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Remarques sur la constitution des noyaux - II.

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(1)

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Remarques sur la constitution des noyaux - II.

K. Guggenheimer

To cite this version:

(2)

REMARQUES

SUR LA CONSTITUTION DES NOYAUX. II

Par K. GUGGENHEIMER.

Sommaire. 2014 Relations entre les abondances des différents atomes et les affinités des noyaux pour les neutrons, les protons, les particules 03B1, et la transformation des neutrons en protons. Les différentes

espèces de liaison dans le noyau : liaison individuelle et action globale.

Dans un travail antérieur

(1),

nous avons montré comment on

peut

déduire toute une série de conclusions relatives aux

propriétés

des noyaux en les ordonnant en un schéma

d’après

les nombres P et N de

protons

et de neutrons

qu’ils

contiennent. En

particulier

nous

avons discuté les courbes

correspondant

aux limites de

stabilité,

dont l’allure

permet

d’avoir une idée de la variation du

rapport

des

énergies

de liaison entre

protons

et neutrons.

Il nous semble maintenant

particulièrement

intéres-sant d’étudier toutes les

propriétés

des noyaux dans le cadre de ce

schéma,

c’est-à-dire en fonction des nombres N et

P,

en

particulier l’énergie

de liaison des

protons

et des neutrons eux-mêmes. Cette dernière

peut

se calculer en

principe

à l’aide des masses

nu-cléaires,

dans la mesure où elles ont été déterminées au

spectrographe

de masse, ou

spectroscopiquement.

On

obtient ainsi pour le

proton 0,0 1 2

unité de masse en moyenne.

L’énergie

de liaison du neutron est du même ordre de

grandeur.

L’erreur relative des mesures de masse

atomique

est d’environ 10-4 unité de masse. D’autre

part,

pour déterminer

l’énergie

de

liaison,

il faut faire la différence de deux nombres ainsi

obtenus ;

pour comparer ces

énergies

de

liaison,

il est même nécessaire de retrancher l’une de l’autre deux de ces différences de masse, c’est-à-dire de

prendre

une différence seconde. L’erreur

qui

en résulte est donc

quadruple

de celle de

chaque

détermination de masse et devient bien vite du même ordre de

grandeur

que l’effet cherché. Il faut donc être extrêmement

prudent

dans ces

calculs,

même pour les éléments

légers.

C’est

pourquoi

nous avons cherché une autre méthode

plus

sensible et

plus

précise

pour comparer

systémati-quement

les

énergies

de liaison. Cette méthode est four-nie par la

comparaison

des abondances des différentes sortes d’atomes.

On sait que les abondances relatives des

isotopes

d’un élément sont

indépendantes

du lieu

d’origine

(sauf

pour les fins des séries

radioactives).

Il en résulte que la

probabilité

pour

qu’un

neutron s’attache à un

noyau donné est une constante

caractéristique

de ce noyau. Mais en même

temps

à un

rapport

invariable (1) Journal de Physique et le Radium, 1934, p. 253 (désigné dans la suite par RI).

entre les

abondances,

sur la terre par

exemple,

correspond

un

rapport

invariable des concentrations. Ce fait est un

argument

en faveur de

l’hypothèse

d’un

équilibre

lors de la formation des éléments et ce

rap-port

des concentration

dépend

de

façon

simple

de

l’éner-gie

de liaison. Considérons par

exemple

la réaction de fixation d’un neutron à un noyau.

(0,1)

représentant

le neutron 0

proton, 1 neutron).

Supposons

que les corps en

présence

soient tous donnés à

l’origine

avec la concentration 1.

L’énergie

utilisable,

que l’on

peut

obtenir

jusqu’à

ce que

l’équi-libre

s’établisse,

est

d’après

le

principe

de Carnot :

Cette

grandeur

est la mesure de l’affinité «

chimique

»

du neutron pour le noyau. Cette

énergie

est fonction

non seulement de la

température,

mais encore de la

concentration des neutrons.

Lorsque

cette dernière est

donnée,l’équilibre

entre les deux éléments

qui

résultent l’un de l’autre par fixation d’un neutron

(équation

i)

et,

par

suite,

le

rapport

de leurs abondances se

déplacent

en faveur du

plus

lourd,

à mesure que l’affinité du neutron pour le

premier

noyau devient

plus grande.

Inverse-ment,

si les conditions restent

invariables,

on

peut

tirer du

rapport

des abondances des

renseignements

sur

l’affinité,

c’est-à-dire sur

l’énergie

de liaison.

Nous ne connaissons pas encore, il est

vrai,

la

concentration des neutrons

libres,

ni la

température

à

laquelle l’équilibre

s’est «

gelé »,température

sûrement

plus

élevée que celle

qui règne

actuellement sur notre

globe.

Cependant,

nous pouvons tirer de cette étude de nombreuses

conclusions,

en

renonçant

provisoirement

à calculer

l’énergie

totale de liaison et en nous conten-tant d’établir la différence des affinités de deux réactions

comparables.

