Réalisation des iruits
ombinatoires
NousavonsvudanslehapitrepréédentommentShannonamodéliséen1937laoneption
delaréalisationdesopérationsarithmétiquespardesiruitsombinatoires.Ils'agitd'unmodèle
(mathématique)qu'ilfautimplémenter pourobtenirlaréalisationenpratique.
Plusieurs tehnologiesontétéutiliséespourlaréalisationdesiruitsombinatoires:
Ilsonttoutd'abordétéréalisésdefaçonéletroméaniqueenutilisantdesrelaistéléphoni-
ques,avantmêmelesréexionsdeShannonpuisqueesdernièresfurentuneommande
de Vannevar Bush pour améliorer son analyseur diérentiel réalisé en partie ave des
relais.
Unemultipliationesteetuéeplusvitequeparunopérateurhumain,etaveuneproba-
bilitédesetromperbeauoupmoindre,maiseiestenoreinsusantpourlealuldes
tablesdetiràlandelaseondeGuerreMondiale.Lesrelaissontalorsremplaéspardes
tubeséletroniquesutilisésenradio,plusexatementpardestriodes.Onarriveainsiaux
alulateursrapides dontlapremièreréalisationonvainanteest l'ENIAC,opérationnel
ennovembre1945.
L'ENIAComporte18000triodesalorsquelesréalisationslesplusomplexesdel'époque
neomprenaientpasplus d'une entaine de tubes életroniques.Ces lampes grillent ré-
gulièrementetlaonsommationéletriqueesténorme.L'apparitiondutransistoren1948
vapermettrederésoudrees deuxproblèmestout enminiaturisantlesalulateurs.
Lenombred'élémentsaugmentedeplusenplus.L'apparitiondesiruitsintégrésen1959
permet deminiaturiserenorepluslesordinateurs.
4.1 Les iruits életroméaniques
4.1.1 Prinipe de réalisation des iruits
Nous avons vu dans le hapitre préédent qu'il sut de savoir réaliser quelques fontions
logiques debase pourlesréaliser toutes.On appelleporte(gate en anglais)untelélémentde
base(parunjeudemotrappelantqu'iln'yaquedeuxvaleurs:uneporteestouverteoufermée).
On relie es diérentes portes entre ellespour obtenir des iruits de ommutation (autre
nom donnéauxiruitsombinatoires,ar ilsétaientutilisésàl'originepourlesommutateurs
automatiquesdesentralestéléphoniques).
4.1.2 Les relais
Nousavonsdéjàdérit equ'un unrelaiséletroméaniquesdanslehapitrepréédent. Re-
prenonsiiequenousavionsdit alorspourêtreomplet.
Figure 4.1Priniped'unrelais
Unrelais(relayenanglais)estuninterrupteurommandééletriquementommemontréàla
gure4.1:ilestformédedeuxlanguettesd'aier(donondutriesdel'életriitéetattirables
parunéletro-aimant),l'unexeet l'autremobile, pouvantsetouher;lalanguettemobile est
tenue enpositiondisons haute,ne touhantpaslalanguettexe,grâe àunressortderappel;
unpetitéletro-aimantpeut,lorsqu'ilestalimenté,lamettreenpositionbasse,equipermetle
passageduourant.
Figure4.2 Représentationshématiqued'unrelais
Un relaispeutêtrereprésentéshématiquementommesurlagure4.2,lavrilleorrespon-
dantàl'életro-aimant.
Onpeutdistinguerdeuxtypesderelais:euxdontlapositionnaturelleestd'êtreouvert(le
ressortderappeléviteleontatentre lesdeuxlanguettes; 'estle typequenousavonsrepré-
sentéi-dessus)eteuxdontlapositionnaturelleest d'êtrefermée(leressortderappelforele
ontatentre lesdeuxlanguettes).
4.1.3 Réalisation des portes logiques
4.1.3.1 Réalisationd'un inverseur
On voit à la gure 4.3 omment on peut réaliser un iruit NON (ou inverseur) : ii on
onsidèrequelapositionnaturelledurelaisestd'êtreferméetnonouvert;unourantenentrée
ouvrira l'interrupteur; puisqueela arrêtele ourant, le résultat seraun ourant qui ne passe
pas;ainsi,àtoutmomententréeet sortieontdesvaleursopposées,ommeilétaitrequis.
Figure 4.3Inverseuràrelais
4.1.3.2 Réalisationd'une porte OU
Onvoitàlagure4.4ommentonpeutréaliseruneporteOU:leourantessaiedepasserpar
l'undesdeuxrelais,quisontmontésenparallèleetdontlapositionnaturelleestd'êtreouverts;
e n'estquelorsque leourantnepasse dansauundes deuxpoints d'entréequeleourantne
passepasensortie.
Figure4.4PorteOUàrelais
4.1.3.3 Réalisationd'une porte ET
On voit à la gure 4.5 omment on peut réaliser une porte ET : les deux relais, dont la
positionnaturelleestd'êtreouverts,sontmontésensérie;ilestlairquelesdeuxrelaisdoivent
êtrefermés pourquele ourantpasse,donquele ourantpasse dans lesdeux pointsd'entrée
simultanément.
Figure4.5PorteETàrelais
4.2 Les iruits à lampes radio
4.2.1 Diode et triode
4.2.1.1 Émissionthermoéletronique
Lorsque la température d'un orps s'élève, les életrons des atomes aptent une partie de
l'énergie thermique et hangent de niveau dans l'atome. Ceux qui sont situés sur les ouhes
externes peuvent éventuellement quitter l'inuene du noyau qui les retenaient et s'éhapper
omplètement.
Figure4.6L'émissionthermoéletronique
Un lamentmétallique,plaé dansuneampoulevided'airet parouruparunourantéle-
trique d'intensité susante, peut atteindre une température telle que leséletronsdes atomes
appartenantàsasurfaepeuvent s'éhapperet former unnuageautour delui. Biensûr,ils ne
vontpasbienloinarleshargespositivesdesnoyauxqu'ilsontquittélesattirentetilsnissent
parrejoindrelelament.
4.2.1.2 Ladiode
Lalampeéletroniquelaplussimpleest ladiode,dontleprinipeestreprésentéàlagure
4.7. Une telle lampe omporte trois brohes sortant d'une ampoule en verre à l'intérieur de
laquelle unvide très poussé a été fait (pression de l'ordrede
10 − 6 mm de merure), reliées à
deuxélémentsmétalliques:
Figure4.7Prinipedeladiode
L'anode ouplaqueest unylindredetlemine,reliéeàlabroheA.
La athode, reliée aux brohes F1 et F2, est onstituée d'un lament haué à blan.
Elleesthargéed'émettredeséletrons.
Le nuage d'életrons qui se forme autour de la athode onstitue une harge négative (la
harged'espae)qui repousseleséletronsquivoudraients'éhapperdelaathode.
Figure4.8Trèsfaible passagedeourant
Commeleshématiselagure4.8,une vingtainedeseondesaprèsquelelamentaétémis
soustension,laathodeesthaudeetommeneàémettredeséletronsdontertainstraversent
l'espae athode-anode. Onpeut mettre en évidene le phénomène en branhantun miroam-
péremètreentrelaathode etl'anode.Un ourantdequelquesentainesdemiroampèrespeut
êtremesuré.
Figure4.9Passagedeourant
Ce très faible ourant augmente de façon importante pour atteindre plusieurs dizaines ou
entaines demilliampèreslorsquel'onapplique surl'anodeunpotentielpositifsusantàl'aide
d'unesouredeourantontinu,ommelemontreleshéma4.9.L'eetsefaitsentiràpartirde
quelquesvolts.
Si l'oninverselapolaritédugénérateurdeourantontinuUa,l'anodedevenuenégativepar
rapportàlaathoderepoussetousleséletronsetplusauun ourantnepasse.
Unediodeestsymboliséedelafaçonindiquée àlagure4.10(2/1).
Figure4.10Unediode([Bow-53℄,p.40)
4.2.1.3 Latriode
Entrelaathodeetl'anodedeladiodeàvides'établitunourantd'életronsdontl'intensité
dépend (entre autres) de la température de la athode et de la diérene de potentiel entre
l'anodeetlaathode.Dansleasdelatriode,unegrilleestplaéeentrelaathodeetl'anode,
donsurletrajetdeséletrons,ommelemontreleshéma4.11.
Figure4.11Prinipedelatriode
Lorsquelagrilleestàunpotentielnégatifparrapportàlaathode,elleétablitunebarrièrequi
réduitd'autantplusleuxd'életronsqu'elleestnégative.Lapuissanenéessairepourmodier
latensiondelagrilleesttrèsfaibleparrapportàlavariationdetensionanodeprovoquéeparla
variationdelatensiongrille,d'où lesfaultésampliatriesdelatriode.
Figure4.12Symboledelatriode
Unetriodeestreprésentéeommeindiquéàlagure4.12,oùFFreprésentelesdeuxbrohes
dulament,Klabrohedelaathode,Glabrohedelagrilleet Alabrohedel'anode.
4.2.2 Réalisation des portes logiquesà l'aide des lampes életroniques
4.2.2.1 Train d'impulsions
Lagure4.13montrelafaçondontonutiliselalogiquenégative:lesiruitssontmaintenus
à un niveau haut (H omme Hight), qui représente 0, et on envoie des impulsions négatives,
'est-à-direunniveau bas(LommeLow),qui représente1.
