HAL Id: jpa-00233806
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Le comportement dans une atmosphère gazeuse des
rayons de recul de désintégration α
André Berthelot, Tosiko Yuasa
To cite this version:
96
[6] W. KUHN, Zeits. für Physikalische Chemie, B, 1929, 3, p. 14. [7] R. LUCAS, C. R. Acad. Sci., 1926, 182, p. 1022;
Annales de Physique, 1928, 9, p. 450.
[8] M. BORN, Proceedings of the Royal Society of London, A,
1935, 150, p. 84. 2014 E. U.
CONDON, Reviews of Modern
Physics, 1937, 9, p. 432. 2014 H. HOEK, Physica, 1941, 8, p. 209.
[9] W. KUHN, Zeits für Physik. Chemie, B, 1935, 30, p. 356. [10] T. M. LOWRY et J. O. CUTTER, Journal of the Chemical
Society, 1925, 127, p. 604.
[11] T. M. LOWRY et H. S. FRENCH, Journal of the Chemical
Society, 1924, 125, p. 1921.
[12] G. BRUHAT et P. GUÉNARD, C. R. Acad. Sci., 1936,
203, p. 784; Revue d’Optique, 1936, 15, p. 375. [13] J. 0. CUTTER, H. BURGESS et T. M. LOWRY, Journal
of the Chemical Society, 1925, 127, p. 1260.
[14] A. COTTON, C. R. Acad. Sci., 1895, 120, p. 989 et 1044;
Annales de Chimie et de Physique, 1896, 8, p. 347.
[15] T. M. LOWRY et H. K. GORE, Proceedings of the Royal
Society of London, A, 1932, 135, p. 13.
[16] J. P. MATHIEU et J. PERRICHET, Journal de Physique,
1936, 7, p. 138.
[17] W. KUHN et E. BRAUN, Zeits für Physik. Chemie, B,
1030, 8, p. 281.
[18] T. M. LOWRY et H. HUDSON, Phil. Transac. of the Roy. Soc. of London, A, 1934, 232, p. 117.
[19] G. BRUHAT, Annales de Physique, 1915, 3, p. 232 et 417,
et 1920, 13, p. 25.
[20] W. KUHN et H. L. LEHMANN, Zeits. Elektrochem., 1931,
37, p. 549; Zeits. für Physik. Chemie, B,
1932,
18,p. 32.
[21] H. VOLKMANN, Zeits. für Physik. Chemie, B, 1930, 10,
p. 161.
[22] C. B. ALLSOPP, Proc. of the Roy. Soc. of London, A, 1934, 146, p. 307.
[23] R. SERVANT, C. R. Acad. Sci., 1940, 211, p. 641.
LE COMPORTEMENT DANS UNE
ATMOSPHÈRE
GAZEUSE DES RAYONS DE RECUL DEDÉSINTÉGRATION 03B1
Par M. ANDRÉ BERTHELOT et Mlle TOSIKO YUASA. Laboratoire de Chimie nucléaire,
Collège
de France, Paris.Sommaire. 2014 On étudie à la chambre de Wilson à très basse pression les trajectoires données
par les atomes de recul produits par les désintégrations de An et Ac A. Le phénomène de choc atomique est spécialement examiné et la section efficace correspondante est trouvée égale à 10-17 cm2. L’examen
des atomes d’hydrogène projetés permet d’établir la relation vitesse-parcours des protons de très faible
énergie. Enfin le rôle possible des microgouttelettes d’eau dans un certain nombre de phénomènes
observés est discuté.
La traversée de la matière par des
particules
plus
lourdes que le noyaud’hélium,
animées degrandes
vitesses,
est unproblème
dont lesphysiciens
s’étaient jusqu’à
présent
relativement peupréoccu-pés.
Cependant, depuis
la découverte de larupture
du noyau d’uranium en deux
fragments projetés
avec une
grande
vitesseinitiale,
laquestion
duparcours de semblables
particules
s’estposée
ànouveau et
quelques
travauxthéoriques
ouexpé-rimentaux
[i] ont
été récemmentpubliés
à cesujet.
De ces travaux, il résulte que la
perte
d’énergie
sefait surtout par le processus usuel d’ionisation et d’excitation tant que la vitesse de la
particule
estassez
grande,
mais,
qu’au
f ur et à mesure de sonralentissement
apparaît
un autre processus dontl’importance
dans laperte
d’énergie
finit par devenirconsidérable : la
projection
d’atomes de la substance danslaquelle
a lieu le mouvement.En
1g34,
M. Joliot avaitpublié
une étude[2]
sur le
comportement
dans uneatmosphère
gazeusedes noyaux de recul
produits
par ladésintégration
ades émanations
radioactives,
et avaitdéjà
mis enévidence le rôle
joué
par cesprojections
d’atomesdans le ralentissement de semblables
projectiles.
