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Sur une influence des rayons cathodiques sur les rayons canaux - Réponse à une note de M. A. Bestelmeyer

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Texte intégral

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HAL Id: jpa-00242312

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242312

Submitted on 1 Jan 1908

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Sur une influence des rayons cathodiques sur les rayons canaux - Réponse à une note de M. A. Bestelmeyer

Jean Becquerel

To cite this version:

Jean Becquerel. Sur une influence des rayons cathodiques sur les rayons canaux - Réponse à une note de M. A. Bestelmeyer. Radium (Paris), 1908, 5 (11), pp.329-330. �10.1051/radium:01908005011032901�.

�jpa-00242312�

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329

Courant de saturation à li pression atm. 56.

Intensité maxima pour la pression de 5 atm., 25 .

Courant de saturation à la pression atm. 56.

L’intensité croît jusqu’à 5 atmosphères.

Remarque.

-

Toutes ces séries de nombres prises

au hasard parmi un grand nombre ne sont pas com-

parables entre elles, parce qu’elles ont été faites à plusieurs jours d’intervalle et que l’intensité du rayonnement n’était pas la même, comme le prouve la

mesure du courant de saturation â la pression atmo- sphérique faite après chaque série.

La connaissance du courant de saturation permet,

d’ailleurs, de réduire approximativement toutes les

intensités à une même échelle et de représenter les

courbes correspondantes sur un même diagramme.

Les courbes (fig. 4) 1 resseinblent à celles qu’a ob-

tenues 1B1. Ret schinsky pour les ions du radium aux

pressions inférieures à la pression atmosphérique et

pour des champs faibles.

Mes résultats, relatifs aux ions des rayons X, s’étendent

depuis la pression de 10 centimètres de mercure jus- qu’à cinq atmosphères et semblent généraliser les siens.

Toutes ces expériences ont été faites avec des pla-

teaux de condensateur distants de 4 centimètres. J’in-

diiiuerai prochainement les lnodifications produites lorsqu’on fait varier la distance des plateaux. Bien

que l’existence du maximum paraisse liée à la varia- tion de la mobilité des ions et du coefficient de recom-

binaison sous l’influence de la pression, je me con-

tente pour le moment de présenter ces résultats

comme des faits expérimentaux indépendants de toute hypothèse et de toute théorie.

Je reviendrai plus tard sur l’interprétation théo- rique de ces résultats.

[Reçu le 20 octobre 1908.]

Sur une influence des rayons cathodiques

sur les rayons canaux Réponse à une note de M. A. Bestelmeyer.

Par Jean BECQUEREL [Laboratoire de physique du Muséum.]

Dans deux notes insérées dans les Comptes rendus

de l’Accadémie des Sciences j, sui vies d’ull mémoire

publié en juillet dernier dans le Radium 2, j’ai décrit quelques expériences établissant que l’on peut, par la

superposition d’un faisceau de rayons cathodiques et

d’un faisceau de rayons canaux, obtenir un troisième faisceau parfaitement distinct des deux prerniers. Cc

nouveau rayonnement est attiré par une cathode secon-

daire et possède, dans certaines régions du tube, une

déviabilité magnétique de grandeur comparable à celle

d’un rayon cathodique ayant franchi, en sens inverse, la méme chute de potentiel.

J’ai cherché a rendre compte des résultats au

moyen des rayonnements connus: cinq interprétations

différentes m’étaient venues à l’esprit, mais j’ai mon-

1. C. R., 22 juin et 13 juillet 1908.

2. Le Radium, 5-1908-193.

tré qu’aucune d’elles ne peut être acceptée. Dans ces conditions, n’ayant pu réussir à expliquer les effets à l’aide des phénomènes actuellement connus, j’ai émis l’hypothèse que les rayons canaux sont partiellement

transforrnés par les rayons cathodiques, et que le nou-

veau faisceau positif, très déviable par un champ ma- gnlique, est formé par des électrons positifs qui possèdent une charge spécifique - du même ordre de

m

grandeur que celle des électrons négatifs, les deux

sortes d’électrons ayant d’ailleurs peut-être des charges

et des masses de grandeurs différentes.

I)ans une note 2 qui n’est parvenue à ma connais-

sance que récemment, M. Bestelmeyer combat cette

1. Figure extraite des comptes rendus de l’Ass. F,’. pour l’AL’, des Sciences.

-

Congrès de Reims, 1907.

2. Physik. Zeitschrift, 9, 10, p. 541, 15 aoÙt 1908.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01908005011032901

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maniérc de voir. Dès les premiércs lignes il déclare

que l’interprétation quc j’ai donnée est « sans aucun

doute )) le résultat d’une erreur et il affirme que les effets observés sont produits par une inlluence élcctro-

statique, conséquence du déplacement des rayons ca-

thodiques.

