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Texte intégral

(1)

DOCUMENT 18

Repr´ esentations param´ etriques des coniques ; applications aux tangentes.

Chaque conique poss`ede une ´equation cart´esienne de la forme P (x, y) = 0, o`u P est un polynˆome du second degr´e en x et y. Nous allons voir ici que les coniques ont aussi des repr´esentations param´etriques qui sont tr`es utiles pour montrer l’existence des tangentes et

´

etudier leurs propri´et´es.

1. La parabole

Soit P une parabole. Il existe un rep`ere orthonorm´e (O,−→ i ,−→

j ) dans lequel elle poss`ede l’´equation y = x2

2p, o`u p est la distance de son foyer `a sa directrice. Dans le rep`ere (O,−→ i ,−→

j ), P est donc la courbe d’´equations param´etriques x(t) = t, y(t) = t2

2p avec t ∈ R.

2. L’ellipse et l’hyperbole

2.1. Un lemme technique. Avant d’aborder l’ellipse et l’hyperbole, d´emontrons un lemme.

Lemme 18.1. Soit A et B deux nombres r´eels.

(1) Il y a ´equivalence entre (a) A2+ B2 = 1;

(b) Il existe t ∈ R tel que A = cos t, B = sin t.

(2) Il y a ´equivalence entre (a) A2− B2 = 1;

(b) il existe t ∈] − π 2,π

2[∪]π 2, 3π

2[ tel que A = 1

cos t, B = tan t.

(3) Il y a ´equivalence entre (a) A2− B2 = 1;

(b) il existe t ∈ R tel que A = ε cosh t et B = sinh t avec ε = 1 si A ≥ 1 et ε = −1 sinon.

Preuve. 1) Il est clair que si A = cos t et B = sin t alors A2+B2= 1. Supposons A2+B2= 1.

On a A2 = 1 − B2 ≤ 1 d’o`u |A| ≤ 1. La fonction cosinus ayant pour image [−1, 1], il existe t ∈ R tel que A = cos t. On a B2 = 1 − cos2t = sin2t. Si B = sin t, t convient et sinon B = − sin t = sin(−t). Comme cos(−t) = cos t = A, −t convient.

Les fonctions sinus et cosinus ´etant 2π-p´eriodiques, on peut dans (b) prendre t ∈ [0, 2π[ ou dans tout intervalle [t0, t0+ 2π[.

199

(2)

2). Si A = 1

cos t et B = tan t alors, par la relation 1

cos2t − tan2t = 1, on a A2− B2 = 1.

R´eciproquement supposons A2− B2 = 1. On a A2 = 1 + B2 6= 0 d’o`u 1 = (1

A)2+ (B

A)2. Il existe t ∈ [0, 2π[ tel que 1

A = cos t et B

A = sin t d’o`u A = 1

cos t et B = A sin t = tan t. Comme A 6= 0 on a t 6= π

2, t 6= 3π

2 et donc t ∈ [0,π 2[∪]π

2, 3π 2[∪]3π

2, 2π[. En utilisant la 2π-p´eriodicit´e, on peut prendre t dans ] −π

2,π 2[∪]π

2, 3π 2[.

Dans cette partie de la preuve on peut aussi utiliser la relation 1

cos2t− tan2t = 1.

3). La relation cosh2t − sinh2t = 1 entraine que si A = ε cosh t et B = sinh t, ε = ±1, alors A2− B2 = 1. Supposons maintenant A2 − B2 = 1. On a |A| ≥ 1. Si A ≥ 1 alors, l’image de R+ par la fonction cosinus hyperbolique ´etant [1, +∞[, il existe t ≥ 0 tel que A = cosh t. On a B2 = sinh2t et donc, si B ≥ 0, t convient car sinh t ≥ 0. Sinon B = − sinh t = sinh(−t) et on a aussi A = cosh(−t). Maintenant si A ≤ −1 alors il existe t tel que −A = cosh t et B = sinh t (car (−A)2− B2 = 1). On a dans les deux cas, A = ε cosh t et B = sinh t avec ε = 1 si A ≥ 1 et ε = −1 sinon.

