AUTOUR DE LA FORMULE D’INVERSION DE LAGRANGE
R´esum´e. Notes du cours de combinatoire de l’´Ecole Doctorale MSTIC, Universit´e Gustave Eiffel, 2020-2021.
1. Introduction
La formule d’inversion de Lagrange (1768, [27]) est un outil classique en combi- natoire ´enum´erative. Elle permet de r´esoudre les ´equations fonctionnelles v´erifi´ees par les s´eries g´en´eratrices de nombreuses structures. De plus, la s´erie de Lagrange g´en´erique, r´esolvant l’´equation du point fixe g(t) =f(tg(t)) pour une s´erie g´en´erique f(t) est int´eressante par elle-mˆeme. En ´ecrivant la r´ecurrence v´erifi´ee par ses co- efficients, on peut reconnaˆıtre la grammaire du langage de Lukasiewicz et obtenir ainsi une preuve combinatoire de la formule de Lagrange (1960, [34]). Les mots de ce langage (les codes polonais des arbres plans) peuvent ˆetre vus comme de fonc- tions de parking croissantes. En prenant pour f(t) la s´erie g´en´eratrice des fonction sym´etriques compl`etes, le coefficient gn peut ˆetre interpr´et´e comme une fonction sym´etrique, et la preuve combinatoire montre alors qu’il s’agit de la caract´eristique de la repr´esentation du groupe sym´etriqueSn sur l’ensemble des fonctions de parking de taille n [13]. Mais les fonctions sym´etriques ont des analogues non commutatifs naturels, et dans ce contexte, l’´equation du point fixe devient exactement la gram- maire de Lukasiewicz. La fonction sym´etrique non commutative correspondant `a gn
est alors la caract´eristique de l’action de l’alg`ebre 0-HeckeHn(0) sur les fonctions de parking. On peut raffiner cette caract´eristique en prenant en compte la somme des fonctions de parking, qui est invariante par cette action. La s´erie obtenue v´erifie alors une ´equation fonctionnelle qui redonne la q-inversion de Lagrange non commutative de Gessel [30, 11].
L’alg`ebre des fonctions sym´etriques non commutative se plonge dans une alg`ebre de Hopf de permutations, elle-mˆeme incluse dans une alg`ebre de Hopf de fonctions de parking. `A ce niveau, la s´erie de Lagrange g´en´erique devient la somme formelle de toutes les fonctions de parking, et toutes ses sp´ecialisations proviennent d’un caract`ere de cette alg`ebre [32].
L’inversion de Lagrange classique calcule l’antipode de l’alg`ebre de Hopf de Fa`a di Bruno, associ´ee au groupe de composition des s´eries enti`eres formelles v´erifiant f(0) = 0, f′(0) = 1. La version non commutative calcule l’antipode d’un analogue non commutatif de cette alg`ebre de Hopf, qui existe bien que la composition des s´ereis formelles `a coefficients non commutatifs ne soit pas associative. Son existence d´ecoule en fait de celle d’un groupe de s´eries non commutatives dont les coefficients
Date: 9 mars 2021.
1
sont index´es par des arbres. C’est le groupe de s´eries associ´e a un op´erade libre ayant un g´en´erateur en chaque degr´e [28].
Apr`es avoir expos´e la th´eorie classique, nous aurons donc l’occasion de passer en revue l’univers des nombres de Catalan, ce qui nous conduira naturellement `a la preuve combinatoire. La version sym´etrique nous donnera l’occasion de pr´esenter sommairement la th´eorie des caract`eres du groupe sym´etrique et d’obtenir celui de la repr´esentations sur les fonctions de parking. Nous aborderons ensuite les fonctions sym´etriques non commutatives, et leur interpr´etation en termes de repr´esentations de la 0-alg`ebre de Hecke. Celle-ci n’´etant pas semi-simple, il nous faudra introduire la notion de groupe de Grothendieck, et celle d’anneau de Grothendieck d’une tour d’alg`ebres. Nous aurons ´egalement l’occasion d’exposer quelques g´en´eralit´es sur les alg`ebres de Hopf combinatoires, et sur leur lien avec la th´eorie de op´erades.
