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Application de la théorie de Wilkinson aux compteurs
de Geiger-Müller à cathode externe
Daniel Blanc, Henri Zyngier
To cite this version:
LE
JOURNAL
DE
PHYSIQUE
ET
LE
ItADIU111
PHYSIQUE
APPLIQU$E
*APPLICATION DE LA
THÉORIE
DE WILKINSON AUX COMPTEURS DEGEIGER-MÜLLER
A CATHODE EXTERNEPar DANIEL BLANC et HENRI
ZYNGIER,
Laboratoire de Physique atomique et moléculaire du Collège de France. Sommaire. - L’application des formules de Wilkinson aux
compteurs à graphitage externe permet
d’établir que la différence de potentiel existant entre les surfaces interne et externe du compteur, ainsi
que la charge par impulsion, sont en première approximation proportionnelles à la surtension. On
vérifie à différentes températures les formules obtenues; on en déduit la résistance du verre : les résultats obtenus concordent avec les mesures classiques de résistance.
Étude
théorique.
-D’après
la théorie de Wil-kinson[ 1 ],
laquantité
d’électricitéproduite
danschaque décharge
d’uncompteur
est de la forme :V’ étant la tension
appliquée
entre le fil et lecylindre,
VG
le seuil deGeiger
et A une constante pour uncompteur,
unremplissage
et unetempé-rature donnés.
Nous avons
déjà
souligné
[2]
que dans le casdes
compteurs
à cathode externe tout se passe commes’il existait entre l’intérieur et là masse un
système
résistance
R,
capacité
C enparallèle (fig.
I).
-Si l’on
prend
pourpotentiel
zéro lepotentiel
de la surface externe du verre, la surface interne setrouve à un
potentiel v
lorsque
lecompteur
fonctionne sous une tension V et à un taux decomptage
N par seconde. Nous avons ici :Or
v = Nq R
enrégime
permanent
D’où l’on déduit
La
solution +correspond
à v > V -Vc,
cequi
@
n’a pas de sens
physique.
’
Fig. i. - Circuit
équivalent à un compteur à cathode externe.
Le
développement
de la solution - donne :Le terme
en (
(
V;GVr. )
estnégligeable
devant
l’unité. VC. ,r_ _
Le terme en
TT - VG
devientnégligeable pour
v - VG
Le terme en2013,20132013
devientnégligeable
pour2013.r2013
faible,
comme nous le verronsplus
loin. Dans cesconditions on obtient la formule
approchée :
Dispositif expérimental.
- a.Compteurs
2
lisés. - Les
compteurs,
construits sur letype
Mac
Knight
et Chasson[3] (fig. 2) comportent
unesimplification
consistant en lasuppression
du ressortFig. 2. - Schéma des
compteurs utilisés.
à l’extrémité du fil
axial,
dont la tension est obtenue parétirage
du verre.Nous avons utilisé une méthode
déjà
décrite[4]
pour définir avecprécision
lalongueur
efficace de lacathode. Les sections
graphitées
sontséparées
par des couches d’araldite 101(Cie
Saint-Gobain)
plus
résistante que laparaffine.
Les diamètres internes sont de 2 cm,
l’épaisseur
du verre
(type
« Novo»)
de i mm. Le fil anode entungstène
a un diamètre de ilion
mm. Lalongueur
de cathode va de8,7
à 16,4
sm.
Les
remplissages
étaient constituésd’argon
spec-troscopiquement
pur sous lapression
de9,fi5
cmde mercure et d’éthanol sous’ une
pression
allantde
o,55
à1,05
cm de mercure. Cescaractéristiques
correspondent
à des conditions où la théorie deWilkinson
doits’appliquer.
b.
Dispositif
decomptage.
- Lesimpulsions
venant des
compteurs
sontamplifiées
par unpréam-plificateur
Mesco PAS degain égal
à 100 et dont leseuil est de
o, 5
V. Lesimpulsions
obtenues alimententune échelle décimale Mesco ECG 4
(temps
de réso-lution :0,6 u
s)
ainsiqu’un intégrateur
de contrôle Mesco RIGplacé
enparallèle.
Mesure de la
charge
parimpulsion.