Figure4.13Traind'impulsionsnégatives([Bow-53℄,p. 42)
4.2.2.2 Réalisationd'une porte ET
Lagure4.14montreommentréaliseruneporteETàl'aidededeuxdiodes(etd'unerésis-
tane) enlogique négative: si 1ou2ontun niveauhaut (représentant0) alors3 aégalement
unniveauhaut(représentant0);parontresi1et2ontunniveaubas,alorsauunourantne
passeet 3aunetensionbasse(représentant1).
Figure 4.14Réalisationd'uneporteETavedeuxdiodes([Bow-53℄, p.43)
4.2.2.3 Réalisationd'une porte OU
Lagure4.15montreommentréaliseruneporteOUàl'aidededeuxdiodes(etd'unerésis-
tane)enlogiquenégative:si1ou2ontunetensionbasse(représentant1)alors3aégalement
unetensionbasse(représentant1);parontresi1et 2ontunetensionhaute,auunourantne
passeet 3aunetensionhaute(représentant0).
Figure 4.15Réalisationd'uneporteOUavedeuxdiodes([Bow-53℄, p.44)
4.2.2.4 Réalisationd'un inverseur
La gure 4.16(a) montre omment réaliser uninverseur àl'aide de deux triodes (et d'une
résistane)enlogiquenégative:
Si1aunetensionbasse(représentant1)alorsleourantnepeutpaspasseràtravers
V 1.
Ilnepassedonpasnonplusàtravers
V 2.Ainsi2aune tensionhaute,représentant0.
Si1aunetensionhaute(représentant0) alorsleourantpeutpasseràtravers
V 1.L'im-
pulsion standard à un niveauhaut passe don à travers
V 1 et don le ourant passe à
travers
V 2.Ainsi2aune tensionhaute,représentant0.
Figure4.16Réalisationd'uninverseuraveunedeuxtriodes([Bow-53℄,p. 46)
4.3 Les iruits à éléments semi-onduteurs disrets
4.3.1 Les iruits à transistors
4.3.1.1 Comportementd'un transistor
Un transistor possèdetrois bornes,appeléesémetteur,baseet olleteurpouruntran-
sistor bipolaire et soure, barrière (gate en anglais) et drain pour un transistor à eet de
hamp(FET pourl'anglais Field Eet Transistor).La gure4.17(a) montre un transistor(à
eetdehamp)dansuniruitélémentaireomprenantunesouredeourantdetension
V cc,une
résistane
R c etletransistorreliéparsesbornesdrainet soure.Larésistane,appeléeharge
(load enanglais),sert d'unepartàéviterunourt-iruit,ar nousverrons queletransistorse
omporteommeune résistanenulledans ertainsas,et d'autrepartàfairevarierlatension
V ds. Ilfaut onsidérerqu'il yaune seonde sourede ourantentre labarrière et lasourede
tension
V bs.
Figure4.17Courbesaratéristiquesd'untransistor
Déterminonsleomportementdutransistor,plusexatementdel'intensité
I ds(quel'onpeut
mesurer àl'aide d'un ampéremêtre) entre ledrain et lasoure en fontiondes tensions
V cc et
V bs. Lagure4.17(b)montrel'alluredelaourbeI ds = f (V ds )
pourquatrevaleursdeV bs:
Pour
V bs = 0
onaI ds = 0
,autrementdit letransistorseomporteommeunerésistanenulle.Onditqu'ilest
hh
éteint
ii
(oenanglais).
Appliquonsdestensions
V bspositives.IlexisteunetensiondeseuilV sau-delàdelaquelle
unourantpasseentrelasoureet ledrain. Ondit queletransistors'allume(is onen
anglais).
Ilexisteunetensionde saturation
V sattellequ'onaunezonepresquelinéairepourV ds
omprisentre
V s et V sat.Cettezone permet d'utiliser letransistorommeampliateur,
equinenousintéressepaspourlesiruitsdeommutation.
Lorsque
V ds dépasselatensiondesaturationV sat,l'intensitéresteàunevaleuronstante.
4.3.1.2 Utilisationd'un transistor ommeinverseur
La gure4.18montrel'utilisation d'un transistordansuniruitpourréaliseruninverseur
(uneporteNON):lestensionsontpourréférenelabornesouredutransistor;latensiond'en-
trée
V in est appliquée à la barrière; la tension de sortie V out est prise sur le drain. Dans es
onditions:
Figure4.18Utilisationd'untransistorommeinverseur
Si
V in = 0
alorsletransistorestéteintdonV ds = 0
etV out = V cc,onsidéréomme1.
Si
V in = V cc (ave V cc > V s) alors le transistorest allumé don i ds > 0
et V out < V cc,
i ds > 0
etV out < V cc,
valeurquel'onpourraonsidérerommenulleoutoutaumoinsommeniveaubas.
À unniveaubasorrespond unniveauhaut et àunniveauhaut orrespondun niveaubas,
onadonbienuninverseur.
4.3.1.3 Utilisation de deux transistorspour réaliser uneporte NAND
Lagure4.19nous montreommentréaliserune porte NANDdontlesentrées sontA et B
et lasortieZ.L'alimentationet lesâblages ontétésuppriméspourplusdelarté:
Figure4.19UtilisationdedeuxtransistorsommeporteNAND
Si A = B = 0 alors les deux transistors sont éteints, e qui fait qu'auun ourant ne
parourtlahaînequi omprendlahargeet lesdeux transistors.Dans esonditionsla
sortieZ estàlatensiond'alimentation
V cc,'est-à-direZ =1.
Unraisonnementanalogues'applique pourA=0,B=1etA=1,B=0.
C'estseulementdansleasoùA=B=1quelesdeuxtransistorssontallumésetqu'un
ourantpeutpasser.DanseasZest trèsfaible,onsidéréomme0.
LafontionZ=f(A,B)représente donbien uneporteNAND.
4.3.1.4 Utilisationde deuxtransistors pour réaliser uneporte NOR
Lagure4.20nousmontreommentréaliserune porteNORdontlesentréessontA etBet
lasortieZ. L'alimentationetlesâblagesontétésuppriméspourplusdelarté:
Si A = B = 0 alors les deux transistors sont éteints, e qui fait qu'auun ourant ne
parourtlahaînequi omprendlahargeetlesdeux transistors.Danses onditionsla
sortieZ estàlatensiond'alimentation
V cc,'est-à-direZ=1.
Figure4.20UtilisationdedeuxtransistorsommeporteNOR
Parontresi A =1ouB= 1alorsl'un desdeux transistorsaumoins est alluméet un
ourantpeutpasser. DanseasZesttrès faible,onsidéréomme0.
LafontionZ=f(A,B) représentedonbien uneporteNOR.
4.3.1.5 Famille logique TRL
Les premiers iruits ombinatoires à transistors semi-onduteurs utilisaient des ompo-
sants disrets, 'est-à-dire qu'un transistorse présentait sousla forme de la gure4.21. Les
premiers transistorsétaient rares; on en utilisait donun minimum pourun maximum de ré-
sistanes,relativementbonmarhéquantàelles.C'étaitdesiruitsTRL(TransistorResistor
Logi).
Figure4.21Présentationdestransistorsàl'utilisateur
4.3.2 Les iruits à transistors et diodes semi-ondutries
4.3.2.1 Les diodes semi-ondutries
Commepourleslampeséletroniquesappeléesdiodes,unediode semi-ondutrieestun
omposantéletroniqueàbasedesemi-onduteursqui nelaissepasserleourantquedansune
seulediretion,dontlesymboleestmontréàlagure4.22(a).
Figure4.22Symboleetaratéristiquesd'unediodesemi-ondutrie
Une diode idéale oreune résistanenulle pour unourant de l'anode àla athodeet une
résistaneinniedelaathodeàl'anode,'est-à-direqu'onaleomportementdelagure4.22(b).
Danslaréalitéonaunomportementprohedeeluireprésentéàlagure4.22().
4.3.2.2 Réalisationdes portes ET etOU ave des diodes
Commepourleslampesdiodes,lesdiodessemi-ondutriespermettentderéaliserdesportes
ETet OUommemontréàlagure4.23,oùune tensionde1à10V représenteleniveau1et
unetensionprohede0Vleniveau0(logiquepositive):
e 0,e 1ete 2sontlestensionsauxbornes
e 2sontlestensionsauxbornes
Z,Aet Brespetivement.
Figure4.23RéalisationdesportesETetOUavedesdiodessemi-ondutries
4.3.2.3 Famille DTL
L'inverseurnepeutpasêtreréaliséavedesdiodesmaissionutiliselesdiodespourlesportes
ETetOUetlestransistorspourlesinverseurs,onobtientuniruitditDTL(DiodeTransistor
Logi).
