui est évident, c’est que l’attitude du chercheur, dirigée par une ou plusieurs questions, oriente l’action de ceux qui participent aux mouvements de l’interaction du forum.

Mais il ne faut pas passer sous silence l’importance du rôle de l’enseignant dans le processus d’interaction. En ce sens, le texte suivant marque bien cette importance :

« Bonjour tout le monde ! Je m’excuse d’avoir disparu ! Je vois qu’il y a ici quelque chose et je serais heureuse de faire ces réflexions et changer notre pratique avec nos étudiants. Je serais heureuse si mes collègues peuvent avoir l’expérience des commentaires rapportés ici, parce qu’il semble que nous avons la solution pour que l’éducation soit un succès. Il y a des gens ici qui insistent sur la nécessité d’un changement de l’enseignant. J’ai également fait de tels commentaires dans notre salle de classe. Le professeur a dit : « C’est une question d’attitude ! » S.V.

« J’ai lu la contribution de S., et entre les lignes, il y a un avertissement : chers collègues, attention à ne pas faire de ce forum un beau discours pour les autres ... ou même les uns contre les autres. Il est très facile de dire que certains enseignants sont absents, qui ne peuvent utiliser la technologie ... Je sais que c’est vrai. Mais, et NOUS ? Parlons, tout d’abord, chacun pour soi.

Analysons, essayons de sentir et de comprendre cette attitude ». (enseignant)

« J’ai lu tous les commentaires de l’enseignant et les contributions de collègues, et je vous avoue que j’ai été intrigué par le commentaire à propos de ma contribution. Ce n’était pas mon intention de faire de ce forum un beau discours pour les autres ... ou même les uns contre les autres.[...]. J’essaie de sentir et de comprendre mon attitude, toujours. [...] Merci, professeur, par les réflexions et les associations qui vous m’avez fait chercher. » S.V.

S.V (commentant sa surprise par rapport au commentaire de l’enseignant),

« j’ai compris que ce qu’il voulait dire est que ce que tu a écrit entre les lignes,

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c’était un avertissement pour l’ensemble du groupe. Tu essaies de nous dire que nous ne pouvons pas faire du forum un beau discours. [...] » R.L.

« En ce qui concerne le commentaire que j’ai fait sur le poste de l’enseignant, R.L. a dit que peut-être j’ai mal compris. Peut-être. Je suis d’accord pour reconnaître que la contribution par écrit n’est pas toujours claire. » S.V.

L’on observe que l’enseignant incite les étudiants à réfléchir au-delà de ce qui est

« écrit », il les incite à s’interroger sur ce qu’ils ont lu, sur leurs certitudes. Et dans cette démarche, le groupe se (ré)organise et se coordonne. Ce n’est possible que parce que les habitants inscrivent leurs pensées, leurs certitudes, en les articulant avec les certitudes des autres, afin qu’il y ait coordination externe avec d’autres habitants de l’espace virtuel, ce qui permet à la coopération de se produire. Dans ce processus de réflexion, Valentini et Fagundes (2005) estiment que des sujets impliqués dans des discussions ont, quand ils écrivent, besoin de se livrer à un exercice de décentration, c’est-à-dire de se mettre à la place de l’autre.

L’association et l’orientation sont liées à l’attitude de questionnement adoptée par l’enseignant, puisque, selon Scherer (2003), pour surveiller les interactions des étudiants dans l’environnement et se montrer attentif à la connaissance qu’ils ont construite, l’enseignant oriente les questions et en développe de nouvelles permettant d’articuler des réflexions et recherches inédites. Les contributions qui suivent sont des exemples, respectivement, d’orientation et de coordination par l’enseignant, à différents moments du forum.

« Un premier point que je veux renforcer, car cela apparaît si souvent dans plusieurs contributions, c’est que l’informatique dans l’éducation est quelque chose que l’enseignant doit apprendre pour savoir comment l’utiliser. Donc, rien de plus que ce qui est évident, nous ne voyons pas.

