Le couplage de deux spins ½
La raie à 21 cm de l'atome d'hydrogène Le paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen
Chapitre 13, paragraphes 1 et 3 Chapitre 14, paragraphe 1
mercredi 19 mars 2003
1.
L'addition de deux spins ½
Un système de deux spins ½
électron + proton atome d'hydrogène neutron + proton noyau de deutérium
{
a:±} {
b:±}
On va s'intéresser ici à Espin =Espin( )a ⊗Espin( )b : espace de dimension 4 Système composé :
L'opérateur spin total
ˆ ˆa ˆb ˆa 1ˆb 1ˆa ˆb S!=S! +S! =S! ⊗ + ⊗S!
observable de moment cinétique : Sˆx,Sˆy=i S" ˆz
Nous allons montrer que les résultats possibles lors d'une mesure de S²et Szsont
2 2
ˆ : ( 1)
S " s s+ avec
s =1
s =0
ˆz : , 0,
S " −" m=+1,0,-1
ˆz : 0
S m=0
2.
La structure hyperfine de l'atome d'hydrogène (niveau fondamental)
µ!e µ!p
ˆ ˆ
e e
e
qS
µ! =m− ! ˆp 2, 79 ˆp
p
q S µ! = m ! u!
Le niveau fondamental de l'atome d'hydrogène
( ) ( ) ( ) ( )
externe spin externe spin
e e p p
E ⊗E ⊗E ⊗E
De l'espace des états total, on ne garde que le niveau fondamental :
état lié
fondamental (1s) Ψ1s
( )
r r! !e, p ∝ exp(−r a/ 1)e p
r= r! −r!
2
1 2 0, 053 nm a
=me" ≈
rayon de Bohr
Dégénérescence 4 pour le niveau fondamental Espace des états pour l'électron : Eexterne( )e ⊗Espin( )e
pour le proton : Eexterne( )p ⊗Espin( )p
L'interaction magnétique électron - proton
Rappel de magnéto-statique :
µ!e µ!p
u!
( ) ( )
( )
0
3 3
4 e p e p
W u u
r
µ µ µ µ µ
= π ! ⋅ ! − ! ⋅! ! ⋅!
Ordre de grandeur : r ≈a1=0,053 nm
e 2
e
q µ = m"
2, 79
p 2
p
q
µ = m"
10 5eV 10 eV
W ≈ − # (écart typique entre niveaux d'énergie 1s – 2s) interaction magnétique << interaction coulombienne
2 0
3 e p ( )r µ µ µ δ
− ! !⋅ !
0 13
4
e p
W
a µ µ µ
≈ π
Action de sur le niveau fondamental W ˆ
On doit trouver les états propres de la matrice 4 4×
1s ⊗ e:σe ⊗ p:σp
W ˆ
1s ⊗ e:σ 'e ⊗ p:σ'pLes valeurs propres correspondantes donneront les déplacements des sous-niveaux d'énergie issus du niveau fondamental
Après calcul de la partie orbitale, on se ramène à la diagonalisation de l'opérateur de spin : e:σe ⊗ p:σp e:σ'e ⊗ p:σ'p
ˆ
1H
1 03 2
1
2 ˆ ˆ ˆ ˆ
ˆ
3 e p e p
H A S S
µ µ µa
= − π ! ⋅ ! = ! ⋅ !
"
L'hamiltonien de structure hyperfine
1 2
ˆ ˆ
ˆ e p
H = A S! ⋅S!
" avec A=5,87 10× −6 eV
Diagonalisation de ˆ ˆ
e p
S! ⋅S!
( )
2 2 2ˆ ˆ 1 ˆ ˆ ˆ ˆ
e p 2 e p e p
S S S S S S
⋅ = + − −
! ! ! !
2 2
1 ˆ 3
2S 4
= − "
c'est-à-dire :
2 2
1 2
ˆ 1, 3 1, 1,
4 4
s s s
A A
H s m s m s m
= = − = = =
"
"
"
1
ˆ 0, 0 3 0, 0
s 4 s
H s= m = = − A s= m =
Observation de la raie hyperfine
A / 4 3A / 4 triplet
singulet niveau 1s
Durée de vie du niveau triplet 107ans
Expériences de résonance entre niveaux triplet et singulet
maser à hydrogène: ν =Α/h= 1 420 405 751, 768 4 (17) Hz λ = c/ν= 21,1... cm
A partir des sources astrophysiques :
observation des photons émis par émission spontanée àλ=21cm 5,87 10 6 eV
A= × −
Bras du Sagittaire Carène
Bras Ecu-croix
Bras du Cygne
Bras de Persée Soleil
centre galactique
Notre galaxie
200 milliards d'étoiles
Forme spirale Diamètre :
100 000 années-lumière Epaisseur :
1000 années-lumière
L'hydrogène dans notre galaxie
Entre les étoiles, matière diffuse : 10 % de la masse totale
Dans ce gaz interstellaire, 90% des atomes sont de l'hydrogène 0,3 atome/cm3en moyenne
Nuages de masse comprise entre 0,1 et 1000 masses solaires
Matière pour la formation de nouvelles générations d'étoiles
Observation de la raie à 21 cm
On observe avec des radio-télescopes la raie émise à 21 cm par ces nuages
Effet Doppler :
température : 20 à 100 Kelvins vitesse moyenne (jusqu'à 250 km/s) Effet Zeeman : champ magnétique local
Le message de Pioneer
3.