Appliquons

en

effet l’équation (2)

à deux réactions

comparables,

par

exemple

la fixation d’un neutron à deux noyaux

qui

ne diffèrent que par le nombre de

protons,

nous trouvons par soustraction :

Nous voyons

qu’avec

les

hypothèses

faites,

et à uno

(3)

température

donnée,

la différence des affinités est

proportionnelle

à la différence des

logarithmes

des

rapports

entre les abondances. C’est

pourquoi

il

paraît

intéressant d’étudier

systématiquement

tous ces

rap-ports

cl’abondance.

Une fois connues toutes les différences entre les

énergies

de

liaison,

on pourra essayer, par

comparaison

avec les

énergies

de

réaction, déduites,

par

exemple

des défauts de masse, de déterminer à l’aide du troisième

principe

les

énergies

de liaison

elles-mêmes,

la

température

et la concentration des neutrons.

Les

équations

1 à p3

peuvent

naturellement s’étendre à d’autre

réactions,

comme la fixation des

protons

ou des

particules plus compliquées, particules

a. par

exemple.

En

effet,

dans le cas de

l’équilibre,

les résul-tats sont les

mêmes,

que

l’équation (1)

soit valable réellement ou

formellement,

par

exemple

par l’inter-médiaire de

particules

x.

Dans la

première

partie

de ce

travail,

nous avons

déjà indiqué

qu’il

suffit d’admettre pour la construc-tion des noyaux successifs deux réacconstruc-tions essentielles : la fixation d’un neutron à un noyau

et,

s’il y a

lieu,

la transformation d’un neutron en

proton

dans le noyau. D’autre

part,

nous venons de montrer pour

quelles

raisons on a le droit d’admettre que la fixation des neutrons s’est faite une fois un

équilibre

établi.

L’éner-gie

de liaison

du’ proton

est du même ordre que celle du

neutron,

l’énergie

de transformation du neutron en

proton

est nettement

plus

petite.

Il en résulte que l’on

peut

admettre aussi pour la liaison des

protons

aux noyaux un état

d’équilibre,

de sorte que les

rap-ports

d’abondance des éléments et par

conséquent

de toutes les

expèces

d’atomes

correspondent

à un état

d’équilibre unique.

La Liaison Neutron-Neutron. - Dans l’étude

systématique

des

rapports

d’abondance,

nous commen-cerons par la liaison des neutrons car celle-ci est beau-coup mieux connue par les mesures au

spectrographe

de

masses

(1)

que celle des

protons.

Pour ces

dernières,

il

faut tenir

compte,

pour déterminer les vraies relations

d’abondance,

des influences

géologiques

et

géo-chi-miques.

Dans la

première partie

de ce

travail,

on avait

déjà

noté que le domaine de stabilité des atomes à nombre de neutrons

impairs,

iV = 2 a

+ 1

est

beaucoup plus

étroit que celui des atomes iV = 2 a. C’est surtout Harkins

(-)

qui

a fait remarquer

qu’il

y a bien

plus d’espèces

d’atomes à

--B" pair

qu’impair

et que les

premières

sont

plus

abondantes que les dernières. Les récentes recher-ches d’Aston ont confirmé cette remarque. Parmi les 242

espèces

d’atomes stables connues actuellement 180

possèdent

un N

pair,

62 un --’1

impair.

Jusqu’à

.V = 128 on connaît des

repr ésentants

de

tous les atomes à -1°

pair,

mais non à ~1~

impair :

il n’existe pas d’atomes pour N

== 19, 21, 31,

33,

35, 39,

59, 61, 89

(et 115)..A.partir

de N = 6 les Vr

pairs

(1) F. AsTOx, Jfass-spetra and Isotopes, Londres, 1933.

C) BY. D. Phys. Rev , 19J1, 38. 12"70.

sont

représentés

par deux au moins et

parfois

jusqu’à

sept

atomes

différente;

les

l impairs

au contraire par deux au maximum.

D’après

la

règle

des

fréquences

de

Harkins,

appliquée

aux

neutrons,

une

espèce

d’atome à ii’

impair

est

plus

rare que les deux

espèces

voisines à

1T pair

et même P. Parmi les

espèces

d’atomes à .V

impair

et P

pair,

il en est 36 pour

lesquels

on a mesuré exactement la distribution des intensités dans le spec-tre de masse. La

règle

précédente

se vérifie pour 27 d’entre elles. Elle se vérifie encore pour 52 autres en ce sens

qu’on

ne les connaît pas, mais

qu’on

a observé leurs deux voisines

paires.

Dans la

conception

que nous

âéfendons

ici

l’essen-tiel n’est pas du tout que les atomes à lV

impair

soient

plus

rares que leurs deux voisins

pairs.

Ce

qui

est t

pour nous l’essentiel et

qui

diffère de la

règle

de Ilarkins c’est

qu’on

a pour N = 2 a :

en d’autres

termes,

si l’on

part

d’un élément à lV

pair

et si on lui attache successivement deux

neutrons,

en laissant P

coristant,

le

rapport

des abondances est

plus grand

pour le second que pour le

premier.

