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Les ondes acoustiques dans les cristaux moléculaires

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(1)

HAL Id: jpa-00206381

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Submitted on 1 Jan 1966

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Les ondes acoustiques dans les cristaux moléculaires

G. Deprez, R. Fouret

To cite this version:

G. Deprez, R. Fouret. Les ondes acoustiques dans les cristaux moléculaires. Journal de Physique,

1966, 27 (3-4), pp.147-152. �10.1051/jphys:01966002703-4014700�. �jpa-00206381�

(2)

LES ONDES

ACOUSTIQUES

DANS LES CRISTAUX

MOLÉCULAIRES

Par G. DEPREZ et R.

FOURET,

Laboratoire de

Physique

des Solides

(Rayons X)

de la Faculté des Sciences de Lille.

Résumé. 2014 On

rappelle

la

dynamique

des cristaux moléculaires : les molécules étant consi- dérées comme

rigides,

on établit les relations d’invariance et de

symétrie

entre les coefficients de

couplage.

Au mouvement de translation de basse

fréquence

des molécules

correspondant

aux ondes

acoustiques

est associé un mouvement de rotation

d’amplitude

infiniment

petite.

On établit alors les relations entre coefficients de

couplage

et constantes

élastiques.

Abstract. 2014 In this paper, we discuss the lattice

dynamics

of molecular

crystals ;

the

molecules

beeing

treated as

rigid.

The relations of invariance and symmetry between the

coupling

constants are

given.

We show that the low

frequency

translational motion of the molecules which

corresponds

to acoustic waves is associated with a rotation motion of very small

amplitude.

The rela-

tions between the

coupling

constants and elastic constants are established.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE 27, 1966,

L’application

de la théorie de Born aux cristaux de molécules

rigides

a été faite par Porfireva

[1]

et,

plus

récemment et de

façon plus systématique,

par Hahn et Biem

[2].

Nous

rappellerons

les

points

essentiels d,e cette théorie en nous limitant au cas de molécules dont les axes

principaux d’inertie

sont

parallèles

entre eux. Plusieurs

applications

de cette

théorie ont été faites aux cas des cristaux les

plus simples : hexamethylène-tétramine [3],

adaman-

tane

[31

et à l’urée

[4].

En utilisant la méthode

exposée

par Laval

[5]

nous nous proposons, à

partir

des

équations généralès

de la

dynamique,

d’étudier

les vibrations

acoustiques

et d’établir les relations

entre les constantes

élastiques

et les coefficients de

couplage.

I.

Coefficients

de

couplage.

--- Le réseau est décrit

par trois vecteurs de base a,, a2,

a3.

Une molécule

aura son centre de

gravité

à l’extrémité du vec- teur r

+ j ;

r étant un vecteur du

réseau, j

étant le

vecteur allant du noeud r

jusqu’au

centre de

gravité

de la molécule.

Le

déplacement

de la molécule

(r, j)

considérée

comme un solide

rigide

se compose de la transla- tion

U~ égale

au

déplacement

de son centre de gra-

vité et d’une rotation

0~

autour de son centre de

gravité.

On

peut

écrire

l’énergie potentielle 4D

du cristal

sous la forme d’un

développement

limité en fonc-

tion des

déplacements

des molécules

6?, U~, Ok 3

sont les

composantes

des

déplacements

des molécules

(r, j)

et

(s, k)

suivant trois axes de coordonnées

rectangulaires Oxoe (ce

~

1, 2, 3) ;

le

terme du

premier

ordre dans le

développement

limité est nul à cause des conditions

d’équilibre

l’indice 0

indiquant

les valeurs

prises

par les déri- vées pour la

position d’équilibre.

Nous avons

montré par ailleurs

[4]

que

les éléments de deux tenseurs

, afi , «fi

vrais covariants en et

B.

et sont les éléments de deux

pseudo

«A aB

tenseurs covariants en ce et

B.

A l’aide de ces

éléments,

on

peut

former les matrices 3 X 3

et constituer à l’aide des

composantes

de

u~

et

8;

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01966002703-4014700

(3)

148

un vecteur colone

v7.

