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Analyse complexe Chapitre 2

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Analyse complexe Chapitre 2

Lucie Le Briquer

Sommaire

1 D´erivabilit´e complexe 2

2 Fonctions analytiques 3

3 Quelques propri´et´es des fonctions analytiques 5

4 Int´egrales sur les chemins 6

4.1 Formules de Cauchy . . . 7 4.2 Singularit´es isol´ees . . . 13

5 Existence de primitive holomorphe 16

6 Homotopie entre deux chemins 17

6.1 Quelques propri´et´es des ouverts simplement connexes . . . 18

(2)

1 D´ erivabilit´ e complexe

Soitz0∈U →

f C. f est d´erivable enz0 (au sens complexe) si lim

h→0

f(z0+h)−f(z0)

h existe et on la notef0(z0)

On appelle fonction holomorphe une fonction `a valeurs complexes, d´efinie et d´erivable en tout point de U ouvert de C.

D´efinition 1(d´erivable)

f est d´erivable sur U si elle est d´erivable en toutz0∈U Variante.

Si on poseε(h) = f(z0+h)−f(zh 0)−f0(z0) sih6= 0 etε(0) = 0 εcontinue (et d´efinie) surD(0, δ)∈U

f(z0+h) =f(z0) +hf0(z0) +hε(h) avec lim

h→0ε(h) = 0 Remarque.

Si on ´ecritz=x+iy comme identification deU avec un ouvert deR2:

F(x, y) =f(x+iy) = (u(x, y), v(x, y)) o`uf(x+iy) =u(x, y) +iv(x, y)

alors f d´erivable complexe ⇒ F diff´erentiable avec comme diff´erentielle une similitude directe ou l’application nulle

Df(z0) : C −→ C h −→ f0(z0)h f(z0+h) =f(z0) +hf0(z0) +hε(h) avec lim

h→0ε(h) = 0 Matrice :

a −b b a

h1+ih2→(a+ib)(h1+ih2) = (ah1−bh2) +i(bh1+ah2)

∂u

∂x

∂u

∂y

∂v

∂x

∂v

∂y

!

=

a −b b a

On obtient les relation de Cauchy-Riemann : ∂u∂x =∂v∂y et ∂u∂y =−∂v∂x

R´eciproque : F diff´erentiable et v´erifie CR⇒f d´erivable au sens complexe F(x+h1, y+h2) =F(x, y) +DF(x, y)(h1, h2) +η(h)khk Formules et exemples.

– (f+g)0(z) =f0(z) +g0(z) – (f g)0(z) =f0(z)g(z) +f(z)g0(z) – (g◦f)0(z) =g0(f(z))f0(z)

f(z+h) =f(z) +hf0(z) +hε(h) ε(h)−→

h→00

(3)

Notonsf(z) =w

g(w+k) =g(w) +kg0(w) +kη(k) Alors

g◦f(z+h)−g◦f(z) = (hf0(a) +hε(h))g0(w) +h(f0(z) +hε(h))η(...)

=hf0(z)g0(w) +h×(...)

o`u ...→0

2 Fonctions analytiques

+∞

X

n=0

anzn R∈[0,+∞] 1

R = lim suppn

|an|

DV pour|z|> R CV pour|z|< R D´efinition 2(s´erie enti`ere et RCV)

f :z0∈U →C f est analytique enz0si :

∃r >0, D(z0, r)⊂U et sur ce disquef(z) =P+∞

n=0an(z−z0)n D´efinition 3(fonction analytique)

Si f(z) =P+∞

n=0anzn surD(z0, R) alorsf est diff´erentiable au sens complexe et f0(z) =

+∞

X

n=0

(n+ 1)an+1zn

On a mˆeme le fait quef est C, analytique etf(z) =P+∞

n=0 f(n)(z0)

n! (z−z0)n Th´eor`eme 1

Si S(z) =P+∞

n=0anzn,∃ R∈[0; +∞] tel que : 1. La s´erie converge d`es que|z|< R 2. La s´erie diverge d`es que |z|> R

De plus, la convergence est absolue dansD(0, R) et uniforme surD(0, R0)∀R0< R

Et : 1

R = lim sup|an|1/n Th´eor`eme 2

(4)

Preuve.