4.4 Utilisation des iruits intégrés
4.4.1 Notion de iruit intégré
4.4.1.1 Notionde iruit intégré
Lestransistorsetlesdiodessemi-ondutriessontonstituésdematériauxsemi-onduteurs
dontl'élémentessentielest uneplaquesemi-ondutrie.Pourquoinepasplaerplusieurstran-
sistorsetdiodessurunetelleplaque?Telleestl'idéeàlabasedesiruitsintégrés(CIouIC
pourl'anglais IntegratedCiruit). Il est alors possible de réaliserune fontion logique, plusou
moins ompliquée,sur une mêmepue (hip enanglais) ommeonl'appelle,en référeneàla
ouleuret àlatailledeesiruitsintégrés.
Figure4.24Aspet d'unepueéletronique
4.4.1.2 Présentation matérielledes iruitsintégrés
Un iruitintégréproprementdit seprésente souslaforme d'unepueommele montre la
gure4.24.
Figure 4.25BoîtierdeiruitintégréavedesbrohesDIL
L'utilisationd'unsipetitomposantavedesinombreuxpointsàrelier(lesélémentsdisrets
doiventêtre reliés auiruit pardeuxsoudures dansle as desrésistanes outrois dans leas
destransistorsalorsquelesiruitsintégrésontbeauoupplusdepointsd'entréeetdesortie)a
onduitàempaqueterlapuedansunboîtierd'oùsortent,pourlespremiersiruitsintégrés,14
brohes(1964),puis24brohes(1968),28(1971),40(1974),64(1980)etbeauoupplus,leplus
souventdisposéessuivantdeuxrangéesparallèles(DILpourDualIn Line),ommelemontrela
gure4.25.
Lafontionduiruitintégréest indiquéeparunshémadutypedeeluidelagure4.26.
Figure4.26ShémafontionnelduiruitintégréSN7400([TI-73℄, p.62)
4.4.1.3 Les familleslogiques
Les iruits intégrésayant en ommun ertaines aratéristiquesappartiennent à la même
famillelogique(logi familyenanglais).D'un pointdevuepratique,onpeutonneterentre
euxdesiruitsd'unemêmefamille.
Nous avonsvu quel'utilisationd'élémentsdisrets aonduitauxiruitsTRLet DTL.Les
premiers iruits intégrés ont été réalisés à l'aide des résistanes et de transistors. Pour les
distinguerdesiruitsTRLàélémentsdisrets,onlesaappelésiruitsRTL(ResistorTransistor
Logi). Maisla réalisationderésistanes sur desiruitsintégrésest plus diile queelle des
transistors;onadonétéonduitàlesremplaerpardestransistorsetàminimiserlenombrede
résistanes.C'estainsiquesontapparuslesiruitsintégrésTTL(TransistorTransistorLogi).
Ilestquelquefoisnéessairedeonneterdesélémentslogiquesn'appartenantpasàlamême
famille logique. Ilfaut alors prévoirune interfae entre les éléments, qui traduit les signaux
de sortie d'une famille en signaux d'entrée néessaires pour l'autre famille. Certaines familles
peuventêtreonnetéessansinterfae,onparlealorsdefamillesompatibles.
4.4.1.4 Caratéristiques
Considéronslesaratéristiquesd'uneporteidéale:
Danstouslessystèmesàlogique positive,leniveau0est représentépar0Vet leniveau
1parunetensionpositivedel'ordrede5V.
Sionvisualiselasortied'uneportesurunosillosope,onserendomptequeladiérene
depotentieln'estpasonstantemaisrésultedelasuperpositiond'uneomposanteontinue
(disons5V) et deutuations aléatoires(appelées bruit,noise en anglais)de plusieurs
entainesdemillivolts.
Lesniveauxlogiquesdoiventdonorrespondre,nonpasàdeuxtensionsdéterminées,
maisàdesplagesdetensions,aussilargesquepossibleetquinedoiventévidemmentpas
sehevauher.Ildoityavoirunemargede séuritéoumarge debruit(noise margin
enanglais)autourdelatensionhoisie.
Chaqueportedoitdissiperlemoinsd'énergiepossible,voirepasdutoutdansleasidéal.
En eet l'énergie dissipée haue les iruits, e qui néessite d'adjoindre aux iruits
desventilateursou, dans des asextrêmes, des refroidissementspareau. Deplus laa-
bilitébaisselorsque latempérature s'élève.En outresi unsystème abesoinde ourants
importants,il abesoind'alimentationsoûteusesetenombrantes.
Lapropagationàtraversune portedoitêtre laplusrapidepossible,instantanéedansle
asidéal.Lagure4.27amontrelessignauxd'entréeetdesortied'uneporteNONidéale
etlagure4.27beuxobservéssur uneporteNONréelle.Surlapremièregureiln'y a
auunretardentrelavariationdetensiond'entréeetelledesortie:leshangementssont
instantanés.Dans lesportesréelles, ilsnelesontpas.
Onappelletempsde ommutationladuréedu passageduniveauhautau niveau
bas.
On aimerait bien que la sortie d'une porte puisse être l'entrée d'un grand nombre de
portesenparallèle,idéalementuneinnité.Cei n'estévidemmentpasleas.Onappelle
sortane(fan-outenanglais)lenombred'entréesquel'onpeutrelieràunesortie.
Lesaratéristiquesd'unefamillelogiqueonernentd'abordlestensions:
V IHmin(pourInputHighMINimum)estlatensiond'entréeminimalequel'élémentlogique
doitreevoirpourqu'ellesoit interprétéeommeunniveaulogiquehaut.
V ILmax (pour Input Low MAXimum) est latension d'entréemaximale quel'élémentlo-
giquedoitreevoirpourqu'ellesoitinterprétéeommeunniveaulogiquebas.
V OHmin (pour Output High MINimum) est la tension de sortie minimale que l'élément
logiquedoitrenvoyerpourqu'ellesoit interprétéeommeunniveaulogique haut.
V OLmax (pour Output Low MAXimum) est latension de sortie maximale quel'élément
logiquedoitrenvoyerpourqu'ellesoit interprétéeommeunniveaulogiquebas.
Cestensionspermettentdealulerlesmargesdebruit :
margin low = V ILmax − V OLmax
margin high = V OHmin − V IHmin
pourune sortanede1.
Lesaratéristiquesd'unefamillelogiqueonernentégalementlesintensités:
I IHmax (pourInput High MAXimum)est l'intensitéd'entréemaximaleque l'élémentlo- giquepeutreevoirlorsqu'un niveaulogiquehautestappliqué.
I ILmax (pour Input Low MAXimum) est l'intensité d'entrée maximaleque l'élémentlo- giquepeutreevoirlorsqu'un niveaulogiquebasestappliqué.
I OH (pour Output High) est l'intensité de sortie que l'élément logique renvoie pour un niveaulogiquehaut.
I OL (pour Output Low) est l'intensité de sortie que l'élément logique renvoie pour un niveaulogiquebas.
I OS (pourOutput Shorted)est l'intensitédesortiepourunniveaulogiquehautquel'élé- mentlogiquerenvoielorsqu'uneentréeetune sortiesontreliées.
Lesintensitésd'entréesontpositivesetlesintensitésdesortienégatives.
Cesintensitéspermettentdealulerlasortanelorsqueelle-in'estpasexpliitementdon-
née.Traditionnellement,ondénit lasortaneomme:
sortance = I out
I in
où
I out estleourantquepeutfournirouabsorberlaporte,I inleourantabsorbéoufournipar
ParexemplepouruniruitTTLona:
I IH = 40µA, I IL = 1.6µA I 0 H = −400µA, I OL = −16µA
d'oùunesortane de10.
Sigle Nom Nombre Année Ciruittypique
élémentsdisrets 1 1948 transistor
SSI SmallSaleIntegration
<
100 1964 portelogiqueMSI MediumSale Integration 100à1000 1968 registre
LSI LargeSale Integration 1000à100000 1971 mémoire
VLSI VeryLSI 100000à1000000 1975 miroproesseur
ULSI UltraLSI
>
1000000 19824.4.2 Utilisation des iruits intégrés pour les iruits ombinatoires
4.5 Historique
Nousavonsillustréle prinipederéalisationdesiruitsombinatoiresdanslehapitrepré-
édent par la tehnologie des relais. Ce n'est évidemment pas la seuletehnologie possibleet,
biensûr, pasellequi estutiliséedenosjours. Passonsenrevuelestehnologiesutilisées.
Auunedestehnologiesn'aétéonçuepourlaréalisationdesiruitsombinatoires,nimême
des alulateurs.Pourhaque tehnologie,nous rappellerons son origine puisl'appliationaux
alulateurs,pluspartiulièrementiiàlaréalisationdesiruitsombinatoires.
4.5.1 Les iruits méaniques
LesseulsalulateursméaniquessonteuxdeCharlesBabbage(onçumaispasréalisé)vers
1830etdeKonradZuse danslesannées1930.BienqueZuseait arméen1980(dansletexte
itéau hapitrepréédent)qu'ilappliquait lathéorie desiruitsombinatoiresàlaréalisation
de ses alulateurs, il ne nous reste pas de doument pour expliquer omment il faisait et la
reonstitutionàpartirdesmatériaux restantsn'estpasune tâhe susammentexaltante pour
qu'ellesoitréalisée.Nousnedironsdonriensurette tehnologie.
4.5.2 Les iruits életroméaniques
Commenousl'avonsvudanslehapitrepréédent,GeorgeStibitzautilisélesrelaisutilisés
pour l'industrie téléphoniquepour réaliser un demi-additionneur en 1937. Cette tehnologie a
étéutiliséependantunelongue périodepourlaréalisationdealulateurs.
