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Cet entretien s’est tenu à la veille du colloque international, dont le Professeur Benhamou est l’un des principaux responsables, « L’université à l’ère du numérique » (CIUEN), www.ciuen.org organisé les 22, 23 et 24 mai à la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette à Paris, sous l’égide du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Albert-Claude Benhamou est professeur de chirurgie vasculaire à l’Université Pierre et Marie Curie – Paris 6, chargé de mission au ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, directeur de l’Université médicale virtuelle francophone (www.umvf.org).
Propos recueillis par Martine Vidal pour Distances et savoirs
MARTINE VIDAL Professeur Benhamou, vous êtes au cœur des politiques actuelles concernant l’évolution de ce qui porte aujourd’hui le nom d’universités numériques (ou virtuelles) thématiques (UNT). Vous êtes vous-même à l’origine de la première à être ainsi désignée, l’Université Médicale Virtuelle Francophone (UMVF). Vous avez accepté, pour Distances et savoirs, d’exposer votre vision prospective pour ces entreprises bien particulières qui ont généralement pour modèle celui de l’UMVF, notamment en les replaçant dans leur contexte historique.
Précisément, comment définir les UNT ?
ALBERT-CLAUDE BENHAMOU Les universités font en effet des efforts pour constituer de nouvelles entités, des réseaux numériques d’envergure nationale et/ou régionale.
Ce que nous appelons maintenant UNT, recouvre l’idée d’une mise en commun et en ligne, en travail collaboratif sur une même thématique principale, de l’ensemble des productions pédagogiques et des ressources de travail des étudiants sous forme numérique et en ligne sur Internet, des établissements universitaires de France par tous les membres qui en font partie et qui donc délivrent un enseignement universitaire.
Dans le contexte d’un accès par Internet à des ressources de travail numériques exhaustives, validées, actualisées, couvrant la totalité de tous les champs de toutes les formations initiales et continues, de tous les niveaux. Cette tâche est donc d’envergure et complexe.
Cette mise en commun prend des formes de gestion administrative, qui sont relativement variées dans l’immédiat selon les disciplines engagées dans la création des UNT.
La médecine (l’UMVF www.umvf.org) est organisée sous la forme d’un groupement d’intérêt public (GIP), structure administrative assez complexe à mettre en place, lourde à gérer, mais qui a l’avantage d’être un établissement public reconnu, avec des règles de transparences administratives extrêmement strictes. Ce qui est un élément positif pour la transparence des financements, de leur utilisation et de leurs finalités.
Tout ceci est maintenant réglé et présente l’énorme avantage d’une structure légitime, autonome de l’administration centrale mais pilotée et contrôlée par elle, et qui la subventionne.
En effet, quand on regroupe un grand nombre d’établissements publics (30 universités membres du GIP sur les 32 existant en France sont à ce jour dans l’UMVF), il est nécessaire d’avoir une administration aussi aboutie que celle d’un grand établissement. Dans notre groupement la qualité de membre n’est donnée qu’aux universités elles-mêmes représentées par une autorité morale reconnue par l’Etat qui est un président d’université.
Mais le GIP créé porte l’appellation d’université. En a-t-il toutes les capacités et prérogatives ?
A.-C. B. Il y a eu un débat sur ce point, parce qu’effectivement il n’y a pas d’université médicale en France.
Il y a des unités de formation et de recherche (UFR) qui sont des sous-ensembles de l’université globale, appelées anciennement facultés de médecine. La médecine n’est pas représentée en tant qu’entité universitaire autonome dans le GIP, elle fait partie de l’ensemble universitaire plus vaste auquel elle appartient.
Les UFR de médecine sont représentées par les doyens qui peuvent avoir en général une délégation du président de l’université dans la gestion directe du GIP.
Les facultés de droit lors de la constitution de leur UNT (l’UNJF) étaient assez opposées au modèle du GIP, mais elles vont reprendre très probablement cette idée d’organisation administrative à leur compte : il vaut mieux un « bon » GIP qu’une association selon la loi de 1901 qui ne convient pas bien. Une Fondation a la préférence des ingénieurs d’UNIT.
L’enseignement et la recherche, qui caractérisent une université, sont-ils propres à l’entité créée, et dans ce cas, comment les singularise-t-on ; ou bien sont-ils la somme des activités de tous ceux qui participent à ce GIP ?