La relation

précédente

se vérifie dans tous les cas où la

règle

de Harkins est

valable ;

mais elle contient aussi des cas

qui

représentent

des

exceptions

à la

règle

de

Harkins,

par exemple

où l’abondance elle-même dé-. croit

régulièrement. Exemple :

ou bien croît

régulièrement

comme dans les cas sui-vants :

Cet accroissement du

rapport

d’abondance en faveur de l’élément le

plus

lourd

représente

toujours

pour

nous un accroissement de l’affinité c’est-à-dire de

l’énergie

de liaison.

L’abondance elle-même ne mesure pas la stabilité ni par

conséquent

l’énergie

de liaison. Les

exemples

précédents

montrent que minimum d’abondance ne

signifie

pas minimum

d’énergie

de liaison. De maximum de

fréquence

ne

signifie

pas

toujours

maxi-mum de stabilité. D’autres

exemples

confirmeront ultérieurement ces remarques.

En

résumé,

nous pouvons dire : en

général

le

rap-port

des abondances et par

conséquent

l’affinité

de la liaison

augmentent

lorsqu’or2 fixe

un neutron

Cette

règle

peut

se vérifier aussi dans le cas où l’abon-dance d’un atome à 7V

impair

n’est pas

plus petite

que celle de l’atome

précédent

ou du suivant.

(4)

déjà

un neutron

impair

attaché au noyau. Si cette condition seule

augmente

1"énergie

de

liaison,

on

peut

en conclure que le dernier neutron

pair

forme avec le neutron

impair qui

le

précède

une liaison individuelle

particulièrement

étroite,

pour ainsi

dire

une liaison

«

chimique ».

Nous voyons

qu’il

doit exister une liaison

individuelle

neutron-neutron,

dont

l’importance

est

capitale

pour la construction des noyaux. Si elle n’existait pas, les abondances diminueraient de

façon

monotone vers les éléments

lourds,

sans différence eutre neutron

pair

et

impair

et cette diminution serait

beaucoup plus

rapide

qu’en

réalité.

La tendance à la formation de

paires

de neutrons

apparaît

nettement

et régulièrement

à

partir

Wigner (1),

a

déjà

fait remarquer

qu’en

raison du

spin

du neutron et du

principe

de Pauli toutes les fois

qu’un

neutron

impair

peut

être fixé par un noyau, un neutron

pair peut

s’y

ajouter

aussi. Nous pouvons

aller

plus

loin encore et

parler

d’une « saturation des

spins

»

analogue

à celle

qui

se

produit

suivant Heitler et London dans les liaisons

chimiques :

on

peut

alors admettre que, par suite du

principe

de

Pauli,

la

fonc-tion d’ondes

spatiale

est

symétrique

en deux neutrons

et

qu’il

en résulte une liaison «

chimique

» individuelle

particulièrement

étroite.

Il existe

quelques

exceptions

à la

règle

énoncée dans ce

paragraphe.

Voici celles

qui correspondent

à des cas bien mesurés : -.

Ces cas sont en même

temps

des

exemples

où le maximum d’abondance ne doit pas coïncider avec le maximum de

l’énergie

de liaison.

D’après

notre

conception,

le fait que

l’énergie

de liaison du neutron

pair

n’est pas

plus

grande

que

celle du neutron

impair

précédent

signifie qu’il n’y

a

probablement

pas saturation mutuelle des

spins

de

ces deux

particules.

Ce fait

peut

peut-être

avoir une in-fluence observable sur les

spins

totaux des éléments. La liaison

proton-proton. -

La

règle

de Harkins

a été d’abord établie pour des

protons.

Nous avons vu dans RI que le domaine de stabilité est bien

plus

étroit

pour P impair

que

pair. D’après

Harkins,

le nombre des atomes à P

impair

est

beaucoup

plus

petit

et leur abondance

plus

faible que ceux des atomes à P

pair.

Il existe

jusqu’à

11

isotopes

d’éléments à nombre

atomique

pair;

pour P

impair 2

au maximum

(3 peut-être

pour

Cl).

De notre

point

de vue, l’essentiel est ici encore un accroissement du

rapport

des abon-dances en faveur de P

pair,

même si l’atome à P

im-pair

n’est pas

plus

rare que le

précédent

ou le suivant. (1) E. vIGIER, Phys. Rev., 43, 1933, p. 252.

Ces

rapports

d’abondance ne sont intéressants que

s’ils

correspondent

à des

phénomènes

comparables.

Il

faut,

par

conséquent,

comparer la liaison des

protons

dans des cas oû le nombre des neutrons reste constant c’est-à-dire à l’intérieur d’une série

d’isotones(Cf. RI).

Dans ces

conditions,

il est

vrai,

la

règle

de Harkins cesse d’être valable dans bien des cas. D’ailleurs les

rapports

d’abondance sont

beaucoup

moins bien con-nus en fonction du nombre de

protons

que du nombre des neutrons.

Cependant,

et cela est

décisif,

la

règle

de Harkins reste valable ici dans la

plupart

des cas, si l’on se borne aux séries d’isotones.

Il existe donc toute une

catégorie

de cas où l’affiuité

du

proton

pair,

même en tenant

compte

de la

répul-sion de

Coulomb,

est

plus grande

que celle du

proton

impair,

en

analogie complète

avec le cas des neutrons. Nous sommes conduits à admettre que les forces

qui

agissent

dans les deux cas sont du même

type

c’est à-dire

qu’il

existe une liaison individuelle

proton-proton,

liaison «

chimique

»,

probablement

la saturation

des

spins joue

un rôle

important.

