A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION A
E. M OURRE
Remarques sur le caractère algébrique du procédé pseudo-différentiel et de certaines de ses extensions (I)
Annales de l’I. H. P., section A, tome 53, n
o3 (1990), p. 259-282
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259
Remarques
surle caractère algébrique du procédé pseudo-différentiel et de certaines de
sesextensions
(I)
E. MOURRE C.N.R.S. Luminy, Case 907, CPT,
13288 Marseille Cedex 9, France
Vol. 53, n° 3, 1990, Physique théorique
RÉSUMÉ. - Soit a, une
algèbre
associative et(DJi
une famille dérivationsqui
commutent; on constate que leprocédé pseudo-différentiel
permet de munir des sous espaces vectorielsa
c a de nouvelles structuresd’algèbres
associatives. On constate l’existence d’une structure de groupe commutatif attachée à une famille de déformations
engendrée
par les dérivations(DJi.
En
particulier
leprocédé pseudo
différentiel est reversible. La notion d’inverse formel pour une des lois associativesconstruites,
est attachée à tout élément inversible dans a. Si a estalgèbre
associative et involutive etDi
des dérivationsqui
commutent avec laconjugaison
de a alors onconstruit les
algèbres
involutives déformées. Parmiles
extensionspossibles
du
procédé pseudo différentiel,
on mentionne la notion de déformationd’algèbre quotient
mais elle estexceptionnelle.
L’extension laplus
naturelledu
procédé
de déformation d’unealgèbre
a, est la notion de déformation de sousalgèbres contraintes, qui
est abordée dans cette note.ABSTRACT. - Let a be an associative
algebra,
and(Di)i
afamily
ofcommuting
derivations. We show that thepseudo-differential
process leads to associativealgebraic
structures for vectorsubspaces a
c a. There is alsoa structure of abelian group associated to a
family
of deformations genera- tedby
the derivations(Di)i.
Inparticular,
thepseudo-differential
process is reversible. The notion of formal inverse for one of the above associative law is associated to any invertible element in a. If a is an associative and involutivealgebra
with derivationsD~ commuting
with theconjugacy
ofa, one can construct involutive deformations.
Among
thepossible
exten-sions of the
pseudo-differential
process we mention the notion of deforma- tion ofquotient algebra
which is howeverexceptional.
The most naturalextension of the process of deformation of an
algebra
a is the notion ofdeformation of a constrained
sub-algebra
which is described in this paper.INTRODUCTION
Le calcul
pseudo-différentiel
ordinaire surRn,
donne uneréponse possi-
ble à la
question
suivante :Soit
l’espace
vectoriel surC,
des fonctions sur R 2 n à valeurs dansC,
muni de la structured’algèbre
commutative ordinaire : munir un sousespace vectoriel d’une nouvelle loi bilinéaire telle que l’on obtienne une
algèbre
associative.La
réponse
donnée par le calculpseudo-différentiel
a étéanalysée
avecbeaucoup
deprécisions ([1]
et[2]).
Mais ce que nous remarquons
ici,
c’estqu’en fait,
le calculpseudo
différentiel fournit un
procédé particulier
pourrépondre
à laquestion plus générale
suivante.Soit a une
algèbre
associative surC,
construire un sous espace vectoriel de a, et une nouvelle loi bilinéairequi
munisse ce sous espace vectoriel d’une structured’algèbre
associative.On remarquera ensuite que le
procédé pseudo
différentielpossède
unepropriété
de groupe, etqu’en particulier,
il est réversible.Un des intérêts du
point
de vuesuivi,
faisant abstraction del’algèbre
associative
initiale,
est que leprocédé
devient itératif.La notion d’inverses
formels,
pour une des lois associatives construitessur
a (C ; + ),
est alors attachée à tout élémentaea(C; + ; . )
inversible(pour
la loiinitiale).
