A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
P. D UHEM
Sur la propagation des actions électrodynamiques
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 10, no1 (1896), p. B1-B87
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B.I SUR LA
PROPAGATION DES ACTIONS ÉLECTRODYNAMIQUES,
PAR P.
DUHEM,
Professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux.
INTRODUCTION.
Le
présent
travail fait suite au troisième Volume de nosLeçons
suj~l’Électricité et
leMagnétisme
et aux diversMémoires,
relatifs àl’Électro- dynamique,
que nous avonspubliés
dans les .Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse. Il a pourbut,
comme les recherches dont nous venons deparler,
de relier entreelles,
d’une manière entièrementlogique,
les découvertes les
plus
récentes faites dans le domaine del’Électrodyna-
mique,
enparticulier
par Maxwell et par Helmholtz. Ce sont les idées fon- damentales de ce dernierphysicien
que noussuivons,
à l’exclusion des doctrines nouvelles introduitesdepuis quelques
années dans l’étude del’électricité.
Parmi les
conséquences
du travail que nouspublions aujourd’hui,
il enest une sur
laquelle
nous voulons attirerl’attention;
elle concerne lathéorie
électromagnétique
de la lumière.La théorie de la
lumière, qui, depuis Young
etFresnel,
apossédé
lafaveur des
physiciens,
est la théoriequi
attribue la lumière aux vibrations transversales d’un corpsélastique hypothétique,
l’éther. On sait que cette théorie se heurte à des difficultés insurmontableslorsqu’elle
se propose de traiter la réflexion et la réfraction de la lumière.La théorie de l’élasticité
permet
aisément de traiter leproblème
de laréflexion et de la
réfraction,
à la surfaceplane qui sépare
deuxmilieux,
d’une onde incidente
plane propageant
des vibrations transversales.Quand
les vibrations incidentes sontperpendiculaires
auplan
d’inci-dence, le mouvement réfléchi et le mouvement réfracté se composent chacun d’une onde
plane unique propageant
des vibrations transversales normales auplan d’incidence ;
les lois des vibrations réfléchies et réfractéess’expriment
par des formules semblables à celles que Fresnel a données pour la réflexion et la réfraction de la lumièrepolarisée perpendiculai-
rement au
plan
d’incidence.Mais, lorsque
les vibrations incidentes sont dans leplan d’incidence,
leslois de l’élasticité montrent que le mouvement réfléchi et le mouvement
réfracté ne peuvent
plus,
engénéral,
êtrecomposés
de vibrations exclusi-vement
transversales,
en sorte que ce cas nepeut
s’accorder avec les formules del’Optique.
Ce désaccordsuffit,
en bonnelogique,
pour fairerejeter
l’assimilation de la lumière aux vibrations transversales d’un solide
élastique.
Il était naturel de se demander si la théorie
électromagnétique
de lalumière se heurtait à des difficultés
analogues,
oubien,
aucontraire,
sicette théorie
donnait,
pour la réflexion et la réfraction d’une onde électro-magnétique plane propageant
uneperturbation transversale,
des formulesanalogues
à cellesqui régissent
la réflexion et la réfraction de la lumière.Si ce dernier cas se
réalisait,
la théorieélectromagnétique
de la lumièreaurait,
sur la théorieélastique,
ungrand
avantage.Maxwell n’avait pas traité le
problème
de la réflexion et de la réfraction des ondesélectromagnétiques
à la surface deséparation
de deux milieux.Ce
problème
a été traité pour lapremière
fois par M.Potier,
dans uneNote
(’ ) adjointe
à la traductionfrançaise
du Treatise de Maxwell.M. Potier arrivait à cette conclusion que les
formules, qui règlent
laréflexion et la réfraction des ondes
électromagnétiques planes
à la surface deséparation
de deuxdiélectriques,
coïncidaient avec les formulesqui expriment,
selonFresnel,
les lois de la réflexion et de la réfraction de la lumière à la surface deséparation
de deux substancestransparentes.
Les loisde la réflexion d’une onde
électromagnétique
à la surface d’un conducteurs’exprimaient
au moyen des formules de la réflexionmétallique indiquées
par
Cauchy.
M. Potierajoutait :
« L’identité des formules déduites de la théorie de Maxwell avec les formules vérifiées parl’expérience,
en cequi
concerne les vibrations
lumineuses,
est unargument
degrande importance
en faveur de cette théorie. »
I,a
solution,
donnée par M.Potier,
duproblème
de la réflexion et de la ’ réfraction des ondesélectromagnétiques
a étéacceptée
par laplupart
desauteurs. En
particulier,
elle a étéreproduite
par Volkmann(2).