SiS(z) converge pourz6= 0 alors|anz0n≤M|. Si maintenant|z|<|z0|alors|anzn| ≤M(zz

0)n. Donc la s´erie converge absolument (et uniform´ement si |zz

0| ≤1−ε) NotonsR= sup{|z0| | S(z0) convergente}

AppelonsT = lim sup|an|1/ndisons 0< T <+∞

∀n≥n0, |an|1/n≤T+ε donc |an||z|n≤((T +ε)|z|)n

Ce qui implique la convergence si|z|< T+ε1 . Donc, convergence surD(0,T1), d’o`u R≥ T1 Il existe une infinit´e denavec|an|1/n≥T −ε, donc|an||z|n≥((T−ε)|z|)n

Donc d`es que|z| ≥ T1−ε, la s´erie diverge. DoncR≤ T1 D’o`uR=T1

SoitS(z) =P+∞

n=0anzn avecR >0.

1. La s´erieT(z) =P+∞

n=0(n+ 1)an+1zn a le mˆeme RCV

2. La fonctionS est d´erivable (holomorphe) en tout pointz∈ D(0, R) et S0(z) =T(z) Th´eor`eme 3

S est C et :

S(k)(z) =

+∞

X

n=k

ann(n−1)...(n−k+ 1)zn−k Corollaire 4

Preuve.

1. Clair car lim sup|an(n+ 1)|1/n= lim sup|an|1/n 2. On veut montrer que :

lim

h→0

S(z+h)−S(z)

h −T(z) = 0

+∞

X

n=n0

an(z+h)n

+∞

X

n=n0

anzn−h

+∞

X

n=1

nanzn−1≤ |h|2

+∞

X

n=2

|an|Qn(|z|,|h|) Avec lesQn tels que par le binˆome de Newton on ait :

(z+h)n−zn−hnzn−1=h2Qn(z, h)

Les s´eries consid´er´ees sont absolument convergentes si |z| < R, |z+h| < R (ce qui est acquis si |h|< R− |z|)

(5)

SoitS(z) =P+∞

n=0anzn avecR >0.

AlorsS est analytique surD(0, R). De plus, le RCV de S(z) =

+∞

X

n=0

S(n)(z0)

n! (z−z0)n est au moins R(z0)≥R− |z0| Th´eor`eme 4

Exemple.

S(z) =

+∞

X

n=0

zn= 1 1−z AlorsR(z0) =|z0−1|>|z0|en g´en´eral.

+∞

X

n=0

S(n)(z0)

n! (z−z0)n=

+∞

X

n=0

1 n!

 X

m≥n

amm(m−1)...(m−n+ 1)z0m−n

(z−z0)n

=

+∞

X

m=0 m

X

n=0

m(m−1)...(m−n+ 1)

n! amz0m−n(z−z0)n

!

?

Pour avoir la derni`ere ´egalit´e, il suffit de montrer que la double s´erie est absolument convergente, on saura alors que l’interversion est justifi´ee et que la premi`ere s´erie est convergente.

+∞

X

m=0

|am|

m

X

n=0

m n

|z0|m−n|z−z0|n=

+∞

X

m=0

|am|(|z0|+|z−z0|)m Cette quantit´e converge d`es que|z0|+|z−z0|< R ou encore|z−z0|< R− |z0|

3 Quelques propri´ et´ es des fonctions analytiques

SoitU un ouvert connexe,f une fonction analytique non identiquement nulle.

Alors l’ensemble des ses z´eros :

Z(f) ={z∈U |f(z) = 0} est discret dansU Th´eor`eme 5

(6)

Remarque.

Voyons quef(z) =P+∞

n=0anzn avec (an)n∈N6= (0)n∈Nalors :

∃r >0 tel queZ(f)∩ D(0, r)⊂ {0}

Supposons quea0=a1=...=am−1= 0 etam6= 0. Alors : f(z) =zn X

n≥m

anzn−m si|z|< r

=zn am+

+∞

X

n=1

bnzn

!

SoitU connexe, soientf, ganalytiques sur U.

S’il existe des (zn)∈U convergeant versl∈U tels que ∀n, f(zn) =g(zn) alorsf =g.