Si a est une
algèbre
associative etinvolutive,
et siDi
est une famille dedérivations
qui
commutent entre elles etqui
commutent avec laconjugai-
son, alors on construit une famille
d’algèbres
associatives involutives.On définit ensuite un calcul de
Weyl.
Parmi les extensions
possibles
duprocédé pseudodifférentiel,
on men-tionne et on
justifie
la notion de déformationd’algèbre quotient; cependant
elle s’avère
exceptionnelle.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
L’extension la
plus
naturelle d’unprocédé
de déformationd’algèbre,
etdu
procédé pseudodifférentiel
enparticulier
est la notion de déformation de sousalgèbres
contraintes. Cette étude estabordée;
elle nécessite l’intro- duction et l’étude d’inverses à droite associé à certainsopéerateurs
linéairesL sur
l’espace
vectoriela (C ; + ).
Des
propriétés algébriques
intéressantes sont associées à des inverses à droiteparticuliers,
construits en supposant l’existence d’unopérateur conjugué
exact pour une dérivation sur unealgèbre a (C ; + ; . ) :
L. Lanotion
d’opérateur conjugué
pour unopérateur
linéaire L a été introduite([3], [4])
dans le cadre de la théorie de la diffusion pour desopérateurs self adjoints
sur un espace de HilbertYt, précisément
pour obtenir des estimations sur les inverses : lim(L
+i E) -1.
DESCRIPTION DU
PROCÉDÉ
PSEUDODIFFÉRENTIEL
ET,
PROPRIÉTÉS ÉLÉMENTAIRES
Bien que le
procédé
décrit ici n’utilise essentiellement que la structure d’anneau commutatif contenant les nombresrationnels,
comme ensembledes
scalaires,
nous ne considèrerons que desalgèbres
sur le corps descomplexes.
Soit C le corps des
complexes
et a(C; .+ ; . )
unealgèbre
associative surC,
c’est-à-dire :Notations:
Soit B
(a) l’algèbre
associative desopérateurs
linéaires de a dans adans
l’algèbre
desopérateurs linéaires,
lacompsotion
desopérateurs
u etv sera notée uv.
PROPOSITION I. - Sur
l’espace
vectoriel a(~Χ + )
la donnée d’une structured’algèbre
associative a(C;
+ ;*)
s’obtient par la donnée d’uneapplication
linéaire
telle que :
et
Démonstration. -
Quelque
soit ae a, a * b définit II(a)
commeopérateur
linéaire sur a et
et donc la loi est associative si et seulement si
Dérivation sur une
algèbre. -
Une dérivation d’unealgèbre
est uneapplication
linéaire de a - a telle que :PRÉLIMINAIRES TOPOLOGIQUES
DÉFINITION 1. -
Algèbre métrique complète,
associée à unealgèbre
a,munie d’une norme et d’une famille de n dérivations
qui
commutent.Soit a une
algèbre,
munie d’unenorme Il ( ~:a-~R~;
a engénéral
nesera pas fermée pour la
topologie
de la norme.Soit
(Di)i n
dérivationsqui
commutent;On peut supposer a munie d’une structure
d’algèbre topologique
métrisable et
complète;
lamétrique d
étant donnée par :où pour tout multi-indice a E Nn
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
Formule de Leibnitz. - Si D est une dérivation sur une
algèbre,
l’on a :~
avec
0152= 20142014201420142014
et la convention 0! =1.PROCÉDÉ
PSEUDODIFFÉRENTIEL
POUR CONSTRUIRE DESALGÈBRES
ASSOCIATIVESPROPOSITION II. - Soit a
(C; + ; . )
unealgèbre
associative munie d’unenorme
Il Il
et unefamille
de dérivationsqui
commutent.On peut supposer a
(C; + ; . ) complète
pour latopologie métrique
intro-duite dans la
définition (1);
soit II
l’application
de a, dans l’ensemble desopérateurs
sur a(non dé~nis partout) :
Def. II
(a),
le domaine dedéfinition
de II(a)
est l’ensemble des b E a tels que la série soit convergente pour latopologie métrique.
