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Sur la formation des rayons cathodiques

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Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00242436

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242436

Submitted on 1 Jan 1910

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Louis Dunoyer

To cite this version:

Louis Dunoyer. Sur la formation des rayons cathodiques. Radium (Paris), 1910, 7 (10), pp.300-309.

�10.1051/radium:01910007010030001�. �jpa-00242436�

(2)

ment pour le minimum et approximativement après

ce minimum. Après quelques dizaines de milliers d’années, la correction relative au radium initialement

présent, de même que celle relative au radium maintenant présent, devient tout à fait négligeable.

Aussi n’ai-jc pas abandonné l’espoir de détermi-

ner la période de l’ionium de celle façon. Il est

possible que la valcur de 152 000 ans pour le premier

échantillon examiné, ne soit pas profondén1ent mo-

difiée par les résultats ultérieurs. J’examine en ce

moment des autunites différentes de cclles du Por-

tugal.

Sur la formation des rayons cathodiques

Par Louis DUNOYER

Faculté des Sciences de Paris.

2014

Laboratoire de Mme CURIE.]

1

1. Parmi les recherches extrêmement nombreuses consacrées aux rayons cathodiques, on trouve peu de résultats, à ma connaissance, qui soient relatifs à

l’influence que peut jouer la nature de la cathode, du

moins aux pressions assez basses pour que l’espace

obscur de Crookes ait envahi tout le tube et que les rayons cathodiques viennent produire sur la paroi la

lluorescence verte caractéristique, partout on des obs- tacles ne gênent pas leur propagation rectiligne. Le plus grand nombre des recherches relatives aux

rayons cathodiques portent soit sur les propriétés du

faisceau tout formé (forme, transport de charges, dé- viations, vitesse, actions di vcrses sur les solides ou sur les gaz), soit sur les circonstances qui condition-

nent sa formation ; à ce dernier point de vue, les ré-

sultats acquis les plus importants se rapportent au

rùle de l’afflux cathodique. Les travaux de M. Ydiard,

de Sir J. J. Thomson, de Whnelt ont mis en évidence

qu’il existe dans un tube en cours de fonctionnelnent

llil tlux de particules, dont un certain nombre au

moins sont positivement chargées, se dirigeant vers la

cathode avec une vitesse de l’ordre de 1000 kilomè-

tres par seconde; si la cathode est perforée, ce flux, auquel M. Villard a donné le nom d’afflux cathodi-

qiie, continue son chemin en ligne droite et devient

un faisceau des lianalstrahlen de M. Goldstein. Pour

qu’une cathode donne naissance n un faisceau de rayons cathodiques, il faut qu’cllc soit frappée par

l’afnnx ; une région de la cathode protégée par un

obstacle contre l’arrivée de l’afnux n’éti-iet pas de rayons cathodiques ; tout ce qui gêne la formation de raft1ux, tel que le resserrement des parois au voisi-

nage de la cathode, gêne la formation des rayons ca-

thodiques et augmente la diireté du tube. Pendant le fonctionnement régulier du tube, l’arrivée de l’afflux

sur la cathode conditionne donc la formation des

rayons cathodiques. Cela ne prouve pas que, dans la

période d’établissement de la décharge, ce ne soit pas à des rayons cathodiques, ou d’une manière plus gé-

nérale à des charges électriques négatives, ions ou cor- puscules, qu’échoit le rôle de créer l’afflux cathodi- que : on sait, en effet, que dans l’ionisation par chocs,

les ions négatifs agissent avant les ions positifs, c’est-

à-dire après le parcours d’une chute de potentiel bien

moindre. Il ne parait pas avoir été fait d’expériences systématiques sur ce point important; toutefois cer-

taines expériences de M. Villard établissent que pen- dant la période d’établissement de la décharge les phénomènes lumineux de la colonne positive se propa- gent dans le sens de l’anode vers la cathode. D’autres

expériences, plus récentes, de Sir J. J. Thomson (Plzil.

lIag. [6] 18 (1909) 447), montrent qu’aussitôt après

l’établissement de la dit1ërence de potentiel entre les électrodes, la direction du champ est, tout le long du tube, celle de l’anode vers la cathode; puis, dans les parties lumineuses des stratifications, un renverse- ment se produit et le mouvement d’ensemble qui

constitue le courant transporté par la décharge y re- monte le champ électrique. Aucune de ces deux expé-

riences ne paraît pouvoir trancher la question de

savoir que sont et d’où viennent les premiers agents organisateurs de la décharge.