2.2. L’ellipse. Soit E une ellipse. Il existe un rep`ere orthonorm´e (O,−→ i ,−→

j ) dans lequel E est la courbe d’´equation

x2 a2 +y2

b2 = 1.

Le lemme 18.1 entraine qu’un point M de coordonn´ees (x, y) appartient `a E si et seulement si il existe t ∈ R (ou t ∈ [0, 2π[) tel que x = a cos t et y = b sin t. Dans le rep`ere (O,−→

i ,−→

j ), E est donc la courbe d’´equations param´etriques

x(t) = a cos t, y(t) = b sin t, t ∈ [0, 2π[.

Remarques. 1). Une repr´esentation param´etrique du cercle de centre O et de rayon a est obtenue avec a = b dans la repr´esentation param´etrique pr´ec´edente. Tout r´esultat concernant l’ellipse, prouv´e en utilisant uniquement cette repr´esentation param´etrique, sera donc aussi valable pour le cercle en prenant a = b. Ce sera par exemple le cas pour l’´equation de la tangente en un point.

2). On peut obtenir une construction `a la r´egle et au compas d’une ellipse E donn´ee par ses quatre sommets A, A0,B, et B0`a partir de sa repr´esentation param´etrique pr´ec´edente de la fa¸con suivante.

(3)

2. L’ELLIPSE ET L’HYPERBOLE 201

(1) Soit O le milieu de [AA0]. On trace les cercles de centre O et de rayons OA et OB qui sont le cercle principal et le cercle secondaire de E .

(2) On choisit un point M du cercle prin- cipal qui n’est pas situ´e sur un axe de E. Soit θ une mesure de ( \−→

OA,−−→

OM ) et N le point d’intersection de [OM ] avec le cercle secondaire. Avec OA = a et OB = b, les coordonn´ees de M dans (O,

−→OA a ,

−−→ OB

b ) sont (a cos θ, a sin θ) et celles de N , (b cos θ, b sin θ).

(3) On trace la parall`ele `a OA passant par N et la parall`ele `a OB passant par M . Si P est le point d’intersection de ces deux droites alors ses coordonn´ees sont (a cos θ, b sin θ). C’est donc un point de E. On obtient ainsi tout point de E, distinct d’un sommet.

2.3. L’hyperbole. Soit H une hyperbole. Il existe un rep`ere orthonorm´e (O,−→ i ,−→

j ) dans lequel H est la courbe d’´equation

x2 a2 −y2

b2 = 1.

Le lemme 18.1 entraine qu’un point M de coordonn´ees (x, y) appartient `a H si et seulement si il existe t ∈] −π

2,π 2[∪]π

2, 3π

2[ tel que x = a

cost et y = b tan t. Dans le rep`ere (O,−→ i ,−→

j ), H est donc la courbe d’´equations param´etriques

x(t) = a

cos t, y(t) = b tan t, t ∈] − π 2,π

2[∪]π 2, 3π

2[.

En changeant t en t + π

2 on obtient une autre repr´esentation param´etrique de H : x(t) = a

sin t, y(t) = −b cot t, t ∈]0, π[∪]π, 2π[.

Posons pour t 6= kπ, k ∈ Z, u = tant

2. La repr´esentation param´etrique pr´ec´edente devient x(u) = a1 + u2

2u , y(u) = bu2− 1

2u , u ∈ R.

On peut obtenir cette repr´esentation param´etrique par une autre m´ethode et cette seconde m´ethode donne une interpr´etation du param`etre u.

Soit, pour u 6= 0, Dula droite d’´equation x a−y

b = 1

u. La droite Du est parall`ele `a l’asymptote de H d’´equation x

a−y b = 0.

Les ´el´ements de H ∩ Du ont pour coordonn´ees les solutions du syst`eme :

(4)







 x a− y

b = 1 u x2

a2 −y2 b2 = 1 En remarquant que x2

a2 −y2 b2 = (x

a− y b)(x

a+y

b), on voit que ce syst`eme ´equivaut `a





 x a−y

b = 1 u x

a+y b = u et on obtient x = au2+ 1

2u , y = bu2− 1

2u . Tout point de H qui appartient `a une droite Du a donc des coordonn´ees de la forme x = au2+ 1

2u , y = bu2− 1

2u avec u 6= 0. On v´erifie facilement que tout point ayant des coordonn´ees de cette forme appartient `a H et donc on a retrouv´e la repr´esentation param´etrique pr´ec´edente.