Donc ça va sûrement se passer avec les portables à US$ 100 : un investissement considérable mais, sans orientation, il n’aura pas d’effet dans la plupart des écoles et des classes. Il ne fera que renforcer et raffiner l’action éducative selon les modalités bancaires, critiquées par Freire. Il y a un problème plus profond et je veux retourner à ce problème : qui veut être un enseignant doit savoir ce qu’est l’EDUCATION, dans son essence et loin des aspects accessoires [...] ». (enseignant)

« Je trouve intéressante la façon dont ils parlent à l’école. F. m’a rappelé ...

mais c’est ne pas une critique. F. affirme que «les étudiants sont déjà en contact ... ». Nous exhortons les étudiants à travailler dur parce que dans le monde c’est .... comme si la classe n’était pas le monde également. Cette façon de parler est un vestige de l’éducation bancaire, c’est-à-dire, dans l’école nous devons nous préparer à rentrer dans le monde, pour utiliser les connaissances dans diverses situations. Je ne sais pas si je suis bien entendu ...[...] L’enfant, étant plus petit, ayant moins de force et de perspicacité, il sera désormais moins parfait ou inachevé ... Que pensez-vous ? » (enseignant)

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Les fonctions d’articulation et d’orientation sont présentes dans ce forum, caractérisant une manière d’enseigner en EAD. Fagundes et al. (2008) confirment l’importance du suivi des étudiants, pour connaître la dynamique du groupe, articuler des concepts construits, suggérer des lectures, soulever des réflexions ou questionner.

L’enseignant doit être un habitant de l’environnement virtuel, car dans la coopération avec le groupe, il peut : comprendre les concepts construits par les étudiants, articuler de nouvelles informations et études à celles qui déjà existent, orienter l’apprentissage des étudiants et lancer le défi de la recherche de nouvelles informations.

Dans ce processus d’orientation et d’articulation, l’enseignant, selon Fagundes et al.

(2008), doit également développer un rôle de spécialiste dans son domaine. Il a besoin d’explorer en profondeur les concepts qui caractérisent sa discipline. En ce sens, il est nécessaire de repenser le rôle des tuteurs dans les cours d’EAD, qui n’ont parfois pas de formation dans le domaine où ils opèrent. Dans le forum qui a été étudié, le rôle du spécialiste apparaît dans la contribution suivante, lorsque l’enseignant évoque la question de la philosophie et de la sociologie, son domaine de formation et activité :

« Vous avez lu les textes de Nietzsche ? La présentation de ces textes courts était prévue pour compléter la discussion de notre Séminaire. Au XVIe/XVIIe siècle a émergé ce qui allait être appelé le rationalisme moderne (Descartes…). [...] En outre, la science, ou plutôt le scientisme n’a souvent pas l’humilité de reconnaître ses limites. Comme dit Morin : «Que faire ? Comment vivre ? Quelle éthique morale ? La science ne répond pas, et ce qui est pire, méprise ces questions» (Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, p. 157). Nietzsche fait exploser la prétention de la toute-puissante science, en montrant ses faiblesses et incohérences. Des idées ? » (enseignant)

Avec cette intervention, nous constatons l’importance de l’enseignant dans le rôle de spécialiste, la nécessité dans laquelle il est de connaître le domaine dans lequel il suit ses étudiants à l’EAD.

Dans cette évocation de quelques interventions sur le forum, les phénomènes de collaboration et de coopération sont assez visibles et ces phénomènes sont renforcés par le recours à internet. L’enseignement qui en résulte donne à l’enseignant l’occasion d’apprendre en même temps qu’il enseigne, tandis qu’aux étudiants, il permet d’enseigner en même temps qu’ils apprennent. Nous allons maintenant traiter d’autres domaines d’interaction : ceux des espaces de wikis, développés pendant le cours.

Wikis : espace pour les interactions et production collective

Selon Voigt (2007, p. 2), « le web 2.0 se caractérise par une participation accrue et un effet de réseau. Il y a des utilisateurs plus actifs et qui utilisent l’intelligence collective. [...] les utilisateurs passent du statut de simples consommateurs à celui de producteurs ». Avec le web 2.0, certains changements ont donc lieu : l’utilisateur a la

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possibilité d’inclure et de commenter le contenu disponible sur l’internet, les données qui étaient stockées sur un ordinateur sont transmises à des serveurs distants auxquels il est possible d’accéder depuis n’importe quel endroit ; des informations privées sont socialisées, et deviennent accessibles à davantage de gens.

Le web 2.0 permet donc la production collective dans l’espace gratuit de l’internet.

L’espace wiki qui est analysé ici en tant qu’espace d’EAD se caractérise par le fait qu’il s’agit d’un environnement virtuel permettant la production de contenus dans des pages web par une ou plusieurs personnes, à la fois proches et éloignées physiquement. Ainsi, tous peuvent être auteurs/producteurs des environnements virtuels, en étant connectés à l’internet. Selon Voigt (2007, p. 4), wiki est le nom habituellement donné à des systèmes qui permettent la création et l’édition des contenus. Il n’y a pas de hiérarchie préétablie entre les auteurs. N’importe lequel peut ajouter du contenu et modifier le contenu téléchargé par d’autres.