Toutefois dans l’expérience de Sir J. J. Thomson il semble diificile de ne pas attribuer ce rôle à des cor-

puscules négatifs émis par la cathode, car celle-ci

était constituée par une pastille de chaux incandes-

eeiitc, et d’ailleurs l’aspect de la colonne positive était

le même exactement, avec plus de régularité toute-

fois et de stabilité, que dans le cas d’une cathode ordinaire. Mais justement à cause de l’émission cer-

taine et abondante d’électrons par la cathode, il

semble difficile de tirer de cette expérience une con-

clusion positive, pour le cas ordinaire, sur le point qui nous occupe.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01910007010030001

(3)

Quand la décharge est établie, la production des

rayons cathodiques semble donc uniquement régie par l’arrivée de Fafnux sur la cathode, et l’afflux paraît dépendrc lui-iiiènie uniquement de la rorllle du tube, de ses dimensions et de la pression du gaz. Si bien que la décharge semble se ramener à une double cir- culation da gaz sous forme d’afflux et de rayons

cathodiques ; le rôle des électrodes se bornerait à éta- blir et à entretenir dans le gaz la distribution dcs

potentiels qui règle cette double circulation 1.

2. Une telle conclusion peut paraître exagérer trop le rôle du gaz aux dépens de celui des électrodes.

Un certain nombre de faits, dont quelques-uns sont

bien connus cependant, montre l’importance de ce

rôle.

Parmi ces faits, le plus saillant est celui du chan- gement qu’éprouve la chute de potentiel cathodique quand la nature de la cathode change. Ce phénomène

a surtout été étudié au point de vue de sa connexion

avec la répartition du champ dans la décharge. En ce qui concerne la nature de la catliode, on a remarqué

que les métaux les plus électro-positifs donnaient en général une chute cathodi-

que plus faible. Mais le

phénomène dépend aussi de

la nature du gaz. Il est pos- sible que l’absorption du

gaz par la surface de l’élec- trode joue un rôle impor-

tant et masque la véritable

nature du phénomène. On peut rapprocher l’expérience

suivante des. variations de la chute de potentiel catho- dique, constatées sous des

pressioos l’espace obscur

de Croohes n’atteint pas en- core les parois. du tube.

Considérons un tube (fib 1)

dont une des électrodes est constituée de tiges de di-

vers métaux polis, vissées

les unes au bout des autres, acier (A), laiton (L), cuivre

rouge (C), nickel (N) et

zinc (Z). Des tiges d’acier

ly. 1. sont intercalées de façon

que chacune des tiges ait

une extrémité commune avec une tige d’acier : cela

rend la comparaison plus commode et permet de

s’assurer qu’une variation d’aspect de la décharge

ne provient pas de l’inégale distance des dineren- tes parties de la cathode à l’anode; celle-ci est con-

stituée par une fge d’aluminium placée dans un tube

latéral. On alimente lc tube avec une bobine de 1. VILLARD, Rayons cathodiques, p. 03. 2e édit.

Ruhmkorff ; l’inégale surface des deux électrodes fait

jouer au tube lui-même le rôle de soupape. Quand la pression est convenable, Omm,6 de mercure environ,

l’épaisseur de la gaine négative est de l’ordrc de 4 mm.

Or l’aspect n’en n’est pas uniforme. Elle présente sur

toute sa longueur la même coloration, l’expérience

étant faite avec de l’air ; mais son éclat et son dia-

mètre apparent ne sont pas les mêmes pour tous les

Fig. 2.

métaux ; el’e est particulièrement brillante pour le nickel comme le montre la fig. 2. La photographie ne

fait pas ressortir les différences aussi nettement qu’on

les constate ;t l’observation visuelle. Si l’on cote 10 l’éclat de la gaine autour de la tige de nickel, on

entera 7 a 8 son éclat autour du laiton et 7 son éclat autour des autres, tiges. Quant au diamètre de la

gaine, il semble subir un rétrécissement autour du nickel. Mais c’est un phénomène qu’il est difficile de

juger en faisant abstraction de la dinérence d’éclat.

Quand l’accroissement de la pression réduit l’épais-

seur de la gaine n 2 mm environ, les différences d’as-

pect ne sont plus appréciables ; il en est de même si,

par abaissement (te la pression, le diamètre de la

gaine atteint 8 ou 10 nnl1; ses contours s’estompcilt

en même temps.

L’expérience a donné les mèn1CS résultats exacte- ment avec deux tubes dilférrnts 1.

t. Pnnr maintenir dans le tube, après scellement, une pres-

(4)

3. Aux basses pressions, lorsque la gaine n’est plus

visible et que le faisceau cathodique se propage en

ligne droite loin de la cathode, il a été fait peu d’expé-

riences sur le rôle propre du Inétal de la cathode. Une ancienne expérience de M. Perrin ( 4nn. Chim. el Phys.

(7 XI (1897), 499), montre que trois faisceaux émis par une même cathode formés de trois lames juxta- posées en or, argent et allninium, subissent des déviations magnétiques égales. Cela ne montre pas que les porteurs de la charge sont fournis par le gaz, mais que, s’ils sont respectivement fournis par l’or,

l’argent et l’aluminium, ces porteurs sont les mêmes;

c’est là un point capital encore hien mieux établi par la comparaison des diverses mesures du rapport e/m.

Mais cela ne donne aucune indication sur la manière dont l’or, l’argent et l’aluminium réagissent sous

l’excitation de la cause qui produit le faisceau catho-

dique.