Les
phénomènes
observés dans ces conditions doiventêtre
analogues
à ceuxqui
seproduisent
en fin deparcours des
fragments
de fission. Eneffet,
la vitesse initiale de ceux-ci est environ4~
foisplus
grande
que celle du noyau de recul de l’actinon parexemple.
Nous avons
repris
lesexpériences
de M.Joliot,
pour essayer de
préciser
les différentsaspects
de cephénomène
deprojection atomique.
1.
Dispositif expérimental. -
On utilise lachambre de Wilson à basse
pression
construite par M. Joliot[3]
etqui
avait servi au travailprécité.
La difficulté de ce genre de travail consiste à obtenir
des
photographies présentant
une bonne définitionet propres à être mesurées.
Étant
donné le faible parcours des rayons de recul et des atomesprojetés,
il y a intérêt à ce que lapression
soit aussi basseque
possible.
Le gaz
qui emplit
la chambre est constitué par de la vapeur d’eau sous sapression
de vapeur saturante à latempérature
ambianteauquel
onajoute
de l’airpour obtenir la
pression
désirée. Comme M. Joliot l’avaitdéjà signalé,
ledegré
de détenteaugmente
beaucoup lorsque
lapression
devient très basse.De
plus,
nous avons observé que pour unepression
totale
donnée,
ledegré
de détente est d’autantplus
faible que latempérature
ambiante estplus
basse,
ou, ce
qui
revient au même,qu’il
y a moins de vapeurd’eau dans le
mélange.
Comme cequi
nous limitevers les basses
pressions
estl’augmentation
dudegré
de détente
qui
nepeut
dépasser
certaines limitesqu’imposent
les dimensions del’appareil,
on voitqu’on
a intérêt à travailler à bassetempérature.
Pratiquement,
les clichés dont il seraquestion
dans cette
étude,
ont étépris
avec unepression
initiale de 18 mm, soit 12 mm de vapeur d’eau
et 6 mm
d’air,
latempérature
extérieure étant C. Lerapport
de détente est alorségal
à 2, ~5. Enprofitant
de certainsjours
particulièrement
froids,
quelques
clichés ont étépris
avec le mêmerapport
de détente et une
pression
initiale de 15 mm. On constate sur ces derniers que lestrajectoires
sont beau-coupplus
fines,
cequi
facilite l’examen des clichés’ Il y a lieu de remarquer que le fonctionnement à aussi bassepression
est assez délicat et,qu’en
parti-culier,
la chambre est très sensible aux variationsde
température.
A cause de réchauffement dûaux
lampes d’éclairage,
il est bon deménager
desarrêts
fréquents
pour laisser se rétablirl’équilibre
de
température.
L’éclairage
de la chambre a été amélioré parl’emploi
delampes
à filamentrectiligne
largement
survoltées. Une
ampoule
dutype
110 V-iooo Wet deux
ampoules
dutype
110 V-5oo W sontdispo-sées autour de la
chambre,
les filaments étant situésau
foyer
de lentillescylindriques qui
donnent unfaisceau
émergeant
horizontal. Les troislampes,
réunies en dérivation(fig.
1)
sont connectées ausecteur alternatif 220 V par l’intermédiaire d’une
résistance et d’une self à fer de valeur
ajustable.
Un courantpermanent,
insuffisant pour les rendrelumineux, parcourt
alors les filaments. Au momentde la
prise
ducliché,
la résistance est court-circuitéependant
2 à 3 sec. Leslampes
donnent alors unéclair dont l’intensité est déterminée par la valeur
adoptée
pour la self. Enpratique,
leslampes
setrouvaient
portées
à environ Igo V. Dans cescondi-tions,
elles n’ont pas donné trace defatigue pendant
la durée desexpériences rapportées
ici.Le gaz radioactif introduit dans la chambre est l’actinon. Les transformations observées sont
et les rayons de recul observés sont AcA et Acl3. Dans le tableau I nous résumons les
principales
valeursnumériques
intéressant cesdésintégrations.
L’introduction de l’actinon dans la chambre est
faite par le
dispositif
représenté
sur lafigure
2.R2
est un robinet àpointeau
dont la faible ouvertureest
réglée
empiriquement
et une fois pour toutes. La manosuvre s’effectue de lafaçon
suivante :Ro
est ouvert,puis
fermé,
pour avoir lapression
atmosphérique
au-dessus du lanthane actinifère.Puis
RI
est ouvertpendant
untemps
fixe de l’ordrede
quelques
secondespendant
lequel
l’airpénètre
dans la chambre à travers
Ra
en entraînantl’émana-tion radioactive. La détente est ensuite réalisée une
quinzaine
de secondesplus
tard.TABLEAU 1.