Corollaire 6(unicit´e du prolongement analytique)

U ouvert connexe, D(z0, r)⊂U. Soitf analytique sur D(z0, r), alors il existeau plus une fonction analytique ¯f :U −→Ctelle que ¯f|D(z0,r)=f

Corollaire 7(variante de l’unicit´e du prolongement analytique)

Exemple.

S(z) =

+∞

X

n=1

???? absolument convergente pourRe(s)>1 Il existe un unique prolongement analytique `a C− {1}

Soitf :D(0, r)⊂U −→Canalytique. Alors : max

|z|≤r|f(z)|= max

|z|=r|f(z)|

Propri´et´e 8(principe du maximum)

4 Int´ egrales sur les chemins

Rappel. Un chemin est une applicationγ: [0,1]−→Ccontinue. Un chemin est : – ferm´e siγ(0) =γ(1)

– d´erivable (par morceaux) siγ0(t) existe

(7)

f :U −→C,γ: [0,1]−→Cetγ estC1. Alors on pose : Z

γ

f(z)dz= Z 1

0

f(γ(t))γ0(t)dt D´efinition 4(int´egrale sur un chemin)

Exemple.

1. (Segment) [z0, z1] γ(t) = (1−t)z0+tz1et Z

γ

f(z)dz= Z 1

0

f((1−t)z0+tz1)(z1−z0)dt Pour f(z) =zon obtient :

Z

[z0,z1]

zdz =1

2(z12−z20) 2. (Arc de cercle) γ(t) =z0+re2iπαtavecα∈Z

Si α= 1, le chemin est “le cercle de centrez0 et de rayonrparcouru une fois dans le sens trigonom´etrique”

Z

γ

f(z)dz= Z 1

0

f(z0+re2iπαt)2iπrαe2iπαtdt Pour f(z) =zon obtient :

Z

γ

zdz= Z 1

0

(z0+re2iπαt)2iπαre2iπαtdt= 0

4.1 Formules de Cauchy

U ouvert convexe ou ´etoil´e (simplement connexe), γ: [0,1]−→U ferm´e,f holomorphe sur U. Alors :

Z

γ

f(z)dz= 0 Proposition 9(formule de Cauchy I)

Remarques. (sur l’int´egrale sur un contour) R

γf(z)dz ne d´epend pas de la param´etrisation. Siφ: [0,1]−→[0,1]C1,φ(0) = 0 etφ(1) = 1 : Z

γ1

f(z)dz= Z

γ2

f(z)dzo`uγ2(t) =γ1(φ(t))

(8)

En effet : Z

γ2

f(z)dz DEF= Z 1

0

f(γ2(t))γ20(t)dt= Z 1

0

f◦γ1(φ(t))γ01(φ(t))φ0(t)dt

CDV= Z 1

0

f ◦γ1(u)γ10(u)du= Z

γ1

f(z)dz

Il a d´ej`a ´et´e vu que :

Z

rectangle

(az+b)dz= 0 Z

γ

f(z)dz≤ max

t∈[0,1]|f(γ(t))|L(γ) o`u L(γ) =R1

00(t)|dt

L ligne polygonale (parcours ferm´e form´e de lignes verticales ou horizontales) qui approche le chemin γ. L’int´egrale d’une ligne polygonale est alors d´efinie comme la somme des aires des rectangles contruits par prolongement de lignes simples qui formentL. En passant `a la limite sur la finesse de la repr´esentation des chemins par des lignes polygonales, on peut d´efinir l’int´egrale pour tout chemin.

– R

Lf(z)dz= 0 carR

Lf(z)dz=P

rectanglesRi

R

Rif(z)dz – R

Lf(z)dztend versR

γf(z)dz Preuve.

Il suffit de la faire par un rectangle. On se fixe un rectangle R, on le d´ecoupe en 4 de fa¸con

”´equilibr´ee” (R1, R2, R3, R4).

On a alors : Z

R

f(z)dz= Z

R1

f(z)dz+ Z

R2

f(z)dz+ Z

R3

f(z)dz+ Z

R4

f(z)dz car les segments “int´erieurs” sont parcourus deux fois dans un sens diff´erent.