Il existe une
sous-algèbre â
c a(C; + ; . )
telle que :2. la loi a * b = II
(a) (b)
munieâ
d’une structured’algèbre
associative : Démonstration. - SoitDi, n
dérivationsqui
commutent;pour tout on notera
[c (a),
C(a)],
l’ensemble descouples qui
satisfontla relation :
et l’on notera :
s’il existe un
couple (c (a),
C(a))
E[c (a),
C(a)]
tel que : c(a) __
c et C(a) __
C.L’on a :
donc
a
est unesous-algèbre
dea (C ;
+ ; ..).
D’autre part a et
b E a
Il est clair que a
*N b
est une suite degauchy
pour latopologie métrique,
et que l’on a :
Donc
donc a * a c a.
Pour démontrer l’associativité : II
(a)
II(b)
= II(II (a) (b))
on peutnégli-
ger les
problèmes
de resommationsqui
deviennentsimples
dansa :
en posant
En sommant sur toutes les
valeurs k, m
tels quek + m = j,
on obtient :où nous avons utilisé le fait que
D1
etD2
commutent.Annules de l’Institute Henri Poincaré - Physique théorique
Si
l’algèbre
a(C; + ; . )
estassociative,
alorsl’opérateur
II(a)
II(b)
peutse réécrire :
c’est-à-dire II
(II (a) (b)).
PROPOSITION III. - Soi’t D une dérivation
qui
commute avecDl
etD2,
alors D est encore une dérivation pour
l’algèbre
a(C;
+; *D2)).
Parce que
[D, Di]
= 0 pour i =1 ou 2.PROPOSITION IV. - Soit a
(C; + ; . )
unealgèbre
associative normée et soit pourie(1,
...,n) D~, D~
2 n dérivationsqui
commutent. Pour toutmulti indice (X ..., ...,
ocn)
E NnSoit
et
a
le sous espace vectoriel introduitproposition
2 alorsdéfinit sur
a,
une structured’algèbre
associativeDémonstration. - Soit II 1
(a)
=¿ ~ a) D]i
et
a(C ;
+ ;* 1 ) l’algèbre
associative construite avec laproposition 2;
D i et D2
sont des dérivationsqui
commutent pourl’algèbre a(C ;
+;* 1).
Soit
a
est munie d’une structured’algèbre
associative :et par récurrence on obtient la
proposition
IV.UNE
PROPRIÉTÉ
DE GROUPECOMMUTATIF,
POUR LESDÉFORMATIONS D’ALGÈBRE ENGENDRÉES
PAR DESDÉRIVATIONS FIXÉES (Di, D2)
Soit
a(C ; + ; . )
et soitDi
1 etD2
deux dérivationsqui
commutent.Soit
a l’espace
vectoriel introduitproposition II,
soit la familled’algèbre
associative :
définies par
Les dérivations
D~
1 etD~
restent des dérivations pour leproduit
*
(. ;
z,Di, D2)
et soitl’algèbre
obtenue par déformationPROPOSITION V :
c’est-à-dire,
si on note 1;(z, Dl, D2)
la loi detransformation
sur l’ensembledes
produits associatifs qui
admetteDl
etD2
comme dérivations, l’on a : leAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
diagramme, commutatif :
En
particulier,
sil’algèbre,
a(C;
+ ;*)
a été obtenue àpartir
del’algèbre
a
(C; + ; . )
par leprocédé pseudo diff ’érentiel,
on peut reconstruirel’algèbre
a
(C; + ; . )
àpartir
del’algèbre
a(C;
+ ;*),
par le mêmeprocédé.