2. La formule classique
Dans sa version la plus simple, la formule d’inversion de Lagrange donne les coeffi- cients de Taylor de l’inverse compositionnel d’une fonction analytique ou d’une s´erie formelle :
(1) f(z) =X
n≥1
fnzn (f1 6= 0), g(z) =X
n≥1
gnzn, g(f(z)) =f(g(z)) =z.
2.1. Version analytique. La m´ethode la plus directe pour l’obtenir est sans doute le calcul des r´esidus. On a, pour un petit cercle C entourant l’origine
(2) gn = 1
2πi I
C
g(z) dz zn+1
On peut faire le changement de variable variable w = g(z), de sorte que z = f(w), ce qui donne
(3) gn = 1
2πi I
C′
wf′(w)dw f(w)n+1 = 1
2πi I
C′
wd
f(w)−n
−n
et, en int´egrant par parties,
(4) gn = 1
2πi I
C′
dw
nf(w)n = 1
nRes0f(w)−n.
Pour le mˆeme prix, on peut calculer g(z)m pour m∈ Z quelconque : Comme Jabo- tinsky [25], posons
(5) f(z)m =X
n≥1
fm,nzn and g(z)m =X
n≥1
gm,nzn. Le mˆeme calcul donne alors
(6) gm,n= 1 2πi
I
C
g(z)m dz zn+1 = m
n 1 2πi
I
C′
1 f(w)n
dw
w−m+1 = m
nf−n,−m. On trouve le logarithme en ´ecrivant
(7) 1
2πi I
C
log g(z)
z
dz zn+1 = 1
nf−n,0.
2.2. Version formelle. Ce calcul fonctionne aussi bien avec les s´eries formelles, il n’y a en fait pas besoin d’analyse complexe. On d´efinit le r´esidu d’une s´erie de Laurent formelle par
(8) Resz=0 X
n∈Z
anzn
!
dz =a−1.
Alors le calcul ci dessus d´ecoule de l’observation qu’une diff´erentielle n’a pas de r´esidu (puisque z−1 n’est pas la d´eriv´ee d’une puissance de z), et de l’invariance du r´esidu par changement de variables :
(9) g(f(z))f′(z)dz =X
n
gnf(z)nf′(z)dz= g−1f′(z)
f(z) + X
n6=−1
df(z)n+1 n+ 1 . a pour r´esidu g−1 = Resw=0g(w)dw.
Dans les applications, il est souvent commode d’´ecrire f(z) sous la forme
(10) f(z) = z
ϕ(z) et de poser aussi g(z) =zc(z) de sorte que
(11) cn = 1
n+ 1[zn]ϕ(z)n+1. 2.3. Variantes de la formule.
2.3.1. Lagrange-B¨urmann. Soit Φ(z) une s´erie formelle quelconque. En ´ecrivant Φ(g(z)) = X
m≥0
Φmg(z)m= Φ0+X
m≥1
ΦmX
n≥1
m
nf−n,−mzn
= Φ0+X
n≥1
1
nResw=0 X
m≥0
mΦmwm−1ϕ(w)n wn dw
! zn
on obtient
(12) [zn]Φ(g(z)) = 1
n[wn−1]Φ′(w)ϕ(w)n. Cette forme est souvent appel´ee formule de Lagrange-B¨urmann.
2.3.2. Lagrange (version originale). La motivation originale de Lagrange ´etait de prouver une s´erie conjectur´ee par Lambert pour une racine de l’´equation trinˆome x=a+txp. Il l’a ensuite appliqu´ee `a l’´equation de Kepler, qu est aussi de la forme
(13) u=a+tϕ(u)
o`u ϕ(0) 6= 0 de sorte que l’´equation admet une solution unique sous forme de s´erie formelle. On peut la r´ecrire
(14) u−a
ϕ(u) =t ou encore v
ψ(v) =t, o`u v =u−a et ψ(v) =ϕ(a+v).
Maintenant, si Φ est une s´erie formelle quelconque, (15) [tn]Φ(u) = 1
n[wn−1]Φ′(a+w)ϕ(a+w)n = 1 n
1 (n−1)!
d da
n−1
[Φ′(a)ϕ(a)n] et donc
(16) Φ(u) = Φ(a) +X
n≥1
tn n!
d da
n−1
[Φ′(a)ϕ(a)n].
