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Étude du rayonnement de quelques oxydes

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HAL Id: jpa-00240852

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00240852

Submitted on 1 Jan 1903

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Étude du rayonnement de quelques oxydes

Ch. Féry

To cite this version:

Ch. Féry. Étude du rayonnement de quelques oxydes. J. Phys. Theor. Appl., 1903, 2 (1), pp.97-108.

�10.1051/jphystap:01903002009700�. �jpa-00240852�

(2)

97

ÉTUDE DU RAYONNEMENT DE QUELQUES OXYDES ;

Par M. Ch. FÉRY (1).

I. L’emploi de certains oxydes, amenés à l’incandescence par des brûleurs appropriés, s’est très généralisé durant ces dernières

années. Les nombreuses expériences qui ont été faites sur ce sujet, en vue d’obtenir des 1nanchons réunissant les qualités requises, ont montré qu’il était le plus souvent nécessaire de faire un mélange de ces oxydes dans des proportions bien déter- minées.

-

A l’un des oxydes employé en grande quantité, et qui joue le

rôle de support, on ajoute un second oxyde en proportion minime (1 à 2 0/0).

Chose curieuse, chacun de ces deux corps ne semble présenter

seul aucune aptitude à produire de la lumière. Dans le mélange le plus généralement employés, l’oxyde support est la thorine à la dose de 98,7 0/0; l’oxyde radiant est la cérite, 1,3 0/0.

Les intensités lumineuses de trois manchons faits respectivement

en cérite et mélange, et fonctionnant sur le même brûler thorine, dépensant 100 litres à l’heure, sont :

Des résultats analogues sont obtenus par le mélange approprié

d’alumine et d’oxyde de chrome, très employé en Angleterre (bec

Sunlight).

,

Ce travail a été entrepris dans le but d’expliquer ce singulier phénomène et d’arriver ainsi à faire un essai de théorie des man-

chons incandescents.

II. Bien que la notion de re>idenzent en optique soit lJeaucpup

moins nette que dans la plupart des autres parties de la physique,

on peut prendre, pour l’exprimer, le rapport entre l’énergie rayon- (1) Communication faite à la Société française de physique : Séance du 16 jan- vier 1903, et Résumé d’un i»én>oire plus étendu ayant pour titre -

caloJ’ifique et lumineux de quelques oxydes (Gauthier-Villars), 1902; et An>iales Thèse de doctorat de la Faculté des Sciences de Paris.

? re C/, Thèse de doctorat de la Faculté des Sciences de Paris.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:01903002009700

(3)

98

née par le corps sous forme de chaleur lumineuse (0~,4 à 0~,6) et l’énergie calorifique totale.

Les méthodes du calorimètre à parois de verre et de la pile thermo- électrique, avec et sans interposition de cuve d’eau, réalisent grossiè-

rement la mesure de ces deux énergies.

Malheureusement, la quantité de chaleur qui représente l’énergie

lumineuse du spectre est si faible que sa mesure directe est bien peu précise; d’autre part, l’emploi de l’eau comme écran dans ces

deux méthodes suppose que ce liquide absorbe toutes les radiations

calorifiques.

On pourrait aussi employer un spectromètre; mais cette détermi-

nation ne serait elle-même pas correcte, car faut-il arrêter le spectre lumineux dont on veut mesurer l’énergie totale? Les diffé- rentes parties de ce spectre impressionnent d’ailleurs très différem- ment l’oeil et les appareils bolométriques.

Il m’a semblé qu’il valait mieux, dans ce cas spécial, déterminer photométriquement l’intensité lumineuse versée par unité de surface de la matière étudiée; je dirai plus loin comment cette mesure a été faite.

III. J’ai divisé mon travail en deux parties principales : dans la première, j’ai déterminé le rayonnement calorifique total des corps suivants en fonction de la température :

1 ° Une enceinte fermée construite au moyen d’un corps noir

réfractaire ;

~~° Le corps noir formant l’enceinte précédente;

3° Le charbon de cornue ;

~° L’oxyde de chrome ;

5° Le platine ;

_

6° La chaux ;

.

