HEC 1996 Math´ematique II option Scientifique
Un banquier s’est impos´e de vendre une action en dix jours ouvrables. Chaque jour, suivant le cours du jour, il d´ecide de vendre ou d’attendre dans l’espoir de vendre mieux plus tard. S’il n’a pas r´ealis´e la vente au neuvi`eme jour, il s’impose de vendre son action au dixi`eme jour. Quelle strat´egie va-t-il choisir?
Le probl`eme ci-dessous propose, dans un cadre th´eorique pr´ecis, d’´evaluer diverses strat´egies pour de tels choix en chaˆıne.
On consid`ere une suite d’exp´eriences al´eatoires identiques et ind´ependantes, `a laquelle on associe une suite
(X
i )
i>1 de variables al´eatoires, d´efinies sur un espace de probabilit´e (;A;P), ind´ependantes et toutes de mˆeme loi.
On consid`ere un entier naturel non nuln. Sinest ´egal `a 1, on d´efinit le gainG1par :G1
=X
1
Sinest sup´erieur ou ´egal `a 2, on se donne pour chaquei2f1;:::;n 1gun seuiliet on d´efinit le gainGn par :
si, pour toutistrictement inf´erieur `an,Xi <i, alorsGn=Xn
et sinon,Gn
=X
k o `ukest le plus petit rangitel queXi
>
i.
Le gainGnest une variable al´eatoire dont l’esp´erance est not´eegn. (Dans l’exemple introductif du banquier,n est ´egal `a 10,Xirepr´esente le cours de l’action au jour de rangietG10est ´egal au prix de la vente).
On ´etudie en partie I., trois strat´egies dans le cas d’exp´eriences al´eatoires discr`etes et en partie II., trois strat´egies dans le cas d’exp´eriences al´eatoires continues. On ´etudie dans le pr´eliminaire une suite num´erique que l’on retrouve `a la fin de la partie Il. Les parties I et Il sont dans une large mesure ind´ependantes.
Pr´eliminaire
On d´efinit la suite(un)n>1, paru1 = 1
2
et8n2Nun+1= 1+u
2
n
2
.1. a) Ecrire un programme en Pascal qui calcule et affiche les 100 premiers termes de la suite.
b) A l’aide de la calculatrice, donner une valeur approch´ee deu100 `a10 2 pr`es.
.2. a) Etudier la fonctionhd´efinie par :8x2[0;1] h(x)= 1+x
2
2
b) Montrer que la suite(un )
n>1est croissante.
c) Montrer que(un )
n>1est convergente et d´eterminer sa limite.
.3. On pose pour toutn, entier naturel non nul : vn
=1 u
n
a) Montrer que :8n>1 1
v
n+1 1
v
n
= 1
2 v
n
. En d´eduire :8n>1 1
v
n
>
n+3
2
b) Montrer que :8x2[0;1] 1
2 x 6
1
2 +
x
2
. En d´eduire :8n>1 1
v
n+1 1
v
n 6
1
2 +
1
n+3
. Montrer que :8n>2
n
P
k =2 1
k
6ln (n) o `uln(n)d´esigne le logarithme n´ep´erien den. En d´eduire :8n>2 1
v
n 6
n+2
2
+ln (n+2)
1
c) D´eterminer un ´equivalent devnquandntend vers+1.
Partie I Exemples d’exp´eriences al´eatoires discr`etes.
Dans cette partierest un entier impair, sup´erieur ou ´egal `a 3, et on suppose que, pour toutientier naturel non nul, la variable al´eatoireXiest discr`ete et ´equir´epartie sur l’ensemble
0;
1
r
; 2
r
; :::; r
r
(chacune desr+1 valeurs ´etant prise avec la mˆeme probabilit´e).
I.1. Premi`ere strat´egie.
On pose, pour tout entiernsup´erieur ou ´egal `a 2,1
=0. On a donc, pour tout entier naturelnnon nul,
G
n
=X
1.
Calculer l’esp´erancegnde la variable al´eatoireGn. (On rappelle que :
k
P
j=1 j=
k (k+1)
2
).
I.2. Deuxi`eme strat´egie.
On pose, pour tout entiernsup´erieur ou ´egal `a 2 et pour touti2f1;2;:::;n 1g, i =0;5. a) CalculerP(X1
<0;5).
b) Exprimer, en fonction des variablesX1,:::,Xn, l’´ev´enement(Gn
= j
r )pour
j2
0; 1; :::; r 1
2
puis pourj 2
r+1
2
; :::; r
. En d´eduire que la loi deGnest donn´ee par :
8j2
0; 1; :::; r 1
2
P(G
n
= j
r )=
2
r+1 1
2 n
8j2
r+1
2
; :::; r
P(G
n
= j
r )=
2
r+1
1 1
2 n
c) Calculergn. Montrer que la suite(gn )
n>1est croissante.
D´eterminer la limite de gn quand n tend vers +1 avec r fix´e. Pouvait-on pr´evoir ce r´esultat?
D´eterminer la limite degnquandrtend vers+1avecnfix´e.
I.3. Troisi`eme strat´egie.
