A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
J. A NDRÉANI
Sur une définition de cycliques planes à point double
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 4
esérie, tome 6 (1942), p. 7-14
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SUR UNE DÉFINITION
DES
CYCLIQUES PLANES A POINT DOUBLE
Par M. J. ANDRÉANI,
, Professeur au Lycée Pasteur (Neuilly-sur-Seine).
Nous
nousproposons,
danscet article, d’indiquer
une construction sim-ple
descycliques planes
àpoint
double(quartiques
bicirculaires oucubiques
circulaires transformées par inversion des
coniques)
et d’en déduirequel-
. qu.es
conséquences géométriques.
Nous commencerons par exposer lesgéné-
ralités définissant la
transformation qui
conduit à notre constructiongéo- métrique.
Les calculs étant trèssimples
seront souventindiqués
brièvement.Définition
de latransformation.
- Considérons deuxpoints fixes
0 et A.Soit M un
point quelconque
duplan. Traçons
le cercle de centre Apassant
par M. La sécante OMcoupe
cecercle
en un deuxièmepoint
M’ que nous associons aupoint
M. On obtient ainsi un~correspondance (M, M’) qui
est évidemmentréciproque. On peut
noter tout de suitequ’un
cercle de cen-. tre A se transforme en
lui-même,
lacorrespondance
entre M et M’ se rédui-sant alors à une inversion de
pôle
O. ’~ ’ La transformation
possède
uneligne
depoints
doublesqu’il
est aisé dedéterminer. M et M’ sont
confondus,
si la droiteOMM’
esttangente
au cer-cle
decentre
Apassant
par M.L’angle
en M(ou M’)
est alors droit et le lieu de M est le cercle de diamètre OA.II
existe aussi uneligne singulière :
: c’est le cercle de centre Apassant
par O. Toutpoint
M de ce cercle a pourcorrespondant
lepoint
0 lui-même.Inversement le
point
0 fournit à lui seul toute laligne
constituée par le cer-cle
précédent. Nous
étudieronsplus
loingéométriquement
la transformée .d’un cercle
passant
par 0. ’8
Formules de la
transformation.
- Prenons lepoint
0 commeorigine,
’
l’axé
Oxdirigé
de A vers 0 et l’axeOy
vers le haut. Soient xet y
les coor- données de M et r’ ety’
les coordonnées de M’. On. a évidemment :..
En résolvant le
système
parrapport
à x’ ety’,
on trouveTransformée
d’une droite. - Considérons une droitequelconque :
remplaçons
x’ ety’
par les valeursprécédentes,
il vient :ou encore :
’
Groupons
les termesd’après _le degré
La courbe obtenue est une
cubique
circulaire admettant 0 pourpoint
~ double. Il est facile de vérifier que c’est la
cubique
circulaire laplus générale (de point
double0).
Il en résulte que toute courbe de cette famillepeut
être. obtenue par la transformation étudiée.
L’asymptote
est ladroite symétri-
que de la droite donnée :
ux’ + vy’
+ w = 0par rapport
aupoint
O.’
FIG. 2. -
Cas
particuliers remarquables.
1 °Strophoïde.
- Pour obtenir une stro-phoïde,
il. suffit d’écrire que lestangentes
en 0 sontrectangulaires.
Onobtient
ainsi -La droite donnée a alors pour
équation
et l’on voit
qu’elle
passe par lepoint
A.La
strophoïde
droitecorrespond
évidemment à la droite menée par Aperpendiculairement
à Ox. Lafigure
a été faite dans ce casparticulier
clas-sique.
2° Cissoïde. - La
cubique
doitprésenter
un rebroussemen~t. Ecrivonsqu’il
y a unetangente
double :Cette relation
exprime que
la droite donnée doit êtretangente
au cerclede centre A
passant
par O. En effet la distance dupoint
Af --- a, o )
à ladroite ux
+ vy
+ w = 0 est donnée par / .Pour la cissoide droite il faut évidemment choisir la
tangente qui
estperpendiculaire
à Ox aupoint (-- 2a, 0 ) .
