Math´ematiques 3 Partiel CUPGE 2`eme ann´ee - automne 2020
Corrig´ e du partiel - 19 octobre 2020
La clart´e et la pr´ecision de la r´edaction auront une part importante dans le barˆeme.
Exercice 1. Une int´egrale impropre.
L’int´egrale impropre suivante est elle absolument convergente ? Est-elle convergente ? Z +∞
0
sint (√
t+t3/2) ln((1 +t)3)dt.
Solution de l’exercice 1.On a deux impropret´e, en 0 et en +∞, l’int´egrande ´etant une fonction continue sur ]0,+∞[. Pour t au voisinage de 0+, on a 0 6sin(t)∼t et (1 +t)3 = 1 + 3t+o(t) donc ln((1 +t))3 = 3t+o(t), et enfin √
t+t3/2 =√
t(1 +t)∼√
t, donc par produit sint
(√
t+t) ln((1 +t)3) ∼ t
√t×3t ∼ 1 3√
t.
Ainsi par positivit´e et le fait qu’on a une int´egrale de Riemann convergente en 0 (car 12 <1), on voit que l’int´egraleR1
0
sint (√
t+t) ln((1+t)3) est absolument convergente.
Pour tout t>1, on a, comme (1 +t)3 >t, ln est croissante et √
t+t3/2 >t
sint (√
t+t3/2) ln((1 +t)3)
6 1 t3/2ln(t), donc d’apr`es le crit`ere de Bertrand notre int´egraleR+∞
1
sint (√
t+t3/2) ln((1+t)3)dtest absolument conver- gente, donc on conclut que l’int´egrale R+∞
0
sint (√
t+t3/2) ln((1+t)3)dt est absolument convergente, en particulier elle est convergente.
Exercice 2. Cherchez l’erreur.
Montrer que les assertions suivantes sont fausses.
1. Toute s´erie convergente est absolument convergente.
2. Pour toute suite (un) `a valeurs complexes, si la s´erie P
un converge, alors la s´erie P u4n converge.
3. Il existe une suite (un) `a valeurs positives telle que la s´erie P
un converge mais la s´erie Pu3n ne converge pas.
Solution de l’exercice 2.
1. La s´erie P(−1)n
n est convergente car altern´ee, mais pas absolument convergente.
2. On pose un = (−1)√4 n
n , la s´erie P(−1)n
√4
n est convergente car altern´ee (en effet la suite vn = √41
n est d´ecroissante positive et tend vers z´ero), mais pour tout n>1 on a (−1)n
√4
n 4
= 1 n, et donc la s´erie P
u4n diverge car c’est la s´erie harmonique.
3. Il s’agit de montrer que pourtoute suite (un) `a valeurs positives telle queP
unconverge, Pu3nconverge. Or si P
un converge, on sait que limn→+∞un= 0, en particulier il existe N tel que pour tout n > N on a 0 6 un 6 1, mais alors 0 6 u3n 6 un, et donc P
u3n converge d’apr`es le crit`ere de convergence des s´eries `a termes positifs.
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Math´ematiques 3 Partiel CUPGE 2`eme ann´ee - automne 2020 Exercice 3. Convergence de s´eries.
Pour chacun des suites (un) suivantes, dire si la s´erie de terme g´en´eral un est convergente.
1. un= ln(n+1)3n2 , o`u n>1.
2. un= 23 +5−2n+n1 2
n
, o`u n>0.
3. un= 3−3
√n, o`un >0.
4. un= ln(n+1)n −ln(n)n , o`un >1.
5. un= cos(nπ+ exp(−√3
n)), o`u n >0.
Solution de l’exercice 3.
1. On a ln(n+ 1) ∼ lnn quand n → +∞, et donc un ∼ ln(n)3n2 > 0 donc la s´erie converge d’apr`es le crit`ere de Bertrand (car 2>1).
2. On remarque que 5−2n+n2 = (n−1)2+ 4>4 donc pour tout n>1 on a 5−2n+n1 2 6 14, ainsi 0 6 un 6 (23 + 14)n = 1112n
et comme la s´erie g´eom´etrique P 11 12
n
converge (car
1112
)<1), on conclut que la s´erie P
un converge ´egalement.
3. On a pour n > 1, 3−3
√n = exp(−√3
nln(3)) or on sait que 2 lnn = o(√3
n) et donc pour n suffisament grand, 3−√3n 6 exp(−2 ln 3 lnn) = n−2 ln 3. Or 3 > e donc ln 3 > 1 donc 2 ln 3 > 1 et donc la s´erie P
n−2 ln 3 converge, ce qui par positivit´e implique que notre s´erie initialeP
un converge ´egalement.
4. On a 0 6 un = ln(n+1n )
n ∼ n12 car ln(1 + 1/n) ∼ 1n quand n → +∞. Comme la s´erie de Riemann P 1
n2 converge, on d´eduit queP
un converge ´egalement.
5. Pour toutn >0 on aun= cos(nπ+exp(−√3
n)) = (−1)ncos(exp(−√3
n)), or limn→+∞exp(−√3 n) = 0 et par continuit´e de la fonction cos et le fait que cos(0) = 1, on voit que un 6→0, donc
la s´erie diverge grossi`erement, en particulier elle ne converge pas.
Exercice 4. Comparaison s´erie-int´egrale.
On consid`ere la suite (un) donn´ee un = n1 pour n > 1, et la suite de sommes partielles Sn = Pn
k=1uk.
1. La suite (Sn) est-elle convergente ?
2. En utilisant la comparaison s´erie-int´egrale, donner un ´equivalent de la suite des sommes partielles de la s´erie P1
n. 3. On pose ∆n =un−Rn+1
n dt
t. a) Montrer que la s´erie P
∆n converge. On pourra montrer que ∆n6un−un+1. b) En d´eduire que la suite vn =Sn−lnn converge.
Solution de l’exercice 4.
1. La suite (Sn) n’est pas convergente car la s´erie harmonique P
1/n diverge.
2. On a pour tout n>1,
Z n+1
1
dt
t 6Sn 61 + Z n
1
dt t .
Ainsi ln(n+ 1)6Sn 61 + lnn, donc en divisant par lnn des deux cˆot´es on trouve que limn→+∞ Sn
lnn = 1, et donc on a bienSn∼lnn quand n →+∞.
3. a) Soit n∈N. On a par d´ecroissance de la fonction inverse sur ]0,+∞[ que pour tout t ∈ [n, n + 1], 1t > n+11 , et donc Rn+1
n dt
t > n+11 , donc −Rn+1 n
dt
t 6 −n+11 . Ainsi
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∆n 6 un −un+1, et par ailleurs ∆n > 0 ( car pour tout t ∈ [n, n+ 1], 1t 6 n1 donc en int´egrant un > Rn+1
n dt
t). Or P
un −un+1 est une s´erie t´elescopique et limn→+∞un= 0, donc la s´erie P
un−un+1 converge, et comme 06∆n6un−un+1 on conclut queP
∆n converge vers un certain γ >0.
b) Or pour tout n > 1, par la relation de Chasles et en d´eveloppant Pn
k=1∆k = Sn−Rn+1
1 dt
t, donc limn→+∞(Sn−Rn+1 1
dtt
) =γ. Ainsi limn→+∞(Sn−ln(n+ 1)) = γ or limn→+∞ln(n+ 1)−lnn = 0 donc limn→+∞(Sn−ln(n)) = γ. On conclut donc que la suite (vn) converge comme voulu.
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