Le paradoxe Einstein – Podolsky - Rosen
Les propriétés étonnantes des états intriqués
( )
1 : : : :
2 a + ⊗ b − − a − ⊗ b + comme l'état singulet :
L'indéterminisme de la mécanique quantique
( )
1
2 + + − +
−
Indéterminisme équivalent à celui d'un tirage à pile ou face ?
Non : il ne résulte pas d'une mauvaise connaissance des conditions initiales ou du mouvement ultérieur
Einstein : "Dieu ne joue pas aux dés"
Une théorie déterministe donnant les mêmes résultats que la mécanique quantique peut-elle exister ?
Expériences à une particule :on ne peut pas conclure Expériences à deux ou plusieurs particules
Systèmes corrélés en physique quantique
On considère deux sous-systèmes Aet B:
{ }
αi{ }
βjEtat du système total : ,
,
i j i j
i j
γ α β
Ψ =
∑
⊗Etat corrélé ou "intriqué" s'il ne peut pass'écrire : Ψ = ψA ⊗ ϕB
Version de Bohm du paradoxe EPR
a!
b!
Alice Bernard
Etat singulet de spin : 1
(
: : : :)
2 e + ⊗ p − − e − ⊗ p +
e- p+
Corrélations entre Alice et Bernard
Etat singulet : 1
(
: : : :)
2 e + ⊗ p − − e − ⊗ p +
Alice a une probabilité +1/2 de trouver dans sa mesure de ±"/ 2 Se z,
Si Alice trouve , l'état du système après sa mesure est +"/ 2 e:+ ⊗ p:− Bernard est alors certain de trouver dans sa mesure de −"/ 2 Sp z,
Si Alice trouve , l'état du système après sa mesure est −"/ 2 e:− ⊗ p:+ Bernard est alors certain de trouver dans sa mesure de +"/ 2 Sp z, Corrélation totale entre le résultat d'Alice et celui de Bernard
L'argument E.P.R.
"Lorsque, sans perturber en quoi que ce soit un système, nous pouvons prédire avec certitude (c'est-à-dire une probabilité de 1) la valeur d'une quantité physique, alors il existe un élément de réalité physique correspondant à cette quantité physique."
"Il faut donc abandonner l'une des deux assertions :
• La description au moyen de est complète
• Les états réels de deux objets séparés sont indépendants l'un de l'autre"
Ψ
Mais la mécanique quantique ne fournit aucun "élément de réalité physique" associé àSpzpour un système dans l'état singulet :
( )
1 : : : :
2 e + ⊗ p − − e − ⊗ p +
L'argument de Bell (1964)
Une théorie plus complète que le mécanique quantique fournira pour chaque paire électron - proton un paramètre λ∈ Λ
Hypothèse : λdétermine entièrement le résultat des mesures d'Alice et Bernard. Il existe une fonction donnant le résultat d'AliceA
( )
λ,a!( ) ( )
( )
/ 2 si
, / 2 si
A a a
a λ λ
λ −+
+ ∈ Λ
=− ∈ Λ
" !
! !
" avec Λ = Λ+
( )
a! Λ−( )
a!∪ De même pour Bernard : B
( )
λ,b!Localité : A
(
λ, ,a b! !)
La fonction de corrélation
E a b( )
!,!Alice et Bernard disposent de Npaires e-p+ Pour chaque paire :
Alice mesure la composante de selon S!e a! Bernard mesure la composante de selon S!p
b! Ils font le produit de leurs résultats : p= ± "2/ 4
Ils moyennent ensuite ce produit sur les Npaires :
( )
, 2/ 4 E a b! ! = p
"
Remarques : E a b
( )
!,! ≤1Si , alors a!=b! E a b
( )
!,! = −1Le théorème de Bell
Pour une théorie à variables cachées, la quantité
( ) ( ) ( ) ( )
, , ' ', ' ',S=E a b! ! +E a b! ! +E a b! ! −E a b! ! vérifie S ≤2
2
( , ) 4 ( , ) ( , ) ( )
E a b! ! ="
∫
Aλ a B! λ b P! λ λd P( )λ inconnue( , ) ( , ) ( , ) ( , ') ( , ') ( , ') ( , ') ( , ) A λ a B! λ b! +Aλ a B! λ b! +A λ a! B λ b! −A λ a! B λ b!
{ }
( , ) ( , ) ( , ')
A λ a! B λ b! +B λ b! A( , ')λ a!
{
B( , ')λ b! −B( , )λ b!}
0 ou
2/ 2
±"
2/ 2
±"
ou 0
( , ) , ( , ) / 2 Aλ a! B λ b! = ±
"
Prédiction de la mécanique quantique pour l'état singulet et le choix d'angles ci-contre :
2 2 S= −
L'expérience (A. Aspect, P. Grangier, G. Roger & J. Dalibard) a tranché en faveur de la mécanique quantique.
a!
' a! b!
' b! La prédiction quantique
( , )
E a b! ! = − ⋅a b! !
(à montrer en exercice)
Violation de l'inégalité de Bell !!!S ≤2
Les expériences d'Orsay (1)
f (J= 0) e1 (J= 0, τ = 15 ns)
Laser
e2 (J= 1, τ = 5 ns)
Cascade atomique (calcium)
Etat de polarisation de la paire de photons :
( )
1 : : : :
2 a b a b
Ψ = ↑ ⊗ ↑ + → ⊗ →
λa= 551 nm λb= 422 nm
Les expériences d'Orsay (2)
Compteurs
PM A+
PM A−
PM B+ PM B−
Sexp=2,697 (15) Stheo M.Q.=2,70 Triomphe de la mécanique quantique
Défaite des théories à variables cachées locales Source