En utilisant la partie 3) du lemme 18.1 on obtient une repr´esentation param´etrique de chacune des branches de H

x(t) = εa cosh t, y(t) = b sinh t, t ∈ R, ε = ±1

(ε = 1 donne la repr´esentation param´etrique d’une branche et ε = −1 de l’autre branche.) Les fonctions cosinus et sinus hyperboliques permettent donc de donner une repr´esentation param´etrique de l’hyperbole. C’est l`a l’origine de leurs noms.

Remarque. L’hyperbole est une partie non connexe du plan. En effet soit H une hyperbole.

Il existe un rep´ere (O,−→ i ,−→

j ) (en g´en´eral ni orthogonal, ni norm´e) dans lequel H est la courbe d’´equation xy = 1. Soit A = {(x, y) | x > 0, y > 0} et B = {(x, y) | x < 0, y < 0}. Ce sont des ouverts disjoints non vides et H = (H ∩ A) ∪ (H ∩ B).

Si f est une application continue de Df ⊂ R dans le plan avec pour image H alors Df n’est pas un connexe de R, c’est-`a-dire n’est pas un intervalle. On peut le v´erifier sur chacune des repr´esentations param´etriques de l’hyperbole donn´ees ici.

3. Applications aux tangentes

3.1. Existence et ´equations des tangentes aux coniques. Chacune des trois coniques poss`ede une repr´esentation param´etrique t 7→ (x(t), y(t)) d´erivable et de fonction d´eriv´ee jamais nulle. Toute conique poss`ede donc en chaque point M (t) une tangente dirig´ee par le vecteur de composantes (x0(t), y0(t)). On a d´ej`a donn´e l’´equation de la tangente `a une parabole (Document 16). Pour l’ellipse d’´equation r´eduite x2

a2 + y2

b2 = 1, l’´equation de la tangente au point de coordonn´ees (xo, yo) est

xx0

a2 +yy0

b2 = 1.

et pour l’hyperbole d’´equation r´eduite x2 a2 −y2

b2 = 1,

(5)

3. APPLICATIONS AUX TANGENTES 203

xx0

a2 −yy0

b2 = 1.

Les preuves sont tr`es semblables `a celle utilis´ee pour la parabole.

A partir de ces ´equations on obtient celles des normales qui sont respectivement pour l’ellipse et l’hyperbole,

(x − x0)y0

b2 − (y − y0)x0

a2 = 0, (x − x0)y0

b2 + (y − y0)x0

a2 = 0.

Remarque. Les trois coniques poss`edent dans tout rep`ere R une ´equation cart´esienne de la forme P (x, y) = 0, P ´etant un polynˆome de degr´e 2 (voir document 20 ). La fonction (x, y) → P (x, y) ´etant de classe C1, la conique d’´equation P (x, y) = 0 poss`ede en chaque point non singulier de coordonn´ees (x0, y0) dans R une tangente d’´equation

(x − x0)∂P

∂x(x0, y0) + (y − y0)∂P

∂y(x0, y0) = 0.

(non singulier : l’une au moins des d´eriv´ees partielles n’est pas nulle) Si par exemple, P (x, y) = x2

a2 +y2

b2 − 1 on obtient pour l’´equation de la tangente (x − x0)2x0

a2 + (y − y0)2y0

b2 = 0.

Apr`es quelques calculs, on retrouve l’´equation de la tangente d´ej`a obtenue `a partir de la repr´esentation param´etrique. L’inconv´enient de cette m´ethode est que d’une part, elle n’utilise pas les repr´esentations param´etriques et que d’autre part, les outils math´ematiques mis en jeu (th´eor`eme des fonctions implicites,...) ne sont pas au programme de l’oral du CAPES.