A.-C. B. Le consensus s’est fait au moment du lancement de l’UMVF avec la CPU parce que nous avions fait comprendre très clairement que l’université virtuelle
médicale ne pouvait pas du tout être une université de substitution. Ce qui nous a intéressé dans l’appellation université virtuelle, « virtual university » ou « cyber- university » en anglais, c’est que ces mots parlent bien au public. Le terme d’université numérique qui tend à se substituer au terme de virtuel est plus exact en fait.
Quand on a créé l’UMVF, il y a eu des débats, les choses n’en étaient pas au stade où nous en sommes aujourd’hui. Il y a eu des résistances à l’idée d’utiliser la formule « université médicale virtuelle ». Et il a été alors très important de faire comprendre que l’UMVF ne prendrait pas d’inscription d’étudiants. Nous ne voulions pas faire « l’ Open University » d’Oxford. Et aussi et surtout il a de plus été clair que l’UMVF ne diplômerait pas les étudiants.
L’UMVF est donc un outil de travail ouvert à tous les usages, gratuitement et sans mot de passe. Ainsi il est très clair que le Centre national d’enseignent à distance (Cned) ou une autre structure puisse utiliser les ressources de formation de l’UMVF sans aucun frein ni dû. Et cela est même souhaitable.
Qui donnerait le diplôme ? L’UMVF ?
A.-C. B. Non, l’UMVF ne prend pas d’inscription, ne délivre pas de diplôme.
Je le répète. Cela permet de lever l’ambiguïté d’une éventuelle compétition entre le système en ligne et le système en présence réelle. Les étudiants qui suivent une scolarité, même virtuelle, doivent s’inscrire dans une université, comme celles d’Angers, du Mans, de Poitiers, ou d’ailleurs. Ils sont étudiants de leur université.
Car l’étudiant « distanciel » se gèrera toujours localement ! Il est clair que l’on ne peut délivrer un diplôme ou un sous-diplôme médical de spécialité médicale au vu d’une formation uniquement à distance. Ce n’est pas imaginable en médecine, même si cette formation mélange du « présentiel » et du virtuel.
Le concept d’université numérique n’est que très partiellement représenté par les concepts de e-learning et de formation ouverte et à distance (FOAD).
La FOAD est par ailleurs un concept qui commence à vieillir, il est daté des années 1995-2000. Une évolution des usages du numérique universitaire se fait et elle induit elle-même les évolutions des pratiques pédagogiques dans les UNT.
Les étudiants qui sont en présence le matin dans nos stages, nos enseignements dirigés, deviennent des étudiants à distance le soir, même s’ils habitent dans le même lieu, et même s’ils sont dans les murs de l’université (qui leur offre maintenant des connexions sans fils pour les micro-ordinateurs portables) !
On les gère ainsi sur une plate-forme d’enseignement numérique de la même manière que s’ils habitaient à Tombouctou.
On récupère ainsi les qualités liées à la FOAD, mais on les intègre dans un processus complètement hybride. Cela devient un système flexible et modulable de
façon très variée, car ce sont les enseignants eux-mêmes qui décident des modalités hybrides de la formation.
Ce modèle qui a évolué au fil de l’expérience, le modèle de l’UMVF, est-il celui qui sert à créer de nouvelles UNT, ou à retenir de nouveaux projets d’UNT ?
A.-C. B. Il y a des caractéristiques particulières à la médecine. Elles sont intéressantes mais on ne les retrouve pas partout. En particulier pour l’organisation des disciplines et de l’enseignement des disciplines et des sous-disciplines d’une grande thématique, les enseignants disposent de structures coopératives nationales appelées Collèges nationaux d’enseignement.
Par exemple, l’UNT des sciences de l’ingénieur (UNIT) s’est organisée de manière assez différente de l’UMVF. 50 grandes écoles y participent, elles entrent dans des projets coopératifs sur certains thèmes – on retrouve l’héritage des
« campus numériques ».
Les Ecoles d’ingénieurs et les Grandes écoles n’ont pas les structures de la médecine, avec ces sous-ensembles bien identifiés et coordonnés. Tous les enseignants de cardiologie, de neurologie, etc., se regroupent et s’organisent pour travailler ensemble de manière traditionnelle. Ce n’est ni nouveau, ni lié au numérique. Ce sont des communautés qui se connaissent, qui travaillent ensemble.
