Le juste milieu est la bonne me´decine
Une amie, adepte de la somatothe´rapie et commen- c¸ant des e´tudes de phytothe´rapie, m’apostropha un jour : « Depuis que tu fais de la somatothe´rapie, tu ne prescris plus de phytothe´rapie se´dative ? »
Bien suˆr que si ! La (psycho) somatothe´rapie1 est une technique qui ne´cessite une exploration du psychisme du patient puis, meˆme s’il s’agit d’une psychothe´rapie courte, d’un certain nombre de se´ances avant que l’effet profond ne soit obtenu.
En attendant, la souffrance du patient doit eˆtre
soulage´e par la prescription d’un se´datif pour lui permettre de continuer a` vivre et ame´liorer sa qualite´ de vie, c’est notre roˆle de me´decin.
Prescrire un se´datif, oui... mais quel crime ! Quand les caisses d’assurance maladie nous demandent de ne pas de´livrer de psychotropes !
Les automatisations de notre monde nous font ignorer les gestes de base. Nous, me´decins, avons souvent a` jouer aux instituteurs, rappelant les principes de base d’une vie « normale ». Nous coˆtoyons chaque jour des individus de´sadapte´s au monde moderne, soumis au stress. Il faut vivre sainement et cela se traduit souvent par un discours extreˆme qui permet a` une nouvelle phobie de se faire jour, « l’e´colose » ou la peur de ne pas vivre e´cologiquement. Le fait meˆme de hurler que nous de´truisons notre terre est de´ja` anxioge`ne... Alors que faire si ce n’est au moins donner un « psychotrope » d’origine ve´ge´tale2? Le me´decin doit par son e´thique offrir au patient les meilleures chances pour traiter sa maladie.
Mais, le peut-il ? Il ne s’agit pas de proposer une phytothe´rapie dans la tuberculose, ni dans l’infarctus du myocarde, mais de soigner a` moindres frais l’organisme du patient. Il nous faut donc prodiguer des conseils die´te´tiques, une re´e´ducation des fonctions de l’organisme et des phytothe´rapiques pour de nombreuses pathologies.
Les autorite´s de sante´ nous alertent sur les pathologies iatroge`nes, mais dans le meˆme temps elles suppriment les « petits » me´dicaments qui permettent d’accompagner nos patients. N’oublions pas que nous sommes en partie responsables. Les me´dicaments « conventionnels » a` base de plantes e´taient largement sous-dose´s pour eˆtre efficaces, le prix du « bio » et celui du
1Lire article Traitement du stress : de la somatothe´rapie aux plantes agissant sur le syste`me limbique, page 271.
2Nous abordons ce sujet dans plusieurs articles propose´s dans ce nume´ro.
Phytothe´rapie (2007) 5: 247–248
©Springer 2007
DOI 10.1007/s10298-007-0264-0
Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur archives-phyto.revuesonline.com
phytome´dicament sont exage´re´s, le peu de formations valide´es en phytothe´rapie entraıˆnent des exce`s parmi ceux qui disent prodiguer des soins naturels, les ventes sauvages incontroˆle´es sur Internet sont dangereuses...
Un pas minuscule a e´te´ fait avec le Grenelle de l’Environnement. Mais quand le politique fera-t-il le grand pas (malgre´ la pression des lobbies pharmaceutiques) en investissant dans le me´dicament d’origine naturelle ? Quand les caisses feront- elles un geste en ce sens, au lieu de restreindre encore la de´marche vers l’utilisation de ce qui est naturel et the´rapeutique ?
Le juste milieu est la bonne me´decine. Mais faut-il encore que les caisses nous soutiennent, qu’un journal comme Prescrire puisse vanter la phytothe´rapie inscrite dans un « protocole de vie », et que les patients acceptent de ne plus vivre comme des robots3...
Pour ne pas eˆtre demain des me´decins aux mains nues, n’ayant plus rien a`
prescrire, proposons ensemble une charte de la phytothe´rapie.
Dr Paul Goetz Re´dacteur en chef
3Lire la tribune libre du Dr Morel a` ce sujet, page 290.
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