3.2. Propri´et´es des tangentes. En utilisant la d´erivation vectorielle, l’existence pour chaque conique d’une repr´esentation param´etrique t 7→ (x(t), y(t)), d´erivable et de fonction d´eriv´ee jamais nulle permet d’obtenir les propri´et´es suivantes des tangentes :

Proposition 18.1. a) Soit C une conique d´efinie par une directrice D, un foyer F , une excentricit´e e et soit M ∈ C. Si M appartient `a l’axe focal alors la tangente en M est parall`ele `a la directrice et sinon, la tangente en M , la directrice et la perpendiculaire en F `a F M sont concourantes.

b) Soit E une ellipse de foyers F et F0. La tangente en un point M est la bissectrice ext´erieure de la paire de demi-droites {(M,−−→

M F ), (M,−−−→ M F0)}.

c) Soit H une hyperbole de foyers F et F0. La tangente en un point M est la bissectrice int´erieure de la paire de demi-droites {(M,−−→

M F ), (M,−−−→ M F0)}.

Preuve.

Soit Γ = C(F, D, e) une conique de foyer F , de directrice D et d’excentricit´e e. On a vu que cette conique poss`ede un param´etrage de classe C1 et r´egulier t → M (t). L’ensemble de d´efinition de ce param´etrage est un intervalle pour la parabole et l’ellipse et une r´eunion de deux intervalles disjoints dans le cas de l’hyperbole.

a) Si un point M de Γ n’appartient pas `a l’axe focal alors la tangente `a Γ en M rencontre D en un point not´e I (v´erification facile avec l’´equation de la tangente). Posons −−→

M I = a

−−→ dM dt , a 6= 0, et consid´erons l’application t → F M (t)−eM (t)H(t) o`u H(t) est la projection orthogonale

(6)

de M (t) sur D. Par d´efinition de Γ cette application est identiquement nulle d’o`u d

dt(F M (t) − eM (t)H(t)) = 0. On a, en ne faisant plus apparaˆıtre la variable t,

0 = d

dt(F M − eM H) =

−−→F M F M.

−−→ dM

dt − e

−−→M H

M H.d(−−→

M H) dt

=

−−→F M F M.

−−→ dM

dt − e

−−→M H M H(

−→dH dt −

−−→ dM dt )

=

−−→F M F M.

−−→ dM

dt + e

−−→M H M H

−−→ dM dt (car H ∈ D implique

−→dH dt ∈−→

D et donc

−→dH

dt ⊥−−→

M H)

=

−−→F M .−−→ M I M F + e

−−→M H.−−→ M I M H

=

−−→F M .−−→ M I

M F +M H2 M H =

−−→F M .−−→ M I

M F + eM H

=

−−→F M .−−→ M I

M F + F M =−−→

F M .−−→

M I + M F2. (par multiplication des deux membres par M F , le premier ´etant 0)

Finalement M F2 =−−→

M F .−−→

M I = −−→

M F (−−→

M F +−→

F I) = M F2+−−→

M F .−→

F I d’o`u −−→

M F .−→

F I = 0 et le vecteur −−→

M F est orthogonal au vecteur −→

F I. La droite F I est donc la perpendiculaire en F `a F M . La directrice D , la tangente en M et F I sont concourantes en I.

Maintenant si M est sur l’axe focal, l’examen de l’´equation de la tangente montre qu’elle est perpendiculaire `a l’axe focal et donc parall`ele `a la directrice.

Remarque. On peut aussi faire une preuve analytique de ce r´esultat en supposant encore que Γ est d´efini `a l’aide d’un param´etrage r´egulier de classe C1.

Soit R un rep`ere orthonorm´e ayant pour axe des abscisses une directrice D de Γ et pour axe des ordonn´ees son axe focal. Si les coordonn´ees du foyer F associ´e `a D sont (0, f ) alors un point M ∈ Γ si et seulement M F2 = e2M H2 en notant H la projection de M sur D. Si M a pour coordonn´ees (x, y), cela ´equivaut `a

x2 = e2y2− (y − f )2. (∗)

(x et y sont des fonctions du param`etre t que l’on ne fait pas apparaˆıtre pour simplifier les

´

ecritures)

L’´equation de la tangente en M est

y0(X − x) − x0(Y − y) = 0.