~
( t ) Tome II, p. 507.
( z) Vorlesungen über die Theorie des Lichtes, p. 2g8. ,
M. Volkmann
ajoutait :
« Les conditions aux limites de la théorie électro-magnétique,
à l’instar de celles que fournit la théorie de MacCullagh,
ontun
avantage
sur les conditions aux limitesacceptées
par la théorie vibra- toire de lalumière;
elles résultent directement deprincipes mécaniques,
sans avoir à faire
appel
à des conditions accessoiresparticulières.
Nousdevons en conclure que la théorie
électromagnétique
de la lumière l’em-porte
sur la théorieélastique. »
Mais les conditions aux limites
adoptées
par M.Potier,
parHertz,
par M.Cohn,
par M.Volkmann,
avaient été établies ens’appuyant
sur despropositions
douteuses etsujettes
àlitige
deMaxwell,
ou de ses continua-teurs, tel que M.
Poynting;
ces conditions étaient donc fort douteuses et ilnous a paru nécessaire d’en
reprendre
la démonstration. Nous avons été ainsiconduit, toujours
dans les idées deHelmholtz,
àremplacer
ces con-ditions par d’autres relations très différentes de forme et dont les
consé-
quences s’écartentbeaucoup
de cellesqu’avait
obtenues M. Potier.D’après
ces nouvelles conditionslimites, lorsqu’une
ondeélectromagné- tique plane, propageant
une forceélectromotrice
transversale etperpendi-
culaire au
plan d’incidence,
tombe sur la surfaceplane qui sépare
deuxmilieux
diélectriques,
il y a une seule ondeplane
réfléchie et une seuleonde
plane réfractée ;
chacune d’elles propage une force électromotrice transversale etperpendiculaire
auplan d’incidence ;
les formulesqui
lientla force réfléchie et la force réfractée à la force incidente sont
identiques
aux formules
qui,
selonFresnel,
lient la vibration réfléchie et la vibration réfractée à la vibrationIncidente, quand
la lumière incidente estpolarisée
dans le
plan
d’incidence. _Mais, lorsque
l’onde incidente propage une force électromotrice transversale située dans leplan d’incidence,
il n’estplus possible
d’ac-corder les conditions aux limites par nous obtenues avec l’existence d’une seule onde réfléchie et d’une seule onde
réfractée, propageant
toutes deuxune force électromotrice transversale.
La théorie
électromagnétique
de la lumière se heurte donc à des contra-dictions tout à fait
analogues
à celles que rencontre la théorieélastique ;
l’une comme l’autre est
logiquement inacceptable ;
l’une comme l’autredoit être
reléguée
au nombre de ceshypothèses chimériques qui
ont sollicitéles efforts des chercheurs et
grandement
contribué auprogrès
de laPhy-
sique,
mais que laPhysique rejette lorsqu’elle
a cessé de s’en servir.CHAPITRE L
PRÉLIMINAIRES.
I. - Variables
qui représentent
l’étatélectrique
etmagnétique
d’un système.
Si un corps est
électrisé, chaque
élément de volume tracé en unerégion
où la constitution de ce corps varie d’une manièrecontinue,
renferme une
quantité
d’électricité edm
;chaque
élément d’airedS,
tracésur la surface
qui
limite ce corps, ou bien sur une surface de discontinuitéqui
ledivise,
renferme unequantité
d’électricité EdS; e
est la densité élec-trique
solide en un.point
de l’élémentdm;
E est la densitéélectrique superficielle
en unpoint
de l’élément dS.Si un corps
diélectrique
estpolarisé,
l’intensité de lapolarisation,
enun
point
de cediélectrique,
serareprésentée
par lescomposantes de
la
polar~isation
serontreprésentées
par ai, v.Si un corps est
aimanté,
l’intensitéd’aimantation,
en unpoint
de cecorps, sera
représentée
par ; lescomposantes
de l’aimantation serontreprésentées
par a,~,
y.Si un corps est traversé par des courants de
conduction,
lescomposantes
du
flux
deconduction,
en unpoint
de ce corps, serontreprésentées
par u, v, w.
Ces variables ne sont pas entièrement
indépendantes
des variables e et E.En un
point
auvoisinage duquel
la constitution du conducteur varie d’une manièrecontinue,
on aSupposons qu’une
surface Ssépare
deuxparties
i et 2 duconducteur,
ces deux
parties ayant
des natures différentes. Soit M unpoint
de la sur- .face S. Soient ni, n2 les deux demi-normales
menées,
en cepoint,
à lasurface
S,
l’une vers l’intérieur du corps i, l’autre vers l’intérieur ducorps 2. On a
Si un
diélectrique
est lesiège
de flux dedéplacement,
lescomposantes,
en un
point,
dujlux
dedéplacement
serontreprésentées
par ? ,03C8,
~. On a, pardéfinition,
II. - Fonctions
potentielles.