(9)

On choisiti1∈ {1,2,3,4} tel que R

Ri1

f(z)dz

soit maximal. On a alors :

Z

R

f(z)dz

≤4 Z

Ri1

f(z)dz

R2 R1

R4

On red´ecoupe alorsRi1 en 4 sous-rectangles, etc... On obtient :

∀n∈N Z

R

f(z)dz

≤4n Z

Ri1,...,in

f(z)dz

Commef est d´erivable, on peut ´ecriref(z) =az+b+ε(z)(z−z0). En prenant{z0}= T

n∈N

Ri1,...,in. Donc :

Z

Ri1,...,in

f(z)dz

= Z

Ri1,...,in

[az+b+ε(z)(z−z0)]dz

≤ max

z∈Ri1,...,in

|ε(z)(z−z0)|L(Ri1,...,in)

≤ max

z∈Ri1,...,in

|ε(z)|2−ndiam(R)2−nL(R) Or :

∀ε >0, ∃ntq max

z∈Ri1,...,in

|ε(z)| ≤ε Donc :

Z

Ri1,...,in

f(z)dz

≤ε4−ndiam(R)L(R) D’o`u :

Z

R

f(z)dz

≤4n×ε4−ndiam(R)L(R)≤εdiam(R)L(R)

Exemple.

f(z) = 1z γ(t) =re2πint n∈Z Z

γ

f(z)dz= Z 1

0

1

re2πint ×2πine2πintdt= 2πin Donc :

1 2πi

Z

γ

dz z =n

(10)

γ: [0,1]−→Cferm´e, sia∈C−γ([0,1]) alors : Ind(γ, a) := 1

2πi Z

γ

dz z−a ∈Z Correspond aunombre de tours deγ autour de a

Lemme 10(de l’indice)

Preuve.

Posonsψ(t) = expRt 0

γ0(u)

γ(u)−adu, on aψ(0) = exp(0) = 1, on veut montrer queψ(1) = 1.

ψ0(t) = γ0(t)

γ(t)−aψ(t) donc

ψ(t) γ(t)−a

0

0(t)(γ(t)−a)−ψ(t)γ0(t) (γ(t)−a)2 = 0 ψ(1)

γ(1)−a = ψ(0)

γ(0)−a donc ψ(1) =ψ(0) = 1 Alors :

exp Z

γ

dz z−a

= exp Z 1

0

γ0(u) γ(u)−adu

=ψ(1) = 1 Donc :

Z

γ

dz

z−a ∈2iπZ

Remarque.

C−γ([0,1]) ouvert deCdonc =SCi o`uCi ouvert connexe.

– Ind(γ, a) est constant sur chaqueCi

– il y a une unique composante non born´ee et pour celle-ci Ind(γ, a) = 0

z0∈U convexe, ´etoil´e (ou simplement connexe),γchemin ferm´e ´evitantz0,f holomorphe surU Consid´eronsg(z) =

f(z)−f(z0)

z−z0 siz6=z0

f0(z0) siz=z0

Alorsg est holomorphe surU− {z0}, continue surU. On en d´eduitR

γg(z)dz= 0

(11)

γ

˜ γ

U

z0

R

˜

γf(z)dz= 0 R

˜

γg(z)dz−R

γg(z)dz=R

C(z0,ε)g(z)dz

z0 ∈U convexe, ´etoil´e (ou simplement connexe), γ chemin ferm´e ´evitantz0, f holomorphe surU

Ind (γ, z0)f(z0) = 1 2πi

Z

γ

f(z) z−z0

dz ∈Z Proposition 11(formule de Cauchy II)

Une fonction holomorphe est analytique. Plus pr´ecis´ement : siD(z0, r)⊂Uetf holomorphe surU alorsf s’´ecrit comme une s´erie enti`ere sur D(z0, r)

Corollaire 12

Preuve.