L’analogie

des

phénomènes

ne conduit pas nécessai-rement à admettre une combinaison de deux neutrons

et de deux

protons

en une

particule

x. La superpo-sition des deux tendances à la formation de

paires

de

particules identiques

c’est-à-dire de deux neutrons ou

de deux

protons,

suffit

déjà

à

expliquer

la relation in-téressante

qui

existe entre le nombre des

espèces

d’atomes à P

pair

et

impair

et à l1~

pair

et

impair,

qui

s’exprime

par le schéma suivant :

Schéma 1.

La

question

de l’existence d’une liaison pro-ton -neutron. - Au-dessus de

(P,

7V) ==

(7, 7)

on ne connaît aucun atome stable

possédant

à la fois des nombres de

protons

et de neutrons

impairs.

Il en ré-sulte

qu’une

liaison individuelle entre deux

particules

de nature différente

proton

et neutron est

générale-ment pour le moins

beaucoup

plus

faible

qu’entre

deux

particules

identiques.

En

effet,

si l’on se donne une masse totale

paire

P == 2 a, et si l’on compare les

atoines

P - 2a -

2b, N 2b; P

= 2 a - 2 b - 1 ,

+

1,

et P == ~ 2013

2 b - 2,

iV = 26

+ 2,

les

rapports

d’abondances montrent que l’atome

(2a - ’!b -1,2 b

-~-

~)

est

toujours

le moins favorisé. Par

conséquent,

il existe dans cette classe d’atomes une

(5)

liaison individuelle

proton-neutron ;

car il existe encore une autre

espèce

d’action entre neutrons et

protons

qui

n’a pas le caractère d’une liaison individuelle. Elle est mise en évidence par une loi

générale

sur le

rapport

d’abondance que nous trouverons en

comparant

les séries d’isotones et

d’isotopes.

Action mutuelle entre neutrons et

protons.

-Pour nous libérer de l’influence des différences

d’éner-gie

de liaison entre

protons

et neutrons

pairs

ou

im-pairs,

nous allons étudier surtout les

rapports

entre atomes à N et l’

pairs.

En

particulier,

nous allons chercher comment varie l’affinité d’un groupe de deux

nouveaux neutrons

quand

la

charge

da noyau

change

de deux

unités,

le nombre des neutrons initiaux restant

invariable, c’est-à-dire,

le

long

d’une série d’isotones. Nous obtiendrons en même

temps

la variation de

l’affinité pour la fixation de deux

protons

en fonction du nombre

N,

c’est-à-dire le

long

d’une série

d’isotopes.

Comme nous l’avons vu dans

l’introduction,

la variation de l’affinité est

proportionnelle

à la diffé-rence des

logarithmes

des

rapports

d’abondance. Le

logarithme

du

rapport

d’abondance est

égal

à la diffé-rence des

logarihtmes

des abondances des deux atomes

(P,

iV)

et

(P,

V -

2) qui

diffèrent de deux neutrons

à In

,

(0,2),

c’est-à-dire La variation de ce

loga-il

(", )

rithme

quand

le nombre

atomique change

de deux 2 ln

C(P

N

unités

(2,0)

est par

conséquent

’0 2 é2 1)

(les

va-à

( , )

)

à

( 0)

leurs de

(P,

N)

qui

seront données dans la suite

cor-respondront

toujours

à l’atome le

plus lourd).

Consi-dérons par

exemple

la fixation du 43e et 446 neutron aux noyaux N =

32,

34 et 36 :

On a obtenu de la même manière toutes les valeurs du tableau

I,

qui comprend

tout ce

qui

a pu être dé-duit des mesures actuelles. Pour

l’établir,

les données

systématiques

d’Aston

(~~

sur les relations d’abondance

des diverses séries

d’isotopes

ont

suffi,

comme

tou-jours, quand

on cherche une variation en fonction du nombre N.

Le tableau 1 nous montre avec

quelle

régularité

la différence seconde des

logarithmes

des abondances est

positive :

sur 48 cas

comparables,

42 sont

positifs

et certaines des

exceptions

sont à la limite de

précision

.des mesures. Nous obtenons ainsi une

règle générale

tout à fait

indépendante

des

règles

de Harkins sur les

rapports

d’abondance des

isotopes.

Son

interprétation

physique

est

simple : l’énergie

de liaison des neutrons

augmente

en même

temps

que le nombre des

protons.

Réciproquement,

l’affinité des

protons

augmente

en même

temps

que le nombre des neutrons. Ces

règles

sont tout à fait

plausibles

mais loin d’être évidentes.

Elles

comportent

d’ailleurs

quelques

rares

exceptions

,qui

sont

particulièrement

intéressantes.