L’étude des actions exercées par l’électricité conduit à étudier la
f onc-
tion
potentielle électrostatique
où r est la
distance,
soit de Isolément soit de l’élémentdS,
aupoint (~~o;
Où la
première intégrale
s’étend à tous les éléments de volume dusystème;
Où la seconde
intégrale
s’étend à tous les éléments des surfaces de discontinuité que lesystème
renferme.La
fonction potentielle diélectrique
est la fonctionx, y, â étant les coordonnées d’un
point
de l’élément de volume etl’intégration
s’étendant à tous les éléments de volume dusystème.
La
f onction potentielle magnétique
est la fonctionL’étude des actions exercées par les courants de conduction conduit à
envisager
les fonctionsL’étude des actions
exercées
par les courants dedéplacement
conduit demême à
envisager
les fonctionsDans ces
formules,, ~
est une constantenumérique
que nous nommeronsla constante de Helmholtz.
Les actions exercées
par les aimants,
soit sur les courants deconduction,
soit sur les courants de
déplacement,
introduisent les fonctionsLes actions exercées par les courants de conduction sur les aimants con-
duisent à considérer les fonctions
qui peuvent
s’écrireplus explicitement
Les actions exercées par les courants de
déplacement
sur les aimants conduisent à considérer les fonctionsqui peuvent s’écrire, plus explicitement
de la manière suivante :III. -
Propriétés
desfonctions potentielles
en unpoint
auvoisinage duquel
l’état dusystème
varie d’une manière continue.Dorénavant,
nousdésignerons
nonplus
par(ç,
~~,Ç),
mais parlc
point auquel
serapportent
nos fonctionspotentielles.
En outre, nousdésignerons,
suivantl’usage,
par lesymbole 0394, l’opération
On sait que l’on a
A ces
relations,
connuesdepuis Poisson,
onpeut joindre
lessuivantes, qui
sont dues à Helmholtz :On a, de même :
Les fonctions
Ï~ ~I’,
X vérifient leséquations
suivantes :Les fonctions
P, Q,
R vérifient leséquations
suivantes :Les
fonctions p, q,
r vérifient leséquations
suivantes :IV. -
Propriétés
desf onctions potentielles
en unpoint
de lasurface
de contact de deux corps
différents.
Soient :
1 et 2 les deux corps en contact le
long
de la surfaceS ;
11’I un
point
de la surfaceS ;
"
n" n2 les deux demi-normales
menées,
par cepoint,
à la surface S etdirigées respectivement
vers l’intérieur du corps 1 et vers l’intérieur du corps 2; ]T une
demi-tangente
menée par lepoint
M à la surface S.Si une fonction
f(x,
y,~), ayant,
pour les deux corps i et 2, la mêmesignification physique,
a, en ces deux corps, desexpressions analy-
tiques différentes,
nousdésignerons
ces deuxexpressions
parf, (x,
y,z),
Cela
posé,
nous aurons, en toutpoint
de la surfaceS,
Nous aurons aussi
et, de
même,
Les fonctions ~, ~~, ~) vérifient les
égalités
suivantes :Les
fonctions F, G, G
vérifient leségalités
suivantes :Les fonctions
!~ ~’,
X vérifient leségalités
suivantes :Les fonctions
P, Q,
R vérifient leségalités
suivantes :Enfin,
les fonctions p, q, r vérifient leségalités
suivantes :V. - Constantes
fondamentales.
La constante fondamentale des actions
électrostatiques
seradésignée
par E. La constante fondamentale des actions
électrodynamiques s’exerçant
entre courants de conduction sera
désignée
La constante fonda-mentale des actions
électrodynamiques s’exerçant
entre courants dedépla-
cement sera désignée p
ar C2 2.
En
général,
avecMaxwell,
on suppose que ces deux constantes sontidentiques :
Nous avons montré ailleurs
1 ’ )
que celleégalité
était inadmissible.VI. - Diverses combinaisons linéaires lcs
fonctions précédentes.
Nous rencontrerons souvent les combinaisons linéaires suivantes des variables i, v, w, 03C6,
§ ,
/ :Dans
l’hypothèse
inadmissibleexprimée
parl’égalité (5i)?
les quan-tités n, u, m se réduisent aux
produits,
par2014)
desquantités (u + (v+03C8), (w+~)
que Maxwell nommecomposantes du flux total.