Nous avons
pris
180paires
de clichésstéréosco-piques
surlesquels
figurent
environ un millier dedésintégrations
d’An ou AcA. Legrandissement
utilisé est d’un tiers et les
photographies
sont mesurées austéréocomparateur
de Pulfrich.~: ~ Fig. 2.
2 robabilité
deprojection
atomique.
--L’aspect caractéristique
que l’onpeut
observer surles clichés
reproduits,
est engénéral
celui d’unehouppe
de rayons d’assez court parcours, dont ladirection
générale
estopposée
à celle du rayon oc.En mesurant, d’une
part,
lalongueur
dechaque
atome de recul et, d’autre
part,
le nombre d’atomesqu’il projette,
onpeut
déterminer la section efficacemoyenne de
projection atomique
lelong
du parcours total.La détermination
porte
sur 38 rayons et donne les résultats suivants :longueur
moyenne du rayon de recul(à
lapression
finale dumélange,
soit deux tiers vapeur d’eau et un tiers air sous unepression
totale de 8
mm) :
1 = 7,2 mm; nombre moyen de rayonsatomiques (de
longueur
supérieure
à Imm)
projetés
parchaque
rayon de reculN= 5.0.
98 rfW, lç ~t~~s ;~~~~5 ’ ii ~ ~I B, 1
}L
(-’t ) 11 t)î11B’ Dinlécule de gazrespectivement
’.’ ’ un a en fin-donce
qil
i- t 1 U l de choc 111()B uii~~ ~ ~ a ~ _ ~ ‘~ !_’ 111. J, t
1)ln",
indique
> par! desphotogra-phies
duc à [ la inItiale,1°ainoliviiill>ii de
qui permet
de ndeux fouille¡ lahuuppe
fnrnlC(1 par et de ses atomesprojetés.
dans ta direction dulayon de 1 de passer inaperçus, car
ils
sont pal ionisaLionqui
pagne celul-cl
qui
amené j’j la,1 1 ;j, t 1 ’, , j ~’ , ¡’) 1 r , 1 " 1 .. 1 LI lr tir ~~ 1 , , l 1 1 i 1 r. ’
ç>u;.du=
lois d’un alume de iecu!conti’t- un atuine du gai: Ui --1 l hont t
l’angle
1>.j>i >i; vti»ii
de latoint heurte. Aΰwniyi initiàil/
de ratuiiit en 1l1ÜU"E’ll1entt >
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des
équations
reuitaii!. l de la Lunselvationjuiintitàs
lc mouvement et- de ! conduit: aPratiquement.
1
l.’enii gi iii;axiniiii i
lpum 1.. u i uLiiLUijj!ujt;LLoii
seià’«iiiwiit .
»iiitiale -lt> noyau ui> iiiL>ii; ai,iiil
>
100
elle est au maximum de
1/4
environ et deIf8e
pour uneprojection
à450.
On doit donc s’attendre à ce que les chocs sur
l’hydrogène
aient une faible influence sur le parcoursalors que, au
contraire,
les chocs surl’oxygène
oul’azote donnent lieu à de
grandes
variations.Il est alors intéressant de voir comment varie
le parcours en fonction du nombre d’atomes
projetés
observés. Cette variation est
indiquée
par la courbe de lafigure
3.Chaque point
de cette courbe est laFig. 3. -Parcours des rayons de recul en fonction du nombre
d’atomes projetés.
X point moyen obtenu en utilisant tous les rayons ayant le même nombre d’atomes projetés.
o point moyen obtenu en éliminant ceux qui n’ont pas d’atome projeté à l’origine.
moyenne des parcours de
plusieurs
rayons de reculayant
le même nombre de rayonsprojetés.
En indice,on a
porté
le nombre de déterminationsayant
servi à établir cette moyenne. La variation est
plus
rapide
pour lespremiers
chocs que pour lessuivants,
ce
qui pourrait
s’interpréter
en admettant quelorsque
le rayon a été un peuralenti,
la sectionefficace de choc contre
l’oxygène
est devenue très faible et iln’y
aplus
que des chocs contrel’hydrogène.
Nous verrons, au dernier
paragraphe,
une autreinterprétation possible.
Nous avons
éliminé,
de l’établissement des parcoursmoyens
quelques
rayons anormalementlongs
(supé-rieurs à 10
mm) malgré
ungrand
nombre de rayonsprojetés
(plus
de10)
dontl’interprétation paraît
difficile.
3. Les chocs à
l’origine.