Démonstration :
Cette
propriété
de groupe commutatif segénéralise
évidemment aux casde n
couples
de dérivationsqui
commutentPROPOSITION VI. - Soit a une
algèbre
associative normée et(Di)i
i E
[1,
...,n],
des dérivationsqui
commutent.Par toute matrice Mn sur
C,
il existe unefamille
deproduit associatif
*
(z; M; D~)
sur le sous espace vectoriela
c a(C; + )
telle queSupposons
l’existence sur l’ensemblea (C ; + )
d’unproduit
*(z; ~i, D), associatif,
tel queet tel que
Vi, Di
soient des dérivations pour ceproduit.
Soit
(io, jo)
Ea/(3
et
d’après
lespropositions
II etIII,
c’est unproduit
associatifqui
admetDi, ..., n],
pour dérivations.Par récurrence on a donc montré la
proposition
VI.INVERSES FORMELS
Relations formelles entre les Inverses d’un élément
a (C ; + )
pour les différentes lois *(z; M; D).
Soit a une
algèbre
associativea(C; + ; . )
et soit une loiassociative
explicitement
issue de laproposition VI,
que nous noteronssimplement
a *(z) b
où les
applications
wn sont bilinéaires de a x a - a.Supposons
quel’algèbre a(C; +; .)
soit unealgèbre
avec unitéPar construction des
produits
*(z)
e est l’umté pour les algèbres,~ .. , "
Soit a est inversible dans
a (C ; + ; . )
Construction formelle de l’inverse à
gauche.
En identificant les termes du même
degré
en z on obtientet ceci détermine formellement
chaque
termebn,
comme fonction desprécédents;
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
DÉFINITIONS. - On dira que a admet un inverse formel pour la loi
*
(z)
si chacun des termesbo
=a -1, bl, ... , bn
est définiL’exemple
standard de ceproblème
est celui desopérateurs pseudo
diffé-rentiels
elliptiques [5]. Remarquons
que si en cequi
concerne l’étude desalgèbres a (C ;
+ ; *(z; D 1, D2) l’analyse spectrale
des dérivationsD 1
etD2
est certainementutile,
elle ne le seraprobablement
pas pour étudier l’inverse formel a -1 ~* ~Z» connaissant a -1.NOTIONS DE
DÉFORMATION D’ALGÈBRE QUOTIENT
Soit a une
algèbre
associative avec une unité etDi
une famille dedérivations
qui
commutent.Des
exemples d’algèbre
B sansdérivation,
peuvent être obtenus en prenant dans a un idéal bilatèreI,
non stable par la familleDi,
et enconsidérant
l’algèbre B = a (+; . )/1 (+;.).
Remarque. -
Soit *(z)
une loi associative construited’après
laproposi-
tion
VI,
munissanta ( + )
de la structured’algèbre
associativea ( + ; * (z)).
Exceptionnellement
pour certaines dérivationsDi
et certaines valeurs Zn’l’on peut avoir la
propriété
suivante :et
DÉFINITION. - Dans ce cas on dira que a
(
+ ; *(zn))/I
est une déforma-tion de
l’algèbre
a( + ; . )/I.
Remarques. -
Unejustification possible
de la définitionprécédente
estla suivante :
PROPOSITION VII. - Soit
a(C ; +; .)
et 1 un idéal bilatère dansa(C ; + ) pour
les lois. et *(zn).
Supposons
que a Ea%I
admette un inverse â -1 dansl’algèbre
associativea/I.
C’est-à-dire il existe a’ E a tel que
Alors a admet un inverse
formel
àgauche
dansl’algèbre
a(
+ ; *(zn))/I.
