307.
ABSORPTION
DIÉLECTRIQUE
DES AMINES EN
SOLUTIONS
ENTRE 104 ET108
c/s
Par MANSEL DAVIES et A. H.
PRICE,
The Edward Davies Chemical Laboratories,
University College
of Wales,Aberystwyth
(Grande-Bretagne).
LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. TOME
15,
AVRILL’étude de
l’absorption diélectrique
de moléculessimples
en solution a été faitesystématiquement
par divers chercheurs au cours desquatre
oucinq
dernières années. Lespropriétés générales
del’absorp-tion
dipolaire
suivent les relations deDebye,
c’est-à-dire quel’absorption
estinterprétée
quantitativement
soit par untemps
de relaxationunique
r, soit par une gamme detemps
de relaxation(envisagée
d’ailleurs différemment dans lesdéveloppements
par Fuoss-Kirwood ou par Cole-Cole de laconception primitive
deDebye).
Nous désirons
souligner plus
particulièrement,
dans leprésent
Mémoire,
lescaractéristiques
d’uneabsorption
de résonance trouvée pour latriéthyl-amine : cette
absorption
n’est pas dutype Debye,
maiscorrespond
defaçon
assezsatisfaisante
à la fré-quenced’absorption
par inversion del’ammoniac;
elle a
peut-être
la mêmeorigine
intramoléculaire que cette dernière.Nos mesures’ ont été faites avec le
dispositif
de Hartshorn-Ward de mesures despertes diélectriques;
il couvre la gamme de 10 kc à I ooMc ~s.
Comme il a été montré(par comparaison
avec desliquides
mesurés au NationalPhysical Laboratory),
onpeut
mesurer despertes
faibles de l’ordre detgô
=avec une erreur inférireure à 2 pour Ioo. Pour déter-miner la
perte
due aucomposé
dissous,
la valeur detgo
du solvant est retranchée de celle de la solu-tion(à
la mêmefréquence);
ladifférence,
appelée
« incrément de
tgô »
=(à tgl),
est laperte
attribuéeau
composé
dissous. Al’exception de
latriéthy-lamine,
qui
a été mesuréeégalement
à l’état deliquide
pur, les données serapportent
à des solutions diluées dans leNujol
des substancespurifiées (concentrations
de corps dissous de l’ordre de 5 g par 100 ml dans le solvanthydrocarburé
nonvolatil,
à faibleperte).
Comme
exemple d’absorption Debye typique,
nous pouvons donner les observations sur latri-benzylamine.
Pour les solutions dans les solvants nonpolaires,
laperte
par orientationdipolaire
estreprésentée
parl’équation
deDebye [1] :
où ’
A
tga, perte
due à la substance ensolution;
c, concentration en
molécule-gramme
parlitre;
ê 0’ constante
diélectrique
de lasolution;
N,
constanted’Avogadro;
k,
constante deBoltzmann;
,i, momentdipolaire;
cj,
fréquence
angulaire
duchamp appliqué,
c’est-à-dire 2Rf;
temps
de relaxation desdipôles
dissous.Cette
équation peut
être écriteavec
Ainsi,
enportant
c)2 en fonction deW2@
on doit ,à bFig. 1.
obtenir,
pour uneperte
dutype
Debye,
uneligne
droite degradient
positif
etd’interception positive.
Onpeut
déduire de cesparamètres
de la raie letemps
de relaxation et le momentdipolaire
ducomposé
dissous.Pour une solution diluée o,1 ~
mol-g,1
detribenzyl-amine dans le
Nujol,
lespertes
observées sontrepré-sentées sur la
figure
i, où les valeurs de l’incrément308
de
tg~
sontportées
en fonction dulogarithme
de lafréquence
f (en
cycles
parseconde).
La raie définie parreprésentation
deB (1) C -..
en fonction de conduit àA
tg 0
En
introduisant
ces valeurs dans la relation deDebye
(équ.
(1)],
une courbed’absorption
calculéepeut
êtreconstruite;
elle s’accorde defaçon
satisfaisante avec les valeurs observées deAtg8.
Notonscependant
’
Fig. 2.
que des écarts
apparaissent
du côté hautefréquence
dupic
d’absorption (qui
est assez voisin de la limite de la gamme defréquences mesurables).
Le moment
dipolaire
mesuréci-dessus,
p= 0,55
D dans leNujol peut
se comparer defaçon acceptable
avec la valeur Il. =o,65
D mesurée récemment dansle benzène
[2].
Lestemps
de relaxation ont été discutésqualitativement
à l’aide de la relation deDebye
basée sur le facteur de Stokes pour unesphère
de rayon aOn sait que cette relation est
quantitativement
peu satisfaisante[3].
Fischer asuggéré [5]
derem-placer ,
paro,36 r,,
afin de tenircompte
de la « vis-cosité moléculaire » du solvant.Sur cette
base,
notre valeur de =suggère
un volume moléculaire d’environ i oo~-B.3,
soit à peuprès 1 /3
de ce que l’onpouvait
attendre pour la molécule detribenzylamine.
Ces valeurssoulignent
que l’absorp-tion introduit l’orientationdipolaire
de l’ensemble mais que la molécule detribenzylamine
n’est pasrigide.
Uneapproximation
bienmeilleure,
tenantcompte
du facteur de ;iscositécorrect,
a été faite récemment[6].
