UNIVERSIT´E PARIS 6 LM366. 2005-2006 FONCTIONS D’UNE VARIABLE COMPLEXE
Corrig´e de l’examen du 27 Juin 2006
Exercice 1. — Soit f une fonction holomorphe au voisinage de D(0, r) et u sa partie r´eelle. On a :
|z| ≤r, f(z) =
+∞
!
n=0
anzn, avec convergence normale. Autrement dit :"+∞
n=0|an|rn<+∞. 1) On ´ecritu(reiθ) = (f(reiθ) +f(reiθ))/2, soit :
u(reiθ) = Ref(0) + 1 2
+∞
!
k=1
(akrkeikθ+akrke−ikθ),
avec convergence normale sur [0,2π]. En multipliant les deux membres par e−inθ et en int´egrant sur [0,2π], on obtient :
Rea0= 1 2π
# 2π 0
u(reiθ)dθ, an= 1 πrn
# 2π 0
u(reiθ)e−inθdθ si n≥1.
2) On a donc, siz∈D(0, r), f(z) =f(0) + 1
π
!+∞
n=1
# 2π 0
u(reiθ)$ z reiθ
%n
dθ.
Par convergence normale de"+∞
n=1u(reiθ)zn/(reiθ)n sur [0,2π], on obtient : f(z) =f(0) + 1
π
# 2π 0
u(reiθ)
+∞
!
n=1
zn
rneinθ dθ=f(0) + 1 2π
# 2π 0
u(reiθ) 2z reiθ−zdθ.
On remarque que : 1
2π
# 2π 0
z
reiθ−zdθ= 1 2iπ
#
∂D(0,r)
z
w(w−z)dw= 1 2iπ
#
∂D(0,r)
( 1 w−z − 1
w)dw est nul siz∈D(0, r) par la formule de Cauchy. On a donc aussi, pour toutA∈C :
f(z) =f(0) + 1 2π
# 2π 0
(u(reiθ)−A) 2z reiθ−zdθ.
3) On choisitA= max|z|=ru(z). On obtient
|f(z)| ≤ |f(0)|+ 1 2π
# 2π 0
(A−u(reiθ)) 2|z| r− |z|dθ et compte tenu de 2π1 &2π
0 u(reiθ)dθ=u(0) :
|f(z)| ≤ |f(0)|+ (A−u(0)) 2|z| r− |z|.
4) Sif est une fonction enti`ere, en appliquant ce qui pr´ec`ede au disqueD(0,2r) et pour|z|=r, on obtient :
max|z|=r|f(z)| ≤3|f(0)|+ 2 max
|z|=2rRef(z).
1
2
Exercice 2. — Soitf une fonction enti`ere.
1) On suppose |f(z)| ≤ C(1 +|z|n) pour tout z ∈ C . Les in´egalit´es de Cauchy, appliqu´ees `aD(0, r), donnent :
|f(k)(0)| ≤k!r−k×C(1 +rn).
Quandr→+∞, on obtientf(k)(0) = 0 pour toutk > n. On sait par ailleurs quef est la somme sur C de sa s´erie de Taylor en 0. Doncf est un polynˆome de degr´e≤n.
2) On suppose Ref(z)≤C(1 +|z|n) pour toutz ∈C . On a donc, compte tenu du r´esultat de la Question 4 de l’Exercice 1 :
|f(z)| ≤3|f(0)|+ 2 max
|w|=2|z|Ref(w)≤(3|f(0)|+ 2n+1C)(1 +|z|n).
Il r´esulte alors de 1) quef est un polynˆome de degr´e≤n.
3) On suppose|f(z)| ≤exp (C(1 +|z|n)) pour toutz∈C . On suppose de plus quef n’a pas de z´ero dans C . Comme C est convexe, il existe donc une fonction enti`ereP telle quef = eP. On a :
|f(z)|= eReP(z)≤exp (C(1 +|z|n)),
donc ReP(z)≤C(1 +|z|n)). D’apr`es 2),P est un polynˆome de degr´e≤netf = eP. Exercice 3. — Soitf(z) = cotgπz. C’est une fonction m´eromorphe sur C . On note f(z) ="+∞
n=−1anzn son d´eveloppement de Laurent en 0.
Les z´eros de la fonction sinπz= (eiπz−e−iπz)/2i= e−iπz(e2iπz−1)/2isont les entiers et sa d´eriv´eeπcosπz ne s’annule pas en ces points. On en d´eduit que la fonction f admet ZZ comme ensemble de pˆoles, qu’ils sont simples et que le r´esidu asssoci´e au pˆolek∈ZZ est cosπz/(πcosπz) = 1/π.