Des différences très nettes entre la facilité avec

laquelle prennent naissance les rayons cathodiques

Fig. 3.

ont été trouvées par Sir ,J. J. Thomson (Pj2il.

_May. (3) 44, p. 293), t897) en faisant passer la dé-

charge entre une cathode plane et une anode filiforme sion constante, il est nécessaire. bien entendu, de le vider en

1,,Iis,int passer la (U.charge et en Io, parois jusqu’à ce

que la lueur verte apparaisse d’une manière permanente. Si l’on n’a pas en soin, avant de polir les tigcs et de les visser les

unes sur les autres, de les chauffer du manicre à détruire toute trace de matière grasse laissée par les outils dans le pas du is, il se produit des projections cathodiques extrêmement abondantes au niveau de racords. Il est évident que ce, pl’O-

jections dosent être évitées pour que la transparence du tube reste la même sur toute sa longueur.

-

On constate dans cette expérience que le enivre tend à subir l’évaporation cathodique d’une manière particulièrement accentuée.

normale à la cathode. Toutes les électrodes etaient

placées dans un même tube de manière à assurer

l’égalité des pressions. La valeur du tube en lon- gueur d’étincelle équivalente était très variable sui- vant le couple d’électrodes en activité. Elle était par- ticulièremcnt faible avec une cathode en sodium.

Mais les résultats étaient assez irréguliers avec un

même couple d’électrodes. C’est ce que j’ai retrouvé

en employant le tube en forme d’H représenté figure 3.

Les électrodes E, E’ sont des tiges dicter de 5mm de

diamètre emmanchées dans des liges d’aluminium 1 que des tubes de verre protègent jusqu’à leur arrivée

dans les tubes larges. Il est nécessaire que les tubes

porte-électrodes soient longs (une douzaine de centi- mètres au moins) pour duc, aux pressions très basses,

une étincelle, perçant la paroi, ne jaillisse pas entre

un des fils de platine et le tube horizontal; avec

cette disposition, en effet, des charges de la paroi

s’accumulent principalement dans la branche horizon- tale de l’II. Après avoir parfaitement purgé de gaz les électrodes et les parois, on distille du sodium placé dans l’ampoule A de manière à recouvrir entiè-

rement l’électrode E d’une couche brillante de métal alcalin. Il est nécessaire, pour effectuer cette opéra- tion, de chauffer de temps en temps, pendant quel-

ques minutes les parois du tube B pour empècher la

vapeur de s’y condenser et rassembler le métal sur

l’électrode. Il est nécessaire aussi de ne distiller que du sodium parfaitement dépouillé, soit par une pre- mière distillation dans le vide, soit simplement par

un chauffage prolongé à 40011 dans un courant d’a- cide carbonique, de toute huile lourde. Quand la distillation est achevée on sépare l’ampoule A et on

scelle le tube. La pression lue à la jauge au moment

de la fermeture du tube était de 2.10-4 millimètres de mercure.

Or on constate, avec un tube préparé de cette

manière que la longueur d’étincelle entre houlcs de O,8em de diamètre, équivalant au tube, est par

exemple de 10, quand l’électrode E est anode et de 01,8 seulement quand elle est cathode. Le tube peut

donc jouer dans une certaine mesure le rôle de sou-

pape, grâce à la dissymétrie qu’il présente. Mais

cette dissymétrie n’est pas indépendante de la durée du passage de la décharge : si l’on fait fonctionner le tube avec la bobine pendant suffisamment long- tcmps e r2 heure ou une heure par exemple) en prenant comme cathode l’électrode recouverte de

sodium, le tube durcit beaucoup. L’étincelle équiva-

lente passe de Or,8 à 12c. Mais elle ne se maintient 1. Les tiges d’acier sont eufuncecs a frottement dur dans des irons pratiqués dans les tiges d’aluminium. puis l’alumi-

nium odt fondu au chalumeau. Par refroidissement on obtient.

non une soudure, mais une liai;on solide. Les fils de platiné

qui sortent du tuhe sont fixés dans l’aluminium de la même

manière.

(5)

pas à cette valeur ; t lu tube redevient parfois subie-

ment plus mou et durcit lentement de nouveau.

II

4. Je vais maintenant décrire une expérience dans laquelle la nature de la cathode a une in1portal1cc

considérable et évidente, aux pressions les plus

basses que l’on sache actuellement obtenir 1. Pour la réaliser il tant distiller un métal alcalin sur la

cathode, mais de façon que le dépôt s’effectue en

très petites gouttelettes et ne recouvre pas la cathode d’une couche uniforme. Voici quelques détails sur la préparation du tube.

Il est commode de lui donner quatre à cinq ceiiti-

mètres de diamètre et une quinzaine de centimètres de longueur (fig. 4). Aux extrémités sont soudés des

Fig. 4.

tubes plus étroits qui servent à porter les électrodes.