Nous poserons de même
(1) ) Quelques remarques au sujet de l’électrodynamique des corps diélectriques
,
proposée par J. CLERK MAXWELL. rendu,s du troisième Congrès scientifique
international des Catholiques, séance du 5 septembre I894.)
Dans
l’hypothèse
inadmissibleexprimée
parl’égalité ( 5 i ),
laquantité
1fse réduit au
produit,
par~ ~ 2
, de la fonctionpotentielle électrostatique
totale
(V + ~1 ).
Nous rencontrerons souvent, dans ce
qui
vasuivre,
les combinaisons suivantes :En vertu des
égalités (io), (12)
et(51 ),
on aD’autre
part,
encomparant
leségalités (6)
et(g),
on trouve sanspeine
Si l’on observe que l’on a
on obtient les
égalités
qui
sont d’unfréquent
usage. .VII. -- Des
systèmes
dontles propriétés
nedépendent
pas de la valeur attribuée à la constante 03BB.La constante ’~
figure
dans les six fonctionsMais ces fonctions ne
s’introduisent,
dans leséquations
del’Électrody-
namique,
que par les combinaisons :Dès
lors,
pour que lespropriétés
dusystème
soientindépendantes
de lavaleur attribuée à la
constante
il faut et il suffit que ces trois combi- naisons soientindépendantes
de À. Pourcela,
il est nécessaire etsuffisan
que l’on
ait,
en toutpoint
dusystème,
Cette condition
équivaut
aux suivantes : :On a, en tout
point
autourduquel
la constitution dusystème
est con-tinue,
et, en tout
point appartenant
à unesu?face
dediscontinuité,
Nous donnerons à des courants
qui
vérifient ces conditions(59)
et(60),
le nom de courants de
Maxwell; c’est,
eneffet,
à ces courants que l’on doit restreindre laplupart
despropositions
énoncées par Maxwell et sesdisciples.
VIII. - Potentiels.
Le
potentiel électrostatique
de l’électrisation et de lapolarisation
ré-pandues
sur lesystème
a pour valeurCertaines
intégrales
s’étendent à tous les éléments de volume dG1 dusystème,
certaines autres à tous les éléments dS des surfaces de discon- tinuité.L’expression
de cepotentiel peut
encore s’écrireC’est un théorème bien connu que cette
quantité
West essentiellementpositive,
sauf dans le cas où lesystème
n’est niélectrisé,
nipolarisé ;
elleest alors
égale
à o.On sait
également
que l’on a, pour unsystème
immobilequelconque,
Le
potentiel magnétique
dusystème
a pourexpression
On sait que cette
quantité
est essentiellementpositive,
à moins que lesystème
neporte
aucuneaimantation,
casauquel
elle estégale
à o. On saitaussi que l’on a, pour un
système
immobile :Le
potentiel électrodynamique,
tant des flux de conduction que des flux dedéplacement répartis
sur lesystème,
a pour valeurCe
potentiel peut
encore s’écrireHelmholtz a montré que l’on
pouvait
écrireCette
égalité
montre que si la constante ~ estpositive
ounulle,
laquantité
II est essentiellementnégative,
à moins que lesystème
ne soitle
siège
d’aucun courant, ni deconduction,
ni dedéplacem,ent.
On démontre sans
peine
que l’on a, pour unsystème
immobile :Le
potentiel. électromagnétique
dusystème
a pourexpression
On
peut
encore le mettre sous la formeIX. - Lois dcs courants de conduction.
Soit p la résistance
spécifique
d’un conducteur en unpoint (x,
y,z ).
Soient
~, Y], !~
lescomposantes,
au mêmepoint,
de la force électromotriceindépendante
de la distributionélectrique
sur lesystème,
des courantsqui
le traversent, de l’aimantation
qu’il porte.
Si lesystème
estimmobile,
nousaurons
X. - Lois de la
polarisation diélectrique.
Nous supposerons
que la fonction de polarisation F(m) soit indépendante
de l’intensité de
polarisation
et se réduise à unesimple
constante F.Nous aurons, en un
système immobile,
On en déduit les valeurs suivantes pour les
composantes
du flux de dé-placement,
en vertu deségalités (3),
XI. - Lois de l’aimantation.
Nous supposerons que la
f onction magnétisante f( )
soitindépen-
dante de l’intensité
d’aimantation ~
et se réduise à unesimple constante/.
Nous aurons
alors,
en toutpoint
d’unsystème immobile,
En vertu des
égalités (56),
ceséquations (55) peuvent
encore s’écrireXII. . - Sur la valeur de 03BB dans les recherches de Maxwell.