Arika (2008) définit un wiki comme « la forme la plus libérale d’édition collaborative de contenus. [...] un wiki permet une édition collaborative et la création de textes dans les médias numériques». Et l’on sait que cette forme d’édition collaborative peut favoriser l’interaction entre les sujets dans les cours offerts en EAD. Dans le cours de formation continue qui est évoqué ici, les wikis font partie de l’environnement virtuel, ils sont liés à cet environnement et ils ont leurs adresses électroniques indépendantes dans l’environnement pbwiki.com. La production de chaque étudiant et de chaque groupe peut être suivie par l’enseignant et les autres collègues à partir de l’historique, espace disponible dans le wiki.

Les wikis ont été élaborés pendant le cours, à partir d’une activité développée dans le cadre de Projets d’Apprentissage. Cet enseignement, correspondant à une charge horaire de 60 heures, a été dispensé de septembre 2006 à mars 2007, sous deux modalité : dans la salle de classe et en EAD. Il est important de noter que cet enseignement s’inscrit dans une perspective bien particulière :

« Le programme visant à apprendre suscitera des conflits et perturbations dans le système de significations correspondant aux connaissances particulières de l’apprenant. [...]. Lorsque l’étudiant est invité à se mettre en question, quand il est troublé et doit exprimer ses doutes, il peut acquérir la compétence nécessaire et résoudre des problèmes s’il a la permission de poser des questions qui ont un sens pour lui, en sortant de son histoire de vie, ses intérêts, valeurs et des circonstances personnelles. » (Fagundes et al., 2008).

Aussi, lors de cet enseignement, les étudiants ont-ils exposé une question de recherche qui suscite leur intérêt. Sept grandes questions ont ainsi été formulées : comment tenir compte des limites des enfants ? quelles sont les conséquences de l’alimentation transgénique pour l’homme ? de quelle façon l’alimentation fournit-elle l’énergie du corps humain ? comment les religions ont-elles été élaborées ? Sommes- nous prédisposés à dépendre des produits chimiques ? Comment la caméra capture-t- elle les images ? Comment le changement de couleur du caméléon se produit-il ?

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Tous les projets et le développement de l’apprentissage des étudiants à partir des questions soulevées par eux-mêmes partent des interactions, collaborations et coopérations dans l’environnement wiki. Ce phénomène a été signalé par Silva (2003, p. 276) qui dit que « l’environnement de collaboration et d’interaction est encouragé quand est visée la décentralisation du rôle de l’enseignant et que tous les apprenants peuvent s’aider mutuellement ». C’est pourquoi, dans les wikis du groupe, l’on observe la manière dont les commentaires se réfèrent à des processus de collaboration :

« S., j’ai aimé les calories qui glissent. Je fais des recherches et j’ai trouvé dans quelques sites des erreurs conceptuelles, ce qui m’a fait peur. Donc j’effectue aussi certaines recherches dans les livres. Puis-je changer une chose au sujet de ce qui est écrit dans Calories (glissant) ? » I.C.

Dans ce commentaire de I.C., la préoccupation porte sur les sources utilisées pour la recherche, s’ajoutant à la question de l’écriture des textes et à la correction de certaines fautes d’orthographe. Ces questions sont examinées par le groupe, sans que l’enseignant n’intervienne nécessairement, celui-ci laissant leur indépendance aux auteurs et se contentant de relancer les questions et de les articuler les unes aux autres.

L’acte de collaboration intervient quand un groupe choisit de diviser les tâches et que chacun de ses membres effectue une partie du travail, sans se préoccuper de coopérer. Dans les commentaires ci-dessous, C.G. définit le formatage de la page, et ne demande pas à sa collègue de coopérer à la production :

« Salut. J’ai opéré quelques changements sur la page, les boutons, les images. Elles sont plus grandes et l’on peut choisir ce qu’on veut : la carte a été modifiée, mais elle est encore un peu faible, à basse resolution ; avec une resolution supérieure, elle est très grande mais son ouverture est plus lente... Ah, si on veut changer l’année prochaine, je vais développer une page entièrement en flash, faire quelque chose de plus professionnel, car cette page n’est pas correcte ». C.G.

Toutefois, un espace intégrant plus d’auteurs ne peut éviter la collaboration. Une collègue du groupe intervient donc pour solliciter la coopération :

« [...] je crois que tout est correct, mais notre site est un peu aléatoire. Je veux dire ... quand on entre, on est perdu dans beaucoup d’informations.

Nous devrions trouver un moyen de montrer une page après l’autre, l’une complétant l’autre. Je pense que les liens doivent se trouver sur la page d’accueil et dans la barre latérale, car beaucoup de gens s’orientent à partir d’elle ». J.V.