7° La magnésie ;

.

_

8° L’oxyde de zirconium ;

9° L’oxyde de lanthane ;

~.0° L’oxyde de thorium ;

110 L’oxyde de cérium;

_

12° Le mélange des deux précédents (mélange Auer).

Dans la seconde partie, j’ai déterminé le rayonnement lumineux des mêmes matières pour une longueur d’onde unique, choisie au

milieu du spectre lumineux, et représentant sensiblement la loi du rayonnement pour la région étroite du spectre d’émission total pour

laquelle notre oeil est sensible.

"

(4)

99 Il est facile alors d’exprimer, en fonction de la température, le

nombre de carcels par 1;att rayonnés par ces différents corps ;

ce rapport, qui exprime le r ende1nent optique de ces diverses ma- tières, est évidemment proportionnel au rendement, tel qu’il a été

défini

.

précédemment, K = W rapport de l’énergie dans la partie

t Pp

lumineuse du spectre à l’énergie totale.

IV. Le chauffage de l’enceinte fermée qui constitue le premier

corps rayonnant que j’ai étudié a été réalisé au moyen d’une spirale

de platine ; ce mode de chauffage très commode a déjà été employé

souvent dans des recherches physiques très délicates (1); il m’a permis d’atteindre facilement la température de 1 ~00°. La matière même du tube sur lequel était enroulé le fil de platine était du corin-

don artificiel aggloméré par des traces de silicate de potasse.

Ce premier tube était placé au centre d’un second tube en terre réfractaire ordinaire, et la partie annulaire était remplie de magné-

sie servant d’isolant calorifique.

La est une coupe demi-grandeur de ce four ; au centre, un

petit bloc de corindon, dans lequel était noyée la soudure d’un couple

Le Châtelier, constituait la surface rayonnante.

Les oxydes ont été chauffés au moyen de la flamme d’un bec

Berzélius, sorte de bec Bunsen dans l’axe duquel on peut lancer un jet d’oxygène et qui permet de réaliser des flammes très diverses.

La nature de la flamme fait varier en effet dans des proportions

(1) Pierre CURIE, J. de Pltys., 3e série, t. IV, p. 197 et 263; 1895;

-

Daniel

BERTHELOT, C. Ii., t. CXX, p. 831 ; 1895.

(5)

100

énormes, et cela à une même température, le pouvoir émissif de cer-

tains oxydes.

-

Alin d’obtenir une plus grande uniformité de la température, les oxydes, comprimés sous forme de petits cylindres, étaient mis en

rotation au milieu de la flamme par un moteur électrique (flu. 2).

Un trou percé dans l’axe du cylindre d’oxyde livrait passage à un

couple Le Chatelier dont les indications étaient transmises à un

galvanomètre au moyen de balais frottant snr les bagues et b.

FIG. 2.

ltTes2cre du

-

Je me suis arrèlé à la pile thermo- électrique comme appareil de mesure pour déterminer le rayonne- ment total ; cependant la forme ancienne, présentant trop de masse,

n’est pas applicable à des mesures galvanométriques ordinaires ;

d’autre part, la grosse section des barreaux employés autrefois réduit

considérablement, par conductibilité calorifique., la différence de tem-

pérature entre les deux soudures.

Après quelques essais, j’ai choisi comme corps thermo-électriques

le fer et le conslantan ; on peut obtenir facilement des fils de ces

métaux ayant Omm ,03, et il est possible, par une attaque à l’acide

azotique très étendu, d’amener le diamètre à ne plus être que de

Om~,003. ~

- ..

Le couple unique constituant la pile thermo-électrique qui m’a

servi a été monté avec ces fils de la manière suivante : Les deux fils

sont tendus à angle droit sur deux disques de métal A et B (py. 3),

auxquels on les soude par leurs extrémités. Les deux disques sont

(6)

101 alors fixés sur un support isolant a, all moyen des deux bornes b et b’;

pour réunir électriquement les fils du couple, il suffit de glisser entre

eux un petit disque d’argent préalablernent étamé et d’approcher de

ce disque un fil rougi ; la soudure se produit.