Dans ces

conditions, l’énergie potentielle

s’écrit :

II.

Réduction

des

coefficients

de

couplage.

-- Il

y a

invariance

de

l’énergie potentielle

par une

opéra- tion

de

symétrie

du cristal et par un

déplacement

de

l’ensemble du

cristal,

ce

qui

détermine un certain

nombre de

relations

entre les coeilcients de cou-

plage (C. C.).

10 Réduction des C. C. par une

opération

de

symétrie.

Une

opération

du groupe

spatial

du cristal

peut

être notée

~R, T).

R étant une rotation propre ou

impropre

autour de

l’origine

du

réseau,

et T une translation

compatible

avec R et le réseau de

Bravais

du

cristal.

Dans une telle

opération

de

symétrie,

la

molécule

(r, j)

est amenée en coïncidence avec la molécule

~r’, j’),

la molécule

(s, k)

avec la molé-

cule

(s’, k’)

Par

l’opération

de

symétrie

la molécule

{r’, i")

se

voit attribuer les

déplacements u~

et

0~

de la molé-

cule

(r, j~

transformés par

l’opération

de

symétrie.

u7

étant un vecteur

polaire,

soit une rota-

tion propre uu

impropre,

on a

Par contre

0~

étant un vecteur

axial,

si R est

une rotation propre, on a

et si R est une rotation

impropre

Il en résulte que le vecteur

déplacement généra-

lisé

v~

se transforme suivant la loi

S est une matrice

6 X 6,

somme directe de R et

de R si R est une rotation propre ; somme directe de R et de - R si R est une rotation

impropre.

C conserve sa valeur initiale et

prend

la iorme :

soit,

en

identifiant

avec

(3)

ou

(s

= + 1 si 1~ est une rotation propre ; E 1 si R est une rotation

impropre).

20

Invariance

de

l’énergie potentielle

par un dé-

placement

d’ensemble.

Il suffit d’écrire pour un

déplacement infiniment petit qui

se compose d’une translation t de compo- santes ta et d’une rotation 0 de

composantes 0a l’invariance

de 0 et de ses dérivées

premières.

Pour une translation infiniment

petite,

l’inva-

riance de

Ft

et de

N~

- la force et le

couple

résul-

tants

appliqués

à la molécule

(r, j)

- donne :

De

même,

pour uue rotation infiniment

petite,

on

obtient

E(3Y8 _ tenseur

complétement antisymétrique

de

Levi-Civita.

= -~-

1,

si

py8 permutation paire

de

1, 2,

3.

e3ya

- 1,

si

py8 permutation impaire

de

1, 2,

3.

III.

Matrice

de Fourier. - Nous supposerons, pour

simplifier l’écriture,

que les molécules

ont,

dans leur

positidn d’équilibre,

leurs axes

principaux

d’inertie parallèles ; Oxi, Ox2, Ox.

seront

pris paral-

lèles à ces axes. Dans

l’approximation

des

petits déplacements, l’énergie cinétique peut

s’écrire :

On déduit du

lagrangien

les

équations

du mou-

vement

qui prennent

une f orme

simple

à condition

de poser :

les molécules étant numérotées de 1 à g

(g .

= nombre

de molécules d’une maille

élémentaire).

Les nou-

(4)

veaux coefficients de

couplage

résultant de cette

convention

L’équation

du mouvement, avec ces

notations,

a la même forme que celle

qu’on

obtient pour les vibrations des cristaux

atomiques

= Le

système précédent

admet comme solutions

particulières

des solutions

harmoniques

de la f orme

a est le vecteur de

propagation

dont le module

est

1 aB

----

2n lA.

A ==

longueur

d’onde de l’oscillation harmo-

nique.

On

peut

poser aussi a = aq, q est un vecteur unitaire

perpendiculaire

au

plan

d’onde.