Soitγ(t) =z0+Re2πit avecR < r

Soitz∈ D(z0, R), alors Ind(γ, z) = Ind(γ, z0) = 1 f(z) = 1

2πi Z

γR

f(z)

s−zds= 1 2πi

Z

γR

f(s)ds (s−z0)−(z−z0) sdans l’int´egrale estγ(t) =z0+Re2πit donc|s−z0|=R et|z−z0|< R

1

(s−z0)−(z−z0) = 1 (s−z0)

1−z−zs−z0

0

=

+∞

X

n=0

(z−z0)n (s−z0)n+1 Donc :

f(z) =

+∞

X

n=0

1 2πi

Z

γ

f(s)ds (s−z0)n+1

| {z }

(z−z0)n

=f(nn!) (z0 )

(12)

f(n)(z) n! = 1

2πi Z

γ

f(s) (s−z)n+1ds Corollaire 13

fn suite de fonctions holomorphes surU,∀compactK⊂U fn,fn−−−−−−−→

CVU surK f Alors :

– f est holomorphe (analytique) – ∀k≥1 : fn(k)−−−−−−−→

CVU surK f(k) Corollaire 14

Preuve.

En effet,fn(k)(z) = 2πik! R

γ fn(s)

(s−z)n+1ds−→ 2πik! R

γ f(s)ds

(s−z)n+1 =f(k)(z)

f holomorphe sur D(0, R)

f(n)(0) n!

≤ MR

Rn o`u MR= max

|z|=R|f(z)|

Corollaire 15

sif est holomorphe surCet born´ee alors f est constante Corollaire 16(th´eor`eme de Liouville)

Preuve.

En effet∀R >0, ∀n≥1 :

f(n)(0) n!

MRnRRMn −−−−−→

R→+∞ 0. Donc : f(z) =

+∞

X

n=0

f(n)(z0)

n! (z−z0)n=f(0)

(13)

f holomorphe sur D(z0, r), |f(z0)| ≤ max

|z−z0|=r|f(z)| et si de plus on a ´egalit´e alors f est constante.

Plus g´en´eralementU connexe,V ouvert avec ¯V ⊂U : max

z∈V¯

|f(z)|= max

z∈∂V¯

|f(z)|

Th´eor`eme 17(principe du maximum)

Preuve.

On peut supposer quez0= 0. f(z) =P+∞

n=0anzn max

|z|=r|f(z)|2≥ 1 2π

Z 0

|f(re)|2dθ= 1 2π

Z 0

X

m,n

anamrn+mei(n−m)θ

=

+∞

X

n=0

|an|2r2n=|f(0)|2+

+∞

X

n=1

|an|2r2n

Cours du 7 mars

4.2 Singularit´ es isol´ ees

Voici des exemples de comportements possibles de fonctions en 0 : f(z) =sinz

z g(z) = sinz

z3 h(z) = exp

1 z

On sait que :

sin(z) =

+∞

X

m=0

(−1)m z2m+1 (2m+ 1)!

Ainsi :

– f est prolongeable par continuit´e en 0 tout en restant analytique – z3g(z) est analytique en 0 : c’est un pˆole d’ordre 3

– ha un comportement tr`es compliqu´e en 0

(14)

Soitf holomorphe surD(a, r)− {a}. On est alors dans un des 3 cas suivants :

1. Singularit´e artificielle : f est born´ee au voisinage deaet on peut alors la prolonger en une fonction holomorphe surD(a, r)

2. Pˆole d’ordre m≥1 : lim

z→af(z)(z−a)m=l l∈C

3. Singularit´e essentielle : ∀ ε >0,f(D(a, ε)− {a}) est dense dansC Th´eor`eme 18

Preuve.

1. Singularit´e artificielle : se prouve en consid´erant la seconde formule de Cauchy et via un contour intelligent, on montre que cette forme de f de prolonge ena

2. Pˆole d’ordre m≥1 : supposons que 3 n’est pas v´erifi´ee, alors∃ ε >0, un disqueD(b, η) tels que f(D(a, ε)− {a})⊂C− D(b, η)

Introduisons :

g(z) = 1

f(z)−b holomorphe surD(a, ε)− {a}=U Elle est aussi born´ee sur ce disque ´epoint´e. En effet : ∀z∈U,|g(z)| ≤ 1η Par le point 1, on peut prolongerf en fonction analytique surD(a, ε)

f(z) = 1 g(z)+b

g(z) = (z−a)m(c0+c1(z−a) +...) = (z−a)mh(z) c06= 0 Ethest holomorphe.