.Transformée
d’un cercle. - Donnons-nous un cerclequelconque
Remplaçons x’
ety’
par leurs valeurs :Chassons le dénominateur
Ordonnons suivant le
degré :
. On reconnaît une
quartique
bicirculaireayant
0 pourpoint
double. Laprésence
du facteur(x2
+y2)
dans le troisièmedegré indique
en outreque l’on a affaire à une
quartique
inverse d’uneconique
dans une inver-sion de
pôle
0.On peut
dire aussi que c’est unepodaire
deconique,
c’est- à-dire unecyclique
du 4e ordre. Il est f acile devérifier
que c’est lacyclique
laplus générale.
Cas
particuliers remarquables.
-Limaçon
de Pascal. - L’ident.ification’ de
l’équation précédente
avec celle d’unlimaçon
de Pascal donne :Il faut donc
prendre
un.cercle
de centre O.L’équation
devient :et l’on a bien là
1-’équation
d’unlimaçon
de Pascal.Pour obtenir la
cardioide,
il suffit de choisir R =2a;
; il vient : : -Crgcliques planes
àpoint
double. - L’inverse d’uneconique
parrapport
àl un
point
0 est unecyclique plane
admettant 0 pourpoint
double. Si le_
point
0 estquelconque,
lacyclique
estdu
4edegré
et si lepoint
0 est surla
conique
lacyclique
est du 3edegré.
On retrouve donc les courbesprécé- dentes
et onpeut
énoncer le résultat .suivant : :.x
Les
cycliques
,àpoint
double du 4e et du 3edegré peuvent s’obtenir
par la même constructionsimple qui
découle de la transformationprécédente.
La
cubique
s’obtient ,àpartir
d’une droite et laquartique
àpartir
d’un cer-cle. Le
tracé necomporte
que des cercles de centre A et des sécantes pas- sant par O. Il est doncplus simple
que la construction résultant de l’inver-sion d’une
conique (ou
de lapodaire
d’uneconique).
..t Cercle
.passant
parl’origine.
- Enreprenant
le calcul faitplus’
haut dans le casgénéral
et enposant :
: y =0,
il rest.e ’C’est là
l’équation
d’un autrecercle passant
par O. Le centre a pour coordonnéesC’est le
symétrique
dupoint (x, ~)
parrapport
aupoint I,
milieu de OA.’ Le°résùltat
se
retrouve aisément par lagéométrie.
Considérons un cercle de centre w
passant
par O. Soit 1 le milieu de OAet W’
lesymétrique
de w parrapport
à O. Soit M unpoint
du cercle(f~~).
et M’ son transformé. Il faut démontrer que
M’ est
sur le cercle de centre (1)’qui
passe par0,
c’est=à-dire que’
Or,
ona ’ :
w’O =A(t);
il faut donc prouver = A~.Considérons les deux
triangles
A ~~’ M’ et On a :De
plus,
lesangles
et AM ~ sontégaux.
En effet :Les deux
triangles
sont doncégaux,
et l’on a bien :Nouvelle
définition
de latransformation.
- Cettepropriété
va nous per- mettre deprésenter
la transformation sous une autre forme utilisant la~ notion
d’enveloppe...
~ .
’
Soit une courbe
r,
Onpeut la considérer
commel’enveloppe
d’une fa-mille de
cercles (C) passant
par O.Chaque
cercle(C)
donne un cercle(C’)
passant
par O.L’enveloppe des
cercles(C’)
est la courbe r’ transformée de.r.
Or les centresde
C etC’
sontsymétriques
parrapport
aupoint
I. Donc leslieux
des centres pour r et r’ sont aussisymétriques,
autrement dit on .aaffaire
à lamême
courbegéométrique.
On retrouve alors les résultatsconnus concernant les
cycliques
du 3e et du 4edegré :
’
Si r est une
droite, le
lieu des centres est uneparabole (foyer 0).
Donc pour r’(cyclique du
3edegré)
on a aussi uneparabole (foyer A).
Si F estun
cercle,
le lieu est uneconique
àcentre (un foyer
est0).
