EPFL
Algèbre linéaire 1ère année 2008-2009
Corrigé de la série 25
Exercice 1. 1. Soit Bund base orthonormale de V et soit A:= [S]B,B. On a 1 = det([IdV]B,B) = det([S◦S∗]B,B)
= det([S]B,B·[S∗]B,B) = det(A)·det(At) = detA·det(A) =|det(A)|2.
(On a utilisé la définition et les propriétés du déterminant.)
2. Soit S ∈ L(R2) une isométrie. Comme S est un opérateur normal, il existe d’après les théorèmes spectraux une base(u1, u2)deR2telle que[S]B =
λ1 0 0 λ2
ou[S]B =
a −b b a
, a, b ∈ R et b > 0. Dans le premier cas, on a T(u1) = λ1u1 et T(u2) = λ2u2. D’après la définition d’une isométrie, on obtientkuik=kT(ui)k=|λi|kuiket donc λi =±1,i= 1,2.
On a donc trois différents cas. Si[S]B =I2 alorsSest une rotation d’angle0. Si[S]B=−I2 alors S est une rotation de l’angle π. Si [S]B =
−1 0 0 1
alors S est une réflexion par rapport àu2. Si [S]B =
1 0 0 −1
alors S est la réflexion par rapport à u1.
Dans le deuxième cas, on a ±1 = detS = a2+b2 et b > 0. On a donc detS = 1, et il existe θ ∈(0, π) tel que a= cosθ et b= sinθ. S est la rotation d’angleθ.
Exercice 2. 1. On considère la réflexion R par rapport au vecteur w ∈ R2, w 6= 0. On peut supposer que kwk = 1 et on pose W = span(w). On choisit w0 ∈ (span(w))⊥ de norme1. (Rappelons quedim W⊥
= 1.) AlorsR(w) = 2 ProjWw−w= 2w−w=wet R(w0) = 2 ProjW w0−w0 = 0−w0 =−w0. Donc w et w0 sont des vecteurs propres de R.
De plus, (w, w0) est une base orthonormale de R2. Par conséquent, R est diagonalisable.
2. Une isométrie est un opérateur normal, donc il existe une base orthonormale B = (u1, u2, u3)deR3 telle que [S]B est diagonale en blocs, avec chaque bloc de taille1×1ou 2 ×2. Puisque la dimension est 3, au moins un bloc est de taille 1× 1. Sans perte de généralité, on peut supposer que ce bloc est dans la première colonne. Donc u1
est un vecteur propre de S, c.-à-d. que Su1 = λu1. Mais S est une isométrie, donc 1 =ku1k=kSu1k=|λ|. Alors λ=±1. En tout cas, S2u1 =u1.
Exercice 3. Faux. Soit V = R2 avec le produit scalaire euclidien. On définit S ∈ L(R2) par S(1,0) = S(0,1) = (1,0). Alors kS(1,0)k = kS(0,1)k = 1, mais kS(1,−1)k = 0 6= √
2 = k(1,−1)k. Donc S n’est pas une isométrie.
Exercice 4. 1. Si dimV = 1, c’est évident. Si dimV = 2, on a deux cas : soit T est auto- adjoint, soitT est normal et non auto-adjoint. Dans le premier cas, on sait par le théorème spectral pour un opérateur auto-adjoint réel qu’il existe une base orthonormée deV telle que la matrice de T dans cette base est diagonale. Dans le deuxième cas, on sait par l’exercice 2 de la série 23 que la matrice deT dans une base orthonormale de V est de la forme
a −b b a
aveca, b∈R etb >0.
1
2. On procède par induction sur la dimension n de V. On a montré les cas n = 1 et n = 2 dans la question précédente. Soit n ≥ 3 et l’assertion vraie pour n0 ≤ n−1. D’après le théorème 8.5 du polycopié, il existe un sous-espace T-invariant U 6= {0} de dimension m≤2.
D’après l’exercice 4 de la série 24, les opérateurs T|U et T|U⊥ sont normaux. Comme U et U⊥ sont de dimensions inférieures à n−1, on trouve des bases orthonormales BU de U etBU⊥ deU⊥telles que [T|U]BU et[T|U⊥]B
U⊥ sont diagonales en blocs, ou chaque bloc est de dimension 1×1ou 2×2de la forme
ai −bi bi ai
avecai, bi ∈R etbi >0. Comme B=BU∪BU⊥, l’assertion est donc démontrée pour dimV =n.