- Lecourant i traversant le
compteur
est mesuré à l’aide d’ungalvanomètre
A.O.I.P. dont la sensibilité est de 5 . 10-9A /mm
à 1 m. Lacharge q
parimpulsion
est donc :
D’après
la formule(1) :
Or : o o
No
étant le nombre de coups par seconde pour le seuil deGeiger
Vc,
et p lapente
AN.
AV
En
négligeant
c’est-à-dire le carrédu
rapport
del’accroissement
du taux decomp-tage
AN au taux decomptage
initial(sa
valeur dans les conditions lesplus
défavorables nedépasse
pas
0,04),
onobtient :
V-VG
Le coefficient
de v- VG
VC. est au maximum deo, 3.
On
peut
doncprendre
L’erreur sur la
pente
de cette droite sera inférieure à 1 o pour oo, cequi
légitime
lesapproximations
faites lors de l’établissement de la formule(2).
Lafigure
3 résume les résultats obtenus avec uncomp-teur
long de 16,4
cm(alcool :
i,o5
cm de mercure; argon :9,45
cm demercure),
pour des taux decomptage
allant de 6 50o à248 00o
coups /mn
et à latempérature
de 220 C. Conformément à la formule(3),
les courbes obtenues sont des droites.Fig. 3. -
Charge q en fonction de la tension pour un compteur
long de I 6,4 cm (alcool : i,o5 cm de mercure; argon :
9,45 cm de mercure) à la température de 22° C.
Pour une surtension V -
VG
assezgrande,
il doit y avoir une discontinuité dans la courbe q=f (V),
la
pente
de la droite tombant à la moitié de sadéve-loppée
parimpulsion
devientégale
à lacharge
électrostatique
portée
par le fil. Pour lecompteur
dont les résultats sont
portés
sur lafigure
3,
le calcul montre que cettecharge
électrostatique
est de l’ordre de 1500.10-12Cb,
pour V == 1000 V. Lepoint
de discontinuité se trouve doncplacé
àl’exté-rieur de la
figure.
D’après
la formule(3),
C’est une droite d’ordonnée à
l’origine £
et depente
R. Lafigure
4
résume les résultats déduits de ceuxportés
dans lafigure
3.d V
Fig. 4.
- àq en
fonction du taux de comptage dqau seuil de Geiger (résultats déduits de ceux de la figure 3).
On obtient
A = 12.10-12
Cb/V
et R = 3 o MQ(pour
unetempérature
de 22°C).
La concordance entre les
expériences
et les for-mules déduites de la théorie de Wilkinson montre que cette théories’applique parfaitement
auxcompteurs
àcathode
externe si l’on introduit le circuitéquivaient résistance-capacité.
Calcul
de la résistance R en fonction de latempérature. -
Comme on levoit,
les mesuresqui
précèdent
permettent
de calculer la résistance R existant entre les faces interne et externe du verre.Pour l’étude de l’influence de la
température,
lescompteurs
furentplacés
dans une chambrefroide contenant un desséchant
(anhydride
phos-phorique)
defaçon
à éviter que descondensations
Fig. 5. - Schéma du dispositif de refroidissement.
d’eau
perturbent
les mesures. Unbrassage
énergique
de l’airpermet
d’uniformiser latempérature
à l’intérieur de la chambre froide(voir
fig.
5).
Fig. 6. - Résistance d’un
compteur long de 8,7 cm en fonction de la température.
,
Courbe en traits pointillés : calcul d’après les mesures de
charge; Courbe en traits pleins : mesure directe de la résistance.
Les mesures montrent que A varie peu avec la
4
efficace de
8,7
cm(alcool :
o,55
cm de mercure; argon :9,45
cm demercure).
Lespoints
se situentautour d’une droite
indiquée
enpointillé. Log
R est une fonction linéaire de latempérature,
cequi
est conforme aux résultats de R. Favre et C.Haenny
[6].
Vérification par mesure directe de la résis-tance. --- On mesure aumégohmmètre
la résistance d’un tube de verre « Novo » de même diamètreque les
compteurs
utilisés,
graphité
intérieurement et extérieurement suivant unelongueur égale
à lalongueur
efficace ducompteur.
Ses extrémités sontparaffinées
defaçon
à éviter les effets debord,
et l’intérieur estrempli
de limaille de laiton pourassurer une bonne conductibilité
électrique.