Si M n’appartient pas `a l’axe focal de Γ alors y0 6= 0 et cette tangente rencontre l’axe des abscisses en un point I d’abscisse τ = x −x0y

y0 obtenu en faisant Y = 0 dans son ´equation. On a

−→ F I.−−→

F M = (x − x0y

y0 )x − f (y − f ) = x2− x0xy

y0 − f y + f2 (∗∗).

(7)

3. APPLICATIONS AUX TANGENTES 205

En d´erivant (∗) on obtient x0x = e2y0y − y0(y − f ) et en reportant cette valeur dans (∗∗) on a finalement −→

F I.−−→

F M = x2− e2y2+ (y − f )2= 0. Les vecteurs −→

F I et −−→

F M sont orthogonaux.

Construction de la tangente en M `a la r`egle et au compas.

Si le point M est sur l’axe focal, il n’y a aucun probl`eme. Sinon, on trace la droite F M puis on construit la perpendiculaire en F `a F M . Cette droite rencontre D en un point I et M I est la tangente en M . Dans le cas de la d´efinition monofocale de l’ellipse ou de l’hyperbole, c’est la construction d’un point de ces coniques `a la r`egle ou au compas qui est un peu longue.

b) On suppose que Γ est maintenant une ellipse de foyers F et F0. La fonction t → F M (t) + F0M (t) ´etant constante, sa d´eriv´ee est nulle d’o`u

0 = d

dt(F M (t) + F0M (t)) =

−−→F M F M

−−→ dM

dt +

−−−→ F0M F0M

−−→ dM

dt = (

−−→F M F M +

−−−→ F0M F0M)

−−→ dM dt . La tangente en M , dirig´ee par le vecteur non nul

−−→ dM

dt , est donc orthogonale au vecteur non nul

−−→F M F M +

−−−→ F0M

F0M qui est un vecteur directeur de la bissectrice int´erieure de la paire de demi-droites {(M,−−→

M F ), (M,−−−→

M F0)}. C’est donc la bissectrice ext´erieure de cette paire de demi-droites.

c) Si Γ est une hyperbole de foyer F et F0, d’axe focal de longueur 2a, alors l’application continue t → F M (t) − F0M (t) ne prend que deux valeurs, 2a et −2a. Par application du th´eor`eme des valeurs interm´ediaires, on voit que cette application doit ˆetre constante sur chacun des intervalles de son ensemble de d´efinition. Sa d´eriv´ee est donc nulle et le mˆeme calcul que dans le cas de l’ellipse montre que la tangente en M est orthogonale au vecteur

−−→F M F M−

−−−→ F0M F0M qui dirige la bissectrice ext´erieure de la paire de demi-droites {(M,−−→

M F ), (M,−−−→

M F0)}. C’est donc la bissectrice int´erieure de cette paire de demi-droites.

Cette d´emonstration suppose que M n’est pas un sommet de l’hyperbole car sinon

−−→F M F M −

−−−→ F0M

F0M = 0. Si M est un sommet la tangente en M est parallle `a la directrice et donc orthogonale

`

a l’axe focal. C’est encore la bissectrice int´erieure de {(M,−−→

M F ), (M,−−−→ M F0)}.

Preuve analytique de b) et c). Une d´emonstration analytique de b) et c) est facile si l’on connait la caract´erisation suivante des bissectrices d’un triangle.

Proposition 18.2. Soit ABC un triangle (non applati) avec AB 6= AC, D1 et D2 deux droites passant par A et O le milieu de [BC]. Les affirmations suivantes sont ´equivalentes :

a) Dans le triangle ABC, D1 est la bissectrice int´erieure issue de A et D2 la bissectrice ext´erieure ;

(8)

b) D1 rencontre la droite BC en I, barycentre de {(B, AC), (C, AB)} et D2 rencontre BC en J , barycentre de {(B, AC), (C, −AB)};

c) D1 rencontre la droite BC en I 6= C, D2 rencontre BC en J 6= C et −IB IC = J B

J C = AB

; AC

d) D1 rencontre la droite BC en I ∈]BC[, D2 rencontre BC en J 6∈ [BC], D1 et D2 sont orthogonales et OB2= OI . OJ .

