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ARTheque - STEF - ENS Cachan | Les animaux à l'école

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Academic year: 2021

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LES ANIMAUX A L'ECOLE

BERNARDINI MOSCONI P. BOCCHIOLA M.T.

GERVASO M.V.

MOTS-CLES :Animaux, Représentation, Stratégie pédagogique

Les animaux n'existent pas seulement pour que nous puissions nous en servir, il ne faut donc pas les considérer comme une minorité asservieàl'homme.

Les animaux, c'est le règne auquel nous aussi appartenons et nous ne sommes qu'une petite minorité au milieu d'eux.

Les enquêtes conduites chez les élèves (de 8 à II ans) d'une école primaire d'un village révèlent que tous les enfants connaissent le chien, le chat, le lapin, le cheval, le lion, le lièvre, le tigre, la vache, le brebis, la souris, tandis que les oiseaux, les insectes, les poissons, les arachnides et les animaux qui vivent dans l'eau sont moins connus.

75 % des enfants aiment les animaux et 90 % aimeraient les toucher tous, à l'exception des souris, des serpents, des crocodiles et des couleuvres. Seulement 12 % ont déclaré avoir peur des animaux: ceux qui les effrayent le plus ce sont les lions, les tigres, les serpents, les guêpes, les araignées, les panthères car,à leur avis, ilsont féroces, vénéneux, ils mordent et ils sont grands.

Les élèves des écoles secondaires (de 11à 15 ans) ou les adultes auxquels on a posé les mêmes questions, ont manifesté des phobies bien majeures et ont parlé de répugnance parfois non motivée plutôt que de peur envers des animaux qui sont définis génériquement laids, poilus, sauteurs, tels que les souris, les blattes, les vers, les crapauds.

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L'éducation joue donc un rôle fondamental dans nos rapports avec les animaux. D'après Midgley (1985), l'emploi de mots comme bête, animal, loup, souris, serpent ete. a un pouvoir énorme et dans la culture occidentale conditionne profondément l'image du comportement des animaux.

Comme on a vu auparavant, ily a beaucoup d'animaux inoffensifs ou même utiles à l'homme, tels que les crapauds, les araignées, les couleuvres qui souffrent d'un symbolisme négatif, tandis qu'il y a des animaux carnivores, tels que les renards et les lions, qui sont décrits irréellement comme des assassins délibérés qui tuent pour le plaisir de le faire.

1. L'animal nuisible

Le terme nuisible est souvent attribué aux animaux se nourrissant d'autres animaux ou de végétaux dont l'homme aussi se nourrît ou bien causant des dégâts aux élevages ou aux cultures, sources économiques pour l'homme.

On crée ainsi une compétition. A ce propos, voilà quelques exemples: entre l'homme et le loup pour l'agneau du troupeau

entre l'homme et la chenille pour les fruits

entre l'homme et quelques insectes pour les farines et les graines entre l'homme et le brochet pour les poissons

entre l'homme et le renard pour les poules entre l'homme et la limace pour les légumes.

Sans doute, le loup, la limace, le brochet penseront que l'homme est un animal nuisible qui s'empare de leur nourriture. Parler de nuisible quand il s'agit d'animaux utilisant nos aliments ou causant des dégâts économiques, ce n'est pas correct.

L'animal qui peut vraiment nuire est celui qui parasite l'homme ou bien transmet des agents pathogènes : par exemple, le taenia et ,en particulier, l'echinocoque qu'on peut prendre en caressant des chiens qui ont eu affaire à des troupeaux: les oxyures (dits aussi vers des enfants à cause de leur présence élevée dans les écoles maternelles, où il suffit d'un enfant porteur pour infecter tous les copains) ; quelques insectes piquants, tels que les guêpes et les moustiques qui peuvent provoquer des phénomènes allergiques: quelques arachnides, tels que les scorpions et les tiques (ces dernières, présentes dans les prés, peuvent transmettre différentes infections). Il est juste qu'on effectue une prévention à propos de ces hôtes indésirables qui passent eux-même à travers une connaissance et un rapport correct avec eux.