On pose, pour tout entiernsup´erieur ou ´egal `a 2 et pour touti2f1;2;:::;n 1g, i
=1. a) Exprimer, en fonction des variablesX1,:::,Xn, l’´ev´enement(Gn= j
r )pour
j2f0; 1; :::; r 1g. En d´eduire la loi deGn.
b) CalculergnMontrer que la suite(gn )
n>1est croissante.
D´eterminer la limite de gn quand n tend vers +1 avec r fix´e. Pouvait-on pr´evoir ce r´esultat?
D´eterminer la limite degnquandrtend vers+1avecnfix´e.
I.4. Comparer bri`evement les trois strat´egies de la partie I..
Partie II Exemples d’exp´eriences al´eatoires continues.
2
Dans cette partie, on suppose que, pour tout entier naturel non nuli, la variable al´eatoireXi suit une loi de probabilit´e uniforme sur[0;1]; elle admet donc une densit´e'd´efinie par:
8t2[0;1] '(t)=1 et sinon '(t)=0
On dit que les variables(Xi)i>1 sont ind´ependantes si et seulement si, pour tout entier natureln non nul et pour tout(t1
;:::;t
n )2R
nles ´ev´enements(X1 6t
1
),:::,(Xn 6t
n
)sont mutuellement ind´ependants ; on a alors, pour tout(t1
;:::;t
n )2R
n,P
n
\
i=1 (X
i 6t
i )
!
= n
Y
i=1 P(X
i 6t
i
). (Les variables ´etant des variables
`a densit´e, les ´egalit´es ci-dessus sont encore vraies si on remplace(Xi 6t
i
)par(Xi
<t
i ). On noteFnla fonction de r´epartition deGn.
II.1. D´eterminerF, la fonction de r´epartition deX1 II.2. Premi`ere strat´egie.
On pose, pour tout entiernsup´erieur ou ´egal `a 2,1
=0. Calculer l’esp´erancegnde la variable al´eatoireGn. II.3. Deuxi`eme strat´egie.
Soit un r´eel2[0;1[. On pose, pour tout entiernsup´erieur ou ´egal `a 2 et pour touti2f1;2;:::;n 1g,
i
=.
a) Que vautFn(t)pourtn’appartenant pas `a[0;1[?
Pourt2[0;[, d´ecrire l’´ev´enement(Gn6t)et en d´eduireFn(t). Pourt2[;1[, d´ecrire l’´ev´enement(Gn
>t)et en d´eduireFn (t). Montrer queGnadmet une densit´efnd´efinie par :
f
n (t)=
8
>
>
<
>
>
:
n 1
sit2[0;[
1
n
1
sit2[;1[
0 sinon
b) Calculergnen fonction de. Montrer que la suite(gn)n>1est croissante.
D´eterminer la limite degnquandntend vers+1. Pouvait-on pr´evoir ce r´esultat?
c) D´eterminer la valeur detelle queg2soit maximum.
d) Dans cette question,=0;5.
Donner la valeur degn. Quelle remarque peut-on faire en comparant ce r´esultat avec celui de la deuxi`eme strat´egie de la partie I.
II.4. Troisi`eme strat´egie.
Soit(ak )
k >1une suite de r´eels telle que, pour tout entierknon nul,06ak
<1. Pour tout entiernsup´erieur ou ´egal `a 2 et pour touti2f1;2;:::;n 1g, on posei
=a
n i.
a) En utilisant les r´esultats de II.2., montrer queG1 admet une densit´e et une esp´erance. Donner la valeur deg1.
b) En utilisant les r´esultats de II.3., montrer queG2 admet une densit´e et une esp´erance. Donner la valeur deg2en fonction dea1.
D´eterminer la valeur dea1qui maximiseg2.
3
c) Soitnun entier sup´erieur ou ´egal `a 2.
On suppose queGnadmet une densit´e not´eefn.
On suppose de plus que, pour tout entier k 2 f1;:::;ng, Gk admet une esp´erance gk v´erifiant
g
k
2[0;1[et que, pour tout entierk2f1;:::;n 1g,ak =gk. Et donc la variable al´eatoireGn+1est associ´ee aux seuils :1
=a
n,2
=g
n 1,:::,n
=g
1. Montrer que :8t2[0;an[ Fn+1(t)=anFn(t)
8t2[a
n
;1[ F
n+1
(t)=t a
n +a
n F
n (t)
En d´eduire queGn+1admet une densit´efn+1 et donner une relation entrefn+1etfn. En d´eduire queGn+1admet une esp´erancegn+1v´erifiantgn+1
=a
n g
n +
1
2 (1 a
2
n ). D´eterminer la valeur deanqui maximisegn+1
Montrer que, pour cette valeur dean,gn+1 = 1+g
2
n
2
et quegn+1 2[0;1[
d) On construit ainsi, par r´ecurrence, une suite de variables al´eatoires(Gn)n>1 dont les esp´erances v´erifient :8n2N gn+1
= 1+g
2
n
2
Quelle est alors la limite de la suite(gn )
n>1? II.5. Comparer les trois strat´egies de la partie I..
4