Les accroissements d’affinité dont il vient d’être

éiuestion

se manifestent encore pour des séries

plus

étendues

d’isotopes

ou d’isotones. Il est donc naturel d’admettre

qu’il s’agit

alors d’une action

globale

de tous les neutrons sur tous les

protons

et il

n’y

a

au-cune raison de supposer dans ce cas de liaison indi-viduelle entre

particules

déterminées. Naturellement il

peut

arriver dans cette action

globale

que deux ou

plusieurs particules jouent

un rôle

exceptionnellement

important,

sans

qu’on

ait pour cela le droit de

parler

.de liaison individuelle.

~~~ ASTOn, cit.

TABLEAU I.

(6)

polarisabilité

des

neutrons,

soit à des forces

quantiques

auxquelles

sont soumises indifféremment toutes les

particules.

Il est bon de

distinguer soigneusement

ce genre de cc liaison » de celle

qui

est due à la

00 G

(1)

c

c

i> . oe i :....

Ô T

# . a rn 0 M)

S

ÀÉ

d-. g§

fi T

# 4

Ga

CI) 0

’i

M . "r

saturation des

spins

de deux

particules :

seule cette liaison individuelle

peut

s’appeler

« liaison de

valence ».

(7)

on aurait pu mettre les valeurs des différences elles-mêmes des

logarithmes

des

rapports

d’abondance et d’étudier leur variation en fonction des nombres ,,V et

P,

ce

qui

fût revenu à calculer des différences troi-sièmes. Il suffira de dire ici que l’accroissement de l’affinité des

protons

quand

A’

augmente,

diminue

pro-gressivement :

on a

toujours à3

In

(0,2) (c1

(2,0))2

0 et par contre ~3 In

C/

(.1

(0,~)2 ci (2,0)

> 0 clans 10 cas sur 13.

Le tableau 1 montre encore que l’affinité des neu-trons croît en même

temps

que

P,

même

lorsque

iV est

impair;

même loi pour P en fonction de 7V

lorsque

P est

impair.

Tendance à la formation de

particules

a ; sa

variation avec le nombre des neutrons. -

Jusqu’à

présent,

nous avons étudié la manière dont la liaison

des neutrons

dépend

du nombre de

protons.

Dans la

suite,

nous allons nous

placer

au

point

de vue de

Landé,

Gamow et Beck et examiner dans

quelle

mesure on

peut

admettre que toutes

les paires deprotons

s’unissent

à des

paires

de neutrons pour former des

particules

x. On obtient ainsi un schéma dû à Landé où les atomes sont ordonnnés en

prenant

pour abscisse le nombre de

particules 7. qu’ils

contiennent et en ordonnée celui de

neutrons

complémentaires.

Il

s’agit

maintenant de voir comment varie l’affinité de ces derniers en fonction du nombre des

particules a,

ou,

réciproquement,

l’affinité d’une

particule

a en fonction du nombre de neutrons

supplémentaires.

Dans la

figure 2

comme dans la

précédente,

un accroissement d’affinité est

représenté

par une

flèche,

une diminution par un cercle. Dans le tableau Il se trouve la diffréence seconde du

logarithme

des abondances de toutes les

espèces

d’ato-Fig, 2.

w Atomes stables x atomes radioactifs.

-+t Le rapport des abondances augmente en ce sens.

o Les rapports diminuent.

meb

qui

diffèrent d’une

particule x

ou de deux neutrons

supplémentaires. L’énergie

de liaison des neutrons

supplémentaires

augmente

encore ici

plus

souvent

qu’elle

ne diminue en fonction du nombre des

particules,

dans 29 cas sur 4i . Il en est de même de l’affinité des

particules 2

en fonction du nombre des neutrons

supplémentaires.

Nous nous trouvons donc en

présence

de

règles analogues

aux

précédentes

mais avec un

nombre

d’exceptions

relativement

beaucoup

plus

grand,

comme le montrent les cercles de la

figure

~.

C’est ainsi que si l’affinité dn noyau pour la

première

(8)

davantage,

ce

qui

est très

remarquable.

En réalité le nombre des

exceptions

est

plus

grand qu’il

n’apparaît

dans le tableau II. On

peut

en

effet,

comme on l’a fait dans RI à l’aide du

diagramme PIV,

déterminer les

lignes

de stabilité dans le schéma de Landé et

l’on trouve dans

plusieurs

cas et

3,,Nl m

/ô(2,2)

négatifs.

En d’autres termes,

quand

un certain nombre de

particules

a

peut

s’associer

quelques

neutrons

supplémentaires,

il arrive

qu’après

addition d’une nouvelle

particule a

l’atome ne

peut

s’associer

qu’un

plus petit

nombre de neutrons et

réciproque-ment, pour

qu’un

atome

puisse

s’associer une

parti-cule a

supplémentaire

le nombre des neutrons néces-saires à la liaison ou

possibles

diminue

parfois.

Ces derniers cas sont

également désignés

par des cercles dans la

figure

2. Il ne suffit pas de dire

qu’il

doit exister dans les cases vides des atomes non encore découverts mais dont l’existence

peut

se

prévoir

à l’aide de schémas. Il est dénué de sens de vouloir

pré-voir ainsi de nouvelles

espèces

d’atomes. Il ne

s’agit

ici que d’une

question

d’abondance. L’absence d’un élé-ment dans le schéma est

déjà