2. L'animal et la famille

La famille arrive souvent à inscrire ses enfants aux groupes naturalistes les plus connus qui n'ont, en général, d'autre but que celui de protéger les animaux en voie d'extinction, plutôt que l'éducation à une vie en commun avec l'animal domestique, ou àla connaissance d'habitats naturels d'animaux communs. Ou bien, on conseille aux

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enfanl<; devoir des films et des documentaires télévisés qui parlent des animaux ; on leur achète des animaux en peluche ou des livres avec de bons reportages photographiquesà caractère zoologique. Mais peu de familles sont orientéesàtenir des animaux chez elles. Il y a des parents qui ne veulent pas que cela puisse donner origine à des pathologies chez l'enfant. Il en résulte qu'ils empêchent leurs enfants d'approcher n'importe quel animal. Ces parents sont favorables à emmener leurs enfants aux zoo, safaris, aux aquariums, aux musées de sciences naturelles où ily a une barrière entre l'enfant et l'animal, convaincus de leur avoir donné la possibilité de "voir" les animaux, de les "observer" et donc d'avoir fait leur connaissance". Dans une ville, bien peu de familles ont un ou plus d'un animal. Le plus souvent, ces animaux (poissons rouges, oiselets, minets, petits chiens) qui sont gagnés aux foires ou reçus en cadeau, sont bien accueillis par les enfants, tandis que les adultes les tiennent comme quelque chose en plus qui peut troubler le ménage et non pas comme des membres de la famille.

Dans les villages, où la maison a une ba<;se-cour ou un jardin, il est plus facile de trouver des animaux d'élevage (poules, lapins, canards, vaches, enfermés dans une cage ou dans une enceinte) avec lesquels les enfants n'ont aucun rapport parce qu'ils sont gardés seulement pour des buts alimentaires. En ce cas, l'animal ne doit pas être gênant, mais seulement s'il peut s'échapper ou cesser de produire le lait, les œufs, ete. Le chien et le chat sont vus en fonction de leur utilité: garde et dératisation. Le chien est souvent tenu àla chaîne et il est parfois maltraité.

En ville ouà la campagne, la famille tenant les comportements décrits ne donne pas une bonne éducation zoologique à l'enfant qui conçoit l'idée d'animal comme quelque chose qui doit être craint, qui ne doit pas être touché, qui doit rester dans une cage, qui sert et que l'homme maîtrise. Très souvent, la famille et même l'enfant déchargent sur l'animal leurs tensions, leurs anxiétés, leurs névroses et àson tour l'animal prend les mêmes comportements fautifs des autres membres de la famille. D'autres fois, ils traitent l'animal comme un jouet auquel ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent et même l'abandonner pour s'en aller en vacances.

3. Le moment scolaire

L'enfant arrive à l'école primaire avec les conceptions à l'égard des animaux que l'éducation familiale lui a fournies. L'instituteur devrait être à même de gérer les situations suivantes:

1) En cours préparatoire, presque tous les enfants croient que l'insecte et l'araignée doivent être écrasés. La présence occasionnelle en classe d'une mouche, d'une araignée, d'une guêpe, d'une punaise, d'une fourmi, les pousse àse conduire comme ils sont accoutumés à faire: tuer l'animal.

L'instituteur commenceà découvrir les conceptions età mettre en doute les certitudes de l'enfant en vivant un rapport différent avec l'animal: HIe prend avec délicatese et le porte dans la cour, dans le jardin où il se trouve habituellement, en motivant sa conduite.

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La modification des conceptions et par conséquent du comportementde l'enfant n'est pas immédiate, mais elle a besoin d'acquisitions ultérieures et d'être intériorisée. D'abord, il observe le comportement de l'instituteur sans se révolter ni faire d'objections, maisiln'est pas convaincu de ce que cet adulte affirme en désaccord avec les assertions des autres adultes. Mais dès que l'enfant se sent libre d'agir, il peut arriver qu'il tue de nouveau la chenille, la fourmi, ete.

L'animal qui entre dans notre territoire, la maison ou la salle de classe, est considéré comme un intrus qui gêne, qui est nuisible et qui viole notre domaine, donc nous avons le droit de le tuer.