Donc pour .’ F’cyclique
du 4e ordre on a uneconique également (un foyer
est’A) . (Comme
il y a deuxfoyers
A .et A’ il y a donc deux,cercles
I~possibles. )
Ces deux résultatsdérivent
d’ailleurs de la définition descycliques
comme inverses(ou podaires)
deconiques.
Il nous a paruintéressant
de les rattacher à notre constructiongéométrique.
-
.
,Remarque 1.
--= Utilisonségalement
ceci pourretrouver
la lemniscate.C’est
unepodaire d’hyperbole équilatère lorsque
lepoint
0 est au centre.Il faut
donc, avoir
pour lieudes
centresl’hyperbole équilatère
de centre 0dont
l’un desfoyers
est A. Lafigure symétrique
parrapport
aupoint
1 estl’hyperbole équilatère
de centre A dont unfoyer
est O.L’autre foyer
est lepoint
A’(- 2a,o ) .
Ilfaùt
doncpartir d’un - cercle qui
estprécisément
le cercle directeur.Le
centre est A’ et le rayon a~/2.
Le calcul est d’ailleurs immédiat.Remarque
2. - Onpeut également utiliser
lagénération
par cercles pour la construction destangentes.
Le cas de lastrophoïde
est relativementsimple.
, .
Cyclique
àpoint
doubleglobalement
conservée. -Donnons-nous
uneconique
Cquelconque
comme lieu des centres.L’enveloppe
des cercles estune
cyclique
r.Appliquons
latransformation.
On obtiént une courbe r’ - dont le lieu des centres est laconique C’ symétrique
de C parrapport
aupoint
I. Donc r’ est aussi unecyclique
àpoint
double. Si l’on veut que F et r’ soientconfondues,
il suffit dechoisir
laconique
C defaçon qu’elle
ait pour centre I. On a alors une
cyclique globalement inchangée.
Géomé- .triquement
lepoint
0 occupe uneposition quelconque
parrapport
à la coni-que.
Donc lacyclique envisagée
est laplus générale ,
du 4e ordre. Si M estun
point quelconque
de lacyclique,
soncorrespondant M’ est
aussi sur lacyclique.
Or M et M’ sont sur le cercle de centreA;
donc la médiatrice de MM’ passe par lepoint
fixe A. D’où lerésultat :
soit unecyclique
àI4
point
double 0 du 4e ordre et une sécante variable MNqui pivote
autour deO : la médiatrice de MN passe par un
point
fixe A.Remarque
1. - Ce résultat est d’ailleurs uneconséquence
de la définition descycliques
du 4e ordre àpoint
double comme inverses deconiques.
Soient C une
conique quelconque,
0 lepôle
d’inversion(non
situé surC),
r lacyclique
inversede C,
m et n deuxpoints
de Calignés
avec0,
M et Nleurs inverses sur r. ’
L’inverse du milieu 1 de MN est le
point
iconjugué harmonique
de 0par
rapport
à m etn. -Lorsque
la sécante OMNtourne,
i décrit lapolaire
Adu
point
O. Donc le cercle de diamètre Oi passe par unpoint
fixe a,pied
dela
perpendiculaire
abaissée de 0 sur A. L’inverse de .-ce cercleest précisé-
ment la médiatrice de MN. Donc celle-ci passe par le
point
fixe A inverse a.Remarque
2. ’- Il n’est pas sans intérêt de noter que la constructiongéométrique
dudébut,
suivie d’une inversion depôle 0,
fournit un moyen pour transf ormer un cerclequelconque (ou
unedroite)
en uneconique :
le cercle
(ou
ladroite) est
d’abord transformé en unecyclique
et cette der-nière est transformée en une
conique
par l’inversion. ’Remarque
3. -Si,
dans la construction dudébut,
onremplace
le cercle . de centre 0 par unesphère
de centre0,
on obtient une transformation del’espace
transformant lessphères
ou lesplans
ensurfaces cyclides
àpoint
double
(du
4e ou du 3eordre ) .
.. ’ ’Il est bien connu que la
correspondance
dessphères
ou desplans,
etdes