Jusqu’à présent, elles ont toujours travaillé pour améliorer les systèmes d’enseignement de leur discipline. Par exemple pour introduire dans les cursus le maximum d’heures d’enseignement de cardiologie par rapport à d’autres disciplines.
Il y a toujours des compétitions entre les disciplines, chacun essaye de garder le maximum d’influence dans la grande maison universitaire ; mais finalement il y a un équilibre qui se fait grâce aux programmes officiels. Dans ces programmes il y a des quotas d’heures donnés pour enseigner la cardiologie, la neurologie, etc. en fonction des stades de formation des étudiants – 1er cycle, 2e cycle, 3e cycle, formation continue. Tout ceci est organisé au mieux grâce à ces structures de coopération nationale.
Notre travail à l’UMVF a été de convaincre ces structures d’entrer dans un processus de mise en commun pour, premièrement, définir des objectifs de formation mis en ligne et, deuxièmement, pour mettre à la disposition des étudiants des référentiels de formation sur Internet : on définit l’objectif de formation, et on indique les outils qu’il faut utiliser pour atteindre tel objectif, et pour faire le meilleur parcours. On donne aux étudiants tous les outils de travail, qui deviennent des référentiels nationaux. Ce qui n’exclut pas d’ailleurs que les collèges soient ouverts à des productions qui ne proviennent pas de la communauté nationale, mais qui sont reconnues pour différentes raisons ; par exemple, parce qu’elles sont innovantes, ou remarquablement bien faites, ou parce qu’elles sont valorisantes, et que la communauté les labellise et les intègre.
Si certains établissements dans le cadre de telle ou telle discipline estiment que leur apport est particulier et qu’ils souhaitent lui garder son identification d’origine, il va de soi que le système Internet le permet en mettant en parallèle ces ressources complémentaires spécifiques à côté du référentiel collaboratif.
C’est-à-dire que l’on est capable de mettre en ligne un référentiel national, une ressource labellisée par la structure nationale et un certain nombre de ressources qui ont droit de cité, puisque chaque établissement est autonome et qu’il a le droit de mettre en ligne ses propres productions en les signant.
Le contexte de l’UMVF est très bien décrit, mais qu’en est-il pour les autres UNT ? Combien en dénombre-t-on actuellement ?
A.-C. B. Outre l’UMVF, il y a le droit avec l’UNJF, l’économie et la gestion, avec AUNEGE, l’environnement et le développement durable avec l’UVED, l’université ouverte des humanités (UOH), les sciences de l’ingénieur avec UNIT, et il y a le projet d’organiser une UNT linguistique, l’université numérique des langues étrangères et aussi des sous-ensemble prévus en lien avec l’UNT médecine, avec la pharmacie, l’odontologie, les sciences du sport et éventuellement les sciences vétérinaires. Au total, sept ou huit grandes thématiques sont concernées. Il manque les sciences fondamentales, que « l’Université en ligne » (UEL), pourrait initier avec des contenus déjà évolués.
Lorsque vous dites « il va manquer », est-ce parce que vous pensez qu’il y a un ensemble de secteurs qui doivent être ouverts aux principes des UNT, et que tous ne suivent pas, ou bien que ces secteurs sont déjà définis, voire finis ? Y a-t-il des critères pour déposer des projets d’UNT ?
A.-C. B. Il y a maintenant un bureau des UNT au ministère, une administration qui a créé un système de gestion et de stimulation, d’organisation et de financement du programme des UNT. Le ministère a un programme à mettre en œuvre, qui couvre les thématiques, de manière exhaustive, mais qui doit aussi suivre les volontés des disciplines.
Les ensembles concernés par les UNT couvrent des secteurs où il y a au minimum 100 000 étudiants. Ce seuil n’est pas strict, car des ensembles, comme la pharmacie par exemple qui représente plus de 30 000 étudiants, ne peuvent être ignorés. Tout comme les STAPS, qui, avec 50 000 étudiants, souhaitent créer leur UNT propre. On créera sans doute une Université numérique des « sciences médicales, pharmaceutiques, odontologiques et du sport » car cela a une cohérence avec des collaborations naturelles. En effet les étudiants des STAPS apprennent l’anatomie du corps humain, la physiologie cardiaque, la physiologie des articulations, et comme on fait du sport à n’importe quel âge, il faut connaître un peu de gérontologie, et en cas d’accidents sportifs, on fait de la rééducation… tout ce que l’on enseigne en médecine par ailleurs. De même pour la lutte contre le dopage, on partage des savoirs avec les pharmaciens. Les croisements des secteurs
disciplinaires sont nombreux. Et donc, dans ce cadre autant capitaliser et mettre en commun des ressources qui seront utilisées à géométrie variable, en fonction des besoins des cibles de formations poursuivies par les enseignants de chaque sous- ensemble.