Maxwell,
dans ses diversMémoires,
ne donnejamais l’expression
ana-lytique explicite
descomposantes
de la force électromotriced’induction, qu’il représente,
engénérale
par -dF dt, - dG dt,
-dH.
Ilassujettit
seule-ment ces
composantes
à redonner le résultat connu desphysiciens
lors-qu’on
en fait usage pour calculer la force électromotrice totale lelong
d’uncircuit fermé. Il est bien évident que cette condition ne suffit pas à déter- miner la forme des
composantes
de la forceélectromotrice;
que siP, Q,
Rest une détermination
acceptable
de cescomposantes,
on aura une nou-velle détermination
également acceptable
enprenant
legroupe
de valeursW étant une fonction
finie,
uniforme etcontinue,
mais d’ailleursquel-
conque, des coordonnées x, y, z.
Comment Maxwell a-t-il cru que l’indétermination de la fonction W n’était
qu’apparente
et que cette fonction n’était autre chose que la fonc- tionpotentielle électrostatique?
Il est difficile del’expliquer,
car il s’esttoujours
borné à affirmer cette identité sans essayer de l’établir(’~.
Il a, dureste,
reproduit
àplusieurs reprises
cetteaftirmation,
comme en témoi-gnent les passages suivants :
«
W,
dit-il dans son Mémoire : : Onphysical
lineso f forces ( 2 ~,
estune fonction
de x, qui
est indéterminée en cequi
concerne la solu-tion de la
question originelle,
maisqui, d’ailleurs,
seraitdéterminée,
dansun cas
donné,
par les circonstances duproblème. L’interprétation
de West que c’est la tension
électrique
enchaque point
del’espace. »
Dans son Mémoire : : A
dynamical theory o f
theelectromagnetic field,
il écrit ceslignes :
« W étant une fonction de x, y, z, t,
qui
est indéterminée en cequi regarde
la solution deséquations précédentes,
car les termesqui
en dé-pendent disparaissent
dansl’intégration
lelong
d’un circuit.Néanmoins,
la
quantité
Wpeut
être déterminée dans tous les casparticuliers
où nousconnaissons les conditions
spéciales
de laquestion. L’interprétation phy- sique
de W estqu’il représente
lepotentiel électrique
enchaque point
del’espace. »
Puis,
deux pagesplus loin,
ilajoute :
« Le dernier terme
représente
l’effet dupotentiel électrique
~’. Celui-cin’a pas d’effet
lorsqu’il s’agit
deproduire
un courant circulant dans uncircuit fermé. Il
indique
l’existence de forcesqui
sollicitent l’électricité deou vers certains
points
duchamp. »
Enfin,
dans son Traitéd’Électricité
et deMagnétisme,
Maxwellécrit
( ~ ) :
« Les termes
qui comprennent
la nouvellequantité 03A8
ont été introduits pour donner de lagénéralité
auxexpressions P, Q,
R. Ilsdisparaissent quand l’intégrale
estprise
tout lelong
d’un circuit fermé. Laquantité
W estdonc
indéterminée,
du moins en cequi
concerne leproblème actuel,
oùnous nous proposons d’obtenir la force électromotrice totale
qui agit
lelong
(~) MAXWELL, Scientifics papers, t. I, p. 482.
(2) t. I, p. 558.
(3) Traduction française, t. II, p. 274.
du circuit. Mais nous verrons que,
quand
on connaît toutes les conditions duproblème,
onpeut assigner
à W une valeur déterminéequi
est lepoten-
tiel
électrique
aupoint (x,
y,,~~.
»L’indétermination
signalée
par Maxwell est réelle et ne saurait se levercomme il l’a affirmé sans démonstration. Les lois relatives aux courants
uniformes
qui
parcourent un circuit fermé laissent lescomposantes
dela force électromotrice d’induction
dépendre
d’une fonction entièrement arbitraire W(x,
y,z).
Leshypothèses
surlesquelles
nous avons fait reposer l’établissement des formules de Helmholtz réduisent cette indéter- mination à celle de laconstante
mais cette dernière indéterminationreste entière. Si l’on veut n’avoir pas à se
préoccuper
de cette indétermi-nation,
on doit se borner à l’étude des cas où les formules del’Électrody-
namique
deviennentindépendantes
de la valeur attribuée à la constante ~.Ces cas sont définis au
§
VII.CHAPITRE II.
LES DEUX TRIPLETS DE MAXWELL.
I. - Le
premier triplet.
Les
équations (76) peuvent
se mettre sousplusieurs
autres formes. Po-sons
’
Les
équations (76) peuvent s’écrire,
en vertu deséquations (l5)
et(79),
Cette forme a été donnée par Maxwell
(’ ).
(1) MAXWELL, On physical lines of forces. Part. I.