, La courbe en traits
pleins
de lafigure
6 donne lesrésultats obtenus pour une
longueur graphitée
de
8,7
cm. La concordance avec les calculs déduits de la mesure descharges
est satisfaisante. L’écart observé entre les deux droitescorrespond
à unedifférence de
température
de 20C,
explicable
parune erreur
systématique
dans la définition destempé-ratures ; en effet le thermomètre
indique
latempé-rature de la chambre et non celle du
compteur
(voir
fig.
5)..
Nous remercions bien cordialement M. René
Baumgartner, physicien
adjoint
auC.N.R.S.,
qui
a effectué lemontage
du banc de fabrication descompteurs.
Manuscrit reçu le 3 juillet 1953.
BIBLIOGRAPHIE.
[1] WILKINSON D. H. -
Phys. Rev., 1948, 74, 1417. [2] BLANC D. - J.
Physique Rad., 1953, 4, 271.
[3] MAC KNIGHT M. L. et CHASSON R. L. - Rev. Sc.
Instr., 1951, 22, 700.
[4] BLANC D. et SCHERER M. - C. R. Acad.
Sc., 1949, 228,
2018.
[5] FENTON A. G. et FULLER E. W. - Proc. Phys. Soc.,
1949, A 62, 32.
[6] FAVRE R. et HAENNY C. - Helv.
Phys. Acta, 1953,1, 53.
[7] VAN GEMERT A. G. M., DEN HARTOG M. et MULLER F. A. -
Physica, 1942, 9, 556.
[8] VAN GEMERT A. G. M., DEN HARTOG M. et MULLER F. A. -
Physica, 1942, 9, 658.
[9] CRAGGS J. D. et JAFFE A. A. -
Phys. Rev., 1947, 72, 784.
PRÉPARATION
DE FILMS MINCES DEFORMVAR,
UTILISÉS
COMME SUPPORTS DE GOUGHESMÉTALLIQUES,
ENPHYSIQUE NUCLÉAIRE
Par MM. P. BARREAU, P.LÉGER,
J. MOREAU et P. PRUGNE,Laboratoires du Commissariat à
l’Énergie
atomique (C.E.N.S.),Service de Physique nucléaire.
Sommaire. - Les auteurs
indiquent quelques-uns des procédés utilisés au Service de Physique nucléaire du Commissariat à
l’Énergie
atomique pour préparer des films minces de Formvar revêtus de dépôts obtenus par évaporation sous vide.On trouvera notamment pour le relèvement de ces films la description et le mode d’utilisation d’un
appareil simple.
L’article se divise en cinq parties :
1. Introduction. - 2. Choix des
solutions, concentrations, épaisseurs obtenues. - 3. Manipulation,
pour les fortes épaisseurs et pour les faibles épaisseurs ou les grandes surfaces. -
4. Métallisation
(dépôts sous vide). - 5.
Quelques résultats. Conclusion.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM.
PHYSIQUE
APPLIQUÉE.
SUPPLÉMENT AU N° 1.
TOME
15,
JANVIER1 Uü4,
PAGE 4 A.1. Introduction. - L’utilisation des films minces
en
Physique
nucléaire esttrop
courante pourqu’il
soit utile
d’y
insisterici;
nous citerons parexemple :
’
les
fenêtres decompteurs
Geiger-Müller,
lessup-ports
de sourcesradioactives,
écrandivers,
etc.La
question
s’estposée
d’utiliser ces membranesminces comme
supports
pour des couchesmétal-liques
obtenues parévaporation
sous vide etayant
des surfaces de
plusieurs
centimètres carrés. Leprocédé
courant de lagoutte
de solution s’étendant à la surface de l’eau etrécupérée
sur unanneau a dû être’
abandonné,
car une membrane minceayant
plusieurs
centimètres carrés de surface recueillie sur sonsupport
etplacée
dans l’enceinte del’appareil
àévaporer
est très souvent détruite dans le cours del’évaporation,
à moinsqu’elle
n’aitune surface
faible,
quel’évaporation
soit très courte et que le métaldéposé s’évapore
facilement.Pour
qu’une
membrane mince de surfacequelconque
nesoit pas abimée en cours