une preuve

qu’il

existe de

grandes

fluctuations dans la courbe des

rapports

d’abondance et par suite des

énergies

de liaison. C’est

pourquoi

nous avons le droit de raisonner sur les atomes connus mème si l’on

peut

prévoir

avec vrai-semblance que les

progrès

de la

technique

expérimen-tale nous

permettront

de découvrir encore

beaucoup

d’atomes nouveaux, en

particulier

au

voisinage

de ceux

qui

sont

déjà

connus. Nous savons que leur abondance et leur stabilité seront

beaucoup

plus

faibles.

TABLEAU II.

Les rebroussements des

lignes

de stabilité dans le schéma de Lande

correspondent

dans le schéma

P, N

aux cas où les limites de stabilité sont verticales

(cf.

RI).

Ces cas nous avaient alors

déjà

servi

d’arguments

pour admettre que

l’énergie

de liaison des neutrons subit des

discontinuités,

indépendamment

du nombre des

protons

et

qu’il

faut par

conséquent

compter

tous les neutrons

présents

dans les noyaux. Les autres

exceptions

du schéma de Landé confirment cette manière de voir. Il ne

paraît

donc pas

avantageux

en

général

de diviser les neutrons en deux

catégories

:-ceux

qui

sont liés dans des

particules

a et les

supplé-n)entaires. Nous trouverons dans la suite d’autres

arguments

en ce

sens (’).

La tendance à la transformation d’un isobare à un autre en fonction du nombre de neutrons

(tendance

à la fixation ou l’émission de

positrons

et de

négatrons).

De même que nous avons étudié

l’énergie

de liaison des

particules

a, on

peut

étudier la tendance à l’émission de

particules ~3.

Si l’on compare de nouveau

tout d’abord les atomes à P et N

pairs,

les « réactions étudiées ici

correspondent

à une différence entre les, noyaux initial et final de

(+

2,

- 2) ;

le nombre de

masse reste

constant,

ce

qui

correspond

au passage d’un

isobare à un autre. Le tableau III donne la variation de l’affinité en fonction du nombre N. On voit que la. transformation de deux neutrons en

protons,

pour un nombre P

donné,

se fait

généralement

d’autant

plues

facilement que le nombre de neutrons

augmente.

De

même,

l’énergie

de liaison de deux neutrons aux différents noyaux de même masse

atomique

augmente

en même

temps

que le nombre P

caractéristique

der chacun des isobares On trouve encore

quelques

exceptions qui

sont relativement faciles à

interpréter :

lorsque

la différence seconde étudiée ici devient

néga-tive,

cela

signifie

que pour un nombre déterminé de neutrons il y a tendance à transformation en

protons

mais que le noyau

possédant

ce nombre de neutrons est relativement peu stable. Il semble donc que les derniers de ces neutrons sont liés de

façon

particu-lièrement lâche

indépendamment

du nombre de pro-tons

TABLEAU III.

(1) Cf. des arguments analogues dans ERREBFBST et ApPENHEIMER. Phys. Rev., 37 (1931), p. 333 et W. ELSASSER, Journ. de

Physique

et le Radium, 4 (193:3), p. 5~9.

(9)

Affinité des neutrons en fonction du nombre de neutrons. - A propos de la

règle

de

Harkis,

nous avons vu que les neutrons

pairs

sont

générale-ment liés avec

plus

de force que les

neutrons impairs

et

nous en avons conclu

qu’il existait une

liaison neutron-neutron du genre des liaisons de

valence,

due à la

saturation

du

spin i

de deux neutrons. Il est

intéres-sant de voir comment les différentes

paires

de neutrons se

comportent.

Le tableau IV donne les valeurs des différences secondes des

logarithmes

des abondances pour deux

changements

successifs

(0,2)

c’est-à-dire pour des

paires

de neutrons. Dans la

plupart

des cas, c’est-à-dire dans 31 sur 42 il est

négatif.

Par

consé-quent

l’association de « molécules» de neutrons dans les séries

d’isotopes

est

généralement

d’autant

plus

làche

qu’il

y a

déjà plus

de neutrons. Le

changement

de

signe

de la variation des affinités est à

rapprocher

du

changement

discontinu de

l’énergie

de liaison des neutrons mis en évidence dans RI par l’allure des limites de stabilité et

qui

fu t considéré alors comme un critérium des limites de couches de neutrons. Nous

voyons

particulièrement

nettement que la méthode décrite ici

permet

de

préciser

l’allure des

énergies

de liaison

beaucoup

mieux que la

comparaison

des dé-fauts de masse dans les séries

d’isotopes.

TABLEAU IV.

Les

grandes

variations des

rapports

d’abondance des

isotopes

permettent

d’étudier des cas où la sen-sibilité des mesures de masse est

beaucoup

trop

faible.

Affinité des

protons

en fonction du nombre P.

- Nous

avons étudié

jusqu’à préseat

les affinités des

protons

des

particules

et des neutrons le

long

des séries

d’isotopes

en fonction du nombre N. On

peut

faire la même étude le

long

des séries d’isotones ou des séries de