A partir des d´eveloppements limit´es`
cost= 1−t2+t4/24 +O(t6), sint=t−t3/6 +t5/120 +O(t6), on calcule
cotgt=t−1−t/3−2t3/45 +O(t4).
On a donca1=−π/3 eta3=−2π3/45.
2) Siz=x+iy, on a successivement
|sinπz|2 = |eiπz−e−iπz|2/4 = (eiπxe−πy−e−iπxeπy)(e−iπxe−πy−eiπxeπy)/4
= (e2πy+ e−2πy)/4−(e2iπx+ e−2iπx)/4
= (eπy−e−πy)2/4−(eiπx−e−iπx)2/4 = sin2πx+ sinh2πy.
En rempla¸cantzpar 1/2−z, on obtient|cosπz|2= cos2πx+ sinh2πy et finalement :
|f(z)|2= cos2πx+ sinh2πy sin2πx+ sinh2πy. On en d´eduit :
|f(z)|2≤1 + 1
sin2πx+ sinh2πy ≤1 + 1 sin2πx+π2y2.
Notonsg(x, y) = sin2πx+π2y2et supposons d’abord|x| ≤1/2 et|z| ≥1/2. Ou bien
|x| ≥1/4 etg(x, y)≥sin2π/4>0, ou bien|y| ≥1/4 etg(x, y)≥π2/16.
La fonction f est donc born´ee sur {z ∈ C, |z| ≥1/2, |x| ≤ 1/2}. Comme elle est 1-p´eriodique par rapport `ax, on en d´eduit qu’il existeM >0 tel que :
∀z∈C, d(z,ZZ)≥1/2 ⇒ |cotgπz| ≤M.
3) Soitp∈IN∗,n≥1 et∂Kn le bord orient´e du carr´e
Kn={z=x+iy∈C, |x| ≤n+ 1/2, |y| ≤n+ 1/2}.
3
La fonction fp(z) := z−2pcotgπz est m´eromorphe sur C , de pˆoles les points de ZZ.
Son r´esidu en 0 esta2p−1et son r´esidu en k∈ZZ∗ est 1/πk2p. La formule des r´esidus donne :
(1) 1
2iπ
#
∂Kn
z−2pf(z)dz=a2p−1+2 π
!n
k=1
1 k2p.
4) Le chemin ∂Kn a pour longueur 4(2n+ 1) et |z|est ≥n+ 1/2 sur∂Kn. D’autre part, d(∂Kn,ZZ) = 1/2 donc|f(z)| ≤M sur∂Kn d’apr`es 3). On a donc
'' '' 1
2iπ
#
∂Kn
z−2pf(z)dz ''
''≤2M(2n+ 1)(n+ 1/2)−2p/π.
Sip≥1, le premier membre de (1) tend donc vers 0 quandn→+∞. `A la limite, on obtient :
+∞
!
k=1
1
k2p =−πa2p−1
2 . Par exemple"+∞
k=11/k2=π2/6 et"+∞
k=11/k4=π4/45.
Exercice 4. — Soitan, bn ∈IR deux suites telles que :
0< a0< b0< a1< b1<· · ·< an< bn< an+1<· · · et an −−−−−→n→+∞ +∞. On pose
un(z) = 1−z/an
1−z/bn −1 et on consid`ere la suite
Pn(z) = (n
k=0
(1 +uk(z)).
Soitr >0. On choisitm∈IN assez grand, tel que : k≥m ⇒ bn> an≥r+ 1.
Sur le disqueD(0, r), on ´ecrit, pour n≥m : Pn(z) =Pm(z)
(n
k=m+1
(1 +uk(z)).
Dans le membre de droite, les fonctions 1 +uk(z) sont holomorphes surD(0, r) et ne s’annulent pas. D’autre part, pour toutz∈D(0, r) :
|uk(z)| = ''
''1−z/ak
1−z/bk −1 '' ''
= |z|bk−ak
akbk
1
|1−z/bk| ≤(bk−ak)r+ 1 r .
On remarque que (bk−ak) est le terme g´en´eral d’une s´erie convergente. En effet : 0< bk−ak≤ak+1−ak.
On en d´eduit que la s´erie"+∞
k=m+1uk(z) converge normalement surD(0, r). La suite Pn(z) converge donc surD(0, r) et sa limite a pour z´eros et pˆoles ceux dePm(z).
Commer >0 est quelconque, on conclut que
+∞(
n=0
1−z/an
1−z/bn
d´efinit une fonction m´eromorphe sur C , de z´eros lesan et de pˆoles lesbn.
4