En ce
qui
concerne latriéthylamine,
elle a été étudiée pourquatre
concentrations dans leNujol,
(dans
la gamme à1,6
mol-g/1),
etégalement
pourle’liquide
pur. Lesrésultats,
pour la solution laplus
diluée sont donnés par lafigure
2. Il est clair que le contour est très différent de celui d’uneabsorption
de relaxationdipolaire
deDebye;
lepic
estbeaucoup
plus aigu.
Enoutre,
la courbe reliant-20132013~
à (1)2 Atg8 est fortéloignée
ici de laligne
droite et donne ungradient négatif
inadmissible.Le contour trouvé ici
est,
enfait,
très semblable à celui del’absorption
non résolue de l’ammoniac pour lalongueur
d’onde de 1,2 cm. Cetteabsorption
bien connue de l’ammoniacperd
toute sa structure fine pour despressions
de l’ordre de 10 cm et le contour de la bande résultante a été étudié par -Frôhlich sous le nom «d’absorption
derésonance, [7].
La relation de Frôhlich estoù Àe est l’abaissement de la constante
diélectrique,
lorsqu’on
passe des basses aux hautesfréquences
parrapport
aupic d’absorption;
tÜo
est lafréquence
propre de l’oscillateur absorbant. Il résulte de(4)
que :où le maximum se
rapporte
à la valeur detg ô.
Enappliquant
ces relations nous avonstr ouvé,
pour la concentration0,48
mol-g/1;
les valeursLes
points
calculés enportant
ces valeurs dansl’équation (4)
sont donnés dans lafigure
2; on pourra les comparer aux donnéesexpérimentales.
Pour la solutiono,83 mol-g/1,
lesvaleurs,
qui
s’accordent avecl’absorption
donnée parl’expérience,
sontIl y a une différence
marquée
entre ces deux valeursde -:;
lasignification
de cechangement
de la valeur de z estplus
clairementexprimée
par une autrereprésentation
del’absorption
de résonance.L’absorption
de l’ammoniac gazeux a étéégalement
traitée[8]
à l’aide de la théorie del’élargissement
par chocs de Van Vleck et
Weisskopf [ 9] ;
on en déduit la relation309
absorbantes,
dont lafréquence
de résonance est v o, et lafréquence
duchamp
appliqué.
Â~ est lalargeur
de la courbe de résonance à mi-hauteur du maximum. Elle se lie au
temps
moyen entre les chocs(t)
parl’équation :
Quand
cette relation est introduite dansl’équation [5],
celle-ci se transformejustement
en uneexpression
du mêmetype
que celle deFrôlich,
avect remplacé
maintenant par T. Si cette identification de z à uneabsorption
derésonance,
avec untemps
de choc moyen,peut
êtreacceptée,
on arrive alors àcom-prendre
aisément sa variation avec la concentration. Defait,
Cleeton et Williams etBleaney
et Pen-rose[8]
ont utilisé avec succès la relation : t x pres-sion = const. dans leurs calculs de l’ammoniac gazeux.Par
suite,
il est intéressant de rechercher si cetterelation,
sous la forme t x concentration =const.,
est
applicable
à nos résultats.Tout
d’abord,
l’équation (6)
peut
êtreappliquée
auxdemi-largeurs
(mesurées directement)
desabsorp-tions à
0,48
eto,83 mol-g’l.
L’imprécision
dans la détermination de t est bienmoindre que celle
correspondant
à la déterminationde -~,;
la valeur de (1) 0(fréquence
derésonance)
estconstante,
dans la limite des erreursexpérimentales,
à4,8 o,3. io3
c/s.
Enprenant
(t
Xc) ,
=o, 3 4.
Io8,
les courbes
expérimentales d’absorption
à i,oq et1 ,5g
mol-g,
et pour latriéthylamine
pure sontrepro-duites
defaçon
satisfaisante,
bien que, par suite de la variation de t avec laconcentration,
le maximum des courbesd’absorption,
se soitdéplacé,
pour cessub-stances,
au delà des limites del’appareil
utilisé. Enrésumé,
onpeut
dire :a. que la
triéthylamine
en solution montre uneabsorption
de résonancetypique,
centrée vers 80Mc,
qui
secomporte
de manière semblable à celle del’absorption
de l’ammoniac gazeux à 1,2 cm;b. que le contour
d’absorption
s’accorde(pour
quatre
concentrations dans leNujol
et pour l’étatliquide pur)
avec leséquations
représentant
uneabsorption
derésonance;
c. un fait
quelque
peusurprenant
est que, au moinsqualitativement,
l’influence de la concentration en solution semble suivre lareprésentation
d’élargis-sement parchoc,
avec cettehypothèse
que seuls interviennent les chocs entre les molécules detrié-thylamine,
le solvant nejouant
d’autre rôle que celui de là,dilution;
d. en déterminant
(par
sonabsorption
infrarouge)
et en variantsystématiquement
la teneur en eau de latriéthylamine,
nous avons pu éliminerl’hypo-thèse
(aimablement signalée
à nous, àParis,
par M.Freymann)
que lespertes
dans latriéthylamine
auraient pu être dues à des traces d’eau.BIBLIOGRAPHIE.
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DEBYE. -Physik
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35, I0I.[2]
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[6]
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[8]
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Phys.
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BLEANEY et LOUBSTER. -
Nature,
I948,
161, 522.[9]
VAN VLECK et WEISSKOPF. - Rev. Mod.Physics, I945,
17, 227.LE SPECTRE DE VALENCE
C2014CD’HYDROCARBURES
SUBSTITUÉS
ET
ISOMÈRES
Par L.
KELLNER,
Imperial College
of Science andTechnology,
London(Grande-Bretagne).
LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. TOME1~?
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