4.5.2.1 Originedes relais
Nous pouvons onsidérer, poure qui nous intéresse, la tehnologie desrelais eletroméa-
niques omme une tehnologie bien au point dans les années 1920 lorsqu'elleest utilisée pour
réaliserdesalulateurs.Pourlesplusurieux,il estintéressantd'enonnaîtrel'origine.
Vers1830nombred'inventeursetdesavantsherhentàappliquerl'életriitéauxproédésde
transmissionàdistanedontlesfrèresChappeavaientétépionniersaveletélégrapheoptique.
L'élero-aimantestinventéparl'anglaisWilliamSturgeon(1783-1850)en1824(voirgure Premieréletro-aimant
4.28).
Figure4.28Lepremieréletro-aimant,inventéparSturgeonin1824.Dessindel'artilede
1824dansBritish RoyalSoietyof Arts,Manufatures, andCommere.Ilya18toursde lde
uivre(nonisolé).
Le premier relais életrique est onstruit par l'inventeur amériain Joseph Henry (1797 Premierrelais
1878). Il ommene par améliorer la tehnologie des élero-aimants en isolant les ls (de fer)
dubobinage,equi luipermetd'obteniren1829deséletro-aimantsd'unegrandepuissanede
levage.
Ildéide en1831d'utiliser leséletro-aimantspourdes appliationsplusnes quele levage
despoids.Entre lesextrémitésd'un feràhevalen aieromplètementbobinéde léletrique
isolé (gure4.29),ilplaeune petite tigemétalliquemobile, montéesurunsupportvertial;le
boutdeettetigeestattiréeparl'életro-aimantlorsqueleourantéletriquepasse,puisrevient
en position intermédiaire dès quele ourantest oupé.Lors dudéplaement deettetige, son
extrémitéopposéefrappesurletimbred'unesonnette.Henryréussitàprovoquerdestintements
àune distanede1,5km.
Figure4.29Lepremierrelaiséletrique([Lig-87℄,p. 184)
LatélégraphieéletriqueintéresselepeintreSamuelMorse(17911872).Dépourvudeforma- Morse
tionsientique,ils'adresseàL.D.Gale,professeurdesienesdansl'établissementoùMorse
enseignelapeinture,quil'orienteversJosephHenryen1837.CedernierexpliqueàMorseque,
dufait delaloid'Ohm, auunepile, sipuissante soit-elle, nepeutenvoyerunsignaléletrique
au-delàd'uneertainedistane. Une ligne télégraphiqueéletriquedoit donêtre omposéede
segmentsautonomes, alimentés parleur proprepile, et reliés entre euxpardes életro-aimants
agissantommedesrelaiséletriques.S'appuyantsuresbases,Morseréussitàmettreaupoint
untélégrapheetprend unbrevetàsonnomen1840[Mor-40℄.
En 1843, après bien des déboires et plusieurspériodes de profond déouragement, Morse
obtientlapermissiond'établirunelignetélégraphiquede60kilomètres,entre BaltimoreetWa-
shington.
Figure4.30Relais életromagnétique
Un relais (gure 4.30) est omposé prinipalement d'un életroaimant, qui lorsqu'il est ali-
menté,transmetuneforeàunsystèmedeommutationéletrique:lesontats.
4.5.2.2 Utilisation desrelais pour lesiruits ombinatoires
De nombreux projetsde alulateurs életro-méaniquesutilisant des relais émergententre
1920 et 1940, omme le montre le hapitre 4de [Lig-87℄ (malheureusement sansbibliographie
primaire).Nousn'en retiendronsque eluideVannevarBush(18901974)qui vajouerunrle
indiretparlasuite.
Né àEverett(Massahussets)le 11mars1890, petit-lsd'un apitainebaleinieret ls d'un VannevarBush
pasteurde foi
hh
universalisteii
, VannevaBushestanimétoutesavieparlaroyaneprofonde queleBiendoittriompherduMal,danslemondeommedanshaqueindividu.Plongeurdansunrestaurantpourpayersesétudes sientiquesà Tufts College, il obtienten 1913 unemploi
auxlaboratoiresd'essaisdeGeneralEletri.Ilretourneensuiteàsonollègepouryenseignerles
mathématiques;ilétudieenmêmetempsl'ingénierieméaniqueàHarvardetauMITetobtient
sondotorat. Àl'entréeenguerredesÉtats-Unis,en1917,il travaillepourl'USNavy,dansun
laboratoirespéialisédansl'étudedesarmesontrelessous-marins.Démobilisé,ildirigeauMIT
desreherhessur letransportdel'énergieéletrique.Nomméprofesseur,il devientparlasuite
présidentdesoninstitut.
Bushinstalledanslesous-soldesamaisonunatelieroùilmontelesdispositifsnouveauxqu'il
imagine; parmieux-i,des instrumentsdealul analogique.En 1925,ave l'aidedequelques
autresuniversitaires,ilonstruitsapremièremahine,méaniquemaismueparunmoteuréle-
trique,apablederésoudredeséquationsdiérentielles.En 1930,avedesfondsduMIT,ilmet
aupointun
hh
analyseurdiérentiel
ii
dontdeuxrépliquessontonstruites:lapremièrepourla
MooreShoolofEletrialEngineeringàl'universitédePennsylvanie;laseondepourleBallisti
ResearhLaboratorydel'USOrdnaneDept., installéàAberdeen dansleMaryland.
À partirde 1935, VannevaBushlane le MITdans laonstrution d'un grandalulateur
hybride, partiellement dirigépar unprogramme sur ruban de papierperforé. Cetteentreprise,
assoiant de nombreux omposants méaniques, életriques (relais) et életroniques (lampes),
trèsomplexeetfortoûteuse(125000dollars)neseraahevéequ'en1942.L'étatdeguerrefait
tenirsaréussiteserète.
En1939,saréputationluivautd'êtrenomméprésidentdel'InstitutCarnegie,àWashington.
En 1940 F. D. Roosevelt,onvainu qu'unepartiipation desÉtats-Unis àlaguerre est iné-
vitable,réeune ommission desavants,le
hh
NationalDefense Researh Committeeii
, devenu ensuite l'hh
Oe of Sienti Researh and Development
ii
(OSRD) et en one la diretion
à Vannevar Bush. Celui-i organise magistralement la mobilisation intelletuelle de six mille
sientiques, s'assurel'appuide vingt-quatremille tehniiens et réussitleurbonneassoiation
ave lesmilitaires dansdeux mille projets diversimpliquantun investissement de125millions
dedollarsparan.Ledéveloppementdesradarstatiquesetlaréalisationdelabombeatomique
sontlesplusimportantsdeesprojets.
Après la guerre,Bush fait admettre lanéessité d'un eortsanspréédenten faveur de la
reherhefondamentale.Un desesrapportsdéideleCongrèsamériainàvoter,en1951, laloi
dite
hh
NationalSieneFoundationii
(NSF).Entre-temps, Bush est retourné travailler dans le sous-sol de sa maison sur de nouvelles
inventionsjusqu'àequ'ildéèdele28juin1974,àquatre-vingt-quatreans,d'uneriseardiaque.
C'est son alulateurhybride qui nous intéresseii. Cependant il en existe peu de détails.
ClaudeShannon
Par ontre,nous avons vu au hapitre préédent omment Bush remarque Claude Shannon
et omment e dernier érit l'un des artiles théoriques fondamentaux sur l'analogie entre la
ommutationetl'algèbredeBoole.
Nousavonségalementvudanslehapitrepréédentommentlepremieradditionneurutilisant GeorgeStibitz
4.5.3 Les iruits à lampes életroniques
Lesrelaiséletroméaniquespermettentdonderéaliserdesiruitsombinatoires.Nousen
avonsdonune implémentation, equi estsusantd'unpointdevuethéorique.Cependant,si
lesalulsréaliséssontplusrapidesqu'àlamain et avemoins d'erreur,onn'enest pasenore
aux alulateurs rapides néessaires pour ertaines appliations : nous en verrons la néessité
poignante à propos de l'ENIAC. Pour améliorer la vitesse d'exéution, on penseà utiliser les
lampeséletroniquesourammentutiliséesalors dans lespostesde radio.Là enore,on utilise
unetehnologiealorsbienaupoint,dontnousdonnonsl'originepourlesplusurieux.
4.5.3.1 Apparition deslampeséletroniques
Uneémissionthermoïonique,termeintroduit parOwenRihardson,estunux d'éle- Émission
trons provenantd'un métal oud'un oxyde métallique, provoquépar lesvibrations desatomes thermoïonique
duesàl'énergiethermiquelorsqueeux-iparviennentàsurmonterlesforeséletrostatiquesqui
lesmaintiennentprèsdesnoyauxatomiques.
Cet eet est rapportépar un ertainnombre d'auteursdès le XVIII
e
sièle ([Ri-16℄, p. 2)
et,en partiulier,en1873parFrederikGuthrieen Grande-Bretagne: alorsqu'il eetueun
travailsur lesobjets hargés,il déouvrequ'unesphèredefer hauée aurougeet hargéené-
gativement,perdsaharge;ildéouvreaussiqueelaneseproduitpassilasphèrepossèdeune
hargepositive.