Fm.3.

Après un nettoyage à l’alcool qui élimine les produits ayant servi

à effectuer la soudure, on noircit le côté de la plaquette d’argent

soumis au rayonnement.

Afin d’augmenter les déviations galvanométriques, et surtout dans le but de pouvoir effectuer des pointés sur le corps chaud, j’ai en1ployé une lentille de concentration en fluorine, dont j’ai mesuré

le coefficient d’absorption pour quelques températures. Ces mesures,

faites au moyen d’un microradiomètre, ont montré qu’à partir de 900°

l’absorption devient proportionnelle à la quantité de chaleur; elle ne

fait que réduire de 1/10 environ la sensibilité de l’instrument.

Celui-ci prend donc la forme d’une lunette à objectif en fluorine,

dont le réticule est constitué par les deux fils du couple.

L’expérience m’a montré qu’ainsi réalisée la lunette présente le

défaut de donner des indications qui, pour une même température, dépendent des dimensions de la source. Pour remédier à cet incon- vénient, il suffit de disposer devant les fils du couple un écran en

forme de croix, dont les bras c, c, c, c, les masquent en laissant

seule la soudure découverte. C’est en effet à l’échauffement d’une

longueur variable des fils du couple qu’il faut attribuer le fait que je

viens de signaler.

Pour éviter que les mesures ne dépendent de la distance du corps

rayonnant, qui doit être mis au point, on dispose, ci une distance fixe

(7)

102

de la soudure, un diaphragme tel qu’il masque déjà légèrement les

bords de l’objectif pour le plus long tirage qu’on doit donner à la lunette.

Mesure clu rayonnement

-

Les mesures ont été faites

en lumière monochromatique verte, qui représente bien, d’après

M. Crova, la moyenne des radiations lumineuses (O!J.,4 à qui i

constituent le spectre lumineux.

J’aurais pu employer pour ces mesures un spectre-photomètre ;

mais les nombreux milieux interposés entre 1’oeil et la source lumi-

neuse, la présence de la fente étroite du spectroscope, et surtout

l’étalement du spectre affaiblissent tellement l’intensité de la lumière que les mesures ne pourraient commencer qu’à une température très

élevée.

La méthode que j’ai employée est très simple et ne nécessite

aucun appareil coûteux. On mesure, en armant l’oeil d’un écran coloré convenable (’), l’intensité lumineuse d’une lampe à incan-

descence à différents régimes; comme cette lampe n’est jamais

elle reprend très exactement le même éclat pour le même

wattage. Connaissant la surface du filament (2), il est possible de

calculer le nombre de carcels par centimètre carré que rayonne le fil à chaque régime électrique.

Fm. 4.

La lampe étant ainsi étalonnée, si l’on produit dans le plan du fila-

ment l’image réelle du corps rayonnant, il sera facile, en examinant

cette image sur laquelle se découpe le fil, de faire disparaitre ce

(1) Cet écran est obtenu par la superposition de deux verres verts, l’un ordi- naire, l’autre à base d’urane; il laisse passer

une

bande très étroite, 0~,~6.

(2) Par

une

reproduction photographique et

en

prenant des précautions pour

se

mettre à l’abri des phénomènes d’irradiation.

(8)

103 dernier en agissant sur le rhéostat de réglage. A ce moment, l’éclat

du charbon de la lampe sera le même que celui du corps chaud pour la longueur d’onde que laisse passer l’écran absorbant placé devant

l’oeil.

La lig. 4 donne le montage de l’expérience ; le corps rayonnant

est ici le petit four électrique décrit précédemment; le rhéostat B est constitué par un petit bac d’accumulateur renfermant de l’eau acidulée sulfurique; l’ajustement photométrique s’obtient très facile-

ment en faisant varier la distance des deux électrodes a et a’. Il est nécessaire de faire subir une petite correction à ces résultats, car les

rayons du corps chaud traversent deux surfaces vitreuses de plus que

ceux qui proviennent de la lampe.