Il faut que celles-ci soient gainées dans des tubes de

verre jusqu’à l’extrémité du tube large et que les tubes étroits porte-électrodes aient au moins une

douzaine de centimètres de longueur; sans quoi on s expose à voir la paroi percée aux extrémités du tube

large. Les parties des électrodes qui pénètrent dans

le tube large sont des tiges d’acier, grossièrement polies au papier émeri. Le tube étant achevé, mais

les électrodes non encore en place, on le nettoie à l’acide chromique, puis u l’eau distillée et on le sèche.

On soude alors dans le verre les fils de platine reliés

aux électrodes en évitant le plus possible d’introduire de l’humidité à l’intérieur du tube pour préserver les

électrodes d’acier de l’oxydation, qui dépolit leur sur-

face. Lorsque les électrodes sont en place on introduit

dans le tube A un petit tube ouvert contenant un

métal alcalin; on étire et on scelle le tube A. On soude alors le tube P a la canalisation de la pompe à

mercure (pour les nombreuses distillations que j’ai

eu à effectuer, la pompe Gaede m’a rendu d’inappré-

ciables services, et on fait le vide. On procède alors

a l’expulsion des gaz occlns dans les parois et dans

les électrodes; on chau!re pour cela le tube avec un bec Bunsen, jusque vers J5fi à 1001 en faisant passer

1. C. R., 150 ’1910’ 970.

la décharge. On a soin d’éviter de chauffer le tube A, qui est relié au tube C par un tube étroit (4 à 3 mm

de diamètre intérieur) de 10 centimètres de longueur

environ.

Quand on a chauffé pendant trois heures à peu

près en faisant passer par intermittence la décharge,

et en laissant toujours la pompe à mercure en action,

il ne subsiste plus dans le tube une quantité de gaz suffisante pour laisser passer la décharge d’une

bobine d’induction, alimentée par courant continu et munie d’un interrupteur turbine mercure, même

sous des différences de potentiel aux bornes corres- pondant a une quinzaine de centimètres d’étincelles, dans l’air, entre boules de icm de diamètre. Avant d’arriver à ce degré de vide le tube a été Geissler, puis cathodique, la iluorescence verte recouvrant les

parois d’une rnanière sensiblenient uniforme; au delà

d’un certain degré devide cette fluorescence uniforme

s’affaiblit puis cesse.

On commence alors la distillation du métal alcalin.

Il est indispensable de ne se servir que de métal déjà

convenablement purifié de toute matière grasse. Le sodium ou le potassium que l’on vend sous l’huile de naphte retiennent, malgré des lavages répétés et pro-

longés dans l’éther de pétrole, une petite quantité

d’huile extraordinairement peu volatil. Cette huile

se dégage seulement, dans un vide très bon, vers 230°

et va se condenser sur des parois très proches de la partie chauffée et par conséquent elles-mêmes assez

chaudes. Cette huile est parfaitement transparente.

Pour s’en débarrasser, le mieux est de faire subir

dans le vide au métnl alcalin une distillation prépara-

toire dans un petit tube où l’on peut ensuite laisser

rentrer de l’air, ce qui oxyde, sans inconvénient, la

surface du métal alcalin; on place ensuite ce petit

tube dans l’ampoule A. Au lieu de faire cette distilla-

tion préparatoire, on peut chauffer pendant une demi-

heure outrois quarts d’heure le métal vers 400 à 450°

dans un courant d’acide carbonique sec..1 une tempé-

rature, variable d’un métal alcalin à un autre, mais géné-

ralement comprise entre i00 et 2000, il se dégage dans

le vide une grande quantité de gaz occlus par le mé- tal, principalement de l’hydrogène, comme le montre l’aspect de la décharge dans le tube C, qui redevient

momentanément Geissler. Ce dégagement gazeux se

produit d’une maniére assez soudaine, et si l’on n’a

pas soin de régler convenablement le chauffage, le

niétal alcalin fondu peut être projeté en masse au

delà de l’étranglement capillaire qui relie l’ampoule

A et le tube C, et jusque dans ce tube lui-même.

Pour pouvoir aisément régler Je chauffage j’ai trouvé

très commode l’emploi de petits fours électriques

construits de la façon suivante : on enroule autour d’un tube de verre cle qiielques millimètres plus large

que le tube A un fil de nickel recouverte d’amiante;

j’ignore si l’on peut se procurer on fil de cette espèce

(6)

dans le commerce; il est en tout cas très facile d’en

préparer des bouts d’une dizaine de mètres en enrou- lant du ni d’amiante fin ( 1 à 2mm environ de dia- mètre) dévide d’une hohine, sur le fil de nickel pincé

dans le mandrin d’un tour ; il est commode que la

poupée du tour soit percée ; un aide maintient dans

ses doigts l’extrémité du fil de nickel en l’y laissant cependant tourner, pendant qu’un autre opérateur

surveille l’enroulée du fil d amiante.