particules a

ou des séries

d’isobares,

ce

qui

donne 16 méthodes de discussion dont 10 sont

indépendantes.

Dans les cas

précédents,

il a suffi de se servir des

rapports

d’abondance mesurés par Aston dans les séries

d’isotopes.

Dans ceux

qui suivent,

il sera nécessaire d’utiliser des recherches relatives à la distribution des éléments sur la terre. Nous nous sommes servis pour nos calculs du livre de

Hévésy

(1)

et des travaux

delVoddack(2)

etdeV.-M.

Goldschmidt(3).

Les différents

rapports

d’abondance

qui

.nous inté-ressent

essentiellement, peuvent

être considérés en gros comme bien connus. Les

règles

que nous avons trou-vées à l’aide des valeurs de ces

rapports

sont un

argu-ment a

posteriori

en faveur de leur exactitude.

Nous avons

déjà parlé

de la formation de

paires

de

protons

analogue

à celles de neutrons. Le tableau V donne la variation de l’affinité des

paires

de

protons

en fonction du nombre

P,

V restant

constant,

c’est-à-dire le

long

des séries d’isotones. Les différences secondes pour les

paires

de

protons

sont 0 dans 13

cas sur 16. Nous trouvons donc une

règle qui

se vérifie

avec une

précision remarquable,

étant donnée la diffi-culté d’évaluer les abondances des éléments. Les deux

exceptions

les

plus

importantes

se trouvent chez les gaz rares, dont l’abondance est extraordinairement faible. Plusieurs

hypothèses

ont été émises pour

expli-quer ce fait : Aston a

supposé qu’au

moment de la formation de la terre les gaz rares sont restés sur le

so-leil ;

Elsasser et

Guggenheimer 1’)

que,

lorsque

la terre rencontre et attire des

neutrons,

ceux-ci s’attachent aux noyaux des gaz

qui

sont transformés les

premiers,

la terre est ensuite

incapable

de

remplacer

les gaz

rares dans

l’atmosphère.

Du

point

de vue où nous

nous sommes

placés

ici,

il est

possible

d’admettre en outre que ce n’est pas par hasard que, dès

l’origine

les atomes des gaz rares

présentaient

un minimum d’abondance. Comme en

général

l’affinité pour les

protons

diminue dans une série

d’isotones,

les dis-continuités

exceptionnelles

d’affinité que l’on observe

représentent

des effets

quantiques, probablement

la fin d’une couche de

protons

et le début d’une nouvelle. Il est tout à fait

remarquable

que la mesure

quanti-tative de la variation de l’affinité dont nous

acceptons

ici la

légitimité,

donne des résultats concordant avec les méthodes

qualitatives

décrites dans RI

(variation

de la

largeur

isotopique,

allure des limites de

stabilité).

Nous avions trouvé là aussi des discontinuités pour les gaz rares ou en leur

voisinage.

Du fait que les

grandes

discontinuités

d’énergie

de liaison sont très

éloignées

les unes des

autres,

on

peut

conclure que les

(1) G. HEVESY, X Rays and their application on chenâstry.

NonnAGR, .LYaturw., (1930), p. ~59.

(3) 1.-31. GOLDSCHmIDT, ibid., (1930), p. 1008.

(10)

nouveaux

protons

se fixent alors sur une couche exté-rieure au noyau. Si néanmoins l’affinité des

protons

augmente sensiblement,

cela

signifie

que les actions mutuelles

d’origine

quantique

diminuent

plus

lente-ment avec la

distance,

à l’intérieur du noyau, que la

répulsion

de Coulomb.

TABLEAU V.

Il est

possible

aussi,

que certaines couches

internes,

comme pour les électrons extérieurs des

atomes,

se

complètent

seulement

plus

tard,

au moment où les conditions

dynamiques s’y prêtent :

ainsi par

exemple

la

charge

effective du noyau

peut

être

plus petite

pour les couches intérieures que

lorsque

le

proton

tend à se fixer à sa limite externe.

Les

points

d’inflexion que l’on observe dans le schéma

P, N

pour

Cu,

Ag

et pour les terres rares

semblent montrer

qu’il

existe une

analogie

très pro-fonde entre les effets

quantiques

dans le noyau et dans

l’atmosphère

électronique

extérieure. En tout cas

l’ordre dans

lequel

se

remplissent

les couches de pro-tons et de neutrons n’est pas nécessairement

identique.

Changement

de la tendance à une

transfor-mation d’un isobare en un autre le

long

d’une

série d’isobares. - On ne connaît que deux groupes de trois isobares

qui

tous

possèdent

des nombres P et N

pairs.

Comme on

pouvait

le

prévoir,

la tendance à

une transformation des neutrons en

protons

diminue

quand

la

charge

du noyau

augmente.

La différence seconde est

toujours négative,

Clà (-

2,

+

2)2

0. Variation de l’affinité des

particules

a le

long

des séries a. - On

peut

s’attendre dans ce cas à une

analogie

avec ce

qui

se passe pour les

protons

en fonc-tion du nombre

de protons.

Effectivement,

les diffé-rences secondes pour les

changements

(2,2)

sont

né-gatives

dans la

majorité

des cas, dans 31 sur 45.