Éq.
(55) (Maxwell’s Papers, t. 1 ,Maxwell donne
à - , - T, - 3, qu’il désigne
parF, G, H,
le nomde
composantes
de l’étatélectrotonique;
lesquantités L, M, N, qu’il désigne
par «,03B2,
03B3, sont pour lui lescomposantes
cle laforce magné-
tique; y
+qu’il désigne
par , est lacapacité
inductivemagné- tique,
ou, selon le mot de W.Thomson,
laperméabilité magnétique.
Maxwell pose, en outre,
et il donne
à a, b,
c le nom decomposantes
de l’inductionmagnétique.
Si l’on différentie les
équations (76)
parrapport
à ~ et que l’on compare les résultats obtenus auxéquations ( ~3),
on obtient le grouped’équations
que voici :
Sous cette
forme,
ceséquations
ont été données par Helmholtz( i ).
Les
équations (80),
différentiées parrapport à t,
etcomparées,
soit auxéquations (77),
soit auxéquations (78),
donnent les deux groupesd’équa-
tions -
p. 475); A dynamical theory of the electromagnetic field.
Équations
B (Maxwell’s Papers, t. I, p. 556) ; Traité d’Électricité et de Magnétisme, t. II, p. 268 et 2go de la Traduction française.(1) HELMHOLTZ, Ueber die Bewegungsgleichungen der Electricität für ruhende lei- tende Kôrper.
Équations
(2I). (Helmholtz Abhandlungen, t. I, p. 624.)Lorsqu’on
faitl’hypothèse
que nous savons être
inadmissible,
maisqui
a étéacceptée
deux groupes deviennent
identiques.
Ils constituent alors un des deuxtr~~~~
plets
surlesquels
Heaviside(~
Hertz(~)
et Cohn(~)
font reposertrodynam ique.
II. 2014 Ze deuxième triplet.
Des deux dernières
équations (56), jointes
aux deux dernièreséq
tiens
(7~)?
on déduit sanspeine
la relationrelation que l’on
peut
écrire sous la forme de lapremière
deségalités
Or,
leségalités (54), (1 7), (19)
et(2T) donnent,
en vertu deségalité
( i ) HEAVISIDE, On electromagnetic wawes, especially in relation to the vorticity
the impressed forces; and the forced vibrations of electromagnetic systems.
Éq.
( _(Philosophical Magazine, 5e série, t. XXV, p. I30 ; 1888.)
’
(2 ) H. HERTZ, Ueber die Grundgleichungen der Electrodynamik für ruhende 1 Körper.
Équations
(6 a). (Wiedemann’s Annalen, t. XL, p. 5j7 ; I890.) ’(3) COHN, Zur Systematik der Electricitätslehre.
Équations
(2). (Wiedemann’s .4 nnalen, t. XL, p. 625 ; 1890.)(52)
et(53),
tandis que les
égalités (54), ( i ~ ), (20)
et(22) donnent,
en vertu del’éga-
lité
(53),
Les
égalités ( 85 ), ( 86 ),~ ( 8; )
donnent le groupe de relationsCes
équations (88) peuvent
encore se mettre sous une autre forme.En
vertu
deséquations (52), (72), (74), (’77) et (78),
ellespeuvent
récrireSi,
dans ceséquations,
on faitl’hypothèse,
d’ailleursinacceptable,
1t == et si l’on suppose le milieu dénué de
conductibilité,
cequi
revient afaire p
== on retrouve un grouped’équations
données parHelmholtz ).
(1) HELMHOLTZ, loc. cit.
Équations
(2Ib) ( Helniholtz Abhandlungen, t. l, p. 6~5 j.III. - Formé de ce
triplet adoptée
par Maxwell.Considérons des courants de Maxwell caractérisés par les
égalités (5g~
et
(60).
Pour de tels courants, on aidentiquement
en sorte que les
équations ( 8g )
deviennentCes
équations peuvent
encores’écrire,
en vertu deségalités ( 52 ), (72), (74),(77)et(78),
Les
équations (go)
et(gt)
sont donc exactes toutes les fois que les cou-rants considérés sont des courants de Maxwell.
Inversement,
si ceséquations
sont exactes, les courants sont des courantsde Maxwell.
En
effet, considérons,
enpremier lieu,
un’point
autourduquel
la consti-tution du
système
varie d’une manière continue. Différentions lapremière
des
égalités (gi)
parrapport
à x; la seconde parrapport
à y, la troisième parrapport
à z etajoutons
membre à membre les résultats obtenus. Noustrouvons
l’égalité
Considérons,
en secondlieu,
une surface de discontinuitéséparant
deuxrégions,
1 et2,
dusystème.
