LES EXPÉRIENCES D´ÉTUDE DES MINORITÉS SOCIALES
Boris ILJUK
Université Hradec Králové
MOTS-CLÉS : MINORITÉS SOCIALES - MÉTHODES D´ÉTUDES - QUESTIONNAIRE – INTERVIEW - ÉTHIQUE SCIENTIFIQUE - EMPATHIE
RÉSUMÉ : L’étude de la société humaine, notamment des minorités sociales (ethniques, sexuelles etc.), est toujours sensible au point de vue de l’éthique. Les psychologues, les sociologues sont toujours confrontés dans ces cas au problèmes de morale, de responsabilité. Notre intervention s’exerce sur les expériences d’études des minorités homosexuelles en Belgique. Nous montrerons des conditions d’études psychologiques qui permettent non seulement de recevoir les donnés plus ou moins objectives mais qui respectent l’intimité de la personnalité.
SUMMARY :
1. INTRODUCTION
L’étude scientifique qu’on pratique en milieu social a une dimension principale : l’objectivité et le respect de la personnalité. Dans le cas des minorités spécifiques (religieuses, sexuelles, etc.) cette dimension est toujours sensible du point de vue de l’éthique. « L’activité scientifique sert l’homme comme une flûte, mais aussi comme une pelle : on peut l’employer comme un tambour et comme une hache“ (Ján Ferjencik, 2000, p.13). C’est dire que la science est un instrument qu´on peut manier avec habileté aussi bien qu’avec négligence et cela dépend toujours du chercheur qui doit mesurer tout pro
et contra de son étude. Ici nous présentons les expériences d’étude psychologique des minorités
homosexuelles. En respectant les principes fondamentaux de l’étude scientifique, nous voulons souligner des moments psychologiques qui concernent l’étude de cette minorité.
2. SPÉCIFICITÉ DES ÉTUDES DES MINORITÉS SOCIALES
Il est évident que les communautés homosexuelles sont pour la plupart fermées. Cette situation est déterminée par l’incompréhension de certaines parties de la majorité sociale. Cela constitue parfois un obstacle dans l’étude, obstacle que le chercheur doit surmonter. C’est toujours l’empathie qui aide le chercheur dans l’étude psychologique d’une communauté spécifique. Cette faculté intuitive est désirable à toutes les étapes d’étude. Notre étude a eu lieu en Belgique. Le chercheur étranger était comme un facteur supplémentaire qui gardait l’anonymat des personnes sondées.
Des moments d’adaptation précédaient notre sondage. Le chercheur était présent dans quelques réunions de la communauté où il a expliqué le but et le sens du sondage. En outre, il participait aux discussions sur les différents problèmes de la vie de communauté. Ces moments ont approfondi la confiance entre le chercheur et les personnes sondées. Ainsi, les membres de la communauté homosexuelles étant persuadés que le sens du sondage n’était pas en conflit entre leurs droits et intérêts personnels, il était possible d’appliquer le questionnaire.
Pour notre étude, nous avons choisi le questionnaire standardisé, principalement avec des questions fermées. Le mode de formulation des questions était le suivant : des questions générales sur la sexualité (plus neutres) aux questions spécifiques (plus intimes), par exemple :
- Les connaissances de la jeunesse sur la sexualité (y compris l’orientation sexuelle) sont : A) assez complètes
B) relativement complètes C) superficielles
- Avez-vous été abusé sexuellement :
Par un hétérosexuel OUI ou NON Par un homosexuel OUI ou NON
Si OUI : quel âge aviez-vous? ……
Pour approfondir les résultats de notre sondage nous avons utilisé l´interview semi-directif qui concernait la vie personnelle des membres de communauté homosexuelle.
3. DISCUSSION
Notre étude a eu lieu à Liège (Belgique). CHEL – Jeunes Homos Liégois(es) était l’objet de notre sondage. L’échantillon était constitué par 25 membre de CHEL (21 homme, 4 femme) du 19 au 30 ans ; instruction : étudiants ou gens qui ont terminé leurs études.
L’analyse des réponses aux questions générales montre que les opinions des jeunes homosexuels sur les connaissances de la jeunesse sur la sexualité (y compris l’orientation sexuelle) sont développés. Ces réponses déterminent évidemment les considérations de jeunes homosexuels sur la nature de l’orientation sexuelle (Tab.1).
Tableau 1(en %)
L’orientation sexuelle dépend Pas du tout d’accord
Pas d’accord
Partagé D’accord Tout à fait d’accord
a. des facteurs biologiques 16 12 36 28 0
b. du milieu social 28 20 32 12 0 c. d’expériences personnelles 8 12 44 16 16 d. de facteurs biologiques et sociaux à la fois 12 12 40 20 12 e. on peut changer l’orientation sexuelle 64 16 16 0 0
f. on ne peut pas changer 12 12 16 16 36
Notre sondage assure qu’il existe une tolérance considérable du milieu familial (parents, frères, sœurs) sur l’orientation homosexuelle. Pourtant, 16-20 % des homosexuels cachent leur orientation homosexuelle à leurs proches (Tab. 2). On peut opposer que la participation aux associations homosexuelles est pour eux un certain coming out.
La tolérance, la compréhension et l’acceptation de l’orientation homosexuelle par la majorité hétérosexuelle, comme le montre l’entretien semi-directif, sont parmi les problèmes primordiaux de la coexistence des homo- et hétérosexuels. C’est pourquoi la perception personnelle de affirmation par les jeunes homosexuels que la plupart des gens pensent que les minorités sexuelles sont dangereuses
pour notre société est bien explicable. Presque la moitié (48%) des personnes questionnées avaient
partagé ce sentiment.
Notre étude montre qu’il existe deux groupes d’âge pour la première expérience homosexuelle : 44% personnes (de sexe masculin) dans notre échantillon ont eu une première expérience homosexuelle à l’adolescence (12 – 21 ans), 56% (de sexe masculin et féminin) – entre 22-30 ans. Pratiquement personne n’a été abusé sexuellement. Seul, un homme (24 ans) a avoué qu’il a été abusé à 21 ans par u hétérosexuel (23 ans).
Tableau 2 (% / %)
Quelle a été la réaction quand vos proches ont appris que vous aviez une orientation homosexuelle ?
Réaction
Vos parents Vos frères et sœurs Ils ont respecté mon
orientation
60 44
Ils ont été tolérants 16 16
Ils se sont détournés de moi 4 0
Ils ne sont pas au courent 16 20
3. CONCLUSIONS
Nous comprenons bien qu’il est impossible de faire des conclusions globales sur la base de cet échantillon. Mais, tout de même, nos expériences d’étude de cette minorité sexuelle (CHEL - Jeunes Homos Liégois(es) en Belgique) reflète la situation générale des jeunes homosexuels et est donc un stimulus pour le développement de pratique éducative.
BIBLIOGRAPHIE