2.3.3. Lagrange-Hermite. Si on d´erive par rapport `a z la version B¨urmann
(17) Φ(u) = Φ(0) +X
n≥1
zn
n[wn−1]Φ′(w)ϕ(w)n on a
(18) Φ(u)u′= X
n≥0
zn[wn]Φ′(w)ϕ(w)n+1 et comme u= zϕ(u), u′ =ϕ(u) +zϕ′(u), donc
(19) Φ′(u)ϕ(u)
1−zϕ′(u) =X
n≥0
zn[wn]Φ′(w)ϕ(w)·ϕ(w)n, soit, en posant F(u) = Φ′(u)ϕ(u),
(20) F(u)
1−zϕ′(u) =X
n≥0
zn[wn]F(w)ϕ(w)n.
Cette formule est surtout utile quand on la lit de droite `a gauche, pour trouver la s´erie g´en´eratrice des coefficients cn = [wn]F(w)ϕ(w)n.
2.4. Exemples.
2.4.1. Arbres m-aires complets par nombre de feuilles. Soit gn le nombre d’arbres m-aires (plans) complets `a n feuilles. La s´erie g´en´eratrice w = g(z) des gn v´erifie l’´equation
(21) w=z+wm, ⇔ z =w−wm=f(w)
et donc
(22) gn = 1
nResw=0w−n(1−wm−1)−n = 1
n[wn−1]X
k≥0
n−1 +k k
w(m−1)k
ce qui donne
(23) gn =
( 1 (m−1)k+1
km k
if n≡1 mod m−1
0 sinon.
2.4.2. Arbres m-aires par nombre de noeuds internes. Soit tn le nombre d’arbresm- aires (plans) ayantn noeuds internes. La s´erie g´en´eratrice t(x) =P
n≥0tnxn v´erifie (24) t(x) = 1 +xt(x)m, ou encore, t(x)−1
t(x)m =x.
En posantz =t(x)−1 on peut appliquer (11) avecϕ(z) = (1 +z)m, et si x= zg(z), alors (n+ 1)gn est le coefficient de zn dans (1 +z)m(n+1), appel´e nombre de Fuss- Catalan
(25) gn = 1 n+ 1
m(n+ 1) n
, et donc tn = 1 n
mn n−1
= 1
(m−1)n+ 1 mn
n
.
2.4.3. La fonction de Lambert. Soit x=W(z) la solution de
(26) z =xex
qui v´erifie W(0) = 0. Ici, ϕ(z) = e−z de sorte que W(z) = zg(z) avec (n+ 1)gn = (−1)n(n+1)n! n, et finalement
(27) W(z) =X
n≥1
(−n)n−1zn n!.
Plus g´en´eralement, la formule pour les puissances de la solution donne (28)
W(z) z
r
=g(z)r = 1 +X
n≥1
r(n+r)n−1
n! (−x)n.
Comme ceci doit ˆetre ´egal `a z−rerW(z), on en d´eduit que les polynˆomes pn(r) = r(n+r)n−1 forment un suite binomiale
(29) pn(x+y) =
n
X
k=0
n k
pk(x)pn−k(y).
C’est l’identit´e d’Abel.
2.4.4. Arbres enracin´es ´etiquet´es. La s´erie g´en´eratrice T(z) du nombre Tn d’arbres enracin´es (non plans) ´etiquet´es sur nsommets v´erifie
(30) T(z) =zeT(z).
On a donc T(z) =−W(−z).
La fonction
(31) F(z) = 1 +zT′(z) = (1−T(z))−1 =X
n≥0
nnzn n!
est ´egalement int´eressante. On peut montrer [26] que le coefficient tn(x) de zn/n!
dansF(z)xest un polynˆome enxdont les coefficients comptent les endofonctions par nombre de cycles.
En effet, une endofonction `a un seul cycle de longueur k peut ˆetre vue comme un k-uplet d’arbres ´etiquet´es de 1 `an, `a permutation circulaire pr`es desk arbres. Donc la s´erie g´en´eratrice des endofonctions `a 1 cycle est
(32) f(z) = ln 1
1−T(z)
et le coefficient de xk dans exf(z) est celle des endofonctions `a k cycles.