L'eet estredéouvertaidentellementen1880parThomasEdison(18471931),qui vient
d'inventer lalampeàinandesene(1878)alorsqu'ilessayed'expliquer larupture dulament
et lenoirissementduverredes lampesinandesentes.Edisononstruit une ampouleavela
surfaeinternereouverted'unefeuilled'étain.Quandilonnetelafeuilleaulamentautravers
d'ungalvanomètre,enappliquantunetensionnégativeàlafeuilleparrapport aulament,rien
nesepasse.Mais, quandilaugmentelatensiondelafeuilledemanièreàatteindreune tension
positiveparrapportau lament,une petiteirulation deourantest détetée parle galvano-
mètre:eis'expliquemaintenantparlefaitquedeséletronssontémisparlelamenthaudet
attirésparlafeuille,fermantainsileiruit.Cetteunidiretionalitéduourantestappeléeeet
Edison(etermeétantparfoisutiliséommeréféreneàl'eetthermoïonique lui-même).Bien
qu'Edisonnevoitpasd'appliationpoureteet,ildéposeunbreveten1883,maisnel'étudie
plus.
SirOwenRihardson(18791959)montreen1901quel'eetestdûàl'émissiondepartiules
négatives, mais e n'est que plus tard qu'on saura qu'il s'agit d'életrons (identiés dans le
rayonnementathodique en1895 parJean Perrin (1870-1942)).OwenRihardson ontinue
àtravaillersurl'émissionthermoïoniqueetreçoitleprixNobel[Ri-29℄en1929autitrede1928
hh
poursontravail surlephénomène thermoïoniqueetplusspéialementpourla déouvertede la
loiportantmaintenantsonnom
ii
.L'équationdeRihardsonénonequeladensité
J
(enA/m 2)
duourantémisdépenddelatempératuresuivantl'équation:
J = A G T 2 e − kT W
où
T
estlatempératuredumétal(enKelvin),W
letravaildesortiedumétal(enéletron-volt),k
laonstantedeBoltzmannetA G laonstantedeRihardson.
En 1904 John Ambrose Fleming (18491945) étudie et eet et met au point une diode Diode
(dénommée
hh
valve
ii
)destinéeauredressementduourantalternatifetàladétetiondesondes
àhautefréquene[Fle-05℄.Ilintroduitdanssonbrevet[Fle-05℄lanotionde
hh
retiation
ii
du
ourant (transformation de ourant alternatif en ourantontinu pouvant être mesuré parles
Rihardson,puis Dushman,établissentla loiqui lieleourantde saturationàlatempé-
rature dulament. Irvin Langmuir(18811957)étudie larelation (valable seulementpour la
partieourbedelaaratéristique)entre
i P et v P.
En 1906 Lee de Forest (18731961)a l'idée d'ajouter une troisième életrode à la diode Triode
pour maîtriser le ourant d'életrons irulant entre la athode et l'anode [For-13℄. La triode
(
hh
lampeaudion
ii
)estnéeet,aveelle,l'èredel'életronique.
WalterShottky(18861976)réelapremièretétrodeen1915enajoutantenoreunegrille Tétrodeetpentode
àlatriode.Lapentodeetlesautreslampesmultigrillesapparaissentdanslesannéesquisuivent.
Parailleurs,laformedeslampesévoluedel'ampoulesphériqueouovaleverselled'untube
ylindrique,mieux adaptéàlafabriationensérie.
4.5.3.2 Utilisation deslampeséletroniques pour lesiruits ombinatoires
L'idéed'utiliserleslampeséletroniquespourréaliserdesiruitsombinatoiresestdueindé-
pendammentàl'allemandHelmutShreyeretàl'amériainJohnAtanasoffmais'estave
l'ENIACqu'elleonnaîtrasonpremiersuès.
KonradZuseonstruitdesalulateursàpartirdesannées1936,enAllemagne,qu'ilappellera Shreyer
plus tard Z1, Z2, Z3 et Z4. Nous le retrouverons plus tard à propos de la première mahine
ontrlée par ruban perforé mais il ne nous intéresse pas pour lui-même ii. La mahine Z1
est méanique, lamahine Z2 utilisedes relais,omme nous l'avonsdéjà vu. Zuse demande à
Shreyer,thésardàetteépoque,detesterlesprinipesdelamahineZ2surunpetitmodèle.
Shreyeral'idéed'utiliserdestubeséletroniquesaulieu derelaiset montre samahineàla
Tehnial UniversitydeBerlinen1938.Zusen'utilisepaslestubeséletroniquesdanslaversion
naledelamahinearilluiestimpossible,dansleontextedepré-guerredel'époque,d'obtenir
les1000tubesnéessairesàlamahineomplète.Shreyer ontinueependantàs'intéresser
auxtubeséletroniques,onstruitquelquesiruitsexpérimentauxetutilisesonexpérienepour
sathèse soutenueen 1941, intitulée Le relais àtube et lestehniques de ommutation [Sh-41℄
maisonnepossèdepasbeauoup plusdedétails.
JohnV. Atanasoffhérite desapassionpourlessienesdesonpère,ingénieur életriien Atanasoff
émigré aux États-Unis à la n des années 1880. Il vit en Floride, où son père travaille dans
uneminedephosphateprèsdeLakeland.Atanasoffveutétudierlaphysiquethéoriquemaisle
programmedel'universitédeFlorideàGainesvillen'estpaspartiulièrementbonàetteépoque,
aussi seréoriente-t-ilversle génie életrique. Ilsuit ensuite un master en physique àl'univer-
sité d'état de l'Iowa puis un dotorat à l'université du Wisonsin à Madison. Sa thèse porte
sur les propriétés életriquesde l'hélium; il passe alors dessemaines àrésoudre des équations
aveunalulateurdebureau.Ildevientassistantprofesseurenmathématiqueset enphysique
àl'universitéd'étatdel'Iowa.
Ildoiteetuerdenombreuxalulsmaissonintérêtpourlealuléletroniquesedéveloppe
seulementpetitàpetit. En1937ilaunebonneidéedutypedemahine qu'ilveutonstruireet
ilendonnetouslesdétailsdanslesdeuxannéesqui suivent.Surlabase deeprojet,ilobtient
650 $ de l'université d'état de l'Iowa l'été 1939. En août ou septembre il embauhe Cliord
Berryetilsréalisentensembleunprototypeunoudeuxmoisplustard,pouvantadditionneret
soustrairedesnombresbinairesdeseize bits.C'est lepremieralulateuràtubeséletroniques
del'histoire.
C'est la partie qui nous intéresse ii. Cependant Atanasoff érit un projet détaillé l'été
1940[Ata-40℄,demandant5000$.Ilreçoit1500$del'universitéd'étatdel'Iowa,puisd'autres
ressoures.AtanasoffetBerryonstruisentleurnouvellemahineauprintemps1942,appelée
unpeuplustardABCpourAtanasoBerry Computer.
Figure4.31Fig.1de[Ata-40℄
életronique.Leshémaéletroniqueestdonné.Nousn'ensommespasenoreàl'abstrationdes
iruits ombinatoires ave des portes. La gure 4.32 nous donne la table orrespondant à e
iruit: B,D, Eet A,Correspondentauxpointsainsidénomméssurlagure4.31;Hsignie
Higher voltageet LLowest voltage;Hest donreprésentépar0et Lpar1(nouspréférerionsle
ontrairedenosjours).LaolonneAdditionorrespondàequ'onappelledenosjoursunétage
d'additionneur.
Figure 4.32Tabledans [Ata-40℄
Nousvenonsdevoirquenonseulementlespremiersiruitsombinatoiresréalisésàl'aidede ENIAC
tubeséletroniquessontonçus en 1937, maiségalementdes alulateurséletroniquesexpéri-
mentauxomplets.Cependantlapremièreréalisationàonnaîtreunvéritablesuèsestl'ENIAC
(voirleture1).
4.5.4 Les iruits à transistors
L'ENIAC est une réalisationmilitaire et reste en tant que telle serète jusqu'à la nde la
SeondeGuerremondiale.Lesalulateurssuivantssontpresquetouséletroniques.Cependant
lesalulateursàlampeséletroniquessonttrèsenombrantsetladuréedeviedehaquelampe
trèsourte.Onreherhedonune miniaturisationet uneabilitéarues.
4.5.4.1 Apparitiondes transistors
Letransistorestrééle23déembre1947auxlaboratoiresBellparJohnBardeenetWalter
Brattain : il s'agit du transistor à pointe, diile àdéployer de façon industrielle. En 1951,
William Shokley améliore elui-ien réantle transistorà jontion, ou transistor bipolaire,
quienpermetledéveloppementindustriel.
Un transistorseomporteommeunetriode:aulieud'uneathodeetd'uneanode,onaun
émetteuret unolleteur;aulieud'unegrille,onaune base.Ilspeuventdonservird'éléments
de ommutation, en pluspetits et enplus ables.Les onstruteursd'ordinateurss'intéressent
donàenouveauomposant.
