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Academic year: 2022

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(1)

Table des matières

16 Intégration et Dérivation 3

16.1 Primitives et intégrale d’une fonction continue . . . 3

16.2 Calcul de Primitives . . . 4

16.3 Formules de Taylor . . . 6

16.4 Primitives usuelles et Méthodes . . . 8

(2)

2 TABLE DES MATIÈRES

2

LycéePierredeFermat-MartinDelHierro

(3)

Chapitre 16

Intégration et Dérivation

Dans tout ce chapitre on considère des fonctions définies sur un intervalle I (non réduit à un point) à valeurs réelles ou complexes

16.1 Primitives et intégrale d’une fonction continue

Définition 16.1.1 Soitf continue surI, on dit queF estuneprimitive de f sur I lorsque

∀x∈I, F0(x) =f(x)

Proposition 16.1.1 Deux primitives d’une même fonction (sur un intervalle) différent d’une constante.

DémonstrationSoientF1et F2deux primitives d’une même fonction f surI.

Alors(F1−F2)0=f−f = 0 surI(intervalle) et doncF1−F2 est constante surI Remarque: l’existence des primitives n’est pas garanti pour des fonctions non continues, y compris lorsquef est continue par morceaux

Exemple: la fonction partie entière ne peut admettre de primitive sur[−1,12].

En effet dans le cas contraire une primitive F ne vérifierait plus le TVI car F0 n’atteindrait jamais la valeur

2[F0(1), F0(2)], ce qui est contraire au théorème de Darboux

Théorème 16.1.2 (Théorème Fondamental de l’analyse) Etant données une fonctionf continue surI et un point a∈I

la fonctionF :x7→Rx

a f(t)dt est l’unique primitive def qui s’annule en a

Pour toute primitiveGdefsurI :

∀x∈I,

Z x

a

f(t)dt=G(x)−G(a)

Démonstration?Montrons que F est une primitive de f surI Soitx0∈I, etε >0. Par continuité def on peut trouverα >0tel que

(∗) ∀t∈I, |t−x0| ≤α=⇒ |f(t)−f(x0)| ≤ε Soith∈R tel que

x0+h∈I et |h| ≤α

(4)

4 CHAPITRE 16. INTÉGRATION ET DÉRIVATION

Par Chasles et linéarité de l’intégrale

¯¯

¯¯F(x0+h)−F(x0)

h −f(x0)

¯¯

¯¯ =

¯¯

¯¯

¯ 1 h

ÃZ x0

a

f(t)dt− Z x0+h

a

f(t)dt

!

1 h

Z x0+h

x0

f(x0)dt

¯¯

¯¯

¯

= 1

|h|

¯¯

¯¯

¯ Z x0+h

x0

f(t)dt− Z x0+h

x0

f(x0)dt

¯¯

¯¯

¯

= 1

|h|

¯¯

¯¯

¯ Z x0+h

x0

(f(t)−f(x0))dt

¯¯

¯¯

¯

Or puisque pourt entrex0 etx0+h, on a t∈I et|t−x0| ≤αon en déduit|f(t)−f(x0)| ≤ε

Et donc ¯

¯¯

¯¯ Z x0+h

x0

(f(t)−f(x0))dt

¯¯

¯¯

¯≤ε|h|

D’où

∀ε >0, ∀h∈R, (x0+h∈I et |h| ≤α) =⇒

¯¯

¯¯F(x0+h)−F(x0)

h −f(x0)

¯¯

¯¯≤ε

Et doncF est dérivable enx0et F0(x0) =)f(x0)pour toutx0∈I... CQFD

?Montrons que c’est la seule qui s’annule en a

En effetF s’annule ena, et toute autre primitiveGdiffère d’une constanteλpar rapport àF, on a G=F+λ d’où G(a) =F(a) +λ=λ

Et doncG=F+G(a). En particulier siG(a) = 0alorsF =G

?Montrons la deuxième proposition.

Toute autre primitiveGs’écrit G=F+G(a)D’où Z x

a

f(t)dt=F(x) =G(x)−G(a)

Remarque: F est de classeC1

Proposition 16.1.3 Pour toute fonction f de classe C1 surI et a∈I,

∀x∈I, f(x)−f(a) = Z x

a

f0(t)dt

DémonstrationAppliquons le théorème fondamental àf0 qui est par hypothèse continue sur I.