Ainsi, en partant d’une démarche initiale de collaboration, se profile la coopération, le wiki permettant qu’un plus grand nombre de personnes ait l’accès et fasse part de ses considérations : le wiki est plus public que privé. Nous observons le même phénomène après que C.G. ait consulté le wiki d’un autre groupe :

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« Laissez-moi voir si je peux aider un peu. Dévoilons les mystères entourant les calories ... j’espère que cela est utile merci ». C.G.

La collaboration de C.G. est importante, parce qu’elle informe le groupe des commandes de programmation qui ont été aidé à la structuration de la page. De sa part, il s’agit d’un acte de collaboration, contribuant à la coopération interne dans le groupe d’auteurs. Voigt (2007, p.4) précise que

« les outils wikis peuvent être utilisés dans des activités pédagogiques axées sur le développement de la réflexion et l’autonomie de l’apprenant, mais surtout pour le travail coopératif. »

Le processus de coopération dans le wiki peut commencer à l’initiative d’un membre du groupe d’auteurs ou à partir d’une contribution extérieure au groupe, comme c’est le cas de la contribution de C.G. dans le groupe «calories». Ce qui suit est un exemple de cette initiative de coopération dans le groupe qui a étudié la question des calories :

« Bonjour, les filles ! Je voudrais suggérer un changement pour la question de recherche. Je dis cela parce que, en réalité, nous avons deux questions et pas une seule. Je crois que c’est la raison pour laquelle nous tournons en rond ... S., tu te rappelles que nous avons besoin d’une ligne de pensée.

Donc ce que je veux suggérer c’est : a) formuler la question de savoir

«comment la nourriture fournit l’énergie pour le corps humain» ; b) d’utiliser comme ligne d’action le texte dont j’ai parlé dans un autre poste.

[...] Je ne sais pas, qu’en pensez-vous ? Quoi qu’il en soit, nous avons besoin de mettre un certain ordre, parce que chaque fois que je regarde notre travail, il me semble que quelque chose manque encore... J’espère que vous aurez d’autres idées, les filles ». R.L.

Dans cet extrait, l’étudiant propose quelques considérations sur les aspects importants du texte et sollicite les réponses que le groupe pourrait apporter à ses suggestions en les engageant à analyser et à proposer d’autres changements.

Cependant, le groupe ne coopère pas, la décision dépendant de l’attitude de chaque membre. Ce qui suit caractérise une initiative de R.L., qui entraîne un processus de coopération collectif :

« Salut, les filles ! Je me disais ... Que pensez-vous de retirer nos noms (ou les rendre plus petits) et mettre une seule figure sur la page principale ? Le titre de calories d’un côté à côté est très agréable, je crois qu’il devrait y être ... Je pense que notre page est encore trop pleine d’informations ...

Qu’est-ce que vous en pensez ? » R.L.

« Je suis d’accord avec toi R.L., il n’y a pas besoin de nos noms là parce qu’ils sont déjà dans la barre latérale. L’accent principal doit être sur la page sur notre question et sur certaines recherches importantes » S.V.

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« Bon, eh bien ! eheheh ... J’ai coupé nos noms ! Si vous êtes contre, n’oubliez pas de crier ! Ehehehe ». R.L.

« Je pense que nous essayons de retirer trop de choses sur notre page d’accueil et nous finissons par supprimer des données importantes, nous devons encore examiner ce que nous faisons et suivre une ligne, qui s’affaiblit ». S.N.

Chaque membre du groupe exprime son opinion et apporte les modifications nécessaires sur la page, en recherchant le consensus du groupe. À cet égard, Voigt (2007, p. 4) signale que, dans le wiki,

« il n’y a pas de hiérarchie préétablie entre les auteurs. N’importe lequel peut ajouter des contenus et également modifier le contenu téléchargé par les autres ».

À travers les analyses que nous avons effectuées sur les processus d’interaction, nous observons les deux mouvements, de coopération et de collaboration. Ces mouvements n’impliquent pas seulement les étudiants mais également l’enseignant.

À propos du rôle de l’enseignant, plus que ceux mentionnés ci-dessus, Martin- Barbero (cité par Silva, 2003, p. 198) affirme que :

« d’émetteur de connaissances [l’enseignant] devrait se faire formulateur de problèmes, provoquer des questions, coordonner des équipes de travail, systématiser des expériences ».