4.5.4.2 Utilisation destransistors dans lesiruits ombinatoires
LessientiquesduDigitalComputer Lab.duMITtravaillentaveIBMenfévrier1956pour
développerunordinateur transistorisé.Celui-iest destiné àremplaer lesordinateurs àtubes
életroniquesduprojetSAGE(voirplusloin);ependantlesordinateursdee projetsontdéjà
enonstrutionetl'AirForenevoitpasderaisondelesremplaer.
Lespremiersordinateurstransistorisésapparaissentdonplustard,en1957et1958,produits
parUNIVACetPhiloCorporation([Aug-84℄,pp.229230).
4.5.5 Les iruits intégrés
4.5.5.1 Apparition desiruits intégrés
Lehapitre8de[Aug-84℄estunetrèsbonneintrodution,quenousnefaisonsquerésumerii, Lesbesoins
àl'étudedeseortsduDépartementdelaDéfenseamériain,quidépenseplusieursmillionsde
dollars,àpartirdudébutdesannées 1950,pourdesprogrammesdereherhedestinésàrendre
lesomposantséletroniquespluspetits,plusables,moinshersetplusfailesàonstruire.Cei
estdûaufaitquelesbombardiersB-29d'unepart,lesmissilesMinutemanensuite,ontiennent
del'életroniqueembarquée.
LeprojetTinkertoyommeneenseretauNationalBureauof Standardsàlademandedela ProjetTinkertoy
marineamériaine.Sonbutpremierestlastandardisationetnonpaslaminiaturisation:onveut
pouvoirremplaerrapidementdesmoduleséletroniquesompats,omposésd'élémentsdisrets
standardisés.Lesélémentsemployéssontdestubeséletroniques,pasenoredestransistors.De
toutesfaçons,leprojetprendnen1953surunéherelatif.
Quatre ansplustardRCA (Radio Corporation of Ameria), une des grandesentreprisesde PlanMiromodule
onstrution de tubes életroniques, fondée en1919, prend en harge le Plan Miromodule, -
nané parl'Army SignalCorps. On utiliseette fois destransistors, desrésistanes et d'autres
omposantssuruneplaqueenéramique.Leprojetprendnen1963,renduobsolèteparl'arrivée
desiruitsintégrés.
L'idéedesiruitsintégrésrevientaubritanniqueG.W.A.Dummer, qu'ilexprimedansun Idée
olloque sur les omposants életroniquestenu en mai 1952 à Washington en lisant unartile
intituléEletroni Components in GreatBritain:
Avel'arrivéedestransistorsetplusgénéralementlestravauxsurlessemi-ondu-
teurs,il semblemaintenantpossibled'envisager deséquipementséletroniquesonte-
nusdansunmêmeblosansonnexionspardesls.Leblopeutonsisterenouhes
de matériaux isolants, onduteurs, retiateurs et ampliateurs, les fontions é-
letriquesétantonnetéesdiretement enoupantdeszones desdiversesouhes.
[Dum-78℄,p.128
Rentré en Grande-Bretagne, Dummer essaye de mettre ses idées en pratique. Il présente un
prototypeenseptembre1957, àunongrèsàMalvern,maiselui-inefontionnepas.
Lepremierprototypedeiruitintégré(ils'agitd'unomposantfournissantunsignalàune PremierIC
fréquenedonnée,montré àlagure4.33)est onçu l'été 1958parJakKilby,ingénieurhez
TexasInstrument.D'autresprototypessuiventrapidement,yomprisunebasule,etunpremier
brevetest déposé le6février1959.Un moisplustardTexas Instrumentannoneèrementlors
d'un ongrèsindustrielàNew-York
hh
ledéveloppement d'uniruit solide semi-onduteur pas
plusgrandqu'unetêted'allumette
ii
.
L'invention de Kilby est une avanée extraordinaire mais présentant enore des inonvé-
nients: ommeonle voit sur lagure,lesdiérentesparties duiruitintégrésontreliéespar
deslssoudésàelles-i,equilimitelenombredepartiesetlaabilitédutout;ilfautonevoir
desélémentspassifs (desrésistanes etdesondensateurs)àpartirde semi-onduteurs;ilfaut
pouvoirisoler lesdiérentespartieslesunes desautres.
Kilbyrésout lesdeuxderniersproblèmesmaispaslepremier,e quien rendlaprodution
industriellediile.
Avantd'allerplusloinfaisonsdeuxdigressionssurl'évolutiondelatehnologiedestransistors.
Lestransistorsmesa
LesBell Labsinvententle transistor mesaàlandesannées 1950,fabriqué entrois phasesde
photolithographie,gravureetdiusion(dopanthimiquementlesemi-onduteuravedesimpu-
retés).Cependantletransistorestsujetàdesontaminationsetleslsdeonnexiononttendane
àsedétaher.
Jean Hoerni, physiienné en Suisse, résout le problème à latoute nde l'année 1958 en Lestransistorsplanaires
diusantleplateau surune tranhe desiliium(appelée wafer enanglaispuisplustardgalette
enfrançais).Lerésultatestuntransistortotalementplat.
RobertNoyerésoutlepremierproblèmeposéparlesiruitsintégrésdeKilbyenonevant ICplanaire
lesiruitsintégrésplanaires.
Il grandit à Grinnell dans l'Iowa. Major en physique du Grinnell College, il est initié à la
physique du solide par son professeur de physique, Grant Gale. Celui-i, après avoir lu un
artile sur l'inventiondu transistor dans unjournal l'été 1948, demande àJohn Bardeen de
lui enenvoyerquelques exemplaires pour sesétudiants.Il devient ami avelui. Noye déide
desespéialiserenphysiquedusolideet vaauMIToù,àsagrandesurprise, peudepersonnes
ont entendu parler de transistor. Il soutient sa thèse en 1953 et va travailler hez Philo, à
Philadelphie, qui a ouvert un département semi-onduteur. Mais il trouve que les dirigeants
de etteentreprise nesontpasintéressés par desreherhesavanées. IlvadonhezShokley
SemiondutorLaboratory,petiteentrepriserééeparl'undeso-inventeursdutransistor,situéeà
MountainViewenCalifornie.IlyrenontreJeanHoerni.Brillantherheur,WilliamShokley
était loin d'être un gestionnaire et un meneur d'hommes; de plus il avait le sentiment d'une
onspiration ontre lui. L'été 1957, Noye, Hoerni et six autres sientiques et ingénieurs
quittentl'entreprisepourréer Fairhild Semiondutor àPaloAlto, nanéparThe Fairhild
Camera&InstrumentCorporationdeNew-York.C'estlaseondeentreprisedesemi-onduteurs,
aprèselledeWilliamShokley,deequiseraappeléeplustardlaSilion Valley.
Contrairementà Shokley Semiondutor Laboratory, Fairhild Semiondutor se onentre
surlestransistorsausiliium,etnonplusaugermanium.
KurtLehove,direteurdereherhedelaSpragueEletriCompanysituéeàNorthAdams
dans le Massahusetts, physiien né en Théquie et immigré aux États-Unis après la Seonde
GuerreMondiale,résoutleproblèmedel'isolation életriquedesomposantsl'unparrapportà
l'autregrâeàunejontionpnqui nepermet àl'életriité qued'allerdansunesens.Ilonçoit
uniruitintégréamélioranteluideKilbyet obtientunbrevetle22avril1959.
RobertNoyepenseauiruitintégréplanairedèsjanvier1959etdéposeunbrevetsixmois
plustard.
En1961FairhildetTexasInstrumentommerialisentlespremiersiruitsintégrésproduits Commerialisation
defaçonindustrielle.Texas Instrumentpropose desportes logiquesORet NOR.Un iruitin-
tégrévautalors50 $parlot demille, ledouble enpetitequantité. Au début, seulesladéfense
etlaNASApeuvents'enorir(pourlesordinateursdeborddelaapsuleGemini).
On peut résumer l'invention des iruits intégrés de la façon indiquée dans le tableau i-
dessous:
19501953 ProjetTinkertoy NationalBureauofStandards
19571963 PlanMiromodule RCA
1952 Idéedesiruitsintégrés G.W.A. Dummer
1958 Premieriruitintégré JakKilby
Janvier1959 Transistorplat JeanHoerni
Avril1959 Isolationparjontionpn KurtLehove
Fin1959 Premieriruitintégréplanaire RobertNoye
1961 Produtionindustrielle FairhildetTewasInstrument
4.5.5.2 Utilisationdes iruits intégrésomme iruits de ommutation
Au début, lesiruitsintégréspermettentde réaliseràlafoisdesiruitsd'ampliation et
desiruitsdeommutation.
L'industrieinformatiqueestégalementintéresséemaisilfautd'abordépongerlepassagedes
tubes életroniquesaux transistors.La oneption des ordinateurs utilisant des transistors ne
onduitpasàdesméthodesvraimentnouvellespuisquelestubesetlestransistorsontlesmêmes
fontionnalités. Iln'en estplusde même ave lesiruitsintégrés:il fauttout revoirdepuisle
début.C'est pourelaquelesiruitsintégrésseront,dansunepremièreétape,utilisésdansun
module indépendant,àsavoirlamémoirevive,étapesurlaquelle nousreviendronsàsonheure.