2.4.5. La s´erie de Lambert `a deux param`etres. Lambert avait conjectur´e en 1757 une s´erie explicite pour la plus grande racine d’une ´equation trinˆomexm+px=q. Euler a ´etudi´e cette s´erie et cherch´e `a prouver la formule de Lambert. Pour cela, il part de l’´equation plus sym´etrique [7],
(33) xα−xβ = (α−β)txα+β.
Il tente de prouver qu’une solution est donn´ee par la s´erie (34) x=g(t) = 1 +X
n≥1 n−1
Y
i=1
(1 +iα+ (n−i)β)·tn
n! =:Eα,β(t), et que de plus,
(35) xr =g(t)r = 1 +X
n≥1
r
n−1
Y
i=1
(r+iα+ (n−i)β)· tn n!. On en d´eduit que les polynˆomes
(36) Pn(u) :=u
n−1
Y
i=1
(u+iα+ (n−i)β) forment une suite de type binomial
(37) Pn(u+v) =
n
X
k=0
n k
Pk(u)Pn−k(v) et que
(38) logg(t) =X
n≥1 n−1
Y
i=1
(iα+ (n−i)β)· tn n!.
Euler ne parvient pas `a prouver compl`etement ces affirmations, mais on peut les d´eduire de la formule de Lagrange [35] : si l’on pose u=g(t)α−β, on a
(39) u= 1 +t(α−β)uα−βα
qui est bien de la forme
(40) u=a+tϕ(u)
et on peut donc appliquer
(41) Φ(u) = Φ(a) +X
n≥1
tn n!
d da
n−1
[Φ′(a)ϕ(a)n]
avec Φ(u) =ur, ϕ(u) = (α−β)))uα−βα , ce qui donne
(42) ur= 1 +X
n≥1
tn n!
d da
n−1
h(α−β)rar−1+α−βnα i .
Le coefficient de tn!n dans ur est donc (43) r(α−β)n
r−1 + nα
α−β r−2 + nα α−β
· · ·
r−(n−1) + nα α−β
et comme ur = g(t)(α−β)r, le coefficient de tn!n dans g(t)r s’obtient en rempla¸cant r par α−βr , ce qui donne finalement comme annonc´e
(44) r α−β
r−(α−β) +nα α−β
r−2(α−β) +nα α−β
· · ·
r−(n−1)(α−β) +nα α−β
=Pn(r).
Les polynˆomesPn(x) ont une interpr´etation combinatoire connue. On peut montrer [15, 39] que le coefficient de αiβj dans
(45)
n−1
Y
i=1
(iα+ (n−i)β)
est le nombre d’arbres enracin´es ´etiquet´es sur [n] avec i arˆetes croissantes et n−i arˆetes d´ecroissantes (ou l’inverse !).
Pour le prouver, Kreweras et Moszkowski associent `a un arbre ´etiquet´eT, repr´esent´e par une endofonction acyclique f, un codemT ∈[n]n−1 ayant la propri´et´ef(i)> i⇔ mT(i)> i. Le polynˆome g´en´erateur du nombre d’arˆetes croissantes est donc identique
`a celui du nombre d’exc´edances sur [n]n−1 qui est manifestement
(46) X
m∈[n]n−1
x#{i|mi>i} =
n−1
Y
i=1
(ix+ (n−i)).
2.5. Exercices.
2.5.1. La classe de Todd. Montrer que Resw=0(ew−1)−ndw = (−1)n−1 et retrouver ainsi le d´eveloppement de log(1 +z).
Il suffit de faire le changement de variablesw= log(1 +z) : (47) Resw=0(ew−1)−ndw= Resz=0z−n dz
1 +z = [zn−1] z
1 +z = (−1)n−1.
Ce n’est ´evidemment pas la meilleure m´ethode pour trouver le d´eveloppement de log(1+z) (puiqu’on connait celui de sa d´eriv´ee), mais ¸ca permet de d´emontrer une propri´et´e utilis´ee par Hirzebruch dans la preuve de son th´eor`eme de Riemann-Roch [14] : il existe une unique s´erie formellef(z) telle que Resz=0f(z)−ndz = 1 pour tout n > 0. En effet, le calcul pr´ec´edent montre que f(z) = 1−e−z poss`ede cette propri´et´e, et sif(z) est une solution, sa fonction r´eciproqueg(z) v´erifie
(48) g(z) =X
n≥1
zn1
nResw=0f(w)−ndw=X
n≥1
zn n = log
1 1−z
et doncf(z) = 1−e−z.