Cette méthode est très sensible et m’a fourni d’excellents résul-

tats ; je me suis servi de variantes de ce dispositif dans plusieurs

autres parties accessoires de ce travail, qui ne peuvent trouver place

ici.

Résultats

-

Les mesures en chaleur et en lumière m’ont permis de vérifier, entre 900° et 1 5000, la concordance abso- lue des lois de Stefan et de Wien. La source rayonnante était le four électrique à résistance de platine.

La première loi, R = a (T

-

t’~), s’applique au rayonnement calo-

rifique ; elle donne la valeur de ce rayonnement R en fonction des

températures absolues T et t du corps noir rayonnait et de la sou- dure thermo-électrique. Une extrapolation de la loi de Stefan m’a

permis de mesurer la température du cratère positif de l’arc élec-

trique(’); j’ai trouvé ainsi 34901, résultat qui m’a semblé indépen-

dant de la pureté du charbon, les matières étrangères étant volatili-

sées dans la zone plus froide qui entoure ce cratère.

!1-

K

J’ai fait une extrapolation analogue de la loi de Wien, R’

=

Ke T ,

@

dans laquelle R’ est le rayonnement lumineux pour une longueur

d’onde déterminée, T la température absolue, K et K’ des constantes dépendant de la longueur d’onde choisie et des conditions de l’expé- rience ; e est la base des logarithmes népériens.

J’ai ainsi trouvé, pour l’arc, ~8i0° (a) ; cette divergence doit être

attribuée à ce que le charbon, à cette température, ne fonctionne plus

comme un corps parfaitement noir.

. (1) C. R., 28 avril 1902.

°

’-

(2) C. R., 26 mai 1902.

(9)

104

Les autres corps noirs étudiés

-

charbon, corindon et oxyde de

chrome

-

satisfont bien à la loi de Stefan ; cependant, le coefficient a de la formule a été de 8 0/0 environ plus élevé; ceci s’explique par

une erreur systématique sur la mesure de la température. Dans le

cas du four électrique, la température de la surface rayonnante est

bien celle indiquée par le couple ; il n’en est plus de même pour les

oxydes, dont la surface, directement frappée par la flamme, est à une température supérieure de 50° environ à celle du centre mesurée

par le couple. Cette erreur de ~0° sur 15001, soit 3,3 0/0, donne des divergences notables sur le rayonnement calorifique, et encore plus

sur le rayonnement lumineux. Au voisinage de 15001, ce dernier croît sensiblement, pour les corps noirs, comme la 15" puissance de

la température absolue.

Cette remarque montre tout le parti qu’on pourra tirer de ces lois pour la déterlnination de températures inaccessibles par les procédés ordinaires, une erreur sur le rayonnement n’entraînant que des

divergences très faibles du facteur à mesurer.

On peut représenter graphiquement et très simplement les résul-

tats obtenus pour le rayonnement calorifique, en portant en abscisses

les températures absolues et en ordonnées les logarithmes du rayon-

nement. Les corps qui suivent une loi en R .- a T~ donnent évidem-

ment des droites.

,

On peut trouver également une représentation de ce genre pour le rayonnement lumineux, si l’on adopte la formule de ’Vien. Il suffit

en effet de porter en abscisses l’inverse de la température absolue

et en ordonnées le logarithme du rayonnement pour retrouver une droite.

Ces modes de représentation graphique ont l’avantage de montrer

immédiatement les points singuliers, s’il s’en trouve, mettant ainsi

en évidence des variations d’état moléculaire des oxydes chauffés.

Tels sont : la magnésie, l’oxyde de thorium, de zirconium. Pour d’autres oxydes, au contraire, on a affaire à des courbes présentant quelquefois des points d’inflexion, qui montrent que les formules

précédentes sont impuissantes à représenter le phénomène.

Mais je veux attirer plus particulièrement l’attention sur l’influence considérable exercée par la nature de la flamme sur la grandeur du rayonnement. A une même température, le rayonnement de certains

oxydes variera du simple au double, suivant le réglage du chalumeau.