Le rôle de l’enseignant dans les wikis a été très important dans le processus d’apprentissage de chaque étudiant. Se comportant en habitant, l’enseignant connaît ses élèves, leurs intérêts, leurs connaissances antérieures et il peut lancer des questions invitant les étudiants à des nouvelles recherches, les mobilisant pour habiter l’environnement virtuel. Ce qui suit est une intervention de l’enseignant dans le wiki du groupe qui a exploré la question des religions :

« Salut ... la recherche avance ... mais ce qui m’inquiète c’est que nous n’avons pas la question centrale. Où est-elle ? Vous devez mettre la question sur la page d’accueil. Sinon, vous allez lire tout le contenu sur la religion, et vous serez perdus. Alors quelle est votre question ? Où sont les doutes et certitudes provisoires de la première journée ? Ils doivent être enregistrés. Quelques questions à méditer : est-ce que la religion n’est apparue qu’avec les dieux ? et comment vous voyez aujourd’hui la question de la spiritualité ? quel est le but du lien “histoire de la religion” ? Il y en a déjà un sur l’origine ... peut-être quelques informations du texte sur l’histoire devraient-elles être placées dans le texte sur l’origine [...] En créant le texte, vous devez citer plus de lectures. La voie que vous suivez est la bonne, mais il faut que vous fassiez plus attention aux lignes directrices. Allons-y ! » (enseignant)

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On voit dans cette intervention que l’enseignant met en question les certitudes des étudiants, afin de les surprendre et de leur faire rechercher de nouvelles informations pour qu’ils poursuivent la recherche. Voici une intervention de l’enseignant destinée à mobiliser le groupe pour qu’il habite davantage l’environnement d’apprentissage.

« Bonjour, les filles ! Du mouvement et de l’interaction ! C’est génial de suivre ce mouvement. En ce qui concerne la publication, utilisez l’identifiant : radio_interacao et le mot de passe proposé... J’espère que ça marchera. Dans le cas contraire, nous pouvons utiliser le chat, allons parler et partager tout en essayant d’envoyer. Est-ce possible ? J’attends des réponses ici ou par courrier électronique. » (enseignant)

Ce que nous pouvons voir dans ces extraits de wikis, c’est que la collaboration et la coopération ont permis l’apprentissage et des productions collectives, tout en respectant les caractéristiques de chaque espace. Toutefois, il est nécessaire que les étudiants et les enseignants habitent dans ces espaces pour qu’en soit favorisée l’interaction entre les sujets et que ceux-ci ne soient pas seulement des visiteurs ou des passants. L’interaction devrait être la base du processus d’apprentissage dans l’EAD, en particulier dans les environnements virtuels.

Conclusions

Dans cet article nous avons analysé certains phénomènes d’interaction dans des forums et wikis. Il convient de mentionner que le processus d’EAD du cours que nous avons étudié ne se limitait pas à ces espaces et que des interactions ont eu lieu sur d’autres supports de l’environnement virtuel du cours et dans des espaces indépendants, tels que courrier électronique et Messenger. Toutefois, ce sont les environnements considérés à partir des enregistrements de l’interaction entre les étudiants et les enseignants, qui ont rendu possible l’analyse présentée ici.

Les wikis ont pour produit final des hypertextes visant à répondre à une question de recherche et qui récapitulent ce sur quoi le groupe s’est mis d’accord. Le forum vise comme produit final la réflexion et la compréhension de chaque participant sur les notions abordées. Malgré des objectifs et production différents selon l’un et l’autre de ces deux espaces et en fonction de l’attitude des sujets concernés, il a été possible d’identifier dans l’un et dans l’autre des flux d’interaction, à la fois de collaboration et de coopération. Le rôle de l’enseignant, habitant l’environnement, est celui d’un conseilleur et d’un coordonnateur de l’apprentissage, rôle tout à fait important pour lancer les interactions, recherches et questionnements. L’étudiant, dans la plupart des cas, a pris une attitude d’habitant, en contribuant de manière active à la production des significations de son apprentissage, mettant en question ses certitudes et celles de ses collègues, réfléchissant et produisant des connaissances à la faveur de processus de collaboration et de coopération. En revanche, les visiteurs et les passants produisent peu, et n’interagissent guère dans les espaces virtuels.

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De ces considérations résulte le fait que les enseignants et étudiants doivent agir comme partenaires dans le processus d’apprentissage et, pour ce faire, habiter les environnements virtuels. Mais encore faut-il que les enseignants soient préparés à enseigner et à apprendre dans ces environnements. La formation continue des enseignants, telle que proposée dans le cours qui a été évoqué ici, a été planifiée afin de leur permettre d’expérimenter comme étudiants les processus qu’ils devront coordonner en tant qu’enseignants, en promouvant, selon l’expression de Paulo Freire, des espaces d’éducation et non pas seulement d’instruction.

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Références

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