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CALCUL APPROCH´ E D’INT´ EGRALES

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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CALCUL APPROCH´ E D’INT´ EGRALES

Daniel PERRIN

0. Introduction.

L’objectif de ces notes est de proposer une d´emonstration des majorations de l’erreur pour les quatre m´ ethodes usuelles de calcul approch´e d’int´egrales (rec- tangles, trap`ezes, point m´edian, Simpson, en abr´ eg´e R, T, M, S). L’int´ erˆet de la m´ethode propos´ee est double :

1) c’est la mˆeme m´ethode pour les quatre cas et elle est tr`es naturelle,

2) cette m´ethode est du niveau d’un ´ el`eve de terminale (elle n’utilise ni le th´eor`eme des accroissements finis, ni la formule de Taylor).

1. Les quatre m´ethodes R,T,M,S.

a) Cadre g´ en´ eral.

On cherche ` a calculer une int´egrale I = b

a f(t)dt o` u f est une fonction continue (voire C 1 , C 2 , C 4 ) sur [a, b], avec a < b. On remplace f par une fonction g sur [a, b]

(constante, affine, polynomiale de degr´e 2). Pr´ecis´ement, on approche I par l’une des expressions suivantes :

I R = (b a)f (a) ou I R = (b a)f(b) ; I T = (b a)

f (a) + f(b) 2

,

I M = (b a)f ( a + b

2 ) ; I S = b a 6

f (a) + f (b) + 4f ( a + b 2 )

.

On peut ensuite it´erer la m´ethode en l’appliquant sur chacun des intervalles d’une subdivision r´ eguli`ere de [a, b] : x 0 = a, x 1 = a + b a

n , ..., x i = a + i b a n , ..., x n = b. Par exemple, pour la m´ethode des rectangles et des trap`ezes on obtient

I R,n = b a n

n−1

i=0

f (x i ) ; I T,n = b a n

n−1

i=0

f (x i ) + f (x i+1 ) 2

.

On d´efinit de mˆeme I M,n et I S,n . b) Les majorations.

Si f est de classe C k on pose

M k = sup

x∈[a,b] | f (k) (x) | .

On a alors le th´eor`eme suivant :

(2)

2

Th´ eor` eme 1.

1) (Rectangles) On suppose f de classe C 1 . On a |I I R | ≤ (b a) 2 2 M 1 . 2) (Trap`ezes) On suppose f de classe C 2 . On a | I I T | ≤ (b a) 3

12 M 2 . 3) (Point m´edian) On suppose f de classe C 2 . On a | I I M | ≤ (b a) 3

24 M 2 . 4) (Simpson) On suppose f de classe C 4 . On a | I I S | ≤ (b a) 5

2880 M 4 .

On d´eduit de ce th´eor`eme les majorations dans le cas d’une subdivision ` a n pas : Corollaire 2.

1) (Rectangles) On suppose f de classe C 1 . On a | I I R,n | ≤ (b a) 2 2n M 1 . 2) (Trap`ezes) On suppose f de classe C 2 . On a | I I T,n | ≤ (b a) 3

12n 2 M 2 . 3) (Point m´edian) On suppose f de classe C 2 . On a | I I M,n | ≤ (b a) 3

24n 2 M 2 . 4) (Simpson) On suppose f de classe C 4 . On a | I I S,n | ≤ (b a) 5

2880n 4 M 4 .

emonstration. (du corollaire) Faisons par exemple le cas du trap` eze, les autres sont identiques. En vertu du th´ eor`eme 1, appliqu´e ` a l’intervalle [x i , x i+1 ], de longueur b a

n , on a l’in´ egalit´e : x

i+1

x

i

f (t)dt b a n

f (x i ) + f(x i+1 )

2

b a n

3

M 2 12 ,

En sommant ces n in´egalit´es on obtient le r´esultat (il y a un n du d´enominateur qui s’en va).

c) Preuve du th´ eor` eme 1, cas R et T.

