Annexe n° 2 : définitions et concepts

Dans le document Rapport de la Cour des comptes, "Prévention et prise en charge de l'obésité" - APHP DAJDP (Page 110-113)

GÉNÉRALITÉS

L’indice de masse corporelle (IMC) correspond au poids (en kg) divisé par le carré de la taille (en mètres). Selon la classification de l’OMS, on parle de surpoids lorsque l’IMC est supérieur à 25 et d’obésité lorsqu’il dépasse 30. Chez les enfants, la corpulence est estimée soit selon les mêmes critères que ceux de l’OMS, soit selon les seuils spécifiques établis au niveau international, révisés en 2012241.

Toutefois, pour un même IMC, la composition corporelle peut varier d’un individu à l’autre. Ainsi, une femme enceinte ou un sportif de haut niveau auront un IMC élevé sans pour autant présenter d’excès de masse grasse. Un autre critère est également pris en compte pour estimer si un patient est atteint d’obésité : le tour de taille. L’excès de masse grasse localisé autour du ventre est en effet associé à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires, indépendamment de l’IMC. Lorsque le tour de taille est supérieur à 100 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme, on parle d’obésité abdominale.

Tableau n° 7 :la classification de l’IMC

IMC en kg/m2 Classification de l’OMS

5< 16,5 Dénutrition

Entre 16,5 et 18,49 Maigreur

Entre 18,5 et 24,99 Valeurs de référence

≥ 25,00 Surpoids

30,00 – 34,99 Obésité modérée

35,00 – 39,99 Obésité sévère

≥ 40,00 Obésité massive

Source : OMS

La nutrition au sens de l’OMS (définition reprise par le PNNS) englobe les questions relatives à l’alimentation (nutriments, aliments, déterminants sociaux, culturels, économiques, sensoriels et cognitifs des comportements alimentaires) et à l’activité physique.

La prévalence est le nombre de cas d’une maladie dans une population à un moment donné, englobant aussi bien les cas nouveaux que les cas anciens.

241 International Obesity Task Force (IOTF). L’IOTF a élaboré en 2000 une définition du surpoids et de l’obésité chez l’enfant : les seuils du surpoids et de l’obésité sont constitués par les courbes de centiles atteignant respectivement les valeurs 25 et 30 kg/m² à 18 ans (les valeurs 25 et 30 étant les seuils définissant le surpoids et l’obésité chez l’adulte). Selon la définition de l’IOTF, on parle de surpoids (dont obésité) pour un IMC supérieur au centile IOTF-25, de surpoids (non obèse) entre le centile IOTF-25 et le centile IOTF-30, et d’obésité pour un IMC supérieur au centile IOTF-30.

L’ACTIVITÉ PHYSIQUE

L’activité physique (AP) se définit comme tout mouvement produit par les muscles squelettiques, responsable d’une augmentation de la dépense énergétique. L’INPES définit l’activité physique comme tous les mouvements corporels produits par la contraction des muscles entraînant une augmentation de la dépense énergétique au-dessus de la dépense de repos. Elle ne se réduit donc pas à la pratique sportive, mais comprend l’activité physique lors des activités professionnelles ou à l’école, l’activité physique dans le cadre domestique de la vie courante (transports actifs par ex.) et l’activité physique lors des loisirs (incluant les activités sportives). Toutes ces activités contribuent à la dépense énergétique des individus. L’activité physique peut être classée dans certaines études en 5 grandes catégories en fonction de l’intensité mesurée en équivalent métabolique (MET pour metabolic equivalent task).

Les activités physiques adaptées (APA) correspondent à la pratique, dans un contexte d’activité du quotidien, de loisir, de sport ou d’exercices programmés, des mouvements corporels produits par les muscles squelettiques, basée sur les aptitudes et les motivations des personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des conditions ordinaires. La dispensation d’une APA a pour but de permettre à une personne d’adopter un mode de vie physiquement actif sur une base régulière afin de réduire les facteurs de risques et les limitations fonctionnelles liés à l’affection dont elle est atteinte. Les techniques mobilisées relèvent d’activités physiques et sportives et se distinguent des actes de rééducation qui sont réservés aux professionnels de santé, dans le respect de leurs compétences.

Par analogie avec l’activité physique, l’inactivité physique, peut être définie comme « un état dans lequel les mouvements corporels sont réduits au minimum et la dépense énergétique proche de la dépense énergétique de repos »242. Cependant, l’inactivité physique ne représente pas seulement une absence d’activité, mais correspond à des occupations telles que regarder la télévision ou des vidéos, travailler sur ordinateur, ainsi qu’aux activités intellectuelles.

L’inactivité physique est définie comme un niveau insuffisant d’AP, d’intensité modérée à élevée. Il s’agit d’un niveau inférieur à un seuil d’AP recommandé. Les seuils retenus pour définir l’inactivité définis par l’OMS sont de 30 minutes d’AP d’intensité modérée au minimum 5 fois par semaine pour les adultes et 60 minutes par jour pour les enfants et adolescents.

LA SÉDENTARITÉ

La sédentarité n’est pas seulement l’absence d’activité physique : elle correspond aussi à l’engagement dans des activités qui impliquent peu de mouvement et une faible dépense énergétique. L’activité physique n’est pas le miroir de la sédentarité et les relations sont complexes et encore mal connues. C’est une situation d’éveil caractérisée par une dépense énergétique faible en position assise ou allongée.

242 Dietz, WH, « The role of lifestyle in health: the epidemiology and consequences of inactivity », Proc Nutr Soc 1996, 55 : 829-840.

LES NOUVELLES RECOMMANDATIONS NUTRITIONNELLES

Les nouvelles recommandations nutritionnelles, publiés en janvier 2019 par Santé Publique France, sont le résultat de travaux menés pour formuler des messages plus synthétiques et plus accessibles pour le grand public, sur la base de connaissances mises à jour au plan scientifique. Elles portent à la fois sur l’alimentation, l’activité physique et la sédentarité et sont résumées en trois catégories :

Augmenter

Les fruits et légumes (au moins 5 fruits et légumes par jour, par exemple 3 portions de légumes et 2 fruits)

Les légumes secs : lentilles, haricots, pois chiches…

L’activité physique (au moins 30 minutes d’activités physiques dynamiques par jour) Aller vers

Les féculents complets

Le poisson (deux fois par semaine, dont un poisson gras) L’huile de colza, de noix et d’olive

Les produits laitiers : lait, yaourts, fromage, fromage blanc Réduire

L’alcool (maximum 2 verres par jour et pas tous les jours, pas plus de 10 verres standard par semaine)

Les boissons sucrées (pas plus d’un verre par jour), les aliments gras, sucrés, salés et ultra-transformés

Les produits salés La charcuterie La viande

Le temps passé assis (marcher un peu toutes les 2 h, limiter les temps d’écran).

Ces recommandations ne portent pas seulement sur les consommations alimentaires, elles intègrent la consommation d’alcool, l’activité physique et la réduction de la sédentarité.

L’ensemble de ces recommandations pour les adultes doit faire l’objet d’un dispositif de communication et de marketing social au cours de l’année 2019.

Dans le document Rapport de la Cour des comptes, "Prévention et prise en charge de l'obésité" - APHP DAJDP (Page 110-113)