Une fonction f est m´eromorphe sur U si elle est holomorphe sur U\Z avec Z discret et qu’elle a au plus un pˆole d’ordre fini en chaquez0∈Z

D´efinition 4(fonction m´eromorphe)

Remarque.

Si f est holomorphe sur D(a, r)\{a} avec un pˆole d’ordrem en a, alorsz 7→ (z−a)mf(z) est holomorphe surD(a, r).

Donc :

(z−a)mf(z) =

+∞

X

n=0

cn(z−a)n Ainsi :

f(z) = c0

(z−a)m + c1

(z−a)m−1 +...+ cm−1 z−a+

+∞

X

n=m

cn(z−a)n−m

(15)

cm−1est appel´e le r´esidu def enz=anot´e Res (f, a) D´efinition 5(r´esidu)

SoitU un ouvert convexe ´etoil´e (simplement connexe) etf m´eromorphe surU. Soitγ: [0,1]−→U\{pˆoles}

=P

. 1 2πi

Z

γ

dz (z−a)m =

Ind (γ, a) sim= 1 0 sim≥2

Alors au voisinage dea∈ P :

f(z) = fonction holomorphe +

rj

X

i=1

λ(a)i (z−a)i Alors :

1 2πi

Z

γ

f(z)dz=X

a∈P

Res (f, a)Ind (γ, a) Et siγ est simple, orient´e dans le sens trigonom´etrique :

1 2πi

Z

γ

f(z)dz=X

a∈γ

Res (f, a) Th´eor`eme 19(des r´esidus)

Preuve.

Cas d’un contour simple : γinjectif sauf pour la jonction (γ(0) =γ(1)).

D’apr`es le th´eor`eme de Jordan : C\γ([0,1]) = U0

born´e

∪ U1

non-born´e

En terme d’indice :

– sur la composante non born´ee deC\γ([0,1]), Ind (Γ, a) = 0 – sur le reste Ind (γ, a) = 1

Exemple.

Calcul de :

I= Z +∞

−∞

dx

1 +x2 J = Z +∞

−∞

dx 1 +x4

PourI, on va prendre pour contourγR le demi cercle centr´e en 0 de rayonR. Alors : Z

γR

dz 1 +z2 =

Z R

−R

dx 1 +x2 +

Z π 0

iRe 1 +R2e2iθ

(16)

Par le th´eor`eme des r´esidus : Z

γR

dz

1 +z2 = 2πiRes (f, i) = 2πi1 2i =π Exercice. Le faire pourJ.

Exemple.

R γε,R

K=R+∞ ε

0

log(x)k 1+x2 dx

Le chemin γ choisi va ˆetre le cercle de centre 0 et de rayon R auquel on va enlever une fine bande d’´epaisseur 2ε autour de la demi-droite des r´eels positifs. On va tracer deux segments, un pour revenir en 0, un pour en repartir et la jonction entre les deux segments se fait par un arc de cercle de rayon ε. Ce faisant, il nous sera possible de d´efinir le logarithme complexe : log(z) = log(|z|) +iArg(z). Alors :

Z

γ

log(z)k 1 +z2dz =

Th. r´es.2πi

(log(i))k

2i −(log(−i))k 2i

Rappelons que :

lim

ε→0+log(x+εi) = logx Mais :

lim

ε→0+log(x−εi) = logx+ 2πi Z

γ

log(z)k 1 +z2dz=

Z R 0

log(x)k 1 +x2dx−

Z R 0

log(x+ 2πi)k

1 +x2 dx+ 0 + Z

0

(logRe)k 1 +R2e2iθRie

→0 quandR→+∞

5 Existence de primitive holomorphe

Probl`eme : f holomorphe sur U connexe, existe-t-ilF holomorphe sur U avecF0(z) =f(z) ? En g´en´eral non. Sif(z) =F0(z), alors pour tout chemin ferm´e :

Z

γ

f(z)dz=F(γ(1))−F(γ(0)) = 0

(17)

Exemple.

U =C, f(z) = 1z

Z

γ

dz

z = 2πiInd (γ,0) Donc il n’existe pas de primitive de la fonction inverse surC. Remarque.

SiF1 etF2sont deux primitives def surU (connexe) alors

∃ c∈C, F2(z) =F1(z) +c Exemple.