Expliquons l’id´ ee sur le cas du rectangle. On cherche ` a majorer l’erreur ∆ =

b a

f (t)dt (b a)f (a). Cette quantit´e est une constante, mais si on fait varier b elle devient une fonction : ∆(x) =

x a

f (t)dt (x a)f (a). Bien sˆ ur, il suffit de majorer ∆(x) (car on aura la majoration de ∆ en faisant x = b). Pour cela on d´erive jusqu’` a ce qu’on voie une majoration ´ evidente. Ici, le premier pas suffit, on a ∆ (x) = f (x) f (a) et on applique l’in´ egalit´e des accroissements finis 1 (IAF) qui donne | (x) | ≤ M 1 (x a). On majore alors ∆ en int´ egrant ∆ : ∆(x) =

x a

(t)dt (car ∆(a) = 0), d’o` u, | ∆(x) | ≤ M 1

x a

(t a)dt = M 1

(x a) 2

2 et on a le r´esultat.

Pour la m´ethode des trap`ezes on consid`ere ∆(x) =

x a

f (t)dt (x a) f(x) + f(a) 2

1 En principe, cette in´ egalit´ e n’est plus au programme de terminale S depuis 2002. On peut contourner cette difficult´ e en ´ eccrivant f (x) f (a) = x

a f (t)dt et en appliquant l’in´ egalit´ e

de la moyenne.

(3)

Les quatre m´ethodes R,T,M,S 3 et on a : ∆ (x) = 1 2 (f (x) f(a) (x a)f (x)), puis ∆ (x) = (x a)

2 f (x).

On en d´eduit | (x) | ≤ 1 2 M 2 (x a) et, en int´egrant (en tenant compte de

(a) = ∆(a) = 0), |∆ (x)| ≤ (x a) 2

4 M 2 et |∆(x)| ≤ (x a) 3

12 M 2 d’o` u le r´esultat en prenant x = b.

d) Preuve du th´ eor` eme 1, cas Met S.

L’id´ee est identique, avec une variante qui consiste ` a choisir comme origine le point m´edian c = a + b

2 . On regarde alors, dans le cas du point m´edian : ∆(x) =

c+x

c−x f (t)dt−2xf (c) (car la largeur de l’intervalle est ici 2x ; on aura la majoration voulue en prenant x = b−a 2 ). On d´erive : ∆ (x) = f(c + x) + f (c x) 2f (c), puis ∆ (x) = f (c + x) f (c x) que l’on majore par IAF : | (x) | ≤ 2xM 2 , d’o` u en int´egrant deux fois sur [0, x] et en tenant compte de ∆ (0) = ∆(0) = 0, les majorations : | (x) | ≤ x 2 M 2 , puis | ∆(x) | ≤ x 3

3 M 2 . Si on applique cette formule avec x = b−a 2 on obtient | I I M | ≤ M 2

(b a) 3

3 × 8 , d’o`u le r´esultat.

Finissons avec Simpson. Cette fois on consid`ere

∆(x) =

c+x

c−x f(t)dt x

3 [f (c + x) + f(c x) + 4f (c)].

On doit d´ eriver trois fois pour voir une majoration ´ evidente :

(x) = 2

3 [f (c + x) + f (c x)] 4

3 f (c) x

3 [f (c + x) f (c x)],

(x) = 1

3 [f (c + x) f (c x)] x

3 [f (c x) + f (c + x)],

(x) = x

3 [f (c x) f (c + x)]

que l’on majore par IAF : | (x) | ≤ 2x 2

3 M 4 . On en d´eduit successivement, en int´egrant sur [0, x] et en tenant compte de ∆ (0) = ∆ (0) = ∆(0) = 0, les majorations :

|∆ (x)| ≤ 2x 3

9 M 4 , |∆ (x)| ≤ x 4

18 M 4 , |∆(x)| ≤ x 5 90 M 4 . En faisant x = b−a 2 on obtient | I I S | ≤ (b a) 5

90 × 32 M 4 = (b a) 5

2880 M 4 comme

annonc´e.

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