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Opérateurs sur un espace de Hilbert

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

Université de Caen 2

e

semestre 2016-2017

UFR Sciences Mathématiques

M1 Maths Espaces fonctionnels

Opérateurs sur un espace de Hilbert

Exercice 1. Soit H un espace de Hilbert et T ∈ L

0

(H) un opérateur tel que kT k ≤ 1.

Pour tout n ∈ N on pose T n = (Id + T + T 2 + · · · + T n )/n.

On note par ailleurs P la projection orthogonale sur Ker(T − Id).

a. Montrer que T(x) = x ⇔ (x|T x) = kxk 2 . En déduire que Ker(T − Id) = Ker(T

− Id).

b. Montrer que Ker(T − Id) et Im(T − Id) sont des supplémentaires orthogonaux dans H.

c. Montrer que pour tout x ∈ H on a lim n∞ T n (x) = P (x).

Exercice 2. Soit (Ω, µ) un espace mesuré et H = L 2 (Ω, µ) muni de sa structure hilbertienne usuelle. On fixe K ∈ L 2 (Ω × Ω, µ × µ) et pour toute f ∈ H on définit T (f ) ∈ H en posant

T (f )(s) = Z

K(s, t)f (t)dµ(t).

a. Montrer que T est un opérateur borné sur H et que kT k ≤ kKk 2 . b. Déterminer l’adjoint T

de T .

Pout t ∈ Ω fixé on note K t : Ω → C , s 7→ K(t, s). On fixe une base hilbertienne (e n ) n de H . c. Montrer que kKk 2 2 = R

Ω kK t k 2 2 dµ(t) = R

P

n |(¯ e n |K t )| 2 dµ(t).

d. Montrer que P

n kT e n k 2 = kKk 2 2 < +∞. On dit que T est un opérateur de Hilbert-Schmidt.

On pourra vérifier que T (f )(s) = ( ¯ f|K s ).

e. Peut-on trouver un noyau K ∈ L 2 (Ω × Ω) tel que l’opérateur T associé soit inversible ?

Exercice 3. On considère H = L 2 ([−π, π] , C ) muni du produit scalaire hermitien (f |g) = 1 R π

−π

f (t)g(t)dt. On note K le sous-espace fermé engendré par les fonction e n : t 7→ e int , n ≥ 0 et P la projection orthogonale sur K.

Par ailleurs on note C l’espace des fonctions f : [−π, π] → C continues et telles que f (−π) = f(π). Pour f ∈ C et g ∈ K on note T f (g) = P (f g).

a. Montrer que T f est un opérateur borné sur K.

b. Pour i, j ∈ N exprimer (e i |T f e j ) à l’aide des coefficients de Fourier de f . En déduire que T f = T g ⇒ f = g.

c. Montrer que T f

= T f ¯ .

Exercice 4. On considère l’espace H des fonctions ξ réelles absolument continues sur [0, 1] (donc dérivables presque partout), nulles en 0 et telles que ξ

0

∈ L 2 ([0, 1] , R ), muni de la norme kξk = kξ

0

k 2 . Autrement dit, H est l’espace des fonctions ξ : x 7→ R x

0 f avec f ∈ L 2 ([0, 1] , R )}, et on a alors f = ξ

0

presque partout.

a. Montrer que H est un espace de Hilbert. Quel est le produit scalaire hermitien (· | ·) correspondant ? b. Montrer que pour tout t ∈ [0, 1] la forme linéaire ϕ t : ξ 7→ ξ(t) est continue sur H .

c. Montrer que pour tout t ∈ [0, 1] il existe η t ∈ H telle que (η t |ξ) = ϕ t (ξ) pour toute ξ ∈ H . d. Montrer que η t (s) = min(s, t) pour tous s, t ∈ [0, 1].

e. Montrer que pour toute f ∈ L 2 ([0, 1] , R ) il existe un vecteur η f ∈ H tel que ∀ξ ∈ H (ξ|η f ) = R 1

0 (ξ|η t )f (t)dt.

f. Montrer que l’opérateur à noyau T sur L 2 ([0, 1] , R ) associé au noyau K(s, t) = min(s, t) est positif.

(2)

Définition. On appelle spectre d’un opérateur T ∈ L

0

(H ) le sous-ensemble Sp(T ) = {λ ∈ C | T −λId n’est pas inversible}.

En dimension finie, T − λId est inversible ssi il est injectif, donc Sp(T ) est l’ensemble des valeurs propres de T . En dimension infinie, il peux y avoir des éléments de Sp(T ) qui ne sont pas des valeurs propres de T .

Exercice 5. Soit X un espace topologique compact muni d’une mesure borélienne µ, et H = L 2 (Ω, µ) muni de sa structure hilbertienne usuelle. On fixe f ∈ C(X, C ) et on considère l’opérateur M : H → H, ξ 7→ f ξ.

a. Vérifier que M est borné et déterminer M

.

b. On suppose que f ne s’annule pas. Montrer que M est inversible et déterminer M

−1

. c. On suppose que f s’annule en t 0 ∈ X .

(i) On fixe > 0. Trouver une fonction ξ ∈ H telle que kξk 2 = 1 et kM ξk 2 ≤ . (ii) Montrer par l’absurde que M n’est pas inversible.

d. Montrer que le spectre de T est égal à f (X ).

Exercice 6. On considère H = ` 2 ( N ) muni de sa base canonique (e n ) n et l’opérateur S : H → H donné par S(e k ) = e k+1 .

a. Déterminer S

et kSk.

b. Montrer que pour tout λ ∈ C l’application S − λId est injective.

Autrement dit S n’admet pas de valeur propre.

c. Soit λ ∈ C tel que |λ| > 1. Monter que S − λId est inversible.

d. Soit λ ∈ C tel que |λ| ≤ 1. Déterminer (Im S)

.

e. Soit λ ∈ C tel que |λ| = 1. On considère x n = (n + 1)

−1/2

P n

k=0 λ

−k

e k . (i) Montrer que lim n∞ (S(x n ) − λx n ) = 0.

(ii) Montrer que S − λId n’est pas bijective.

f. Déterminer le spectre de S.

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