SP´ ECIALE MP* : DEVOIR SURVEILL´ E 4H/6H
Soit x
0un r´eel strictement positif fix´e dans tout le probl`eme, les fonctions ´etudi´ees seront d´efinies sur [x
0, +∞[ et `a valeurs complexes.
• On note C l’ensemble des applications continues sur [x
0, +∞[ dans C ,
• On note B l’ensemble des applications continues sur [x
0, +∞[ dans C qui sont born´ees.
• Soit f un ´el´ement de C, on dit que f admet un d´eveloppement asymptotique en +∞
(en abr´eg´e un DA) lorsqu’il existe une suite (a
n)
n∈Nde complexes telle que l’on ait pour tout n de N :
f(x) = a
0+ a
1x + · · · + a
nx
n+ o
1 x
n. On note alors cette propri´et´e f (x) ≈
+∞
P
n=0
a
nx
−n(attention, il se peut que la s´erie que l’on vient d’´ecrire soit divergente).
• On note enfin A l’ensemble des fonctions continues sur [x
0, +∞[ admettant un DA (sous-entendu que l’on se place toujours en +∞).
Partie I - Op´ erations sur les DA Toutes les applications consid´er´ees ici sont des ´el´ements de C.
I.1. Montrer que A ⊂ B et A 6= B.
I.2. a. Soit f un ´el´ement de A, montrer l’unicit´e des a
nfigurant dans le d´eveloppement asymptotique de f .
b. Donner un exemple d’application f qui ne s’annule pas sur [x
0, +∞[ et qui admet un DA `a coefficients tous nuls.
I.3. Soient f et g dans A, ´etudier l’existence des DA de f + g, f g, 1 f .
I.4. Soit f une application de classe C
1de [x
0, +∞[ dans C telle que f
′est dans A. Si f
′(x) ≈
+∞
P
n=0
c
nx
−n, `a quelle condition sur les c
nl’application f admet-elle un DA. Quels en sont les coefficients ?
Donner un exemple de fonction f C
∞de A telle que f
′∈ A. /
Partie II - ´ Etude de certaines fonctions d´ efinies par des int´ egrales
• On note Ω l’ensemble des (α, β) de C
2tels que ℜ(α) > 0, β ´etant quelconque.
• Soit (α, β) un ´el´ement de Ω, on note a = ℜ(α) et b = ℜ(β). On pose ψ
β(x) = e
αxx
β, ϕ
β(x) = 1
ψ
β(x) , J
β(x) = Z
xx0
ψ
β(t) dt et
Q
β(x) = J
β(x) ψ
β(x) o` u x ∈ [x
0, +∞[.
II.1. a. Trouver une relation entre J
β(x), J
β−1(x), ψ
β(x), ψ
β(x
0).
1
2 SP´ ECIALE MP* : DEVOIR SURVEILL´ E 4H/6H
b. Montrer que J
β(x) ∼ 1
α ψ
β(x) (commencer par traiter le cas o` u α et β sont r´eels).
c. En d´eduire que Q
βest dans A et que
Q
β(x) ≈ 1 α +
+∞
X
n=1
(−1)
nβ(β − 1)(. . .)(β − n + 1) α
n+1x
n.
II.2. a. Montrer que ϕ
βest int´egrable sur [x, +∞[, on pose I
β(x) = Z
+∞x
ϕ
β(t) dt.
b. Trouver une relation entre I
β(x), I
β+1(x) et ϕ
β(x).
II.3. On pose P
β(x) = I
β(x) ϕ
β(x) . a. Montrer que lim
x→+∞
P
β(x) = 1 α .
b. Montrer que P
βest dans A et expliciter son DA.
Partie III - Une ´ equation int´ egrale
• On note ∆ l’ensemble des (x, t) ∈ R
2tels que x
06 x 6 t.
• Soit K une application continue born´ee de ∆ dans C . On pose A = sup
(x,t)∈∆
|K(x, t)| et, pour tout g de B : kg k = sup
t
>
x0|g(t)|.
III.1. Soit h ∈ B, on pose Th(x) = Z
+∞x
K(x, t)h(t) t
2dt.
a. Prouver que Th(x) est bien d´efinie.
b. Montrer que, pour x > x
0, |Th(x)| 6 A khk
x . Montrer que Th est un ´el´ement de B.
c. Prouver que l’application T : h ∈ B 7→ Th ∈ B est une application lin´eaire continue de B dans B.
III.2. On rappelle que T
0est l’application identique de B dans B.
a. Montrer la convergence normale de la s´erie de fonctions g =
+∞
P
n=0
T
nh sur [x
0, +∞[, h ∈ B.
b. Montrer que g ∈ B et que g est l’unique ´el´ement de B tel que g − Tg = h.
Partie IV - DA de la solution d’un probl` eme du type pr´ ec´ edent On fixe ici un ´el´ement (α, β ) de Ω. On pose pour tout (x, u) de ∆ :
L(x, u) = Z
ux
exp[2α(t − u)]
t u
2βdt et L
0(u) = L(x
0, u).
IV.1. a. Montrer que L est continue sur ∆ (d´emonstration ´el´ementaire).
b. Prouver que θ : (t, u) 7→ exp[2α(t − u)]
t u
2βest born´ee sur ∆.
En d´eduire que L est born´ee sur ∆ (en ´ecrivant L = L
0− θL
0).