Pour revenir au bureau du ministère, procède-t-il par appels à propositions, comme cela fut le cas pour les campus numériques ?
A.-C. B. Le processus dans l’immédiat consiste à stimuler les initiatives, en suivant, en organisant et en finançant les communautés qui s’investissent dans le développement de leur UNT. Il n’y a pas eu d’appels d’offres mais le processus est régulier et les financements sont là. Mais il faudra les renforcer à l’évidence pour faire face à la montée de nouveaux secteurs et au développement de tous.
Les aspects financiers reposent-ils sur la force des partenaires, ou bien y a-t-il des démarches de la part du ministère ?
A.-C. B. Dans l’immédiat tout cela est en gestation, c’est complètement nouveau. La programmation financière est lancée et elle fait toujours l’objet de choix et de négociations.
La LOLF sera là aussi un élément essentiel pour le pilotage de la montée en charge des UNT dans le cadre des contrats quadriennaux des établissements.
Des contributions transversales des autres ministères concernés par l’émergence des UNT pourraient logiquement être envisagées.
L’un des objectifs du colloque international CIUEN1 programmé en mai 2006, serait de faire émerger une réflexion et des orientations politiques pour pérenniser les financements des UNT, pour leur permettre de couvrir tous les objectifs nationaux et internationaux qui leur sont assignés et en particulier la défense de la francophonie universitaire dans le monde.
Il s’agit donc de capitaliser les fruits de l’expérience et d’envisager l’avenir.
A.-C. B. Absolument. Nous avons quelques idées, notamment pour le financement des UNT. Nous savons que c’est sur les thématiques que l’effort doit porter, sur les systèmes de mise en ligne des contenus de travail.
L’enseignement à distance, la FOAD, cela doit signifier la création de contenus de qualité. Il y a les tuyaux, il y a l’Internet haut débit, il y a des satellites pour transporter l’information, et il y a un manque cruel de contenus et d’outils de formation numérique corrects.
Si l’on regarde ce que fait Apple avec l’iPod, 45 millions d’iPods vendus en un an, leur credo actuel porte sur la création de contenus numériques les plus diversifiés et téléchargeables sur leur machine : des contenus musicaux avec iTunes des
1. www.ciuen.org
contenus ludiques, des contenus pour l’éducation, des contenus pour la famille…
éventuellement gratuits, éventuellement payants…
Avec iTune U, le projet pour les universités de iTunes, la possibilité d’offrir des contenus payants pour les universités est ouverte. Mais une bonne partie de la promotion actuelle d’iTunes repose sur les contenus gratuits…
Pour l’avenir, vous voyez des collaborations stratégiques d’ordre technologique avec ce type de partenaire ?
A.-C. B. Oui bien sûr : nous avons toujours besoin de partenaires industriels ! On a besoin de machines, de réseaux. Nous travaillons donc avec les industriels du secteur, dans le cadre du CIUEN également. Ils ont eux aussi besoin de travailler avec nous ! Et ce n’est pas toujours simple car certains universitaires ont une prévention pour tout ce qui peut apparaître comme un compromis avec le « grand Satan » commercial !
D’une manière plus générale, comment voyez-vous l’avenir des UNT ?
A.-C. B. Premièrement, ce que l’on a mis en place en France est assez original, il n’y a pas d’équivalent véritable à l’étranger : des forces nationales qui se regroupent pour travailler sur des contenus, sur une nouvelle gestion de la formation, c’est innovant. De plus c’est un processus s’invente au fur et à mesure, et il est assez vertueux : tout le monde y collabore de manière positive, avec enthousiasme.
Les enseignants en médecine sont contents de participer aux structures, car être publié dans une UNT devient promotionnel pour la discipline à l’échelon national et international. Plus les UNT disposent de nouveaux moyens pour réaliser des productions parfois exceptionnelles et de grande qualité et plus elles ont une plus grande puissance pour les diffuser dans le monde.