En

reportant (16)

dans

(15),

on obtient :

avec

les

ylnn

sont les éléments de la matrice de Fourier

6g

X

6g

les

composantes vn

forment une matrice

colonne

et le

système d’équations (17)

s’écrit sous

forme matricielle

Les relations

(2), (2’), (2") entraînent,

comme dans

le cas des cristaux

atomiques,

que y est

hermitique

pour les valeurs

particulières

nm g

compte

tenu de :

Par la

suite,

nous introduirons

également

la

matrice T telle que

IV. Vibrations

principales

de

fréquence

nulle. -

Étant

donné les relations

(10)

et

(10’),

il existe trois relations linéaires entre les

3g premières lignes (ou colonnes)

de

y d’ordre

6g

est de rang

6g

-

3 ; 3

vibrations

prin- cipales

solutions de

(18)

pour a = 0 sont nulles.

Pour chacune de ces

solutions,

les

équations

de

mouvement

peuvent

s’écrire sous forme matricielle :

En

général jlogi ~

0

puisqu’il

n’existe pas de

relation

linéaire entre

lignes

ou

colonnes ;

on

peut

écrire :

et

d’après (21),

il leur

correspond

Les vibrations

principales

de

fréquence

nulle

correspondent

aux seuls mouvements de translation des molécules.

V.

Matrice élastique

B. - La matrice de Fourier y est fonction du nombre d’onde 6. Nous considérons

uniquement

les ondes de basse

fréquence,

c’est-à-

dire les ondes dont la

fréquence

vaut :

où V = est la vitesse de

propagation

des ondes

acoustiques.

Le

développement

de

l’équation caractéristique (18),

limité au terme de moindre

degré

nous donne

Les coefficients

gardent

la même

signification

que dans l’article de Laval

[5],

à ceci

près

que tout

(5)

150

mineur

principal

considéré est obtenu par suppres- sion des

lignes

et colonnes

avec n

g.

Cette

équation

est

l’équation caractéristique

de la

matrice B

(avec

V2 comme valeur

propre)

que l’on

peut

faire

apparaître

dans la matrice r :

JU~

est transformée par combinaison linéaire des g

premières lignes

et g

premières colonnes ;

on intro-

duit les racines

y ~

du

système

de

6g équations

et on obtient de cette

façon

un déterminant

qui

est

bordé par :

3

premières lignes qui

ne renferment

plus

de

terme constant.

3

premières

colonnes

qui

ne renferment ni terme constant ni terme de

premier ordre ;

à l’intersection des trois

premières lignes

et des trois

premières

colonnes on a comme terme de moindre

degré :

On

peut

vérifier que les éléments

Ba3

sont déter-

minés,

c’est-à-dire que

Si on

introduit 1 2> = É

le

système d’équa-

n=1

tiens

(24) peut

s’écrire sous forme

matricielle

avec

le

système d’équations (26)

est

compatible, puisque

le rang de la matrice «

élargie

» est

6g

-

3 ;

étant

donné

(20)

nous avons :

En introduisant les matrices

partielles (et

en

omettant

l’indice ~3)

ce

système d’équation peut

encore s’écrire

la matrice du

premier

membre est

symétrique

et de

rang

3g

-

3 ;

on

peut

calculer les

3g

- 3 diffé-

rences

tout autre

système

de diff érence

8t§

=

Yea

peut s’exprimer

en fonction du

premier

donc

a une seule détermination

puisque

En

posant :

Les solutions

précédentes

doivent vérifier

ro-3

est le mineur

principal

de

r 0

obtenu en sup-

primant

les 3

lignes

et

colonnes (p) a

oc =

1, 2, 3,

p g

Dans

(25)

le terme

d’après (27), expression qui

est

indépendante

du

système

de différences

choisi,

donc du mineur

prin- cipal

choisi dans

l’équation (30).

Vérifions

que la matrice B est

symétrique

en

(6)

et

dans le

premier

terme m et n g donc

.

Pour

préciser

la

symétrie

du deuxième terme, introduisons

d’après (19)

puisque 8:8

--- 0.

Le terme

correspondant

dans

Bpa

s’écrira :

d’après (33).

VI. Forme des oscillations de basse

fréquence

Les oscillations

harmoniques

mises sous la forme

l’équation (15)

devient

comme le fait Born

[6],

introduisons les

dévelop-

pements

dans

l’équation (34)

pour les vibrations de basse

fréquence,

c’est-à-dire telles que w2 =

CIJ2

62.