- Comme il avait étédéjà signalé
[2],
une des choses lesplus frappantes
à l’examen des clichés est de constater que dupoint
même où seproduit
ladésintégration
oc,partent
très souvent une ou deux et mêmeparfois
trois
trajectoires
d’atomesprojetés.
Laprobabilité
est trèsgrande,
pour que, dès sa mise en mouvement,l’atome de recul subisse un choc avec
projection.
Nous avons fait la
statistique
suivante : les rayons sontgroupés
en troiscatégories.
a. Ceux pour
lesquels
unetrajectoire
d’atomeprojeté
au moinsapparaît
à l’endroit de ladésin-tégration;
b. Ceux pour
lesquels
une telletraj ectoire apparaît
au cours dupremier
millimètre de parcours;c. Les autres.
On trouve que ces trois
catégories
sont entre ellescomme :
67 : I I :
22, cequi
montre bien lagrande
probabilité
de ces chocs àl’origine.
On
pouvait
se demander si ces chocs sontégale-ment
probables
pour les deuxespèces
d’atomes de reculqui
donnent lieu à destrajectoires
dans la chambre. Eneffet,
en raison de sa courtepériode,
AcA donne lieu à des
désintégrations
au sein dugaz. En
général,
on nepeut
pasdistinguer
si unedésintégration
donnée est celle de An ou cellede
AcA, mais,
cependant,
il arrive que les deuxdésintégrations
seproduisent
toutes deuxpendant
le
temps
d’efficacité de la chambre etfigurent
surle même cliché. L’identification est alors
possible
et, en nous limitant à ces cas
particuliers,
nous avons pu vérifier que laprobabilité
estapproxima-tivement la même pour les deux
espèces
d’atomesde recul
correspondants,
deprojeter
des atomes aulieu de leur
désintégration.
4. La distribution
angulaire
desparticules
projetées
àl’origine.
- Lagrande
densitéd’ioni-sation du rayon de recul et la courbure des
trajec-toires d’atomes
projetés
rendent difficile la mesuredes
angles,
de sorte que le nombre destrajectoires
pour
lesquelles
cette mesure estpossible
d’unemanière relativement
précise
est faible.Fig. 4. - Distribution
angulaire des particules projetées
à l’origine.
Nous avons fait deux
statistiques
différentes,
lapremière
necomporte
que les rayonsprojetés
seulsà
l’origine,
la secondecomprend,
enplus,
les rayonsfigurant
dans des groupes de deux ou troistrajectoires
issues de ce mêmepoint (courbes
1et II de la
figure
4).
Il faut remarquer que, d’une
part,
lestrajectoires
d’atomesprojetés
sous unangle
inférieur à nese
distinguent pratiquement
pas de latrajectoire
del’atome de recul et ne sont pas
mesurables,
et que, d’autrepart,
lestrajectoires
projetées
sous desÉtant
donné lepetit
nombre de rayonsdispo-nibles,
on nepeut
pas attacherbeaucoup
de valeurà la courbe I. La courbe II
indique
l’existence d’un maximumégal
ou inférieur à1~~~.
Si l’on admettaitune loi de choc
en 7-1
pour l’interaction des deuxparticules,
on devrait avoir uneprédominance
desprojections
à goo sous la réserve faiteplus
haut.Or,
nous sommes très loin de cela. Aucontraire,
dans le cas du choc de deux
sphères rigides,
lenombre d’atomes
projetés
sousl’angle fi
est propor-tionnel à sin 0 cos 0 etprésente
un maximumpour 0
=45~,
cequi
est assez voisin de ce quenous observons. Sur la
figure
5,
nous avonsporté
les courbes
représentant
pour des forces d’inter-actionen - I,
et
pour le cas du choc de deuxsphère rigides
le nombre de rayonsprojetés
sousun
angle
inférieur à 0 en fonction de 0.Étant
donnéF"ig. 5.
que nous nous attendons à un manque de rayons du côté des
angles
faibles et desangles élevés,
onne
pèut
espérer
un accordquantitatif,
mais il est clair que,qualitativement,
c’est le dernier casenvisagé qui
est leplus proche
du résultatexpé-rimèntal.
5. La relation
vitesse-parcours
desparticules
projetées
àl’origine.