Puisque par définitionf est une primitive de f0, on a bien

∀x∈I,

Z x

a

f0(t)dt=f(x)−f(a)

16.2 Calcul de Primitives

Proposition 16.2.1 (Intégration par parties) Soientf etg de classe C1 sur I eta, b dansI. On a

alors Z b

a

f0(t)g(t)dt=h

f(t)g(t)it=b

t=a Z b

a

f(t)g0(t)dt h

f(t)g(t)ib

t=a (noté aussih f gib

a voireh

f(t)g(t)ib

a) désigne la quantité f(b)g(b)−f(a)g(a) 4

LycéePierredeFermat-MartinDelHierro

(5)

16.2. CALCUL DE PRIMITIVES 5

DémonstrationPar produit de fonctions continues, chacune des intégrales est bien définie. et par ailleurs (f g)0=f0g+f g0∈C0

On a alors

f(b)g(a)−f(a)g(a) = Z b

a

(f g)0(t)dt= Z b

a

f0(t)g(t) +f(t)g0(t)dt= Z b

a

f0(t)g(t)dt+ Z b

a

f(t)g0(t)dt

Exemple: En posantf(t) =tetg(t) = ln(t), il vient

∀x >0, Z x

1

ln(t)dt= Z x

1

f0(t)g(t)dt=h

tln(t)it=x t=1

Z x

1

t

tdt=xln(x)1(x1) =xlnx−x Remarque 16.2.1 Dans la pratique on pose simultanément fonctions et dérivées, pour tout t∈[a, b]

u(t) =f(t) u0(t) =f0(t) v(t) =g(t) v0(t) =g0(t)

D’où par IPP Z b

a

u0(t)v(t)dt= [uv]ba Z b

a

u(t)v0(t)dt

Exemple: Montrer quex7→Rx

π 2

sint

t dtest bornée sur[π2,+∞[.

Posons pourt≥π2

u(t) =−cos(t) u0(t) = sin(t) v(t) = 1

t v0(t) =t12

Pourx≥ π2 quelconque Z x

π 2

sint t dt=h

cost t

ix

π 2

Z x

π 2

cost

t2 dt=cosx

x

Z x

π 2

cost t2 dt D’où pourx≥π/2

¯¯

¯¯

¯ Z x

π 2

sint t dt

¯¯

¯¯

¯

¯¯

¯cosx x

¯¯

¯+

¯¯

¯¯

¯ Z x

π 2

cost t2 dt

¯¯

¯¯

¯ 1 x+

Z x

π 2

¯¯

¯cost t2

¯¯

¯dt 2 π +

Z x

π 2

1 t2dt= 2

π+ µ2

π−1 x

4 π

Proposition 16.2.2 (Changement de variable) Soitf ∈ C(I)etϕ: [a, b]→I de classe C1. Alors Z ϕ(b)

ϕ(a)

f(t)dt= Z b

a

f³ ϕ(x)´

ϕ0(x)dx

DémonstrationSoitf◦ϕpar composition cette fonction est continue sur[a, b]. Comme ϕ0 l’est aussi, il en va de même pour(f◦ϕ)·ϕ0, la deuxième intégrale est donc bien définie. SoitF une primitive def surI Puisque

(f◦ϕ)·ϕ0= (F◦ϕ)0 On en déduit

Z b

a

f³ ϕ(x)´

ϕ0(x)dx= Z b

a

(F◦ϕ)0(x)dx=F³ ϕ(b)´

−F³ ϕ(a)´

= Z ϕ(b)

ϕ(a)

f(t)dt

PierredeFermat-MartinDelHierro

(6)

6 CHAPITRE 16. INTÉGRATION ET DÉRIVATION

Remarque: il n’est pas exigé que ϕsoit bijective, ni même injective ou surjective

Exemple: Pour toutf continue sur[a, b]on a (avecϕ:x7→a+x(b−a)C1 de[0,1]dans[a, b]) Z b

a

f(t)dt= Z ϕ(1)

ϕ(0)

f(t)dt= Z 1

0

f(ϕ(x))ϕ0(x)dx= (b−a) Z 1

0

f(a+x(b−a))dx

Exercice: Montrer que pourf ∈ C([a, b]), on a Z b

a

f(t)dt= b−a 2

Z 1

−1

f(a+b

2 +b−a 2 x)dx

indication : Utiliserψ:x7→ a+b2 +b−a2 x

Remarque: Ainsi tout calcul d’intégrale sur[a, b]se ramène au calcul d’une intégrale sur [0,1]ou sur [−1,1]

Remarque 16.2.2 Dans la pratique on pose

t=ϕ(x) et dt=ϕ0(x)dx

D’où Z b

a

f

³ ϕ(x)|{z}

t

´

ϕ0(x)dx

| {z }

dt

= Z ϕ(b)

ϕ(a)

f(t)dt

Attention tout ceci est un abus de notation relative à la proposition précédente

Exemple: Par le changement de variable

t= sinx et dt= cosxdx Z π

2

0

sin2xcosx dx= Z 1

0

t2dt=1 3 Exercice: CalculerR1

0 t√

1−t2dt

16.3 Formules de Taylor

Proposition 16.3.1 (Formule de Taylor avec reste intégral) Soitf ∈Cn+1(I)(avecn∈N), on a alors pour touta, bdans I.

f(b) = Xn k=0

(b−a)k

k! f(k)(a) + Z b

a

(b−t)n

n! f(n+1)(t)dt

On dit f admet un développement de Taylor à l’ordre nentreaetb avec reste intégral Démonstration