Preuve. a) ⇔ b). Si I est le barycentre de {(B, AC), (C, AB)} alors

−→

AI = AC

AB + AC

−−→

AB + AB

AB + AC

−→AC = AB.AC AB + AC(

−−→ AB AB +

−→AC AC),

ce qui montre que I appartient `a la bissectrice int´erieure issue de A dans le triangle ABC.

La d´emonstration avec D2 est analogue et par unicit´e du barycentre on a b) ⇒ a).

b) ⇒ c). Il est clair que I 6= C, J 6= C et les ´egalit´es −IB

IC = J B

J C = AB

AC sont des cons´equences imm´ediates de la d´efinition du barycentre.

c) ⇒ d). Par −IB

IC = AB

AC on a I ∈]BC[ et J B

J C = AB

ACentraine J 6∈ [BC]. D’autre part IB

IC = J B

J C = AB

AC montre que A appartient au cercle de diamˆetre [IJ ], ensemble des points dont le rapport des distances `a B et C est constant (et vaut ici AB

AC). Il en r´esulte que la droite AI est orthogonale `a la droite AJ . La preuve de OB2 = OI . OJ s’obtient `a partir de

−IB . J C = IC . J B par la relation de Chasles utilis´ee avec le point O.

d) ⇒ a) En utilisant la relation de Chasles on d´eduit de OB2 = OI . OJ que −IB IC = J B

J C (*).

Les droites D1 et D2 ´etant orthogonales, le point A appartient au cercle de diam`etre [IJ ] qui d’apr`es (*) est l’ensemble des points dont le rapport des distances aux points B et C est constant.

On a donc IB IC = J B

J C = AB

AC. Par I ∈]BC[, on a IB

IC < 0 et J 6∈ [BC] entraine J B

J C > 0. Il en r´esulte que −IB

IC = J B

J C = AB

AC d’o`u AC−→

IB + AB−→

IC = 0 et AC−→

J B + (−AB)−→

J C = 0 ce qui montre que I est le barycentre de {(B, AC), (C, AB)} et J le barycentre de {(B, AC), (C, −AB)}.

On a donc b) et, par a) ⇔ b), on a montr´e a).

Remarque. L’hypoth`ese AB 6= AC est inutile pour montrer l’´equivalence de

• Dans le triangle ABC, D1 est la bissectrice int´erieure issue de A ;

• D1 rencontre la droite BC en I, barycentre de {(B, AC), (C, AB)}.

L’´equivalence entre ces affirmations est tr`es utile pour montrer que les bissectrices int´erieures d’un triangle sont concourantes en un point situ´e `a l’int´erieur de ce triangle. En effet soit D le barycentre de {(A, BC), (B, AC), (C, AB)} et I le barycentre de {(B, AC), (C, AB)}. La bissectrice int´erieure issue de A passe par I et donc aussi par D qui est le barycentre de {(I, (AB+

AC)), (A, BC)}. De mˆeme les deux autres bissectrices passent par D qui est `a l’int´erieur du triangle, les poids AB, BC et AC ´etant positifs.

Retour `a une preuve analytique de b) et c). On va montrer c), la preuve de b) ´etant analogue en dehors du fait qu’il faut consid´erer les tangentes en un point M distinct d’un

(9)

3. APPLICATIONS AUX TANGENTES 207

sommet de l’axe non focal, en raison de la condition AB 6= AC dans la proposition 18.2. Dans les deux cas, la preuve suppose que M n’est pas un sommet de l’axe focal car sinon le triangle M F F0 est applati. Pour ces points, une preuve directe est imm´ediate.

Soit donc R un rep`ere dans lequel H poss`ede l’´equation r´eduite x2 a2 −y2

b2 = 1 et M (x0, y0), y0 6= 0, un point de H. En utilisant l’quation de la tangente en M on voit qu’elle rencontre l’axe Ox au point I d’abscisse xI = a2

x0

. De mˆeme la normale rencontre Ox en J d’abscisse xJ = x0(1 + b2

a2) d’o`u

OI . OJ = xIxJ = a2 x0

x0(1 + b2

a2) = a2+ b2 = c2 = OF2.