-Immédiatement,
après
la
désintégration,
nous pouvons connaître la vitessedes rayons de recul par
application
de la loi deconser-vation des
quantités
de mouvement et nousobte-nons ainsi :
Pour AcA :
Pour AcB :
Si un atome de masse m est alors
projeté
sousun
angle
o sa vitesse est donnée parLes difficultés
d’appliçation
de cette formule sont les suivantes :~ ° Nous ne savons en
général
pasquel
est l’atomequi
recule. Dans ce cas, nousprendrons
pour V
et M une valeur moyenne et cela entraînera une
erreur de
4
pour I oo au moins sur les vitesses.L’erreur se
produisant
tantôt dans un sens, tantôtdans
l’autre,
onpeut
espérer
unecompensation
statistique qui
se traduira par un écart despoints
depart
et d’autre de la courbe moyennequ’ils
définiront.2° Nous ne connaissons pas la nature de l’atome
projeté.
Or,
laplupart
destrajectoires
observéesprésentent
une courbureirrégulière
et même des coudes sansapparition
d’atomesprojetés,
cequi
laisse supposer que la
particule
estplus
légère
que les atomesqu’elle
rencontre. Ce nepeut
être le casque pour les atomes
d’hydrogène.
Fig. 6. - Relation
vitesse-parcours des protons projetés dans le
mélange 1
airvapeur
d’eau à 760mm Hg.Admettons donc que ces atomes sont des atomes
d’hydrogène,
nous pouvons établir la courbevitesse-parcours
dans notremélange.
Elle estrepré-sentée par la
figure
6, les parcours étant ramenés àla
pression atmosphérique.
A notreconnaissance,
il
n’existait,
jusqu’ici,
aucunrenseignement
sur les parcours deprotons ayant
des vitesses aussi faibles(inférieures
ào,6. io8
cm/sec).
Les mesures lesplus
voisines ont été faitesdans,
ourapportées
àl’air,
d’unepart
par Blackett et Lees[4] (de 1
à io. io8cm/sec)
et, d’autrepart
par Gerthsen[5]
(de
2,2 à3,3. io"
cm/sec).
Les méthodes102
dans la chambre de Wilson pour Blackett et Lees
et rayons
positifs
pourGerthsen)
et les résultatsconcordants,
ces valeurspeuvent
être tenues poursûres. Nous
pourrions
chercher àprolonger
les courbes données par les résultats de ces auteurs si nous connaissions lepouvoir
d’arrêt relatif denotre
mélange
parrapport
à l’air.Malheureusement,
nous ne le connaissons pas pour ces vitesses etGerthsen a
indiqué
que, pour les vitesses des rayonsqu’il
étudiait,
lepouvoir
d’arrêt derhydrogène
parrapport
à l’air était deo,4o
alorsqu’aux
grandes
vitesses,
il n’est que o,20. En cequi
concernel’oxygène,
sonpouvoir
d’arrêt relatif restetoujours
voisin de 1 et semble tendre vers 0,97 pour lesfaibles vitesses.
Nous admettrons donc que l’on
peut
extrapoler
vers
l’origine
la courbeexpérimentale
de Blackettet Lees ainsi que ces auteurs l’avaient d’ailleurs fait et nous chercherons à déduire de la
comparaison
de cette courbe et de nos résultats le
pouvoir
d’arrêt dumélange utilisé,
puis
del’hydrogène
parrapport
à l’air.Pour la vitesse
cm/sec,
nous trouvonsun parcours de
74v-,
alors que la courbe de Blackettprolongée
donne01
dans l’air. Lepouvoir
d’arrêtmoyen relatif du
mélange
parrapport
à l’air est doncSi x est le
pouvoir
d’arrêt d’une moléculeH20
parrapport
à « une molécule d’air » étant donné quele
mélange
les contientrespectivement
dans laproportion
de 2 à 1, nous avonsd’où
Si, maintenant,
r~ est lepouvoir
d’arrêt relatif d’un atome H parrapport
à un « atome d’air » et si l’on admet la loi d’additivitéCeci nous
indique
quel’augmentation signalée
par Gerthsen se
poursuit
pour les vitesses inférieures.Il semble que l’on tende vers des valeurs de l’ordre de ~, ce
qui
voudrait dire que leproton
en mouvementne
distingue plus
entre les différentescatégories
d’atomes
auxquels
il se heurte. Il faut d’ailleursremarquer que, pour des vitesses de l’ordre de
cm/sec,
laparticule
estbeaucoup
plus
souvent à l’état d’atome
d’hydrogène
qu’à
l’état deproton.
Eneffet,
les mesures de Ruckardt[6],
ont montré que pour des vitesses de l’ordre
i .
8 f -, , libre parcours neutre
de 2,5. 1 oll
cm/sec,
lerapport
libre parcours
neutre
,’ "
libre parcours charge
était de l’ordre de 2 et comme l’allure
générale
deses courbes semble
indiquer
uneaugmentation
trèsrapide
de cerapport
quand
la vitessedécroît,
ilne serait pas
surprenant
que cerapport
prenne desvaleurs de l’ordre de 20, pour les vitesses
qui
nousintéressent. On se trouve alors dans une
région
detransition entre celle où l’excitation et l’ionisation sont les
phénomènes prépondérants
dans les chocs contre les atomes, et celle où l’on asimplement
l’agitation
thermique.