Sept

exceptions

sont dues aux gaz rares, 3 au P V

44,

dont

l’abondance

probablement

est estimé

trop

grande

(cf.

tableau

-VI).

Variation de l’affinité des

particules x

en fonction

deP(dans

une

séried’isotone);variations

de l’affinité des

protons

en fonction du nombre

de

particules

cc. - Les différences secondes sont

négatives

dans 17 cas sur

20,

l’affinité diminue donc en

général,

comme il fallait

s’y

attendre. Pour les

excep-.

tions,

mêmes remarques que

plus

haut.

Quatre

excep-tions sont relatives aux gaz rares, 3 à P = ~~.,

TABLEAU VI.

Variation de la tendance à une transformation isobare le

long

des séries

d’isotones;

variation de l’affinité des

protons

le

long

des séries d’iso-bares. 2013 L’affinité diminue comme il fallait

s’y

attendre. La seule

exception

est due à P = 44

(cf.

tableau

VII).

TABLEAU VII.

(11)

Tendance aux transformations isobares

(émis-sion

p)

en fonction du nombre de

particules

x;

affinité des

particules a

le

long

des séries d’iso-bares. - Dans 6 cas sur 11 ces affinités diminuent

(A 1g

C /3

(2,2) à

(-

2,2)

-

0),

comme il fallait

s’y

attendre, quand

la

charge

du noyau

augmente.

Les

exceptions

sont relatives aux gaz rares et P = 44

(cf.

tableau

VIII).

Radioactivité

des noyaux en fonction des nombres de

protons

et de neutrons. - On trouvera

dans le schéma 2 les durées de

vie,

en

secondes,

des 23

espèces

d’atomes

qui

émettent

spontanément

des

particules

a, dans le schéma ~a les

énergies

correspon-dantes. Ces

figures

mettent en évidence les

règles

suivantes :

I. P étant

donné,

la durée de vie

et,

par

conséquent,

la stabilité ainsi que

l’énergie

de liaison

augmentent

en même

temps

que

l’l,

à

partir

de ïV- 128

(exception

pour la durée de vie P

~- 88,

N --- 135).

II. I1 étant

donné,

la durée de vie diminue

régulière-quand

P

augmente.

Schéma 2. - Emissions a : : durées de vie.

III. L’influence des neutrons additionnels

(I)

sur la

sta-bilité relative aux transmutations a est

beaucoup plus

grande

que l’influence

opposée

de

protons

additionnels

(II).

Ainsi, s’explique

ce

phenomène remarquable, qui

se

présente

dans les séries dont les noyaux diffèrent

d’un nombre entier de

particules

diagonale

inclinée vers la droite et le

haut) :

entre 84 et P = 92

l’énergie

de liaison

augmente

régu-lièrement en même

temps

que le nombre des

parti-cules a.

Schéma 2 a. - Energie des particules a.

Il est donc

plus simple

d’admettre,

au lieu de forces de liaison entre

particules

à

préexistantes,

l’existence

de liaisons directes entre

protons

et entre neutrons. IV. Dans les séries

d’isobares,

la durée de vie des noyaux à radioactivité a diminue

quand

P

augmente.

Sur les schémas 3a et 3b se trouvent les

duréeslde

vie des atomes à

émission P

en fonction des nombres N et P. Il est commode de

séparer

les atomes à N

(et~au

besoin

P) pairs

et

impairs.

On obtient les

règles

jsui-vantes :

Remarque. - Dans le schéma 2 remplacer les valeurs par 1,0.~.0~ et 3,1.40~ par 3.106. Dans le schéma 3a remplacer les valeurs 3,9.10s par 4,3.104 et 5,4.103 par 5,6.103.

(12)

Émissions :

durées de vie.

V. La durée de vie est

généralement plus

faible pour un atome à

radiactivité ~

possédant

un N

impair

que pour les atomes voisins avec lV

pair.

VI Dans les deux

catégories

les durées de vie dimi-nuent

quand

N

augmente,

P restant

constant,

à l’in-verse des atomes à radioactivités oc.

VII. De

même,

à l’inverse des radioactivités a, les durées de vie

augmentent

avec le nombre

P,

IlT restant constant.

,

VIII. Si l’on compare

séparément

entre eux les atomes à N

impair

ou

pair,

on trouve que l’influence des neu-trons

supplémentaires (V)

est

plus petite

que celle des

protons

(VI).

La durée de vie croît avec le nombre des

particules

a.

IX. De même dans une série isobare la durée de vie

des atomes à

radioactivité ~

augmente

en même

temps

que P. Dans le cas des atomes à radioactivité artifi-cielle

(il, 11), (9

3, 3), (15,15), (17,17),

qui

émettent des

positrons,

0. Frisch

(1)

a noté un accroissement de la durée de

vie,

qui

correspond

exactement à la

règle

III

pour des

particules et positives.

Ce travail a été effectué au Laboratoire de

Physique

Expérimentale

du

Collège

de France.

M.

Langevin

m’a

accordé,

pour le mener à

bien,

des

facilités dont

je

le remercie

vivement,

et

je

suis heureux de

pouvoir exprimer

ici toute ma reconnaissance et

ma

gratitude profonde

à M. Bauer dont les avis éclairés

et l’intérêt bienveillant m’ont si souvent aidé et

sou-tenu.

(1) 0. R. FRiscH, lVature, 1934, 133, 721.

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