IV.2. a. Soit n un entier naturel quelconque. Montrer que x 7→
Z
+∞x
L(x, u)
u
n+2du admet un
DA.
SP´ ECIALE MP* : DEVOIR SURVEILL´ E 4H/6H 3
b. Soit ρ une application continue de [x
0, +∞[ dans C admettant un d´eveloppement limit´e g´en´eralis´e `a l’ordre n en +∞.
Montrer que x 7→
Z
+∞x
L(x, u)ρ(u)
u
2du admet un d´eveloppement limit´e g´en´eralis´e `a l’ordre n + 1 en +∞.
IV.3. Soit F un ´el´ement de A et λ un complexe quelconque.
a. Montrer qu’il existe une et une seule application g , ´el´ement de B, telle que, pour tout x > x
0,
g(x) = λ − Z
+∞x
F (u)L(x, u)
u
2g(u) du, et que g admet un DA.
b. Montrer que g est de classe C
1sur [x
0, +∞[ et que
g
′(x) = Z
+∞x
exp[2α(x − u)] x u
2βF (u)g(u) u
2du.
c. En d´eduire que g
′admet un DA.
FIN DES 4 H.
Partie V - Solutions normales de (E ) : y
′′+ qy = 0
• On appelle A
∗l’ensemble des ´el´ements de A qui ont une limite non nulle en +∞.
• Soit q un ´el´ement de A
∗, q(x) ≈
+∞
P
n=0
a
nx
−nv´erifiant a
06= 0.
• On dit que f, solution de (E ) est normale s’il existe (α, β) dans C
2tel que f (x) = e
−αxx
−βg(x)
pour x > x
0, o` u g est dans A
∗, g
′dans A.
• On dit que le couple (α, β ) est normal s’il existe au moins une solution normale f de (E ) qui lui est associ´ee. On suppose dans cette partie que (α, β) et f sont ainsi choisis.
• On pose g (x) ≈
+∞
P
n=0
c
nx
−n, c
06= 0.
V.1. a. Ecrire l’´equation diff´erentielle (E ´
α,β) transform´ee de (E ) par le changement de fonction inconnue y = e
−αxx
−βz.
b. En d´eduire que g
′′est dans A.
V.2. a. Montrer que (α, β ) v´erifie (S) :
( α
2= −a
02αβ = −a
1, les coefficients c
ndu DA de g ´etant alors d´efinis par une relation de r´ecurrence `a pr´eciser.
Que peut-on dire de l’ensemble des suites (c
n) v´erifiant cette relation ?
b. Montrer qu’il existe exactement deux couples (α, β) v´erifiant (S) et discuter leur
appartenance `a Ω.
4 SP´ ECIALE MP* : DEVOIR SURVEILL´ E 4H/6H
Partie VI - D´ eveloppement des solutions de (E )
• On suppose d´esormais que a
0∈] − ∞, 0[ (a
0est le premier terme dans le DA de q).
• On note (α, β) le seul ´el´ement de Ω qui v´erifie (S).
VI.1. Montrer que (E
α,β) peut s’´ecrire : d dx
ϕ(x) dz dx
+ ϕ(x)
x
2F (x)z = 0, o` u ϕ(x) = e
−2αxx
−2β, F un ´el´ement de A `a pr´eciser.
VI.2. On note encore L la fonction d´efinie au IV. Soient g une solution born´ee de (E
α,β), (x, X ) un ´el´ement de ∆. Montrer les propri´et´es suivantes :
a. ϕ(X)g
′(X) − ϕ(x)g
′(x) = − Z
Xx
ϕ(t)F (t)g(t) t
2dt, b. ϕg
′a une limite l en +∞,
c. g
′tend vers 0 en +∞, d. g
′(x) =
Z
+∞x
F (t)g(t)
t
2e
2α(x−t)x t
2βdt.
VI.3. Montrer que :
a. g (X) − g(x) = g
′(X)L(x, X ) + Z
Xx
L(x, t)F (t)g(t) t
2dt, b. g a une limite λ en +∞ et g (x) = λ −
Z
+∞x
L(x, t)F (t)g(t) t
2dt.
VI.4. a. Montrer que (E ) admet une et une seule solution normale born´ee f , `a un facteur multiplicatif pr`es.
b. Montrer enfin que toute solution non nulle de (E ) qui n’est pas du type pr´ec´edent est normale, non born´ee (effectuer dans (E ) le changement de fonction y = f w o` u f est normale, born´ee, non nulle).
Partie VII - DA des fonctions d’Airy
Soient m un r´eel strictement sup´erieur `a −2, λ un nombre complexe de partie r´eelle stricte- ment positive et (E
0) l’´equation diff´erentielle : y
′′− λ
2x
my = 0.
VII.1. On effectue le changement de variable : t = Z
x0
u
m/2du et le changement de fonction inconnue : y = x
−m/4z.
Montrer que (E
0) se transforme en (E
1) : d
2z dt
2+
k t
2− λ
2z = 0 o` u k est une constante
`a pr´eciser.
VII.2. Indiquer les coefficients des DA intervenant dans les solutions de (E
1).
VII.3. Traiter compl`etement l’exemple y
′′− xy = 0 :
on obtient des fonctions f (x) = ce
−αxx
−βg(x) avec g(x) ≈
+∞
P
n=0