Soit T une isométrie. SoitB= (u1, . . . , un)une base othonormale de V comme ci-dessus.
Soit (ui, ui+1)la base d’un sous-espace T-invariantU correspondant à un des blocs2×2 de la matrice, avec les coefficients ai et bi. Comme T|U satisfait kT(v)k=kvk pour tout v ∈U, oùU est muni de la restriction àU du produit scalaire surV,T|U ∈L(U)est une isométrie. On a donc a2i +b2i = det[T|U](ui,ui+1) =±1. Comme les coefficients sont réels, on obtienta2i +b2i = 1 et donc il existeθ ∈(0, π) tel que ai = cosθ etbi = sinθ.
Exercice 5. 1. On montre que AtA = Id donc T est une isométrie sur R3. On sait donc d’après l’exercice précédent qu’ il existe une base orthonormée B0 telle que [T]B0 est une matrice diagonale par blocs où chaque bloc est d’un des trois types suivants :
[1],[−1] et
cos(θ) −sin(θ) sin(θ) cos(θ)
Comme A n’est pas symétrique (donc l’opérateur associé pas auto-adjoint, donc non diagonalisable), det(A) = 1 et que le déterminant ne dépend pas de la base on en déduit que [T]B0 est une matrice diagonale par blocs avec les deux types de bloc suivants :
[1], et
cos(θ) −sin(θ) sin(θ) cos(θ)
On en déduit que A est une matrice de rotation et que
[T]B0 =
1 0 0
0 cos(θ) −sin(θ) 0 sin(θ) cos(θ)
L’axe de cette rotation est l’ensemble des invariants de T donc on résout le système AX =X et on obtient pour ensemble de solutions span(1,1,0).
L’angle de la rotation vérifie :1 + 2 cos(θ) = tr(A) = 2(on rappelle que la trace ne dépend pas de la base) d’où cos(θ) = 12.
Pour déterminer le signe de l’angle de rotation on se place dans le plan perpendiculaire à l’axe de rotation et passant par l’origine. Ce plan admet pour base orthonormée directe (c’est-à-dire que le produit vectoriel entre e1 et e2 fournit le vecteur √12(1,1,0) ) e1 =
√1
2(−1,1,0) et e2 = (0,0,1). L’image du vecteur (0,0,1)par T est 14(√ 6,−√
6,2) c’est à dire
T(e2) =−
√3
2 e1+1
2e2 =−sin(π
3)e1+ cos(π 3)e2 on en déduit que l’angle de la rotation est π3.
(Il est très vivement recommandé de faire un dessin ! Le raisonnement est plus facile en calculant T(e1) mais le calcul est plus pénible...)
2
2. On montre que BtB = Id donc S est une isométrie sur R3. On sait donc d’après le cours qu’ il existe une base orthonormée B0 telle que[S]B0 est une matrice diagonale par blocs où chaque bloc est d’un des trois types suivants :
[1],[−1] et
cos(θ) −sin(θ) sin(θ) cos(θ)
Comme det(B) = −1 et B n’est pas symétrique on en déduit qu’ il existe une base orthonorméeB0 telle que
[S]B0 =
−1 0 0
0 cos(θ) −sin(θ) 0 sin(θ) cos(θ)
Il s’agit donc d’une rotation d’axe D composée avec une symétrie par rapport au plan orthogonal àD. L’axe de cette rotation est l’ensemble des points invariants par la rotation et donc tels queBX =−X. On résout ce système et on obtient pour ensemble de solutions span(1,1,3).
L’angle de la rotation vérifie : −1 + 2 cos(θ) = tr(B) = 23 d’où cos(θ) = 56.
Pour déterminer le signe de l’angle de rotation on se place dans le plan perpendiculaire à l’axe de rotation et passant par l’origine. Ce plan admet pour base orthonormée directe (c’est-à-dire que le produit vectoriel entre e1 et e2 fournit le vecteur √1
11(1,1,3) ) e1 =
√1
2(1,−1,0) et e2 = √122(3,3,−2). L’image du vecteur e1 par S est − 1
3√
2(−1,4,−1) =
1 3√
2(1,−4,1)c’est à dire
S(e1) = 5 6
√1
2(1,−1,0)−
√11
6
√1
22(3,3,−2)
Le coefficient devante2de la décomposition deS(e1)étant négatif on en déduit que l’angle de la rotation est −arccos(56).
On en déduit que S est la composée de la rotation d’axe (1,1,3) d’angle −arccos(56) et de la réflexion par rapport au plan d’équationx+y+ 3z= 0
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