Pour faire tenir le fil de chauffage sur le tube de

verre, le plus commode est de pratiquer au chalu-

meau deux trous dans la paroi de celui-ci au voisi-

nage des extrémités; on y attache les extrémités du fil de nickel. Par-dessus l’enroulcment on enfile un autre tube de verre, servant de calorifuge et maintenu

sur le premier par le coincement de deux tours de gros fils d’aiiiianle, un a chaque extrémité des tubes de verre. Avec ce dispositif, et un écartement de 1 cm

environ entre les spires, ce qui permet de l’oir très bien ce qiii se passe à l’intérieur, on peut aisément chauffer à 5001. Il faut avoir soin toutefois de fermer le haut du four avec une feuille de carton d’amiante

percée d’une fente pour laisser passer le tube; on peut fermer le has avec un pcloton de ficelle d’amiaiite.1

Pour le sodium, vers 2901 on voit se former un

anneau miroitant de 1 cm de hauteur environ au-

dessus du carton d’amiante; si l’on continue le chauf-

fage, sans dépasser 400°, car au-dessus de cette tem-

pérature la vapeur de sodium attaque fortement le

verre, qui devient brun, on finit par chasser tous les gaz occlus dans le métal de l’ampoule A ou suscep- tible d’être dégagé par l’action de ce métal sur son

oxyde hydraté, et le tube C redevient cathodique très

Fig. 3.

dur. Les parois restent complètement obscures sous

des voltages élevés, correspondant par exemple, pour iiler les Idées, à 4 cm d’étincelle. Si la qU:1nlité de

métal passée de 1’:Hnpoulc A dans le tube étroit est

suffisante, on enlève le fourneau et l’on scelle l’am- poule A que l’on sépare. On fait alors monter le four-

neau de quelques centimètres pour approcher peu à peu la région de condensation ab (fig. 5) du tube C.

A un certain moment, on constate l’apparition du phénomène suivant si l’on applique au tube la même

dinérence de potentiel que précédemment : Sur la paroi du tube C il y a une sorte de voie lactée en couronne dont le plan est perpendiculaire au tube et qui est constituée par de petites taches fluorescentes vertes, très brillantes, très bien définies et en général parfaitement fixes ; l’éclat de chacune d’elles, toute- fuis, n’est pas absolument constant, ce qui donne, 1t

une certaine distance, l’impression d’ensemble d’un véritable fourmillement d’étoiles vertes. Au moment où ce phénomène apparaît, il n’y a aucune trace de

métal alcalin visible a l’ceil nu sur les parois du tube

C ni sur les électrodes, à condition que la distillation ait été conduite d’une manière suflbam111cnt lente. Si l’on poasse la distillation de manière 11 recouvrir d’un

dépôt de métal alcalin les parois du tube C avoisilant l’orifice du tube ab et la partie correspondante des électrodes, la région les taches sont les plus lines

et les plus nombreuses s’écarte; elle correspond tou- jours à une région des électrodes non recouverte de

dépôt visible à I’oeil nu ou même à la loupe. Toute-

fois, quand le chauffage est un peu prolongé, les

taches se font un peu partout Sans qu’il y ait de région

très nettement délimitée. C’est ce que l’on constate

sur la figure 6 qui reproduit une photographie d’un

tube pareil aux précédents dans lequel on avait dis-

tillé du sodium. Le plan des électrodes est perpendi-

culaire au plan de la figure. Le cliché est un négatif;

la surface des électrodes n’émet pratiquement aucune

lumière, d’où résulte qu’elles se détachent en clair sur

le fond du tube rendu légèrement lumineux par le fourmillement des taches. La photographie a été prise

avec une pose de ::0 minutes, le tube étant alimenté par une machine de Holz à deux plateaux; la netteté

d’un grand nombre de petites taches, montre,leur

lixité. Le tube d’arrivée du sodium débouchait en A.

5. Ces petites taches vertes sont produites par l’ar- rivée sur la paroi de faisceaux cathothiqucs très déliés

émis par des points isolés de la cathode. C’est ce que

montrent la couleur de la fluorescence, la déviation

magnétique des rayons et le fait que seule l’électrode

qui est cathode les émet, comme on le constate quand

on alimente le tube avec une machine électrostatique.

Le diamètre des taches est assez variable; en général, cependant, il est de l’ordre de 1 à 2 millimètres pour

une distance de 2 cm entre la cathode et la paroi. Plus

la paroi est éloignée, moins les taches sont nettes : les faisceaux possèdent donc une légère di,ergence.

Il e·t très remarquable que ces faisceaux ne parais-

sent d J110er aucune illumination à la surface de la

cathode, au conirtire des faisceaux cathodiques ordi-

(7)

naires, dont le point de départ sur la cathode est tou- jours un peu lumineux, du moins avec les intensités

que permet d’obtenir 1t-mploi de la bobine de Ruiliiii- korir. Quand le vide est aussi bien fait que possible,

mes tubcs alimentés par la même source ne donnent de lumière que dans les taches vertes. Le gaz. résiduel

et les électrodes sont obscurs, Mais si le vide est moins pousse ou si le fonctiunnement de la bobine est forcé, des décharges cathodique, ordinaires peuvent

se superposer au phénomène des petites taches et

donner, au moins sur certaines régions de la paroi, la

Fig.6.