Si leséquations ( g I )
sont vérifiées en chacunedes
régions
1 et2,
on auraEn vertu des
égalités (79),
cetteégalité peut
s’écrire. Les
égalités (55)
donnentEn vertu des
égalités (47)
cetteégalité
devient lapremière
des deuxégalités
’La seconde s’établit d’une manière
analogue.
Ces deux
égalités
fournissent lapremière
deségalités
Les deux dernières s’établissent d’une manière
analogue.
Les
égalités (92)
et(g3~
entraînentl’égalité
Ainsi,
pour que leséquations (go)
ou(91)
soientapplicables
à un sys-tème de courants, il faut et il suffit que ce soient des courants de lVlax- well.
Maxwell
(f)
a obtenu leséquations ( g I ),
ouplutôt
celles que l’on en déduirait en faisantl’hypothèse
inadmissible ==~,
par un raisonnementqui
suppose évidemment que l’on a affaire à des courantsuniformes ;
il afait remarquer,
d’ailleurs,
que ceséquations (g I )
entraînaient l’uniformité des fluxélectriques.
Heaviside(~),
H. Hertz(~)
etCohn ()
ontadopté
sans
démonstration,
lepremier
leséquations (91),
les deux derniers leséquations ( go).
Helmholtz(5), qui
avait donné la formegénérale
du tri-plet
que nous avonsindiquée
auparagraphe précédent,
aadopté,
dans unde ses derniers
Mémoires,
la forme( g ~ ).
Heaviside,
Hertz et Cohn ontproposé d’accepter
sans démonstration les deuxtriplets (83) [ou (8~~ )~
et( go) [ou ( g 1 )~
et de les considérer comme leshypothèses
fondamentales surlesquelles
repose toutel’Électrodyna-
mique.
Onreconnaîtra,
sanspeine,
àquel point
cette idée estdangereuse
sil’on observe que le
triplet (go) [ou (91)] n;est vrai
quemoyennant
la restric- tion suivante : : tous les courants sont des courants deMaxwell,
tandis que l’on nepeut
rendrecompte
de certainsphénomènes,
sansrejeter
cette res-triction,
comme nous le verronsplus
loin.(1) MAXWELL, On lines of force Papers, t. 1, p. rg4). - Onphy-
slcal lines of forces Papers, t. I, p. 462). - A dynamical theory of the electromagnetic field Papers, t. I, p. 557). - Traité d’Électricité et de .’Vla-
gnétisme, t. II, p. 285 de la traduction française.
( 9 ) HEAVISIDE, loc. cit. Equation (~), p. 130.
(3) H. HERTZ, loc. cit. Equations ( 6 d ), p. 588.
(ft) CoHN, loc. cit. Equations (3), p. 626.
( 5) HELMHOLTZ, Das Princip der kleinsten Wirkung in der Electrodynamik.
CHAPITRE III.
L’ÉNERGIE INTERNE.
I. -
L’énergie
interne dusystème électromagnétique
leplus général.
Lorsqu’il n’y
a, dans unsystème,
ni flux d.econduction,
ni flux dedépla-
cement,
l’énergie
interne U est donnée parl’égalité
Dans cette
formule,
Yprésente l’énergie
internequ’aurait le système,
sil’on
supposait qu’il
fûtdépourvu d’électrisation,
d’aimantation et de po-larisation ;
0 est une
quantité qui dépend
de la nature dusystème
auvoisinage
dupoint
où se trouve lacharge
q ;~~(~~, T)
est une fonction liée àT)
parl’égalité
f ( ~, T)
est une fonction liée àf(p., T )
parl’égalité
Enfin,
lesigne I indique
une sommationqui
s’étend à toutes lescharges
électriques répandues
sur lesystème.
Dans le cas où le
système
renferme desflux
de conduction ou dedépla-
cement, nous
ajouterons,
au second membre del’égalité ~g4),
un termeEU’,
dont nous allons déterminer la valeur.
Nous nous
appuierons,
pourcela,
surl’hypothèse qui
nous atoujours
servi dans des cas
analogues.
Soient
les
composantes
de la force électromotrice totale en unpoint (x,
y,z ).