P(n) : ”∀f ∈Cn+1(I),∀(a, b)∈I2, f(b) = Xn k=0

(b−a)k

k! f(k)(a) + Z b

a

(b−t)n

n! f(n+1)(t)dt”

• P(0)est vérifié car pour toutf ∈C1(I)et a, bdansR, on a f(b) =f(a) +

Z b

a

f0(t)dt

Si pour un n∈Nfixé quelconqueP(n)est vérifié alors pour toutf ∈Cn+2(I)et a, bdansR, on a f(b) =

Xn k=0

(b−a)k

k! f(k)(a) + Z b

a

(b−t)n

n! f(n+1)(t)dt 6

LycéePierredeFermat-MartinDelHierro

(7)

16.3. FORMULES DE TAYLOR 7

Or par IPP Z b

a

(b−t)n

n! f(n+1)(t)dt= Z b

a

d dt

µ(b−t)n+1 (n+ 1)!

f(n+1)(t)dt=

h(b−t)n+1

(n+ 1)! f(n+1)(t) ib

a+ Z b

a

(b−t)n+1

(n+ 1)! f(n+2)(t)dt D’où

f(b) = Xn k=0

(b−a)k

k! f(k)(a) +(b−a)n+1

n+ 1! f(n+1)(a) + Z b

a

(b−t)n+1

(n+ 1)! f(n+2)(t)dt et donc, ceci etant vrai quel que soitf ∈Cn+2(I)eta, bdans I, on aP(n+ 1)

Conclusion

Remarque: à l’ordre1la formule de Taylor, n’est rien d’autre que la formule d’intégration par parties (IPP)

Remarque: On a avec les notations ci-dessus et par le changement de variable ϕ:t7→a+ (b−a)tde [0,1]dans[a, b]

Z b

a

(b−t)n

n! f(n+1)(t)dt= Z ϕ(1)

ϕ(0)

(b−t)n

n! f(n+1)(t)dt= (b−a)n+1 n!

Z 1

0

(1−t)nf(n+1)(a+t(b−a))dt

Exemple:

∀n∈N, e= Xn k=0

1 k! +

Z 1

0

(1−t)n

n! exp(t)dt

Corollaire 16.3.2 Pour tout a∈I et toute fonctionf de classeCn+1 surI (n∈N) on a f :=Tn[f] +Rn[f]

Tn[f] noté parfois Tn est la partie principale du développement de Taylor de f en a d’ordre n, et Rn[f]noté parfoisRn est le reste de ce développement

Tn :x7→

Xn k=0

f(k)(a)

k! (x−a)k et Rn:x7→ (x−a)n+1 n!

Z 1

0

(1−t)nf(n+1)(a+t(x−a))dt

Remarque: les notationsRn[f]et Tn[f]ne sont pas standard et ne font pas apparaître le pointaalors que ces fonctions dépendent de ce point, ce sera donc le contexte qui précisera le choix dea

Remarque: Tn est une fonction polynômiale de degré au plusn Exemple: Pour toutn∈N, on a

∀x∈R, ex= Xn k=0

xk

k! +xn+1 n!

Z 1

0

(1−t)nexp(tx))dt

Proposition 16.3.3 (Inégalité de Taylor-Lagrange) Soitf ∈Cn+1(I)eta, bdansI quelconques, on a

¯¯

¯f(b) Xn k=0

(b−a)k k! f(k)(a)

¯¯

¯≤Mn+1

(b−a)n+1

(n+ 1)! avec Mn+1:= sup

J |f(n+1)|

oùJ est le segment d’extrémités aetb

DémonstrationSoientf, a, btels que ci-dessus et supposonsa < b, (le casa > b étant similaire)

¯¯

¯f(b)−

Xn k=0

(b−a)k k! f(k)(a)

¯¯

¯=

¯¯

¯(b−a)n+1 n!

Z 1

0

(1−t)nf(n+1)(a+t(b−a))dt

¯¯

¯(b−a)n+1 n!

Z 1

0

(1−t)n

¯¯

¯f(n+1)(a+t(b−a))

¯¯

¯dt

Or Z 1

0

(1−t)n

¯¯

¯f(n+1)(a+t(b−a)

| {z }

∈[a,b]

)

¯¯

¯dt≤Mn+1

Z 1

0

(1−t)ndt=Mn+1

h

(1−t)n+1 n+ 1

i1

0=Mn+1

n+ 1

PierredeFermat-MartinDelHierro

(8)

8 CHAPITRE 16. INTÉGRATION ET DÉRIVATION

Exemple: Pourn∈Non a

¯¯

¯e Xn k=0

1 k!

¯¯

¯ e (n+ 1)!

En particulier

Xn k=0

1

k! −−−−−→

n→+∞ e Exercice: Montrer que pour toutx∈R

Xn k=0

xk

k! −−−−−→

n→+∞ ex

16.4 Primitives usuelles et Méthodes

voir Fiche 10

8

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