Démonstration. - Dans ce
qui
suit z estsupposé prendre
l’une desvaleurs zn pour
lesquels
a *(z)
I *(z)
a c 1 on cherchetel que
et donc une solution peut être obtenue en résolvant par récurrence les
équations :
Donc une solution
particulière
est peut être donnée par :mais en
principe
àchaque étape
il y a un choixpossible
dans la détermina-tion de
bn, qui pourrait
améliorer lesproblèmes
de convergence.DÉFORMATION
D’UNEINVOLUTION;
CALCUL DE WEYLSoit a une
algèbre
associative sur le corps descomplexes,
munie d’une involution : c’est-à-dire d’uneapplication
C antilinéaire de a dans a :vérifiant :
Une telle
algèbre
sur C est dite Involutive.PROPOSITION VIII. - Soit a
(C; + ; . )
unealgèbre
involutive sur C.Soit la loi *
(z, D2) définie
dans laproposition
II et h E R.supposons que
D
etD2
commutent avec l’involution C :Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
alors
est une involution pour la loi *
(ih, D1, D2).
Démonstration. - Soit h E
R;
on notera *(h) =
*(ih, Dl, D2)
il fautvérifier
L’on suppose que sur
l’algèbre
a, les deux termes de l’identitéprécédente
sont des séries formelles en h pour
(a, b)
E a x a.Soit
Calculons au sens des séries formelles
de même on vérifie immédiatement que :
Wi
(h)
et w2(h)
sont des séries formelles en h à valeurs dansl’espace
vectoriel des
applications
bi-antilinéaire de a x a - a,qui
vérifient la mêmeéquation
différentiellelinéaire;
elles sont donc déterminées par leurs condi- tions initiales wi(0)
et w~(0)
Donc w~
(h) = w2 (h)
cequi
montre laproposition
8.CALCUL DE WEYL
PROPOSITION IX. - Soit a
(~Χ + )
un espace vectorielcomplexe
etCo
etCI
deuxconjugaisons
sur a;Co
etC1
sont desapplications
antilinéaires sur a telle queU =
Ci 1 C0;
est unopérateur
linéairequi véri, f ’ie :
Supposons qu’il
existe T tel que : AlorsDémonstration :
Sur
l’espace
vectoriela (C ; + )
soitCo
etC (h)
les involutions pour les loiset donc
Et donc si à aEa on associe
T (a)
l’on obtientEt donc si a est
symétrique
pourl’algèbre a(C ;
+ ;. ;Co), T (a)
estsymétrique
pourl’algèbre * (ih; Di, D2),
C(h).
DÉFORMATION
DE SOUSALGÈBRES
CONTRAINTESSoit
a (C; + ; . )
unealgèbre
associative.Soit
(D~D~)2~
dérivationsqui
commutent et soitune structure
d’algèbre
associative sura (C ; + ),
induite par laproposition
VI ou
plus généralement
une structured’algèbre associative, a (C ;
+ ; *(h)).
On notera la loi associative sur asimplement * (h)
où vn (a; b)
sont desapplications
bilinéaires de a x a dans a.Dans le reste de cette note, on ne
prendra
aucuneprécaution topologi-
que ;
a (C ; + )
étant un espacevectoriel,
pour toutes les séries intervenant par lasuite,
on supposera que la série converge au sens d’unetopologie
uniforme sur un espace vectoriel
topologique complet
contenanta (C ; + )
et que la limite est encore dans
a (C ; +).
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
Le
problème
intéressantqui
se pose naturellement est le suivant : soitbo
E a(C; + ; . )
et soitLe
problème
est de caractériser les sousalgèbres a- (bo)
c Com-(bo) possé-
dant la
propriété
suivantetel que
où wn
EO2 (a x
a;a) l’espace
lesapplications
bilinéairesantisymétriques
dea x a - a. Si a E Com2022
(bo), généralement a ~
Com*(h)(bo).