fluorescence sensiblement unil’orme qui accompagne normalement ces décharges. Sur la figure 6, on voit

verts l’extrémité gauche une telle région. Avec un

même tube on peut alors obtenir, si la pression n’est

pas trop basse, les aspects suivantes : un certain nom-

bre de petites taclles vertes commencent n apparaître

sous le voltage correspondant, par exemple, à 1 cm d’étincelle; le reste du tube est absolument obscur;

Jc voltage allant en croissant, un nombre de plus en plus grand de taches devienent visibles tandis que lis premières apparues augmentent d’éclat. Enfin

pour un certain voltage, correspondant par exemple

à 4 c d’étincelle, de faibles décharges cathodiques ordinaires, avec fluorescence uniforme de L. paroi, se superposent par intermittences aux petites taches ct acquierrent de plus en plus d’importance à mesure

que le voltage croit. Plus le vide dans le tube est bon,

ou mieux, plus la décharge cathodique sous sa forme

ordinaire a de peine à s’y produire (étranglement des parois, difficultés de production abondante d’afflux cathodique), plus le phénomène des petites taches est

pur et plus on peut forcer le voltage sans vo;r appa- raitre la fluorescence uniforme.

6. Avant d’indiquer les observations que j’ai pu faire sur les circonstances particulières de la forma- tion des petites taclies, je dois signaler trois autres phénomènes rlue ai rencontrés fréquemment, mais

sans être maître de leur production. Je ne ine suis

d’ailleurs pas encore préoccupe d’en faire l’étude.

1° On remarquera sur la photographie reproduite

par la figure 6, dans la région fib, une large nappe brillante (noire sur le négatif), très intense et bien

délimitée. Cette nappe est restée parfaitement fixe pendant plus longtemps que les 20 minutes (pi’a duré

la pose; son contour est la section de la parut par un cône de révolution avant son sommet sur l’électrode.

Eu ce point on voit sur l’électrode un très petit point

très brillant et orangé, non reproduit par la photogra- phie. Dans cette région l’électrode était entièrement recouverte d’une couche de sodium miroi- tant, et d’ailleurs, toutes les fuis (lue j’ai

rencontré ce phénomène, le point orangé

était sur une couche de sodium bien visi- hle. Quand ce point est très brillant, il

semble être l’extrémité d’une petite ai- grette orangée normale a la cathode, En somme, avec ce genre de décharge, il y a

au contact dn point d’émission une petite

couche lumineuse émettant les raics du métal. C’est cc que l’on s’attendrait à trou-

ver avec une cathode en sodium, si l’on se rappelle que, d’une nzanièrc générale,

dans un tube à rayons cathodiques, la sur-

face de la cathode n’émet pas tout en-

tière : l’émission se réduit pratiquement

à celle d’une petite région, celle ou vient frapper l’afflux cathodique; elle est légèrement Inn1i-

neuse, émettant les raies du 111élal de la cathode; sa

place sur la cathode est délern1inée par des circon-

stances assez peu connues.

La stabilité des plages comme celle qui vient d’être

décrite est extrêmement variable. En général, quand

elles se produisent, elles sautent plus ou moins rapi-

dement d une place à une autres, en même temps que le point brillant sur la cathode subit des déplacements correspondants. Quelquefois, ces déplacements sont

si rapides, qu’ils donnent l’impression d’une scintil- lation sur la cathode.

2° Les plages lumineuses de ce genre 111’ ont paru

toujours parfaitement uniforme. Il n’en est pas de mêlne des petites taches. Le plus souvent elles sont a

peu près uniformément éclairées, lnais avec des 11 uc-

tuations d’intensité d’une partie à l’autre de la tache

qui rappelle l’aspect des substances frottées âu phos- phore. De plus il arme parfois que les taches sont annulaires. Leur contour intérieur et eBLérieul’ est alors d’une netteté parfaite et semble un trait lui»1-

neux Bcrt de la largeur de celui que donne la pointe

(l’un crayon; le centre de la tache est parfaitement

obscur. Cette netteté du contour intérieur semble différencier le phénomène de celui qui est bien connu

sur la forme du cône de ra%ons cathodiques émis par

une cathode concave; on constate bien dans ce cas un

renforcement périphérique du faisceau mais non une

(8)

délimitation parfaitement nette comme celle dont il est ici question.

5° Quand on alimente le tube avec une source con-

tinue, commc une machine électrostatique, on con-

state parfois l’apparition d’une lueur renlplissant le

tube et accompagnée d’un bruit scc; il semble que

cette lueur possède la coloration de la décharge

Geissler dans le gaz sur lequel le vide a été fait.

Avec les intensités que fournit la machine électrosta-

tique la luminosité rcstc d’ailleurs très faible. Le

phénomène est instantané. Il ne semble pas modifier l’émission qui correspond aux petites taches. Il faut

sans doute le rapprocher des observations faites ré- cemment par M. Villard sur la décharge par arc dans le vide.