Nous avons
supposé
que les atomesprojetés
étudiés étaient des
protons,
et nous avonsdéjà
donné une raison pour
justifier
cepoint
de vue.Par
ailleurs,
si l’on observe lespoints
de lafigure 5,
on constate que, s’ils sont assez
dispersés
depart
et d’autre de la courbe moyenne, pour la raisondéjà indiquée
et aussi à cause del’imprécision
desmesures, ils forment néanmoins un ensemble assez
homogène indiquant
par làqu’il s’agit
trèsproba-blement de
particules
de même nature. Onpeut
supposer que cesparticules
sont del’oxygène
oude l’azote et refaire les calculs
précédents;
on seraitalors amené à trouver pour
l’hydrogène
unpouvoir
d’arrêt relatif de l’ordre de 2, ce
qui
est très peu vraisemblable.6. Les
grandes
déviations etl’hypothèse
dela
gouttelette
d’eau. - M. Joliot[2]
avaitsignalé
l’existence sur lestrajectoires
des atomes de recul radioactif de déviationslargement supérieures
à 5° et par suiteinexplicables
par un chocélastique
del’atome en mouvement sur les atomes du gaz de
la chambre.
Nous avons
également
observé de telles déviationsanormales. La moitié d’entre elles environ se
pro-duisent à l’endroit même de la
désintégration
et seprésentent
sous la forme d’un atome de recul dont la direction neprolonge
pas celle de laparticule
«correspondante.
Il y a assez souventapparition
aumême
point
d’unetrajectoire
d’atomeprojeté.
Pourexpliquer
cesgrandes
déviations,
M. Joliot avaitenvisagé
plusieurs hypothèses possibles
et enparticulier,
lapossibilité
pour un atome restéexcité,
de libérer son
énergie
d’excitation sous formeciné-tique,
lors d’un choc contre un atome du gaz.Mais on
peut
aussi supposer que les atomes lourdsde An et de AcA
qui
vont sedésintégrer
sont entourés d’unegouttelette
d’eauliquide
et, dans ce cas,le rayon de recul doit
parcourir
à l’intérieur de celle-ci une certaine distance. La somme des dévia-tions subies à l’intérieur de lagoutte
peut
alorsapparaître
pour l’observateur comme une déviationunique
supérieure
à la valeur maximumpermise
par les lois de conservation.Une semblable
hypothèse
avaitdéjà
étépas un
argument
décisif. En effet, nous verrons iplus
loin que le rayon desgouttelettes
àenvisager
:doit être
équivalent
en moyenne à 1,6 mm del’atmosphère
de la chambre et l’on vérifie facilementsur les clichés que la somme des déviations sur un
tel parcours est en
général
nettement inférieure à laprécision
des mesures decoplanarité
qui
est assezmauvaise en raison de la faible
longueur
destrajec-toires mesurées.
Cette
hypothèse
nouspermettrait également
d’expliquer
lagrande
proportion
des atomesprojetés
au
point
dedésintégration.
Cequ’on
observerait serait alors la somme des déviations subies lelong
du parcours dans lagoutte.
Nous avons vuque, pour une
longueur
moyenne de 7,2 mm,chaque
rayon
projetait
en moyenne 5,5 atomes, Parmiceux-ci,
on en observe sensiblement unqui
part
du
point
dedésintégration,
c’est-à-dire de lagoutte
liquide.
Si l’on admet que la section efficace deprojec-tion est constante le
long
du rayon, on est conduit à admettre que le parcours dans lagoutte
esten moyenne
équivalent
à
1
- I,6 mm de
t, :)
l’atmosphère
de lachambre,
cequi correspond
àun parcours dans l’eau
liquide égal
à 12milli-microns
(une
goutte ayant
ce rayoncomprendrait
environ 250 ooo
molécules).
La valeur moyenne du parcours du rayon de recul
se trouverait alors
portée
à 8,8 mm.L’hypothèse
de ladésintégration
seproduisant
dans une
goutte
d’eau,
permet
d’expliquer
quel’on ait observé des
désintégrations
où le rayon ocn’est
prolongé
par aucun rayon derecul,
sonorigine
étant
simplement marquée
par unegouttelette
oùl’atome a dû s’absorber.