La tangente et la normale en M ´etant orthogonales, l’affirmation d) de la proposition 18.2 entraine que ce sont les bissectrices issues de M dans le triangle M F F0. On a |x0| > a d’o`u

|xI| = a2

x0 < a < c et donc I ∈ [F F0]. La tangente est la bissectrice int´erieure.

Construction de la tangente en M `a la r`egle et au compas.

Les d´efinitions bifocales de l’ellipse et de l’hyperbole permettent une construction rapide d’un point quelconque de ces coniques et simultan´ement de la tangente en ce point.

Soit F et F0 deux points d’un plan affine euclidien, ϕ un point du cercle de rayon 2a et de centre F dit cercle principal de l’ellipse E ou de l’hyperbole H de foyers F et F0 et d’axe focal de longueur 2a. La m´ediatrice du segment [F0ϕ] rencontre la droite F ϕ en un point M sauf dans le cas d’une hyperbole si F0ϕ est l’une des tangentes au cercle principal. Ce point M appartient `a E ou `a H et dans le triangle isoc`ele M ϕF0, la m`ediatrice de [F0ϕ] est aussi la bissectrice int´erieure de {(M,−−→

M ϕ), (M,−−−→ M F0)}.

Dans le cas d’une ellipse, −−→

M ϕ et −−→

M F sont de sens contraires et la m´ediatrice de [F0ϕ] est la bissectrice ext´erieure de {(M,−−→

M F ), (M,−−−→

M F0)} et donc la tangente en M `a l’ellipse. Dans le cas d’une hyperbole,−−→

M ϕ et−−→

M F sont de mˆeme sens et la m´ediatrice de [F0ϕ] est la bissectrice int´erieure de {(M,−−→

M F ), (M,−−−→

M F0)} et donc encore la tangente en M `a l’hyperbole.

(10)

3.3. L’ellipse, image d’un cercle par une affinit´e orthogonale. Soit E une ellipse d’´equation r´eduite

x2 a2 +y2

b2 = 1 dans le rep`ere orthonorm´e (O,−→

i ,−→

j ). Dans ce rep`ere, son cercle principal C `a pour ´equation x2

a2 +y2 a2 = 1.

On a

x2 a2 +y2

a2 = 1 ⇔ x2 a2 + 1

b2(b

ay)2= 1

ce qui montre que le point de coordonn´ees (x, y) appartient `a C si et seulement si le point de coordonn´ees (x, b

ay) appartient `a E . L’ellipse E est donc l’image de son cercle principal C par l’affinit´e orthogonale h d’axe (0,−→

i ) et de rapport b a.

Soit M ∈ C de coordonn´ees (x0, y0), x0 6= 0. Les coordonn´ees de h(M ) sont (x0,b

ay0) et les tangentes en M et h(M ) `a C et E ont pour ´equations

xx0 a2 +yy0

a2 = 1 et xx0

a2 +y(aby0) b2 = 1 Elles rencontrent donc toutes deux l’axe (0,−→

i ) au point I d’abscisse a2

x0. Comme h(I) = I, l’image par h de la droite M I est donc la droite h(M )I. Autrement dit, l’image de la tangente en un point M de C d’abscisse non nulle est la tangente au point h(M ). On verifie facilement qu’il en est de mˆeme pour les deux points d’abscisses nulles.

Construction `a la r`egle et au compas

Soit E l’ellipse d´efinie par ses sommets A, A0, B, B0 et D = h−1(B) (h a la mˆeme signification que pr´ec´edemment). Pour construire un point de E , distinct d’un sommet, ainsi que la tangente en ce point on proc`ede de la fa¸con suivante :

(1) On choisit un point H ∈]AA0[ et on trace la perpendiculaire en H `a AA0, not´ee ∆ . Soit M le point commun `a ∆ et au cercle principal de E situ´e dans le demi-plan limit´e par AA0 et contenant B.