On est donc amené à rechercher a
(h)
sous la forme ao+ L
hn an.i
Et donc la condition
[a (h), bo] * (h)
= 0 s’écrit en identifiant les termes du même ordre en h.Le
problème
consiste donc à construire des solutions intéressantes pource
système d’équations
élémentaires.Si
l’algèbre a (C ; + ; . )
estcommutative,
il y a undécalage
d’un cran, pour lesystème d’équations :
il faut en effet résoudrel’équation :
ou en dénotant 1
la condition nécessaire est donc que
Et donc le
problème
dans le cas commutatif se ramène à résoudre lesystème d’équations :
bo E a (C ; + )
définit unopérateur
linéaire de a(C ; + )
- a(C ; + )
que nous noterons Lbo :
a - a.La
proposition
suivante donne un critère suffisant pour constuire unesolution
algébrique
del’équation
DÉFINITION. - Soit a
(C; + )
un espace vectoriel sur C et L unopérateur
linéaire
a (C ; + ).
Un
opérateur
linéaire A sura (C ; + )
estappelé opérateur conjugué
exact de L si et seulement si LA - AL =1 ou 1 est
l’opérateur
identitédans
l’algèbre
desopérateurs
linéaires sura (C ; + ).
Remarque. -
L’intérêt de la notionplus générale d’opérateur conjugué
a été introduit dans
[3], [4]
pour donner un sens et étudier lespropriétés d’opérateurs :
lim201420142014
où H est unopérateur
selfadjoint
admettantun
opérateur conjugué,
auvoisinage
dupoint
0 de son spectre.DÉFINITION. - Soit
a (C ; + ; . )
unealgèbre associative,
on diraqu’un opérateur
linéaire A sura (C ; + )
est affilié àl’algèbre a (C ; + ; . )
si etseulement si
PROPOSITION X. - Soit a
(C; + )
un espace vectoriel et soit LE B(a), l’algèbre
desopérateurs
linéaires de a dans a.Supposons qu’il
existe unopérateur conjugué
exactAEB(a)
c’est-à-dire tel que :soit r
(A; L) l’opérateur définit
sur a(C; + )
parAlors F
(A; L)
est un inverse à droite de L.Démonstration. - Par
hypothèse
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
Remarques. -
1. Ici encore il fautrépéter
que l’étudeprécise
de l’inverse à droiteexplicite
r(A, L),
nécessitera l’étude despropriétés spectrales
del’opérateur
L.2. Dans les cas
qui
nousintéressent,
lesopérateurs
L sont définis par(a)
sil’algèbre a (C ; + ; . )
est non commutative(b)
sil’algèbre
est commutativeDonc dans les deux cas, les
opérateurs L bo
sont non seulement desopérateurs
linéaires sur a(C; + )
mais aussi des dérivations sur a(C;
+ ; .).
Et donc toute sous
algèbre a
contenue dansl’algèbre
aF suivante est intéressante :Cette
algèbre
aF est associée à un type trèsparticulier
de dérivation Lbo; plus généralement,
il existera une sousalgèbre a (L)
c a intéressante construitegrâce
àl’analyse spectrale
de la dérivation L.PROPOSITION XI. - Soit a
(ÔiΧ + )
un espace vectoriel sur C et L unopérateur
linéaire de a - a.Supposons qu’il
existe r un inverse à droite de L.Alors
(a)
P = rL etQ
=1- r L sont desopérateurs
linéairesvéri, fiant
(b)
si a(C; + )
est deplus
muni d’une structured’algèbre
associativea
(C; + ; . )
et L une dérivation de a - aa/ker Q
est alors munie de la structured’algèbre
associativeisomorphe
à lasous
algèbre
ker L c aDémonstration. -
(a)
Q
=1- r L est donc unprojecteur
dans B(a (C ; + ))
etLQ
= 0Q :
est unisomorphisme
entre :a/ker Q
etQ (a) Q
estsurjectif
parce queQ2
=Q
et donc(b)
Deplus
si a est unealgèbre
associative et L une dérivation de a - a, ker L est une sousalgèbre associative,
et donca/ker Q
est munie d’unestructure
d’algèbre
associativeSTRUCTURES
ALGÉBRIQUES SUPPLÉMENTAIRES ATTACHÉES
A L’EXISTENCED’OPÉRATEUR CONJUGUÉ
AFFILIÉ
AL’ALGÈBRE
Remarque. -
Dans laproposition 11,
les structuresd’algèbre
construitessur
a/ker Q
ont été déterminées parl’isomorphisme d’espace
vectorielQ : Q (a) = ker
L ouQ
est uneprojection
de a sur ker L définiepar l’inverse à droite r vérifiant Lr = 1 et
L étant une
dérivation,
son noyau est une sousalgèbre,
dont la structurea été
transportée
sura/ker Q.