7. En ce qui concerne les circonstances de forma- tion des petites taches, il était d’abord essentiel d’exa- miner si le mode de production des rayuns catho-

diques qui leur correspond est une propriété spéciale

des métaux alcalins. Après avoir découvert le phéno-

mène avec le sodium, j’ai constaté qu’il se produisait également bien avec le potassium, le rubidium et le ceesium 1. Malheureusement, comme chaque essai

nécessite la construction et la préparation, assez déli-

cate, d’un tube, ces expériences sont longues u faire,

Outre les métaux alcalins ,je n’ai pu encore essayer que le zinc, dont la distillation s’effectue très facile- ment dans le vide. Le tube employé était identique à

celui de la figure 4, les électrodes en acier. Le zinc donne le phénomène sous le même aspect exactement, mais d’une manière évidemment moins aisée, c’est-à- dire qu’il est nécessaire d’appliquer au tube un voltage plus élevé. Il sera nécessaire d’essayer l’expé-

rience avec tous les métaux qu’il est possible d’ohte-

nir par distillation dans le vide.

8. Pour montrer d’une manière frappante que le

phénomène des petites taches est bien dîi à des parti-

cules distillées et déposées sur les électrodes, on peut employer un tube en forme d’H, comme

celui de la figure 5. On fait le vide de manière que la

décharge ne passe plus; les deux branches verticales sont obscures. On procède alors à la distillation dans

une des branches, conformément aux indications données plus haut; un grand nombre de taches vertes apparaissent du même coté tandis que l’autre côté reste obscur. Cette forme de tube est particulièrement

commode parce que la dissymétrie des deux branches

persiste pendant très longtemps. Au contraire, avec

un tube droit comme celui de la figure 4 j’ai observé

quc si on scelle le tube alors que la région ders taches

est limitée à la partie voisine de l’arrivée de la vapeur, il y a des taches un peu partout au bout de

1. Je me suis servi de rubidium et de coesium purs prépares

par M. HacLspill au moyen de sa méthode si pratique de réduc-

tion des chlorures par le calcium. Je lui exprime tous mes

remerciements pour l’ohligeance avec laquelle il a mis ses produits à ma disposition.

quelques senaines. Cela est probablement à de

faibles volatilisations successives du métal déposé,

suivies de condensations.

Pour m’assurer encore que le premier rôle revient à des gouttelettes alcalines, j’ai ouvert un tube conte-

nant du sodium et coupe les tubes porte- électrodes;

le tout a été lavé soigneusement à l’alcool et à l’eau, puis les électrodes traitées de la même manière ont été ressoudées, le tube vidé et les parois purgées de

gaz comme auparavant. Le phénomène avait pratique-

ment disparu. Toutefois il restait encore quelques peti-

tes taches très peu nombreuses, comme j’en ai observé

presque toujours quelques-unes avec mes tubes, avant d’y distiller le métal alcalin. Si l’on rapproche ce fait

de la production du phénomène avec le zinc distillé,

on sera conduit à penser que le phénomène peut se

produire avec toutes sortes de particules très peti-

tes, déposées sur la cathode, mais plus ou moins

facilement. C’est ainsi que l’on fait disparaitre lc phénomène en laissant de l’air rentrer dans lc tube,

puis en le vidant de nouveau ; le nombre et la dimen- sion des particules n’a pas dû notablement changer,

mais l’état de leur surface s’est modifié.

9. On a déjà fait remarquer que le phénomène se produit particulièrement bien pour les régions de la

cathode sur lesquelles le dépôt de métal alcalin est si faible qu’on n’en peut vomir aucune trace à l’oeil nu ni

même à la loupe. Les régions de la cathode entière- ment recouvertes de métal alcalin ne donnent généra-

lement qu’un nombre très petit de taches. Le phénomène

ne se produit donc pas avec les grosses gouttes; il faut que la dimension des gouttelettes soit inférieure

à une certaine liniite.

10. J’ai cherché à pousser la raréfaction aussi loin que possible pour essayer d’arriver à faire dispa-

raître le phénomène des taches; à cet effet j’ai em- ployé un tube contenant du sodium et auquel était

soudé un petit tube contenant du charbon de noix de coco; le vide fut fait avec la pompe Gaëde jusqu’à ce

que la jauge de Mac LPod indiquàt une pression

nulle ou du moins non mesurable; il ne devait plus

rester dans le tube que de la vapeur de mercure, et celle, encore moins dense, du métal alcalin.

Le tube contenant le charbon de noix de coco fut alors plongé dans l’air liquide pendant une heure. Le phénomène des taches continua à se produire sans

modification appréciable. Il semble donc que les rayons

cathodiques ainsi obtenus puissent être animés de

vitesses très grandes en appliquant au tube des diffé-

rences de potentiel suffisantes, tout en conservant

dans chaque faisceau une grande densité de courant qui donne beaucoup d’éclat aux petites taches fluores- centes produites sur la paroi, ct facilite les pointés

pour des mesures du rapport e/m.