2.5.2. Coefficients trinomiaux centraux. Soittn = [xn](1+x+x2)n. Trouver la somme de la s´erie
(49) t(z) =X
n≥0
tnzn.
On applique Lagrange-Hermite avecF(w) = 1 etϕ(w) = 1 +x+x2. Alors,
(50) t(z) = 1
1−zϕ′(u) o`uuv´erifie u ϕ(u)=z, soit
(51) u= 1−z−√
∆
2z , avec ∆ = 1−2z−3z2. On a doncϕ′(u) = 1 + 2u, puis 1−zϕ′(u) =√
∆ et finalement
(52) t(z) = 1
√1−2z−3z2.
2.5.3. Colonnes du triangle de Pascal. Calculer
(53) fk(z) =X
n≥k
2n n−k
zn.
On applique Lagrange-Hermite avecFk(w) =wk etϕ(w) = (1 +w)2. Alors, (54) fk(z) = uk
1−zϕ′(u) avec u
(1 +u)2 =z, soitu= 1−2z−√ 1−4z 2z etϕ′(u) = 2(1 +u), donc
(55) fk(z) = 1
√1−4z
1−2z−√ 1−4z 2z
k
.
2.5.4. Polynˆomes de Legendre. Ils sont d´efinis par
(56) Pn(x) = 1
2nn!
dn
dxn(x2−1)n. CalculerP(x;z) =X
n≥0
Pn(x)zn.
(57) P(x;z) =X
n≥0
zn n!
dn dxn
x2−1 2
n
= d dx
X
n≥0
zn n!
dn−1 dxn−11·
x2−1 2
n
= dΦ(u) dx = du
dx avec Φ(u) =u, et o`uuv´erifieu=x+zϕ(u) =x+z
x2−1 2
. Donc,
(58) u= 1−√
1−xz+z2
z et du
dx = 1
√1−xz+z2 =P(x;z).
2.5.5. Polynˆomes de Laguerre. Ils sont d´efinis par
(59) L(a)n (x) = 1
n!exx−a dn
dxne−xxa+n. CalculerL(a)(x;z) =X
n≥0
L(a)n (x)zn.
On peut ´ecrire
(60) e−xxaL(a)(x;z) =X
n≥0
zn[wn]e−(x+w)(x+w)a(x+w)n=X
n≥0
zn[wn]F(w)ϕ(w)n avecF(w) =e−(x+w)(x+w)a etϕ(w) =x+w. Donc,
(61) L(a)(x;z) =exx−a F(u)
1−zϕ′(u) avec u
u+x =z soitu= xz 1−z ce qui donne finalement
(62) L(a)(x;z) = (1−z)−(a+1)e−
xz 1−z.
2.5.6. Polynˆomes de Jacobi. Ils sont d´efinis par (63) Pn(α,β)(x) = (−1)n
2nn! (1−x)−α(1 +x)−β dn dxn
(1−x)α(1 +x)β 1−x2n
. CalculerP(α,β)(x;z) =P
n≥0znPn(α, β)(x).
On peut ´ecrire
(64) (1−x)α(1 +x)βP(α,β)(x;z) =X
n≥0
zn n!
dn
dxn(1−x)α(1 +x)β
x2−1 2
=X
n≥0
zn[wn]F(w)ϕ(w)n avecF(w) = (1−x−w)α(1 +x+w)β etϕ(w) = 12 (x+w)2−1
. Donc (65) P(α,β)(x;z) = (1−x)−α(1 +x)β F(w)
1−zϕ′(w) avecz= w ϕ(w) On trouve
(66) w= 1−xz−√
W
z avecW = 1−zx+z2 et finalement, apr`es quelques simplifications
(67) P(α,β)(x;z) = 2α+β
√W(1−z+p
(W))−α(1 +z+√ W)−β.