Une d´etermination holomorphe du logarithme surU ⊂C\{0} ... ?

SoitU convexe ´etoil´e (simplement connexe) etf holomorphe surU. Il existeF une primitive def.

Th´eor`eme 20

Preuve.

On poseF(z) =R

[z0,z]f(s)dsavecz0le point ”´etoil´e” deU (dans le cas o`uU est ´etoil´e). hpetit + calcul deF(z+h)−F(z)→ok

Cours du 7 mars

6 Homotopie entre deux chemins

On fixeγ0, γ1 : [0,1]−→ X tels que γ0(0) = γ1(0) = x0 et γ0(1) = γ1(1) = x1 On pose alors H : [0,1]2−→X telle que : H(0, t) =γ0(t) H(s,0) =x0

H(1, t) =γ1(t) H(s,1) =x1

H(s, t) `a sfix´e est un chemin dex0 `ax1.

Si γ0, γ1 sont des chemins homotopes dansU ⊂Cetf holomorphe surU, alors : Z

γ0

f(z)dz= Z

γ1

f(z)dz Th´eor`eme 21(fondamental)

Xconnexe par arcs estsimplement connexesi deux chemins dansX(avec mˆemes extr´emit´es) sont toujours homotopes.

D´efinition 6(simplement connexe)

(18)

Remarque.

Grˆace au th´eor`eme fondamental, si U est simplement connexe, et γ un chemin ferm´e dans U, alors :

Z

γ

f(z)dz= 0 Si on posea=γ(0) =γ(1) :

γ0=γ γ1=a ⇒

Z

γ0

f(z)dz= Z

γ1

f(z)dz= 0

6.1 Quelques propri´ et´ es des ouverts simplement connexes

Soit U simplement connexe, f holomorphe sur U, il existe F holomorphe sur U telle que F0(z) =f(z).

Proposition 22

Preuve.

Id´ee. On pose :

F(s) = Z

γs

f(z)dz o`u γs est un chemin de 0 `as Il faut alors montrer que :

F(s+h)−F(s)

h −−−→

h→0 0

On prendhsuffisamment petit pour que (|h|< r),s+h∈ D(s, r)⊂U. Alors : Z

γs+h

f(z)dz− Z

γs

f(z)dz= Z

[s,s+h]

f(z)dz= Z

[s,s+h]

(f(s) +ε(z))dz avecε(z)→0 quandh→0. Ainsi :

Z

γs+h

f(z)dz− Z

γs

f(z)dz=hf(s) +|h|ε(z)

Remarque.

D´etermination du logarithme.

On prendU ⊂C simplement connexe. Alors, il existe une d´etermination du logarithme surU. On prend cste+primitive deL(z) = 1/z telle que en un pointz0∈U on ait exp(L(z0)) =z0. Plus g´en´eralement sur U simplement connexe, avec f holomorphe sur U sans z´eros, on peut d´efinir :

Lf(z) = logf(z) holomorphe surU et telle que exp(Lf(z)) =f(z)

Pour ce faire, il faut prendre une primitive de ff(z)0(z) plus une constante ad´equate. SoitLf cette primitive. Consid´eronsg(z) =f(z) exp(−Lf(z)). Alors :

g0(z) = [f0(z) +f(z) exp(−L0f(z))] exp(Lf(z)) = 0 Donc exp(Lf(z)) =c0f(z). Choisissons la primitive de sorte quec0= 1.

(19)

Variante. D´etermination continue de argf(z) avecf holomorphe sans z´eros surU simplement connexe. On pense au fait que :

logf(z) = log|f(z)|+i(argf)(z)

Etudes des fonctions´ zα:= exp(αLog z) o`u Log est une d´etermination holomorphe du logarithme surU ⊂Cest simplement connexe.

Exemple.

U =C\[0; +∞]. On choisit Log tel que : – argz∈]0; 2π[

– six >0, lim

ε→0+Log (x+εi) = logx – Log (−1) =iπ

Remarques.

1. lim

ε→0+Log (x−εi) = Logx+ 2πi 2. Log (−1) + Log (1) = 2iπ

Log (−i) + Log (−i) = 3iπ Log (−i)2=iπ

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