De la même manière
s’expliquent
lesphotogra-phies
qui
montrent, au lieu du rayon de recul,deux ou trois
trajectoires
très courtes à allure deprotons :
le rayon de recul a encore été absorbé maisquelques-uns
des atomesprojetés
ont réussi à sortir de lagoutte
et ce sont les fins de parcours que l’on observe.En ce
qui
concerne les déviationsqui
seproduisent
le
long
du parcours, ilsemble,
comme l’avaitsuggéré
M.Joliot,
qu’un
mécanisme du même genre(traversée
d’unegoutte
d’eau)
ou un choc contre un groupede molécules
puisse
en rendrecompte.
On
peut
s’attendre à ce que le rayon de lagoutte
subisse d’assez
importantes
fluctuations et même soitparfois
nul. Le cas des rayonsn’ayant
pas leurorigine
dans unegoutte
correspondra
aux rayonsqui
n’ont pas detrajectoire
associée àl’origine,
et,par
suite,
on devra constater que lalongueur
deces rayons est, en moyenne,
supérieure
à celle desrayons
qui
leur sont par ailleurscomparables.
Le nombre de tels rayons est, nous l’avonsdit,
assezfaible. Parmi ceux
qui
ont servi à l’établissement de la courbe de lafigure
3, on en trouve deuxparmi
les six rayons àsept
trajectoires
associées. Ils ontrespectivement
pourlongueur,
8,1 I et 8,â mm, la moyenne desquatre
autres étant 7,0 mm.Il est intéressant de se demander ce que devient la courbe de la
figure
3, si l’on ne conserve que lesrayons de recul
ayant
au moins unetrajectoire
associée à
l’origine.
Outre les deux rayonsprécités,
il faut éliminer le rayonn’ayant
qu’une
seuletrajec-toire associée,
laquelle
nepart
pas du lieu de ladésintégration,
et les trois rayonsqui
n’en ontaucune. La nouvelle courbe ne se trouve donc définie
qu’à
partir
de deuxtrajectoires
associées et seconfond alors avec l’ancienne.
Si l’on
extrapole
cette courbe versl’origine,
ontrouve que le parcours pour zéro ou une
trajectoire
associée devrait être de l’ordre de 7,2 mm.
Or,
nous observonsqu’il
est en réalité environ 2 mmplus
grand,
c’est-à-dire de l’ordre degrandeur
duparcours dans la
gouttelette
que nous avions estiméd’une
façon
indépendante.
Ainsi
s’interpréterait
la discontinuitéqui apparaît
sur la courbe de la
figure 2.
Il faut remarquer que, pour un nombre donné de
trajectoires
associées,
les fluctuations de parcours sont trèsimportantes. D’après
cequi précède,
cesfluctuations ne
pourraient
être dues auxpertes
d’énergie
consécutives aux chocsatomiques puisque
celles-ci seraient
toujours
très faibles. Il semble que laprincipale
cause soit alors la fluctuation dela
charge
du rayon,également
consécutive auxchocs
atomiques,
etqui
doit être trèsimportante
à enjuger
par les fluctuations de la densité d’ioni-sationqu’on
observe sur les clichés.Il
importe
de noter que, si unegouttelette
d’eauexiste à
l’origine,
elle influeégalement
sur le parcoursdes
particules projetées,
et les parcours donnés parla courbe de la
figure
5 devraient êtremajorés
d’unequantité comprise
entre o et i5~. Il en résul-terait une modificationcorrespondante
dupouvoir
d’arrêt parrapport
à l’air que nous avions calculé.En
résumé,
l’hypothèse
de lagoutte
d’eaupermet-trait de rendre
compte :
1 ° Des
grandes
déviations àl’origine;
~~ De la
grande
probabilité
deprojection
àl’origine;
30 Des
aspects
anormaux de certains rayons derecul;
~[o
De la forme de la courbe donnant le parcoursen fonction du nombre d’atomes
projetés (fig. 3).
Cependant
la difficulté essentielle consiste àcomprendre pourquoi
les atomesqui
vont sedésin-tégrer
sont entourés d’une tellegouttelette.
Deux mécanisme différentspeuvent
êtreinvoqués
pouren rendre
compte.
En
premier
lieu,
onpeut
imaginer
que les atomesde An ou de AcA
qui
se trouvent dans la chambre etqui
sontbeaucoup plus
lourds que les atomesqui
104
la chute du
piston
des centres de formation demicrogouttelettes.
Si l’on remarque que les 9- 5oooo mol.en cause sont initialement
réparties
dans unesphère
de
5,2.10-~
cm de rayon, que cette dimension est inférieure à leur libre parcours moyen, et que leurvitesse
d’agitation
thermique
estapproximative-ment 6 .104
cm/sec,
on voit que letemps
nécessaire à la condensation est de l’ordre de io-9 sec,c’est-à-dire extrêmement
petit
vis-à-vis dutemps
de chute dupiston.