Si nous écrivons que cette

équation

est satisfaite

quel

que soit 6

petit,

nous devons satisfaire aux relations

soit

Si

= E

la

comparaison

à

~24)

donne

9

étant donné la f orme des solutions du

système d’équations homogène correspondant

au

premier membre,

la condition de

compatibilité

s’écrira :

compte

tenu de

(35)

et

-(25).

Les trois

inconnues

ua sont les solutions de

La matrice B

détermine

bien les oscillations de translation des molécules.

Pour les mouvements de

translation,

les vecteurs

propres des

oscillations s’écrivent :

et

les racines

Yë:~ (*maginaires pures)

interviennent pour

exprimer

la dnérence de

phase

liée à la

propagation

de l’onde

acoustique

à l’intérieur de la maille.

Pour les mouvements de rotation

posons

A l’onde de translation est associée une onde de rotation dont

l’amplitude

est

proportionnelle

au

module du vecteur d’onde

~al ;

si a reste

petit,

elle

est sensiblement en

quadrature

avec l’onde de trans-

lation.

~

(1)

~’

implique

l’exclusion de m ---- p dans la som-

mation,

de même que ~"

implique

l’exclusion de n,

m = p dans la double sommation.

(7)

152

VII.

Coefficients élastiques rapportés

à la matrice

dynamique.

- On

peut

définir les coefficients élas-

tiques

de la même

façon

que pour les cristaux

atomiques (5) ;

ils

jouissent

des mêmes

propriétés

de

symétrie

et

puisque

La seule relation de

symétrie

s’écrit

On remarque que les termes de

couplage

entre les

mouvements de translation

et

de rotation des molé-

cules n’interviennent

que dans

l’expression

de la

partie M1ayB8

de moindre

symétrie.

Conclusion.

-

Après

avoir

rappelé

la définition

des coefficients de

couplage introduits

par Hahn et

Biem dans le cas des cristaux

moléculaires,

nous

avons étudié les vibrations de

grande longueur

d’onde de

type acoustique.

Ceci nous a

permis

de

montrer que pour ces oscillations les ondes de rota-

tion étaient

d’amplitude

infiniment

petite

et de

relier les coefficients de

couplage

aux constantes

élastiques

du cristal et aux vibrations

principales.

Nous avons été amenés à écrire les coefficients

élastiques

sous la forme

proposée

par

Laval, compte

tenu du fait que la

symétrie

ne

subsiste

pas pour les valeurs m, n >

g et

que, par

ailleurs,

les relations d’invariance par rotation

(Il ; Il’)

n’introduisent plus

la

symétrie qui apparaissait

dans le cas des cristaux

atomiques.

Sans

discuter

de la validité des relations liées à l’invariance de

l’énergie

dans la

rotation,

il nous

paraît difficile,

dans le cas des cristaux moléculaires

et avec les

hypothèses

de

départ choisies,

d’établir

les relations de

symétrie

telles que celles introduites par Born et

Huang

dans le cas des cristaux

atomiques,

relations

qui

leur

permettraient

d’ex-

primer

la

dynamique

cristalline en fonction des constantes

élastiques

de

Voigt.

A

partir

des données

expérimentales :

vibrations

principales

déterminées par effet Raman ou

spectre

infrarouge

et constantes

élastiques,

on

peut

étudier les vibrations d’un cristal moléculaire en fonction du vecteur d’onde en limitant l’action des molécules à celles des

plus proches

voisines d’une molécule donnée.

Nous avons

entrepris

une telle étude pour nous

permettre d’interpréter

la

diffusion

des rayons X par les cristaux moléculaires. La diffusion est due

principalement

aux vibrations de basse

fréquence

constituées par les vibrations de rotation et de trans-

lation,

c’est-à-dire aux vibrations externes de ces

cristaux.

Manuscrit reçu le 16 novembre 1965.

BIBLIOGRAPHIE

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PORFIREVA,

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Références

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