2) Un enfant porte en claSse une chenille trouvée dans le potager. La classe l'accueille, l'observe, construit son habitat et vit avec lui de façon normale. Quelques enfants sont enthousiastes, d'autres sont indifférents et d'autres encore s'isolent. Il peut arriver qu'il y ait des enfants dont le père ou la mère leur a transmis la peur envers les animaux et qui est allé trop loin dans les recommandations du type "Tiens-toi à l'écart de n'importe quel anmal !"D'ordinaire, dans le groupe classe ces enfants ne manifestent ni enthousiasme ni peur, car ils se trouvent dans un milieu tranquille et bien disposé à accueillir l'animal. Quand, chez eux, ils racontent l'expérience scolaire et leurs parents posent des questions telles que "Tu ne l"as pas touché1"

"n

t'a dégoûté? " alors sa peur affleure de nouveau.

Il arrive aussi que, en continuant dans l'étude de l'animal, au moment de l'apercevoir avec tous les sens, quelques enfants refusent de le toucher.

La première expérience à vivre avec les enfants, c'est de rester systématiquement (pendant une demi-heure par jour, deux heures par semaine, selon le climat) dans la cour, dans le jardin, dans un champ, près d'une haieàla recherche d'autres animaux et de découvrir comment ils sont, comment ils vivent, quelles relations ils ont entre eux, avec l'homme, avec le milieu. Peu à peu, l'enfant découvre que partout il y a des animaux et que, non seulement les animaux entrent dans notre territoire, mais que nous aussi entrons dans le leur. L'homme ne maîtrise pas les autres animaux, mais il est en relation avec eux.

Cette relation peut bien continuer en classe à l'aide de petits élevages ou d'aquariums dont les enfants mêmes doivent prendre soin. L'attitude qu'il faut avoir dans ce cas doit être fondée sur le respect des hôtes qu'on a choisis:

- ne pas les effrayer, ni les gêner - ne pas leur faire de mal

-les mettre en des conditions favorables à leur survivance.

De cette façon l'expérience deviendra aussi une excellente occasion de connaissance, car cela posera aux enfants toute une série de questions qu'eux seuls sont capables de faire et qui ouvrent de larges espaces didactiques. Par exemple, dans une classe, une fillette qui avait prisàtâche de nourrir le poisson de l'aquarium avec de la nourriture convenable, a posé cette question "Ici, c'est moi qui donne de la nourriture au poisson, mais qui est-ce qui donneàmanger aux poissons de la mer?"

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Même l'animal mort sert à l'étude et à la connaissance de la zoologie. Bien des animaux qu'on vend au marché aux poissons peuvent être observés et même conservés dans le formol ou dans l'alcool. Les animaux morts qu'on vend pour manger (poules, lapins, poissons, mollusques, crustacés, ete) servent très bien pour étudier l'anatomie du corps humain et pour la comparer avec celle des autres animaux. Non seulement, tout cela n'a rien à voir avec la vivisection, car on emploie des animaux déjà morts dont nous nourrissons (éventuellement, il y aurait beaucoup à dire à l'égarddeceux qui tiennent les animaux en élevage dans des cages, en les privant du moindre mouvement) mais il n'y a pas d'autre manière qui soit plus claire et plus entraînante, pour se rendre compte des rapports anatomiques entre les différents organes du "système" animal (comme l'ont démontré beaucoup d'expériences aussi bien avec les élèves qu'avec les instituteurs).

Les illustrations aussi peuvent servir soit comme approche initiale soit pour connaître les animaux avec lesquels nous ne pouvons pas avoir un contact direct; comme intégration au langage verbal ; pour connaitre les conceptions, comme moment de jeu et de contrôle.

A côté de l'image, il convient d'indiquer l'échelle de grandeur afin de faire comprendre et de comparer les dimensions réelles de l'animal: cela n'arrive pas très souvent même dans les meilleurs livres pour les jeunes où l'on signe surtout des détails qui sont moins importants.

Par image, on entend aussi des modèles à trois dimensions, en bois ou en argile, faits par les élèves, et l'utilisation de modèles déjà construits jusqu'à l'interprétation de comportements d'animaux, tels que les mouvements, les attitudes, la façon de prendre la nourriture, etc. Pour conclure, on dira que notre vie sociale, nos intérêts et notre sympathie peuvent et doivent s'étendre aux animaux, car ce ne sont pas seulement des "animaux", mais éléphants, sauterelles, poissons ou hérissons demer.

BIBLIOGRAPHIE

- VON FRISCH K. -Dodici piccoli coinquilini - Mondadori, 1981 - MIDGLEY M. -Perchè gli animali - Feltrinelli - Milano 1985

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