Mais dans le cas où
l’opérateur
r inverse à droite de L,provient
d’unopérateur conjugué
affilié à a, alors les liens entre les structuresalgébriques
de a et de
a/ker Q
sont étroits.PROPOSITION XII. - Soit a une
algèbre
associative, et soit L une dérivation de a.Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
Supposons qu’il
existe unopérateur conjugué
A ~ B(a)
exacte :LA - AL =1 dans B
(a);
supposons deplus
que A(a. b)
= A(a) .
b....
BY 1 »J.
L’inverse à droite de L.
Soit
Q (A; L)
leprojecteur
de a sur kerL associe à r(A, L) :
r - -
Alors
(a) Q(a.b)=Q(Q(a).b)
(b)
kerQ
est un idéal â droite del’algébre
a(c)
Soitfi:
a -+ B(ker L)
= B(a/ker Q),
ou B(ker L), désigne
l’ensembledes
opérateurs
linéaires surl’algébre
ker Lalors
fi
est une antirepresentation
de a - B(ker L) : (c~
Si a est unealgèbre
commutative alorset en
particulier
ker
Q
est un idéal bilatèreker L est alors
isomorphe
àl’algèbre quotient : a/ker Q.
Remarque. - Lorsque l’algèbre
a estcommutative,
lapartie (c~
de laproposition
XII résulte du fait suivant : si L est une dérivation et si A E aalors tout
opérateur
de a - a,Q (A; L)
de la forme :est un
homomorphisme
Dans le cas non
commutatif,
cettepropriété
n’estplus
exacte, et nousnous contenterons de montrer la
proposition.
Démonstration de la
proposition
XII. -D’après
laproposition
X onsait que r
(A, L)
est un inverse à droite de L etest une
projection
sur le noyau de L.Et donc
d’après
la formule de Leibnitz :En sommant sur on obtient
D’autre part on sait que
Q (a) E ker L
et donc
et donc en
particulier
DÉFORMATIONS D’ALGÈBRE
CONTRAINTESPROPOSITION XIII. - Soit a
(C; + ; . )
unealgèbre
associative admettantau sens des
séries formelles
unefamille
de lois associatives *(h);
notons :Soit
bo
E a(C; + ; . )
et Lbo
la dérivation Lbo (a)
=bo .
a - a .bo. Sup-
posons que L
bo
admette un inverse à droite r etQ =1-
F Lbo.
Alorsl’algèbre
associative ker Lbo
E Com(a (C; . ); bo)
est vectoriellement isomor-phe
àa/ker Q
et il existe uneapplication
linéaireunqiue
T(h),
sérieformelle
en h
qui véri, fie :
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
Démonstration. - On cherche
a (h)
sous la formequi
vérifie[a (h), bo] * (h)
= 0.On peut donc définir si a E ker
L bo
Donc
l’application
construite T(h)
est linéaire et par construction
De
plus,
si l’onimpose
la condition quea (h)
soit une série formelle enh,
al doit vérifier
l’équation
donc ai 1 est défini à un élément de
Q (a) = ker L bo près;
si onimpose
lacondition
Par dérivation par rapport à h on obtient
et par dérivations successives on obtient l’unicité de a
(h).
PROPOSITION XIV. - Le cas où
l’algèbre
a(C; + ; . )
est commutative,est similaire.