Je regrette un peu que M. Bestelmeyer n’ait pas

cru devoir reproduire mes expériences avant de tran-

cher aussi aisément cette difficile question. D’autre part, il me semble, ainsi que je me propose de le montrer dans la présente note, qu’en lisant attentive-

ment ma note du i5 juillct et surtout mon mémoire,

on peut y trouver les réponses ici toutes les objections

de M. Bestelmeyer.

En premier lieu, M. Restelmeyer fait observer que la déviation des rayons positifs peut provenir d’un déplacement du point d’où sortenr, ces rayons.

Par deux observations décrites daus le Radiuni1, j’avais cependant montré que cette interprétation,

l’une de celles auxquelles j’avais moi-même pensé,

est inacceptable.

Ensuite, dans le résumé que M. Bestelmeyer donne

de l’expérience principale, il mc prête une erreur que

je n’ai pas faite : il dit, en effet, que lorsque les

rayons canaux et rayons cathodiques arrivent cnsemblc jusqu’à l’ouverture étroite (d’oil sort le nouveau fai- sceau), il se produit une forte déviation « des rayons

canaux)). Mais, tout au contraire, j’ai bien insisté dans ma seconde note 2, et 4ans mon mémoire5, sur

ce fait que les rayon.,; très déviés sont absolument distincts des rayons canaux que j’ai observés en

même temps.

M. Bestelmeyer attribue la déviation des rayons

positifs aux charges apportées sur les parois du verre

par le faisceau cathodique dévié et me conseille de faire passer le faisceau positif dans une ouverture

entourée de métal, il affirme que dans ces conditions

la grande déviation ne se produirait plus.

Il se trouve que c’est justement en employant une

ouverture métallique 4, qu est même maintenue à un potentiel constant, que j’ai observé tous les phéno-

mènes que j’ai décrits.

Puis 1B1. Lestelmcyer décrit une expérience qu’il a

1. Le nadiunt, 5-1908-198, 2e colonne, lignes 20 et suiv.

2. C. R., 147-122, lignes 16 et suiv.

3. Le Radium, 5-19G, 11e colonne, ligties 5J et suiv.

4. C. 1.1., 147-122, ligne 6. Le RadÚlIn, 5-196, 1re colonne, ligne 50,

faite en collaboration avec M. Marsh: les rayons ca-

thodiques apportant, lorsqu’ils sont déviés, des char-

ges négatives sur les parois, produisent un déplace-

ment des rayons canaux.

Il suffit de se reporter encore a ma seconde note

et a mon mémoire 2, qui était d’ailleurs publié quel-

ques jours avant la note de M. Bcstelmcycr, pour y trouvcr une expérience pour ainsi dire identique à

celle de MM. Bestelmeyer et Marsh. C’est même cette

expérience qui m’a permis d’établir que les rayons

canaux et le nouveau faisceau se comportent de façon

tout a fait différente, et qui m’a montré que ces deux

sortes de rayons ne doivent aucunement être confon- dus. L’observation de M. Bestelmeyer, loin d’être une

objection, est donc un excellent argument en faveur de l’opinion que j’ai émise puisqu’elle confirme les

résultats que j’avais obtenus pour les rayons canaux.

Enfin M. Bestelmeycr résume ainsi l’une de mes con-

clusions : « M. Becquerel montre que la déviation des rayons positifs a lieu en sens contraire de celle des rayons cathodiques et en conclut que cette déviation

ne peut être due à une charge électrostatique des parois )).

Je tiens ici à remettrc les choscs au point : j’ai

observé que les rayons canaux subissent une action

sous l’inlluence des charges apportées sur les parois

par les rayons cathodiques, et se déplacent ainsi très légèrement dans le même sens que ces dernier’s, j’en

ai conclu 3 :

J° Que, lorsque les rayons cathodiques se dépla-

cent, la déformation du champ électrique auprés de la

cathode secondaire dans laquelle passent les rayons

canaux et l’autre faisceau positif est très faible, puisque

la déviation électrostatique des rayons canaux est très faible ;

2° Que la déviation des rayons canaux, qui sont chargés positivement, ayant été observée dans le même

sens que celle des rayons cathodiques, on ne peut attribuer à la même cause la déviation de l’autre faisceau positif, puisque cette déviation a lieu en sens

inverse.

Ce n’est pas là, il me semble, le raisonnement in-

complet que M. Bestelmeyer m’a atlribué.

[Reçu le 11 novembre 1908.]

1. C. R., p. 122, lignes 17 et suiv.

2. Le Radium, 5-196, 2e colonne, lignes 11 et suiv.

5. Voir C. R., p. 122, lignes 55 et suiv.; Le Radium, 5-1J8,

S 12, 2.

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