A la même température de 1200°, par exemple, on trouvera avec

(10)

105

l’oxyde de thorium et celui de cérium les résultats suivants pour le

rayonnement calorinque :

Des résultats du même genre sont observables en lumière, bien qu’étant quelquefois en sens contraire des précédents. Ainsi,

à 1000% l’oxyde de cérium rayonne en flamme oxydante 0,0105 car- cel par centimètre carré et en flamme réductrice 0,003 seulement.

De même le mélange Auer à ~.300° rayonne en chaleur :

En lumière, et à la même température, on trouve :

Le rapport entre les rayonnements lumineux et calorifique de chaque oxyde à uine même température donne le rendement optique

à la température considérée; il met en évidence le choix heureux du mélange d’oxydes servant à la fabrication des manchons indus- triels.

,

Essai de théorie des 1nanchons incandescents.

-

Parmi tous les corps étudiés, l’oxyde de cérium est celui qui présente le plus grand

rayonnement calorifique ; à 1200’), la déviation du galvanomètre qui

mesure ce rayonnement était de 404 millimètres, lorsque l’oxyde de chrome, qui fonctionne à la façon d’un corps noir, ne donnait que 33~ millimètres.

Après m’être bien assuré de ce résultat, en répétant cette expé-

rience sur un cylindre de cérite à demi recouvert d’oxyde de chrome, j’ai cru pouvoir l’expliquer par les propriétés condensantes de la

cérite, qui fait exploser un mélange détonant, à la façon de la mousse

de platine.

Il suffit que la température de la surface ne soit pas tout à fait uniforme pour que la mesure du rayonnement soit faussée. Il est

facile, en effet, de comprendre que le couple, placé au centre du

cylindre, donne la température moyenne de ce dernier ; mais on n’est

plus en droit de prendre des moyennes, en ce qui concerne le rayon-

nement représenté par la quatrième puissance de la température

(11)

106

absolue. C’est cependant ce que fait la lunette. Ce point admis, il

reste à expliquer pourquoi ce corps, dont la couleur est d’un blanc

jaunâtre à froid, présente un tel pouvoir émissif à haute tempé ra-

ture.

J’ai pensé qu’il présentait peut-être un phénomène analogue à l’oxyde de zinc, qui, on le sait, prend une teinte jaune vers 4000. S’il

en est ainsi, et si l’oxyde de cérium devient noir à haute tempéra-

ture, il ne doit plus diffuser, comme il le fait à froid, les rayons lumi-

neux qui viennent le frapper.

L’expérience a été faite de la façon suivante : Sur un manchon

préparé avec de l’oxyde de cérium seul, on fait tomber, au moyen d’une lentille, l’image de l’arc électrique ; on photographie le man- chon, qui sert ainsi d’écran pour l’image de l’auc.

L’expérience est ensuite recommencée tout à fait dans les mêmes

conditions, mais le bec supportant le manchon étant allumé. On remarque que, sur ce second cliché, l’image de l’arc est beaucoup plus faible que dans la première expérience. Le manchon, ne fournis-

sant que des radiations de grande longueur d’onde, n’impressionne

pas la plaque 5).

Cette expérience est très instructive; elle montre d’une façon

indiscutable que la cérite en flamme réductrice (toujours réalisée

par les briîleurs ordinaires) devient noire à haute température.

(12)

107 D’ailleurs l’oxyde de cérium peut être remplacé par une foule de corps à grand pouvoir émissif; on a essayé, dans ce but, le noir de platine, l’oxyde d’argent, l’oxyde de chrome, etc., qui tous com- muniquent à l’oxyde support de thorine les propriétés du mélange

Auer.

Reste à expliquer l’importance si grande des proportions à obser-

ver entre les deux oxydes.