(2) La droite DM rencontre AA0 en J et BJ coupe ∆ au point h(M ) car h(DJ ) = h(D)H(J ) = BJ .On a ainsi obtenue l’un des points de E situ´e sur ∆, l’autre ´etant son sym´etrique par rapport `a AA0.

(3) On trace la perpendiculaire en M `a OM . C’est la tangente en M `a C. Elle rencontre AA0 en I et h(M )I est la tangente en h(M ) `a E car h(M I) = h(M )h(I) = h(M )I.

(11)

4. APPENDICE : LA D ´ERIVATION VECTORIELLE 209

4. Appendice : la d´erivation vectorielle

Dans cet appendice on ne donne que les propri´et´es de la d´erivation des fonctions de R dans Rn n´ecessaires `a la compr´ehension du document.

Soit P un plan affine euclidien et −→

P son plan vectoriel associ´e. Une application V d’une partie D de R dans −→

P est continue (resp. d´erivable) en un point t0 ∈ D si et seulement si ses composantes par rapport `a une base (−→u , −→v ) de−→

P sont continues (resp. d´erivables) en ce point.

Si V (t) = f (t)−→u + g(t)−→v alors V0(t) = f (t)0−→u + g(t)0−→v . Quelques propri´et´es de la d´erivation.

• La d´eriv´ee d’une somme est la somme des d´eriv´ees et (λV )0 = λ(V )0 pour tous λ ∈ R.

• Soit V et U deux applications de D dans −→

P d´erivables sur D. L’application produit scalaire U.V d´efinie par (U.V )(t) = U (t).V (t) est d´erivable et si la base (−→u , −→v ) est orthonorm´ee

(U.V )0(t) = U0(t).V (t) + U (t).V0(t).

(Si U (t) = f1(t)−→u + g1(t)−→v et V (t) = f2(t)−→u + g2(t)−→v alors (U.V )(t) = f1(t)f2(t) + g1(t)g2(t) d’o`u

(U.V )0(t) = f10(t)f2(t) + f1(t)f20(t) + g10(t)g2(t) + g1(t)g02(t) = U0(t).V (t) + U (t).V0(t)).

• Soit O un point de P , f et g deux applications de D dans R et M(t) le point de P de coordonn´ees f (t) et g(t) dans le rep`ere (O, −→u , −→v ). Si f et g sont d´erivables sur D alors l’application V0 : D → −→

P d´efinie par V0(t) = −−−−→

OM (t) est d´erivable sur D et V00(t) = f0(t)−→u + g0(t)−→v est ind´ependant du point 0 d’o la notation simplifi´ee

d(−−−−→

OM (t))

dt =

−−→ dM dt .

• On conserve les notations pr´ec´edentes et on consid`ere la courbe Γ d’´equations param´etriques x = f (t), y = g(t) dans le rep`ere (O, −→u , −→v ). Si l’application t →−−−−→

OM (t) poss`ede une premi`ere d´eriv´ee non nulle en t0 alors Γ poss`ede une tangente au point M0 de coor- donn´ees (f (t0), g(t0)) qui est dirig´ee par cette premi`ere d´eriv´ee non nulle. (On peut avoir une tangente en M0 sans premi`ere d´eriv´ee non nulle en t0.)

Si

−−→ dM

dt existe en tous points et ne s’annulle jamais on dit que la repr´esentation param´etrique de Γ, x = f (t), y = g(t), est r´eguli`ere et la courbes Γ a en chaque point une tangente dirig´ee par

−−→ dM

dt . Toutes les coniques ont une repr´esentation param´etrique r´eguli`ere.

• Soit V : D ⊂ R →−→

P . Si V est d´erivable au point t0 et si V (t0) 6= 0 alors le th´eor`eme sur la d´eriv´ee d’une fonction compos´ee montre que l’application kV k : t → kV (t)k = pV (t).V (t) est d´erivable au point t0 et

kV k0(t0) = 1 2

2 V (t0).V0(t0)

pV (t).V (t) = V (t0)

kV k(t0).V0(t0) ou encore avec une notation d´ej`a utilis´ee :

dOM dt =

−−→OM OM.

−−→ dM dt .

(12)

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