Lesiruitsintégrésentantqueiruitsombinatoiresapparaissentdansdespartiesdedeux
ordinateursde taille moyennedeBurroughsen 1966(leB2500et leB3500).Lespremiersordi-
nateursomposésentièrementdeiruitsintégréssontleCDC 7600deControl Dataetlasérie
CenturydeNCRen1968.IBMlesutiliseavesasérieSystem/370audébut desannées 1970.
4.5.6 Leture : l'ENIAC
En 1917,OswaldVeblen, d'originenorvégienneet professeurdemathématiquesàl'Institut Labalistique
des études avanées (Institute for Advaned Studies) de Prineton, abandonne provisoirement
son enseignement, du fait de l'entrée en guerre, pour diriger la setion
hh
Mathématiquesii
duCentre balistiquede SandyHook.Grâeauxliens tissésave d'innombrablesuniversitaires,
Veblen onstitue une équipe de très haut niveau.Ce groupe fait de labalistique une siene
physique àpartentière :les règlesd'observationsontrationnalisées,lesméthodes dealul af-
nées,leséquationsdiérentiellesdemouvementorretementformuléeset lesproédurespour
larésolutiondeeséquationsdénies.
Compte tenu de l'importane roissante des reherhesdans le domainede la balistique,le LeBRL
Département du matériel de l'US Army(Army's Ordnane Department) se dote en 1935 d'un
servie de reherhe spéialisé. Celui-idevient en 1938 le Laboratoire de reherhebalistique
(Ballisti Researh Laboratory,BRL)et s'installeàAbeerden dansl'étatduMaryland. Sono-
mitédireteur est onstituédedeux ivilset detrois militaires.Ledireteur sientique enest
OswaldVeblen.
Comme nousl'avons vu i-dessus,VannevarBushmet aupoint en 1930sonanalyseur dif- L'Analyseur
férentiel. Celui-i intéresse à la fois les mathématiiens de l'université de Pennsylvanie et les
diérentiel
militairesduBRL.Bushexploiteetteommunautéd'intérêtsetsusitedesrenontresentreles
responsablesdesdeuxorganismes.Ilestonvenuquel'éoleMoored'ingénierieéletrique(fondée
en1926àl'universitédePennsylvanie)etleCentredebalistiqued'Aberdeenonstruironthaun
unexemplaire de l'analyseurBush. Ces mahines jumellesdoivent permettre auxdeux entres
d'unir,éventuellement,leurseorts.Un aorden esensest onluverslande1934et,une
vingtainedemoisplustard,lesdeuxalulateurssontahevés.
L'une desativitésprinipales duBRL est lealul des tables de tir.Les tables detir per- Caluldesbesoins
mettent derégler l'anglede tir enfontionde nombreux fateurs(typede projetile,situation
de la ible, vitesse du vent, température, et.). Ces tables sont longues et diiles à établir
mêmesi onne onsidèrequedeux fateurs(portéeduprojetileet altitudede laible):il faut
alulerentre 2000et4000trajetoirespossiblespourhaqueoupleprojetileanon;haque
trajetoireexige750multipliationsde10hires.
En1935leolonelHermannH.ZornigprendlatêteduLaboratoiredereherhesbalistiques
d'Aberdeen. Lui et sesollaborateursherhentà estimer la harge de travailreprésentée par
100000 multipliationspourles mahines életroméaniques existantes. Ave lemultipliateur
IBMalors ommerialisé,il faut septseondesparmultipliation. À raisonde 86400seondes
parjournée,100000multipliationsreprésententhuitjoursontinusdetravail.Pourréaliserune
expérimentation omplète, onsistant en 75 hypothèses possibles, les aluls doivent durer six
entsjours,soitvingtmois!
En1940,lorsqueleprésidentRooseveltaprogressivementinstituéunétatd'urgenenatio-
nal,leolonelZornigdéidedereenseret,sipossible,des'assurerdeladisponibilitédetoutle
potentieldealuldeette régiondesÉtats-Unis.Àl'universitédePennsylvanie,touteprohe,
il obtient du doyen Harold Pender et du Pr J. Grist Brainerd l'assurane que l'analyseur
diérentieldel'universitéseramis auserviedesonorganismeenasdenéessitémilitaire.
En1941,leolonelLeslieE.SimonprendlasuitedeZornigàlatêteduCentred'Aberdeen.
AvesonadjointPaulN.Gillon,ilonsolidelesliensexistantentreleCentreBalistique,l'Éole
Moore et IBM. Cette rme livre dans les deux mois qui suivent deux alulateurs életromé-
aniquesspéiaux,
hh
dopés
ii
pouraméliorerleursperformanes.PuisSimonetGillonrappel-
lentlemathématiienexeptionnelde1917,OswaldVeblen,etluiorentlerlede
hh
onseiller
sientique enhef
ii
. Levieux professeur(soixante-troisans)quitteune seondefois sahaire
1917,rerutentseptjeunesmathématiiens, huitphysiienset deuxastronomes;ilsomplétent
l'équipeaveunollèguedeVeblen àl'IAS, MarstonMorse,etsuggérentommeonseillerà
tempspartielunmathématiienhongroisfraîhementnaturalisé,JohannesvonNeumann.
En 1942,les États-Unisentrenten guerre. Onserend ompte très vite àAberdeen queles
analyseursdiérentielssontinapablesdetenirlaadenedetravailattendued'eux.Quantaux
mahinesIBM,ellesgrignotentàpeinelapiledestablesàétablir.
Il faut se résoudre àoner une partie des travaux àde jeunes diplmés,hommes et,plus
souvent, femmes, pourvus de mahines à aluler manuelles. Mais, là enore, on manque de
personnelompétentennombresusant.Ilest déidéqu'uneannexeduLaboratoirebalistique
(omputing substation) sera établie hors de l'eneinte militaire du polygone, dans les loaux
de l'Éole Moore. Un programme prioritaire de formation de ivils requis est instauré : sous
la diretion du professeur Chambers, trois jeunes mathématiiennes, Adele K. Goldstine,
MildredKramer et MaryMauhly, organisentlererutementet laformationd'une entaine
dejeunesllesoudejeunes femmes(leshommessontmobilisés),puislesmettentautravailsur
desmahinesàalulerdebureauréquisitionnées.
Dans le même temps, on herhe omment améliorer la produtivité des deux analyseurs
différentiels.C. Weygandt,de l'ÉoleMoore, animees reherhes.Danssa petiteéquipe,J.
PresperEkertsefaitremarquerparsesqualitésd'imaginationetsonespritpratique.Lesmo-
diationsqu'ilsuggèreonduisentàuneaméliorationrelativedesperformanes,maisonrment
leslimitationsinhérentes àlatehnologieanalogique.
Dès 1943, lademande en tables de tir s'aroîtdangereusement : laonstrution deguides
pourlestirsdeDCAontplusieursmoisderetard.Àl'été1944lasituationdevientsansespoir:
leBRLproduitquinzetablesparsemainealorsquelademandeestdequarante.
JohnMauhly(prononerMauk-li),néàCininnatile30août1907,est lelsdudireteur JohnMauhly
du département de Magnétisme terrestre de la Carnegie Institution, dans le Maryland. Après
desétudesàl'universitéJohn-Hopkinsoùilobtienten1932undotoratdephysique,ils'oriente
d'abordverslaspetrosopiemoléulaire et passeune année àJohn-Hopkins ommeherheur
assoié, travaillant pendant des heures sur un spetrosope, puis exploitant péniblement ses
observationsàl'aided'unemahine àalulerdebureau.
Fin 1932, en pleine dépression des États-Unis, il herhe un emploi. Iltrouveun poste de
professeuradjoint de physique à Ursinus College, établissementprivé situé à40 kilomètres de
Philadelphie.Ily restehuit annéesqu'il trouveamères: Ursinusne disposepas d'équipements
sientiques omparables à eux de John-Hopkins. Il doit renoner à la spetrographie pour
s'orienterverslesstatistiquesetlamétéorologie,deuxativitésquileonduisentàsepréouper
demoyensdealulrapide.
Mauhly pensequ'ilestpossibled'améliorerlapréisiondesprévisionsmétéorologiquesen
pratiquantdesanalysesstatistiquessystématiques.Avel'aorddelaNationalYouthAdminis-
tration,organismerééparleNewDealdeRooseveltpouraideràl'emploidesjeunesdés÷uvrés
durantladépression,Mauhlysefaitdétaherunedouzained'étudiants.Ilentreprenddeleur
fairedépouiller touteslesobservationsatmosphériques détenuesàlaCarnegieInstitution, pour
essayer,statistiquement,d'établiruneorrélationavel'ativitésolaire.Ilestviteévidentqu'un
teltravail,exéutémanuellement,n'aboutirajamais.
Le jeune professeur a entendu parler des dispositifs életroniques de omptage rapide des
rayonnementsosmiquesmisaupointpardesherheursanglais.Desiruitssimilairespeuvent-
ilsêtreutilisésdansunesortedealulateurultra-rapide?Ilbriolequelquesiruitssimpleset
onlut qu'ilyalà unevoie possible.Aussi, le28déembre1940, lorsd'une onférenesurles
méthodes statistiquesen météorologiefaitedevant l'Assoiation amériainepourle développe-
mentdessienes,àPhiladelphie,Mauhlyévoquelespossibilitésoertesparl'életroniqueen
Atanasoffsetrouvedansl'assistane.À landelaséane,il vatrouverleonférenier,se
présente,déritlesgrandeslignesdesonmodèleexpérimentaletinviteMauhlyàveniràAmes,
en Iowa,pourvoir samahine. Les deux hommesrestent enorrespondanejusqu'à e que,le
14 juin 1941, Mauhly serendeà Ames, oùil passe inq jours hezAtanasoff. L'inventeur
emmène son hte dans son laboratoire, lui explique les prinipesde son alulateur enoreen
onstrutionetluiommuniqueletextedesonmémoire[Ata-40℄.