Soit
dQ
laquantité
de chaleurdégagée
par lesystème pendant
le temps dt. On adQ’
étantdonné,
dans le cas où les corpsmagnétiques
etdiélectriques sont parfaitement
doux et où latempérature
T est invariable enchaque point,
parl’égalité
Supposons
lesy~stème
im,mobile. Leségalités ( g~ ), ( g~ ), (98), (99), jointes
auxrenseignements
que l’étude dugalvanisme
fournit ausujet
desforces électromotrices
6,
Tl,~,
nous donnentl’égalité
suivante :Mais
l’égalité (95) permet
d’écrireLes
égalités ( ~3 ),
où l’onremplace
F par transforment cetteéga-
lité en la suivante :
De
même, l’égalité (96) permet
d’écrireLes
égalités ( 75 ),
où l’onremplace f
parf ( ~,),
transforment cetteéga-
lité en la suivante :
Les
égalités (100), (102)
donnentl’égalité
Les
égalités ( 54 ), (b~ )
et(6g)
donnent sanspeine l’égalité
Les
égalités ( 103)
et( 104 ), jointes
à l’identitéque l’on
obtientenremplaçant 03B2,
y par2014? ~03B2 ~t, ~03B3 ~t,
dans leségalités (yo)
et(71)?
donnentDe cette
égalité,
on déduit sanspeinc
Les
égalités (ç~!~)
et(106)
déterminent la forme del’énergie
intcrne dusystème électrodynamique
leplus général.
Le terme EU’ estégal,
ausigne près,
aupotentiel électrodynamique
II défini parl’égalité (6;~ ).
Le poten- tielélectromagnétique n’y figure
pas. .II. - Comment Maxwell détermine
l’énergie
interne d’unsystème électromagnétique.
L’interprétation mécanique
que Maxwell a tenté de donner desphéno-
mènes
électriques
le conduisait àadopter
une formespéciale
pourl’énergie
interne d’un
système électromagnétique (’ ).
Cette
énergie
est la somme de deux termes : :l’énergie potentielle
ctl’énergie cinétique.
Le
premier
terme estreprésenté
par uneintégrale triple
étendue auvolume entier du
système.
Le terme sous lesigne
estproportionnel
à(X2
+ Y2 +Z2 ),
ou, si l’onpréfère,
àLe second terme est
représenté,
luiaussi,
par uneintégrale triple
étendueau volume entier du
système.
Laquantité
sous lesigne est proportion-
nelle à
(L2
+ M2 +N2),
ou, si l’onpréfère, à 2.
Dans le Mémoire
qu’il
apublié ultérieurement,
et dans sonTraité,
Maxwell cherche à retrouver, en
s’appuyant
sur les lois fondamentales del’Électrostatique
et del’Électromagnétisme,
une formeanalogue
pourl’énergie
interne. Ilparvicnt,
eneffet,
à la forme suivante :(1) On physical lines of fonce (Maxwell’s papers, t. I, p. 4Go).
« La seconde
intégrale,
dit Maxwell(’ ), dépend
de l’aimantation duchamp
ets’explique,
dans notrethéorie,
par les mouvements actuels detoute
espèce
dont lechamp
est lesiège.
Lapremière intégrale dépend
de lapolarisation
duchamp
cts’explique
par les déformations de tout genre dont lcchamp
est lesiège.
~a .Pour
parvenir
à cette formule( r o j ),
si Intimement liée àquelques-unes
de ses idées lcs
plus essentielles,
Maxwell n’hésite pas à accumuler de gravesparalogismcs.
Maxwell considère d’abord un
système dépourvu
de tout flux de conduc- tion ou dedéplacement.
Laissant de côté les termesqu’une
foule dephénomènes
nousobligent à introduire,
maisqui
nc sontjamais
entres enligne
decompte
dans sesthéories,
il se borne à introduirele
potentiel électrostatique
et lepotentiel magnétique
dansl’expression
dcl’énergie
interne.Empruntons
la détermination de lapremière partie
soit au Mémoire :On
physical
linesof force,
soit au Mémoire : Adynamical theory o f
theelectromagnetic field.
Le raisonnement suivi dans leTraité,
bien quc peudifférent,
se réfère à une théorie des corpsdiélectriques
autre que lathéorie de la
polarisation. Quant
à la secondepartie,
nous suivrons le mode de déterminationindiqué
dans leConformément à une erreur de
principe qui
vicie toutes sesthéories,
ainsi que nous l’avons fait remarquer ailleurs
(’-’ ~,
Maxwell commencepar faire abstraction de toute électrisation réelle et par réduire le
potentiel électrostatique
aupotentiel
de lapolarisation diélectrique
surelle-même, potentiel qu’il écrit,
avec uncfaute
designe ( 3 ),
(1) MAXWELL, Papers, t. I, p. 562.
( z )
Quelques remarques au sujet de l’électrodynamique des corps diélectriques, proposée par J. Clerk Maxwell ( 3e Congrès scientifique des catholiques. Brwelles; 18g~).(3) MAXWELL, Papers, t. 1, p. égalité (~o~) et p. 563, n° ~i~.