Une telle condensation a donc letemps
de seproduire
entre le début de la chutedu
piston
et le moment où la chambre devientsensible,
c’est-à-dire où desgouttes
beaucoup plus
grossespeuvent
se former sur lesparticules chargées.
En ce
qui
concerne les atomes de AcA dont ladésintégration
suit dans untemps
très court cellede
An,
onconçoit
facilementqu’ils
soient un centre de condensationprivilégié
car lesexpériences
derecueil des atomes radioactifs par recul dans un
champ électrique
nous montrentqu’ils
restentchargés pendant
assezlongtemps après
ladésin-tégration qui
leur a donné naissance. Il est mêmepossible qu’il
en soit de même pour An dont lapériode
n’est que dequelques
secondes. Cette dernière remarquepermettrait
decomprendre
queles
expérimentateurs qui
ont travaillé avec desgaz lourds
(Kr, SF6)
n’aient pas observé que lebrouillard se formait
plus facilement,
cequi
devraitêtre le cas dans notre
hypothèse.
Cecipourrait
également s’expliquer,
suivant unesuggestion
deM.
Joliot,
en admettant que la condensation sur les atomes lourds seproduit,
non pas au début de ladétente de la
chambre,
mais au cours de cellequi
accompagne
l’introduction de An. Lerapport
de détente est alors très élevé et le gaz refroidi intro-duit dans la chambre donne certainement lieu à condensation.Lorsque
la détente seproduit,
unequinzaine
de secondesplus
tard,
il est à peuprès
certain que les
gouttes
n’ont pascomplètement
disparu
mais existent encore sous des dimensionsmicroscopiques.
En second
lieu,
onpeut
supposer quepuisque
desmicrogouttes
persistent
certainement engrand
nombretrès
longtemps après
les détentes dansl’atmosphère
de lachambre,
les atomes de An y sont absorbéspar solubilité. Il est facile de vérifier par un calcul
grossier
que cettehypothèse
ne conduit pas à desrésultats absurdes. Si nous considérons un atome
de An soumis à
l’agitation
thermique,
il rencontrera soit des molécules soit desgouttelettes
(en
négligeant
laprésence
del’air).
Nous pouvonsadmettre que s’il heurte une
goutte
il y resterafixé et il est
possible
de calculer laproportion
d’eauqui
doit être condensée pour quepratiquement
tous les atomes de An soient ainsi absorbés.Le libre parcours moyen est de l’ordre de
la vitesse moyenne
d’agitation
thermique
estapproxi-mativement 5 . ~ o~
cm/sec,
et le chemin parcourupen-dant les 15 sec de
présence
dans la chambre75.
104 cm.Le nombre total de chocs subis est 2~. z o8. Il suffirait donc d’une
gouttelette
pour 25.10~ mol. non conden-sées pour rendrecompte
des faits observés.Chaque
goutte
correspondant
à mol. celacorres-pondrait
à la condensation de seulementi/io oooe
de l’eau
présente
dans la chambre.Comme
chaque
cm3 contient mol.H,O,
il contiendrait alors environ1,7. 108 gouttelettes.
Parailleurs,
on observe en moyenne 12désinté-grations
par détente dans les 600 cm3 de lachambre,
soit six
désintégrations
de An. On calculefacilement,
compte
tenu de ce que la détente se faitaprès
environ
quatre
périodes
de An et de ce que letemps
d’efficacité est de l’ordre de sec, que dans
chaque
centimètre cube de la chambre on a introduitenvi-ron io3 atomes de
An,
soit fois moinsqu’il
n’y
a degouttelettes.
En
résumé,
l’hypothèse
de lagoutte
d’eau neparaît
pas en contradiction avec ce que nous pouvonsimaginer
sur lecomportement
del’atmosphère
de la chambre à détente.
Néanmoins,
avant depouvoir
soitl’adopter,
soit larejeter
définitivement,
il
apparaît qu’un
travailexpérimental
nouveau,dirigé spécialement
dans ce sens, est nécessaire.Ce travail nous a été
suggéré
par M. Joliot àqui
il nous estagréable
d’adresser ici nos vifsremer-ciements pour l’intérêt avec
lequel
il en a suivi la réalisation et pour les conseils etsuggestions
dont il nous a fait bénéficier.BIBLIOGRAPHIE.
[1] BOHR, BROSTROM, BOGGILD, LAURITSEN, Phys. Rev., 1940, 58, p. 651-654.
[2] F. JOLIOT, Journal de Physique, 1934, V, 219.
[3] F. JOLIOT, Journal de Physique, 1934, 216.
[4] BLACKETT et LEES, P. R. S., 1932, 134, p. 658.