PROPOSITION XV
(Déformation
de sousalgèbres
contraintes et Théorie des Perturbations des Inverses àdroite). -
Soit a(C; + )
un espace vectoriel muni de lois . et * distributives par rapport à l’addition et associatives.Soit :
v v- " v v v -- ’-’ v
projections supplémentaires
associées âr 0 d’aprés
laproposition XI;
supposons que
l’opérateur
1 +ro (L- Lo)
soit inversible c’est-à-direqu’il
existe un
opérateur
linéaire T noté[1
+(L - Lo)] -1
tel que :A lors
(a)
Il existe un inverse à droite runique
de la dérivationL : a
(C;
+ ;*) -
a(C;
+ ;*)
Tel que rL = P etLo
=Po satisfassent P=PoP; Po = PPo,
c’est-à-direRang P = ker Q = ker Qo = Rang Po,
et(b)
kerQo=a/ker Q z ker L
et doncker Lo
est une sousalgè-
bre de a
(C; . ) qui
peut être muni d’une loi associative* :
Remarque. -
Le critère leplus simple
pour étudier l’invertibilité del’opérateur
1 +ro (L - Lo)
et de s’assurer de l’existence del’opérateur
définipar la série
... ( - ro (L - Lo))~ +
...Démonstration. -
Supposons qu’il
existe un inverse à droite del’opéra-
teur L :
tel que :
si 1 +
Fo (L - Lo)
est inversible r estunique
et vérifieDe
plus
on a :et donc en composant à droite avec
ro,
on obtientet
puisque Po
=ro Lo Po r 0
=ro
on obtientPo
P = P.D’autre part on a aussi la relation :
en composant à droite avec
ro
on obtient :et donc
puisque
Pr=r on obtientPPo=?o.
En conclusion si 1 +
ro (L - Lo)
estinversible,
il existe unopérateur unique
r inverse à droite deL,
tel queP = Po
P etPo = PPo
et doncAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
c’est-à-dire
ou encore
D’après
laproposition XI,
En
particulier
on a construit unisomorphisme d’espace
vectoriel entreker Lo
et ker L et donc les deux différentes structuresd’algèbre
induisentrespectivement
sur l’autre une nouvelle loid’algèbre
associative :Explicitement, ro
étant choisi(par exemple
en utilisant lespropositions
X et
XII) Po=roLo, Qa = 1 - Pa
sontdéfinis,
et si estinversible r est
explicite
ainsi que et surQo (a) = ker Lo,
onobtient deux structures
d’algèbre associative,
par lesproduits .
et*
ao,bo e ker Lo.
ao. ba
parce queker La
est une sousalgèbre
dea (C ; + ; . )
et
L’associativité
implicite
peut se vérifier directementEn utilisant le fait que
QQo = Q
et l’associativité de la loi * dansREMERCIEMENTS
Je remercie C.
Duval,
J.Elhadad,
M.Dubois-Violette,
A.Jadczyk
etR.
Coquereaux
pour des discussions sur dessujets plus
ou moins voisins et enparticulier
sur[6].
RÉFÉRENCES
[1] F. TREVES, Introductions to Pseudo Differential and Fourier Integral Operators, vol. I, II, Plenum Press.
[2] L. HÖRMANDER, The Analysis of Linear Partial Differential Operators III, Springer- Verlag, 1985.
[3] E. MOURRE, Absence of Singular Continuous Spectrum for Certain Self-Adjoint Opera- tors, C.M.P., vol. 78, 1981.
[4] E. MOURRE, Opérateurs conjugués et propriétés de propagations, C.M.P., vol. 91, 1983.
[5] P. B. GILKEY, Invariance Theory, the Heat Equation and the Atiyah-Singuer Index Theorem, Math. Lect. Ser.
[6] C. DUVAL, J. ELHADAD et G. M. TUYNMAN, The BRS Method and Geometric Quantiza-
tion : Some Examples.
(Manuscrit reçu le 27 avril 1989.) (Version révisée acceptée le 12 mars 1990.)
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique