UE Introduction à la géographie Devoir maison
Devoir Maison (à rendre pour le vendredi 15 octobre)
En vous aidant des documents présentés dans le dossier, répondez aux questions suivantes : 1. Réalisez le diagramme ombro-thermique de Murcie (Espagne) sur la feuille de papier
millimétré jointe (page 2), à partir des données climatiques du document 1. (4 points) 2. Commentez le diagramme ombro-thermique de Murcie, comparez-le à celui de Bilbao. (4 points)
3. À quel type de climat correspondent les stations de Murcie et Bilbao dans la classification de Köppen ? Donnez uniquement le code à 2 lettres. (1 points)
4. Quels sont les principaux mécanismes climatiques à l’origine des variations de précipitations en Espagne ? Quel autre facteur du milieu physique influence la géographie des précipitations ? (2 points)
5. Comment s’organise l’agriculture sur le territoire espagnol ? (1 page maximum) (3 points) 6. La pénurie en eau en Espagne est-elle liée au climat ? Développez et argumentez votre réponse, en apportant toutes les nuances nécessaires. (1 à 2 pages max.) (6 points)
J F M A M J J A S O N D
T°C
moyenne 11,0 12,4 14,6 16,7 20,0 24,2 27,2 27,5 24,3 20,0 15,0 11,8 Cumul
moyen des PP (mm)
25,8 23,4 28,1 32,0 52,8 11,6 3,5 18,5 37,6 50,3 28,8 30,4
Document 1 : Températures et précipitations moyennes pour la station de Murcie, Espagne – Source : Infoclimat, 2021
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Document 2 : Diagramme ombro-thermique de la station de Bilbao, Espagne – Source : Info-Climat, 2021
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Document 3 : Localisation des ressources hydriques - Source : Nacima Baron-Yelles, « Atlas de l’Espagne : une métamorphose inachevée ? », Autrement, 2009
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Document 4 : Carte altimétrique et bathymétrique – Source : Institut géographique national, Atlas national d’Espagne, 2016
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Document 5 : L’agriculture espagnole – Source : Nacima Baron-Yelles, « Atlas de l’Espagne : une métamorphose inachevée ? », Autrement, 2009
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Document 6 : Le projet de transfert des eaux de l’Èbre en 2001 – Source : Nelly Jacques Alternatives économiques, n° 199, 01/2002
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Disponibilités et utilisations de l’eau en Espagne
Partagée entre les domaines atlantique et méditerranéen, l’Espagne est un pays aux situations hy- drologiques contrastées. Les précipitations moyennes annuelles sont de 687 mm mais, 24% du terri- toire reçoivent plus de 800 mm et 15% reçoivent moins de 400 mm (Maury , 1990). Tout comme les précipitations, les eaux superficielles sont inégalement réparties : 69% sont situées sur la façade atlan- tique et 31% sur la façade méditerranéenne.
Les organismes officiels distinguent les bassins hydrographiques excédentaires (Duero, Tage, Èbre), les bassins à faible excès (Júcar, Pyrénées orientales) et les bassins déficitaires (Segura).
Sécheresse et désertification en Espagne
La sécheresse en Espagne n’est pas un phénomène nouveau ni exceptionnel. Jorge Olcina Cantos (2001, p. 52-53), professeur de géographie à l’Université d’Alicante, classe les sécheresses en trois types selon leur localisation géographique et leur durée :
- Les sécheresses cantábricas, de caractère imprévisible et de faible fréquence, se localisent sur la frange climatique océanique au nord de la péninsule ;
- Les sécheresses ibéricas, de caractère conjoncturel dont les séquences ont une durée de deux à quatre ans, se localisent pratiquement sur la totalité du territoire ;
- Les sécheresses surestinas, de caractère structurel, prolongent les effets des sécheresses ibéricas dans les territoires de climat aride.