11. La nature de l’électrode servant de suhstra-

(9)

tum n’est pas sans importance. Les électrodes d’acier donnent toujours très facilement le phénomène. Avec

certains autres métaux, l’aluminium en particulier, je n’ai pu l’obtenir que beaucoup moins beau ; les petites taches étaient plus rares. Je l’ai obtenu égale-

ment, mais moins bien que sur l’acier, avec le cuivre,

le laiton, le zinc, lu nickel. La raison de ces diffé-

rences réside prohablelnent dans la manière différente

dont se produit le contact entre les gouttelettes dépo-

sées et la surface de l’électrode. Peut-être les goutte- lettes s’aplatissent-elles plus facilement sur certains métaux.

12. Pour terminer la description des particularités

que j’ai observées, je signalerai un phénomène, très remarquable dans certains de mes tubes, de prolon- gation de la décharge cathodique par les faisceaux des

petites taclles. Si on supprime la source alilnentant la décharge (bobine d’induction ou machine électro-

statique), et que l’on mette les électrodes du tube en

communication, on constate parfois, en particulier

avec certains tubes, que les petites taches restent

brillantes pendant assez longtemps, une à deux mi-

nutes par exemple. Leur éclat diminue graduellement jusqu’à ce cln’on cesse de les voir. Elles restent pen- dant cette période d’une netteté parfaite. Il ne s’agit

pas d’une cantinualioii de la fluorescence de la paroi,

mais bicn d’une prolongation de l’émission catho-

dique, car les taches continuent à être sensibles à l’aimant. On constate à ce point de vue une augnlen- tation brusque de la déviation magnétique du tiers de

sa valeur environ au moment où le courant d’alimenta- tion cesse, puis la déviation continue à augmenter,

mais faiblement, jusqu’à la disparition des taches. La vitesse des rayons subit donc d’abord une diminution

brusque suivie d’un lent décroissement. Il est très commode de faire l’expérience avec un tube en H.

donnant des taches dans une des branches seulement,

sur laquclle on enfile une hobine parcourue par un courant.

Ce curieux phénomène doit être rapproché d’un phénomène analogue, bien que beaucoup moins bril-

lant, qu’il est souvent possible d’observer dans un

tube ordinaire à rayons cathodiques. J’ai, par exemple, employé un tube classique (fig. 7) destiné à montrer

la fluorescence du rubis sous l’influence des rayons

cathodiques. Si on alimente le tube avec une machine électrostatique en prenant A comme anode et B comme

cathode, le rubis reste obscur; si on réunit les pôles

de la machine, ce qui met en même temps en commu-

nication les électrodes du tube, le rubis s’éclaire tout

à coup d’une manière bien nette, quoique assez faible-

ment ; la fluorescence dure une ou deux minutes ; elle est bien due à un faisceau cathodique parti de

l’électrode A comme on s’en rend compte en faisant

à volonté disparaître et reparaitre la fluorescence en

approchant du tube un aimant. L explication de ce

phénomène parait être celle-ci : pendant le fonction-

nement du tube avec l’électrode A comme anode, des charges positives s’aclumulent sur la paroi de verre jusqu’au voisinage de la

cathode 1. Si on réunit alors les deux électro-

des, ces charges positi-

ves, lentes â se dissiper

à cause de la faible con-

d uelihili té du verre, induisent des charges négatives sur l’électrode A qui fonctionne ainsi

comme cathode tant

qu’il reste des charges positives inductrices sur

la paroi.

Pourtant, dans le cas de mes tubes avec des métaux alcalins, il est

une particularité dont l’explication précédente

ne rend pas compte : Fig. 7.’

toutes les taches d’un

tube ne manifestent pas le phénomène. Ainsi, dans

un certain tube en [1, aucune des taches corres-

pondant à la région inférieure de l’électrode, recou-

verte d’une couche brillante de sodium, ne subsistait après la réunion des électrodes, tandis que les taches

correspondant a la région de l’électrode non recou- verte d’un dépôt visible présentaient le phénonlène

de prolongation sans exception apparente. La manière dont le contact a lieu entre la gouttelette et la surface

de l’électrode doit jouer un rôle.

III

13. Les rayons cathodiques émis par les goutte-

lettes de métal alcalin continuent à se produire même

pour les vides les plus élevés, alors que l’ensemble du tube reste parfaitement obscur, avec les intensités

de courant que j’ai pu employer. Dans ces conditions, il semble tout d’abord que la cause du phénomène

doi’e entièrement différer de celle de la décharge à

travers les gaz, et l’idée vient tout de suite que le phé-

nomène pourrait provenir d’une émission d’électrons par les gouttelettes alcalines ne faisant pas intervenir le gaz ; ces électrons, dirigés et accélérés par le

champ, deviendraient des rayons cathodiques capables

de produire la fluorescence du verre.

Mais, quel que soit, parmi les modes connus

d’én1ission d’électrons ne faisant intervenir que le métal, celui que l’on invoque (effet photo-électrique.

émission spontanée de rayons B lents), on se heurte a

1. Voir, au su,jet de ces charge. les experiences de M. VIL-

LARD. Rendi. della IL Arc. dei L incri, 3 série, 5 1896 377.

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