Mauhlyonstruitplusieursdispositifsexpérimentauxmaisserendomptequ'illuimanque
deux atoutsmaîtres :desolidesonnaissanes enéletroniqueappliquéeet surtoutde l'argent.
Au début de juin 1941 il s'insrit à un ours d'été de six semaines dispensé par l'université
de Pennsylvanie. En eet, dans la perspetived'une guerre prohaine, l'arméedes États-Unis
a déidé de parrainer des ours de formation aélérée (Emergeny Siene and Management
Defense Training Course) dans le but d'orienter des ingénieurs, des enseignants et des adres
de l'industrieque l'on pourra,par lasuite, aeter àdes fontionsmilitaires ouàdes emplois
danslesindustriesdedéfense.Sademanded'insriptionestaeptéeet ilpeutsuivrelasession
ommençant le23 juin 1941. Ilpasse de longues heuresàdisuterd'életronique ave l'undes
jeunes instruteursdelaMooreSholl,J. Prespert Ekert. Àl'issue de estage,lesrésultats
de Mauhlysontsi satisfaisantsquela Moore Shool, qui aplusieurspostesvaants,luiore
unontratd'instruteuràpartirdeseptembre.
J.P.Ekertappartientàunefamilledegrandspromoteursimmobiliersétabisdanslarégion J.P. Ekert
de Philadelphie.Dès l'âge de huit ans, l'enfant montre desdons étonnantspourl'életriité et
laradio :il monte sonpremierréepteuràgalènesur lebout d'unrayon,dans l'emplaement
prévu pour la gomme; à douze ans, il fabrique un modèle réduit de bâteau téléommandé et
briole un réepteur radio à deux lampes; à quatorze ans, il réalise des haut-parleurs et une
haînemusialepourlalassedesolfègedesonollège.
Ekerts'insritàl'universitédePennsylvanie,àPhiladelphie.L'environnementest propie
àsapassionpourl'életronique:danslesannées qui préèdentlaSeonde Guerremondiale, la
régiondePhiladelphieestleentredegravitédel'industrieéletriqueetéletroniqueamériaine.
Lapremièrestationdetélévisionyestrééeet,justeavantlaguerre,Ekertpeutaheterl'un
despremiersréepteursexpérimentaux,onstruitsparRCAetvendus60dollars.
Ekertserévèlel'undes plusbrillantsétudiantsdelaMoore Shool. Pendantlesvaanes
d'été, il intervient omme onseiller auprèsde rmes industrielles oud'utilisateurs d'appareils
életriquesouéletroniques.
NousavonsvuqueMauhlyetEkertsesontrenontréslorsd'unoursd'étéàlaMoore Letandem
Shool.Malgréleurdiérened'âge(douzeans),ilsselientd'uneamitiésolide.Mauhlyessaie
d'intéresserlesdireteursdelaMooreShoolàsesprojetsdealulparl'életronique,maisnulle
réationfavorablenevientl'enourager.Ekert,trèssolliitéparlesproblèmesonretsd'appa-
reilsindustriels,deradiooudetélévision, nesesentnullementattiréparlealulautomatique
à grande vitesse mais il répond à Mauhly qu'une telle réalisation est possible : il sait par
expérienequel'objetionessentielledel'époque,àsavoirqueleslampesàvidesonttropfragiles,
tombelorsqu'ononçoitdesiruitsévitantdepousserleslampesàleurpleine puissane.Féru
demusique etd'orgues életroniques,ilpossédel'undesNovahordà170lampesfabriquéspar
l'Hammond Organ Company, dontla vieparaît garantielorsque leslampestravaillentàmoins
de80%deleurtensionmaximum.
Début1942,onnaissantgrâeàsafemmeMary,instrutrieàl'annexeduBRL,lasituation
diile desmilitairesd'Aberdeen,Mauhlyomprendqu'ilpeutêtrepossibledelesamenerà
jouerlesmaîtres d'÷uvresd'unalulateur.
Établissantlasynthèsedetoutequ'ilaapprisauoursdesesexpérimentationspersonnelles,
desinformationsreueilliesauprèsd'Atanasoff,desavisd'Ekertetd'autressientiquesde
unalulateurdéimaléletronique:The use of high speedvauum tubedevies for alulating
[Mau-42℄, inqpagesditéeset datylographiéesenaoût1942.Sansentrerdanslesdétailsteh-
niques, Mauhly explique qu'ilreposeraentièrementsur desomposantséletroniqueset tra-
vaillera ave un yle de 100 000 impulsions par seonde. Ave la possibilité d'exéuter 1 000
multipliationsparseonde,lealuld'unetrajetoirepourraitsefaireenentseondesaulieu
des15à30minutesnéessairesavel'analyseurdiérentiel.
L'originaldeemémorandumestadresséàJ.G.Brainerd,membreduConseildel'université
dePennsylvaniequi négoietouslesontratsonlusentre l'université et legouvernement.Un
papillon attahéàl'originaldemande que etexte soit reproduit et quedesexemplaires soient
adressésauxpersonnes suseptiblesd'être intéressées.Mauhlyneonserveauundouble; sa
serétaireseborneàlasserlesfeuilletssténoprissoussaditée.
Brainerd l'annote :
hh
Intéressant. Il est possible que le manque de main d'÷uvre puisse justieruntravaildedéveloppementdeegenredansunavenirassezproheii
.Puisledoument estlassé,sansêtrereproduitniavoirfaitl'objetd'uneirulationquelonque.OnneleretrouveradanslesdossiersdeBrainerdqu'unevingtained'annéeplustard.
HermanHeineGoldstine,ls d'unavoatisraélite,estnéàChiagole13septembre1913. Goldstine
En 1929, insrit àl'université de saville natale, il prend les mathématiques ommedisipline
prinipale.Doteuren1936,d'abordassistantdereherhesàChiago,ilpasseensuiteàl'univer-
sitéduMihiganommeprofesseuradjointde mathématiques. En1941, ilépouseAdeleKatz,
elle-mêmemathématiienne.
L'annéesuivante,Goldstineestmobiliséommelieutenant,rattahéàl'OrdnaneDept.de
l'U.S. Armyet aetéau Centre balistiqueduMaryland. En raisonde saformationmathéma-
tique, il est hargéde trouverlesmeilleurs moyens d'aélérerl'établissementdes tables detir
néessairesàl'armée.
En mars1943, alorsquelasituation paraîtdeplusen plusdésespéréeauBallisti Researh
Laboratory, le jeune lieutenant eetue l'une de ses visites périodiques au Centre annexe de
alul.Cematin-là,Goldstineéhangequelquesphrasesavelejeunehommehargéd'assurer
lamaintenanedel'analyseurdiérentiel.Ilseplaintdelalenteurdel'avanementdesaluls.
JoeChaliapine,son interlouteur,aété l'élèvede Mauhly àUrsinus Collegeet onnaîtles
projetsde sonanienprofesseur:
hh
Je onnais quelqu'unqui peut vous permettre d'aller mille foisplusvite.Si çavous intéresse, allezdon voir M.JohnMauhly,àl'étage au-dessusii
.Abasourdi, Goldstine se préipite dans le bureaude Mauhly. Celui-i onrmel'infor-
mation,déritlesgrandeslignesdesonprojetet lesperformanesprévisibles.
hh
Rédigezvite un
mémoire
ii
,demandeGoldstine.
Mauhlyrépliqueque'estfaitdepuisplusieursmoisetqueledoumentsetrouvedansles
mainsdeJ.G.Brainerd.LelieutenantrendvisiteàBrainerdquisesouvientdutexte,mais
estinapabledeleretrouver.Mauhly,informé,délarequ'ilnepossèdepasdedouble.Ilfaut
reonstituerlemémoradum,àpartirdesnotesonservéesparlasérétaire.LorsqueGoldstine
peutennlirelesinqfeuillets,ilprendl'initiativededemanderàlaMooreShooldesoumettre
auplusttune propositionderéalisationplusdétaillée.
AussittlarequêteformuléeparlelieutenantGoldstine,Brainerd,EkertetMauhly Proposition
seréunissentpourdéterminerexatementequelapropositiondemandéeàl'arméedoitontenir.
Ekert et Mauhly préparent les hapitres tehniques sous leurs deux volets : életronique
et mathématique; Brainerd rédige l'introdution et l'exposé général. Devant l'ampleur dela
réalisationéletronique,Brainerdet Mauhlyinsistentpourobtenirunepartiipationtotale
d'Ekertqui,jusque-là,s'enest tenuàunrledeonseillerdilettante.
Un premier texte, ahevé le 2 avril, est aussitt remis en hantier pour être amélioré. Un
rendez-vousentrelesuniversitairesetlesmilitairesest onvenupourle9avril.