Bien que le caractère non exceptionnel des épisodes de sécheresse en Espagne soit admis, la percep- tion de ce risque naturel a changé (Olcina Cantos, 2001). Ce changement a pris naissance lors de la sécheresse des années 1960. Avant cet épisode, la société s’adaptait aux sécheresses, alors qu’après elles sont considérées comme des séquences catastrophiques.
Dans le processus de désertification plusieurs facteurs interagissent parmi lesquels les sécheresses, les changements d’utilisation du sol, les types de productions agricoles et la perte de biodiversité.
Mais comme l’exprime Francisco Lopez Bermudez (2004) : « la désertification est, fondamentale- ment, un problème de développement durable. C’est un symptôme d’un mal fondamental : la rupture de l’équilibre entre le système de ressources naturelles et le système socio-économique qui les exploite.
L’aridité, les sécheresses, les fluctuations climatiques ne suffisent pas à elles seules à expliquer le phénomène de la désertification. La crise environnementale que représente la désertification requiert une reconsidération radicale du conflit société/nature. »
En Europe, l’Espagne apparaît comme le pays le plus affecté par le processus de désertification : il concerne 67% du territoire, dont plus de 30% caractérisé par un risque élevé voire très élevé. La Communauté Valencienne (Bassin du Júcar), la région de Murcie (Bassin du Segura), l’Andalousie (Bassins du Guadalquivir et du Sur) et Castille – La Manche (Bassin du Tage) sont les régions les plus touchées.
Consommations d’eau
En Europe, l’Espagne est la plus grande consommatrice d’eau par habitant (656 m3/hab/an) bien qu’elle soit parmi les pays les moins dotés en ressources hydriques (moins de 3 000 m3/hab/an). En
UE Introduction à la géographie Devoir maison termes d’intensité d’utilisation (prélèvements totaux/ressources en eau), elle se situe en troisième po- sition (23%) derrière la Belgique (45%) et l’Italie (32%). Cette forte intensité d’utilisation est due à l’irrigation. En effet, l’utilisation agricole d’eau en Espagne représente 77% des utilisations totales.
Près de 15% de la surface agricole utile en Espagne sont irrigués. L’irrigation concerne en grande partie les régions situées au sud et au sud-est de la péninsule comme la Communauté de Valencia ou la Région de Murcie, régions qui sont aussi touchées par un risque élevé de désertification […].
A l’importante consommation d’eau par l’agriculture et en particulier l’irrigation, il faut ajouter une concentration de la population à l’est et au sud de l’Espagne. En 2003, la densité moyenne espagnole était de 86 hab/km² (MMA (a), 2005) mais elle atteignait des concentrations très importantes dans des provinces comme Malaga (188), Valencia (214), Alicante (280) ou Barcelone (654).
Il faut également tenir compte de l’important processus d’urbanisation et du développement du tou- risme dans le Sud-Est, surtout en bordure des littoraux. Tourisme et urbanisation sont des phénomènes importants en Espagne.
Or, dans la zone méditerranéenne le processus d’urbanisation est une des principales menaces pour les sols. La superficie urbanisée en Espagne a augmenté de 26% dans les années 1990 (Observatorio de la sostenibilidad en España, 2005, p.122). Dans certaines Communautés Autonomes […], l’aug- mentation de cette superficie a dépassé 50%, par exemple dans les Communautés Autonomes de Mur- cie (52%), de Navarre (51%) et de Valence (50%).
L’urbanisation augmente l’artificialisation du sol et la concurrence avec l’agriculture pour les res- sources hydriques. […]
L’augmentation de la consommation urbaine de l’eau permet de mettre en évidence le décalage entre ressources hydriques et besoins croissants. Au niveau national elle a augmenté de 20,9% entre 1990 et 2001 (MMA (a), 2005). Cette augmentation de la consommation urbaine a atteint près de 30% dans les bassins méditerranéens espagnols et a dépassé 50% dans la Région de Murcie (55,4%).
Document 7 : Disponibilité et utilisations de l’eau en Espagne – Source : Marie François, « La pénurie d’eau en Espagne : un déficit physique ou socio-économique ? », Géocarrefour, vol. 81/1 |
2006, 25-35.