L’oxyde de thorium seul n’éclaire pas, parce que son pouvoir

émissif en lumière est très faible : .°,225 carcel par centimètre carré à ~~.09°. Cependant, placé dans la flamme, il doit atteindre une

température très élevée, son pouvoir émissif pour la chaleur étant faible également: à 1400°, le rayonnement calorifique ne donne qu’une

déviation de 69 millimètres au galvanomètre. Or la température que prend un corps chauffé dans une flan1n1e dépend énormément de ce

pouvoir émissif.

L’oxyde de cérium seul ne peut non plus fournir de lumière, bien

que son pouvoir émissif soit bien plus grand que celui du thorium ;

son rayonnement calorifique est, en effet, si intense que l’apport de

chaleur de la flamme, limité par la température mème du gaz et

sa vitesse, ne peut l’amener à un équilibre thermique élevé.

A ~ ~00°, le rayonnement calorifique de l’oxyde de cérium est déjà représenté par 404, tandis que l’oxyde de thorium ne donne que 38 millimètres.

Ces remarques font immédiatement comprendre les rôles bien différents de l’oxyde support et de l’oxyde radiant. Les pouvoirs

émissifs calorifique et lumineux du premier sont négligeables à côté

de ceux du second. En y ajoutant le second oxyde, on lui donne les

qualités qui lui manquent : à chaque addition nouvelle d’oxyde

radiant correspond en quelque sorte une augmentation de la surface émissive du manchon (si nous négligeons le rayonnement propre du

premier oxyde) ; mais il se produit aussi un abaissement de la tem-

pérature du manchon. Les meilleures proportions sont celles pour

lesquelles le produit de la surface active du cérium par son pouvoir

émissif pour la longueur d’onde considérée est le plus grand.

Ceci montre que les proportions doivent être mo difiées suivant les applications, et un bec destiné aux usages photographiques

devra être moins chargé en cérium qu’un bec servant à l’éclairage

ordinaire.

La largeur des mailles et le diamètre des fils du manchon jouent

(13)

108

aussi un grand rôle, en modifiant la vitesse du courant gazeux. Cc

facteur, dont on semble ne pas se préoccuper assez, a en effet une grande importance sur la température limite atteinte par le man- chon. Les ’ gaz présentent une certaine viscosité, et la convection

sera d’autant plus active, et par conséquent la température plus éle- vée, que les mailles seront plus larges et les fils plus fins. On aug- menterait très certainement le rendement des manchons, qui est

d’ailleurs déjà très satisfaisant, en s’écartant du modèle courant dans le sens indiqué. On pourrait à ce moment augmenter un peu la dose de cérium. Mais les exigences de la pratique sont multiples,

et il faut faire intervenir aussi les qualités de résistance mécanique incompatibles avec des fils trop fins.

INFLUENCE DE LA VITESSE DE CHARGE D’UN EXCITATEUR SUR L’ALLONGEMENT DE SA DISTANCE EXPLOSIVE PAR LES RAYONS ULTRA-VIOLETS;

Par M. R. SWYNGEDAUW (1).

J’ai annoncé antérieurement (2) que la lumière ultra-violette allonge

la distance explosive d’un excitateur beaucoup plus dans une charge rapide que dans une charge lente.

J’énonçais ce fait en disant que la lumière ultra-violette abaisse les potentiels explosifs dynamiqucs beaucoup plus que les poten- tiels explosifs statiques ; cette loi se trouvait parfois en défaut.

Pour me rendre compte de ces contradictions, je fus amené après quelques tâtonnements à attribuer cette différence d’action à une

différence de vitesse de charge de l’excitateur. En effet, par défini-

tion, la charge dynamique est rapide, le potentiel varie très rapide-

ment, la charge statique est lente, le potentiel varie lentement. Le caractère fondamental qui distingue les deux modes de charges

d 1. d

..

d

.

1 dV

est donc la vitesse de variation du potentiel di-

p dt

Si, d’autre part, on considère que l’action des rayons ultra-violets

se fait sentir en un temps notablement plus court que la décharge employée, on est conduit à énoncer la proposition suivante :

(1) Communication faite à la Société fi°ancaise de Physidue : Séance du 22

no-

vembre 1902.

(2) C. R., 20 janvier 1896.

Références

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