Le CIUEN sera-t-il un moyen de stimuler les collaborations internationales au sein de la francophonie ?
A.-C. B. C’est une des buts les plus importants des UNT et du CIUEN. Il faut positionner l’enseignement français sur le front francophone, mais aussi avec des contenus provenant d’autres universités francophones, mais non françaises, comme la TELUQ, ou comme l’université de Louvain, ou comme certaines universités africaines ou asiatiques francophones qui le souhaitent.
Nous y voyons beaucoup d’avantages. On a une grande satisfaction quand on va en Afrique et que l’on voit des étudiants africains qui vivent souvent dans des conditions difficiles, utiliser les supports up to date gratuits de l’UMVF. C’est une récompense !
Pouvoir générer les outils qui seront utilisés dans les pays en voie de développement qui n’ont absolument pas les moyens de se payer des livres, et où ce sont les supports en ligne les plus évolués qui leur arrivent, c’est formidable !
L’Internet se montre: au CIUEN on verra les UNT en ligne ! Sinon c’est de la théorie ! Et les Sciences de l’éducation « meurent » de ne pas appuyer la théorie sur la pratique.
Bien sûr il faut à l’évidence que les aspects scientifiques soient validés. Créer une formation en ligne de qualité et délivrer un polycopié en ligne n’ont rien à voir.
Il y a un long chemin à parcourir pour comprendre que produire un bon cours en ligne, c’est savoir le scénariser.
Puisque l’on aborde la validation scientifique, qu’en est-il de la recherche, propre à l’UMVF ?
[A cette étape de l’entretien téléphonique, le Professeur Benhamou, après avoir insisté : « ne me parlez plus d’Internet, montrez-le moi », guide Martine Vidal parmi les supports en ligne de l’UMVF sur www.umvf.org, le télé-entretien se poursuivant en une visite virtuelle téléguidée : anatomie, morphologie, atlas navigables avec images et textes navigables, vidéos interactives. Il souligne notamment que ce type d’atlas, sous forme papier coûterait environ 300 ¼ FH TXH SHX G¶pWXGLDQWV SHXYHQW s’offrir.]
Le terme « campus numérique » est toujours utilisé sur le site www.umvf.org, pourquoi ?
A.-C. B. Parce que cela nous semblait représentatif de l’esprit des campus numériques, c’est-à-dire : la mise en commun numérique de contenus de formation d’une discipline. On a donc créé des campus numériques nationaux, par discipline.
Mais revenons à la recherche.
Notre recherche porte sur ce que nous faisons pour l’enseignement numérique, des scénographies de l’écran sont inventées et mises en œuvre pour la navigation pédagogique dans les formations mises en ligne.
Les animations que vous voyez sur l’écran n’ont rien à voir avec du traitement de texte et des images, il s’agit d’un langage construit qui permet aux étudiants de comprendre et faire le lien entre la théorie et certaines images de la réalité médicale.
Par exemple le lien entre la théorie et une image IRM, ce que peu d’étudiants ont l’occasion d’apprendre à lire avant la pratique.
Pour conclure, je souhaite faire comprendre à notre public : au monde enseignant, au monde étudiant et à la société, que ce qui est à l’œuvre est une véritable révolution culturelle qui est en marche rapide avec l’apport de l’Internet et des technologies de l’information et de la communication. Elles ont complètement modifié tous les modes de travail dans le monde de la formation, du travail, du loisir, de l’échange.
Ceux qui résistent encore à cette révolution sont comme ceux qui au temps de Gutenberg n’avaient pas pris conscience que l’imprimerie allait modifier le monde et ses modes de représentations et de communication !
L’université n’est pas un « artefact en l’air », elle vit au sein d’un monde social à la fois national et international, avec des préoccupations d’égalité des chances pour tous, d’accès au travail, de lien entre les formations universitaires et l’entreprise et l’emploi, entre les besoins de formation initiale et de formation continue, les besoins de certifications et de diplômes, et de validation des acquis de l’expérience.
Cette mutation est en cours. Notre pays a commencé à prendre la mesure de cet enjeu. Il faut poursuivre et intensifier cet effort et le rendre populaire. La jeunesse et l’Université de notre pays en ont besoin !